Archive de octobre, 2012

17
oct

Mourir pour revivre - Chapitre 51

   Ecrit par : admin   in Mourir pour revivre

Chapitre 51 écrit par Shinigami

Un sourire malsain et diabolique étira alors les lèvres d’Asiel qui, dans une lenteur emprunte de fierté et d’arrogance non dissimulée, releva la tête et fixa son amant. Cependant, derrière ses traits légèrement tirés et le rictus qui lui étirait les lèvres, personne n’aurait pu deviner la colère et la fureur qui habitait l’adolescent. Parfaitement maître de lui-même Asiel pointait sur Daevlyn un regard dédaigneux que l’adulte pouvait deviner derrière le masque de pierre que représentait son visage. D’une voix douce qui contrastait avec les sentiments tumultueux qui habitaient Asiel, mais chargée d’ironie et de cynisme, l’adolescent déclara :
- Bonsoir Daevlyn chéri, ca faisait longtemps qu’on ne s’est pas vu. Quel plaisir de pouvoir de nouveau te parler…
Asiel avait très bien vu dans le regard de l’homme qui lui faisait face que celui-ci se doutait parfaitement que tout ceci était, comme on dit, le calme avant la tempête. L’adolescent contenait sa rage pour mieux la laisser exploser lorsque le moment serait venu. A cet instant, et malgré l’amour qui lui vouait, Asiel n’avait qu’une envie, c’était de tuer Daevlyn de ses propres mains. Il lui en voulait comme jamais d’avoir dévoilé leur passé à Suzanne qui, à présent, le regardait avec une lueur de crainte au fond des yeux. Mais en plus de l’amour d’Asiel, celui de Raphael ainsi que toute sa volonté venaient s’ajouter au sien pour l’empêcher de commettre l’irréparable.
De plus, les regards indiscrets des adultes et des deux adolescents posés sur lui comme s’il n’était rien de plus qu’une bête de foire commençait à l’énerver profondément. Quittant Daevlyn du regard, Asiel reporta son attention sur le frère et la sœur, leur promettant en un regard les pire tortures imaginables. Alors qu’il allait s’approcher d’eux et leur faire regretter d’être venu au monde, il sentit Daevlyn le saisir par le bras et l’entrainer sans ménagement à sa suite. Comprenant les intentions de son amant, Asiel se laissa guider, adressant un sourire narquois a l’assemblée qu’il sentit frissonner de désagrément , surtout les jumeaux. C’est ainsi qu’ils se retrouvèrent seuls dans la chambre de l’adolescent après que Daevlyn eut précautionneusement refermé la porte. Asiel sourit à cette précaution qu’il savait toute a fait inutile, sachant pertinemment qu’il ne se contenterait pas de parler calmement avec Daevlyn. Non… Il avait mal, il avait été blessé au plus profond de lui et se devait de le faire savoir à l’adulte, qu’il comprenne qu’il avait été trop loin et qu’il faudrait bien plus que quelques explications et un “pardon” pour se faire pardonner. A peine Daevlyn fut-il face à lui que la main de l’adolescent atterrissait violemment sur sa joue. Cependant, à peine le coup fut-il partit qu’Asiel le regrettait. Une telle fureur l’habitait qu’il lui fallait la laisser sortir.
Inconsciemment, des larmes s’échappèrent de ses yeux. Des larmes libératrices de toutes les émotions contenues jusqu’à présent. Il sentait au fond de lui la présence de Raphael a ses cotés, que l’adolescent le guidait et l’aidait comme lui l’avait aidé pendant tout ce temps. Pourtant, malgré ses larmes, Asiel ne lui avait toujours pas pardonné et n’attendait qu’une chose, que Daevlyn prenne la parole :
- Je… je n’avais pas le choix… commença-t-il d’une voix qui cachait mal son hésitation.
- On l’a toujours Daevlyn ! Trouve autre chose mon cœur ! s’exclama l’adolescent avec un cynisme non feint qui contrastait avec ses larmes.
Aveuglé par ses propres ressentis, Asiel n’avait pas conscience de pousser Daevlyn à bout de patience et ne remarqua pas que l’adulte se faisait violence pour ne pas se départir de son calme.
D’une voix calme qui ne laissait rien présager de bon, Daevlyn déclara :
- Et quoi ? Tu voulais garder le secret toute ta vie ? Ta mère devait savoir Asiel ! Elle en avait le droit. C’est vrai que c’était à vous de choisir le moment pour lui annoncer, mais dans ces circonstances, aurais-je dû continuer à lui mentir ? Si je ne l’avais pas dis, jamais vous n’auriez trouvé le courage pour le faire.
Asiel savait pertinemment que Daevlyn avait raison, mais emporté par sa colère il hurla sans prendre en compte les paroles précédentes de son amant :
- Il valait mieux qu’elle ne sache pas ! hurla presque Asiel. Elle n’aurait jamais du savoir ! Raphaël ne peut plus supporter ce regard. Tu lui a montré plus que sa propre âme ! Cette culpabilité dans les yeux de Suzanne, pour Raphaël c’est insoutenable !
- Suzanne ? demanda alors l’adulte surprit. Pourquoi emploies-tu ce nom ? C’est aussi ta mère !
- Va-t-en ! Hurla l’adolescent sans répondre à la question de l’adulte. Je ne veux plus t’entendre ! Sors d’ici !
Une rage sans nom bouillonnait dans les veines de l’adolescent. Les poings serrés, il tentait de calmer les tremblements de ses mains. La respiration saccadée, ses yeux noirs envoyant des éclairs, Asiel était à deux doigts de se jeter sur lui.
Alors que Daevlyn allait sortir, il se retourna une dernière fois et déclara d’une voix étrangement douce qui avait perdue toute sa colère :
- Laisse lui le temps de te connaître, et elle t’aimera aussi fort qu’elle aime Raphaël. Suzanne est aussi ta mère…
Avant qu’Asiel ne puisse dire quoi que ce soit, Daevlyn avait déjà refermé la porte, le laissant seul comme il le lui avait demandé.
Une fois seul, Asiel laissa libre court a ses larmes. Il courut et se laissa tomber sur son lit, le visage dans l’oreiller, tentant d’étouffer au maximum ses sanglots. Il savait parfaitement qu’il avait mal agit, que sa colère était excessive et s’en voulait. Seulement, sa fierté l’empêchait d’aller s’excuser auprès de Daevlyn. De plus, ses craintes étaient, elles, belle et bien réelles… Comment Suzanne pourrait-elle l’accepter et l’aimer, lui, un assassin ? Il avait toujours été considéré comme la deuxième personnalité de Raphael, adolescent meurtrit par la vie, et s’était enfermé dans cette idée pour ne pas avoir a souffrir d’avantage.
Puis, Daevlyn était entré dans leur vie, suivit maintenant de Suzanne. L’idée de perdre Daevlyn lui était atrocement douloureuse, mais à présent, il devait aussi se résoudre à perdre Suzanne, qui représentait à ses yeux, la mère qu’il n’avait jamais eut. Il devait accepter l’idée qu’il n’était qu’un substitue de Raphael, que seul l’adolescent avait sa place dans cette famille. S’il avait réagit aussi violemment ce n’était que par pur égoïsme. Il avait peur de trop s’attacher a Suzanne comme il l’avait fait avec Daevlyn. Daevlyn qui avait été son arrêt de mort… Asiel ne sut combien de temps s’écoula après que Daevlyn ait quitté la pièce. Epuisé par ses sanglots, il sentait ses forces s’amenuiser peu a peu et alors qu’il s’apprêtait à quitter ce monde pour rejoindre celui des rêves, trois coups frappés à la porte retentirent dans la pièce, le faisant sursauter, à présent totalement réveillé.
Avant qu’il n’ait le temps de dire quoi que ce soit, la porte s’ouvrit sur Suzanne. Lorsqu’il s’en rendit compte, il tenta de retrouver son masque froid et impassible, mais ce fut sans compter sur Suzanne qui déclara :
- Ne joue pas a ce jeux Asiel, cela ne marche pas !
Agacé, l’adolescent lui adressa un regard meurtrier, mais l’ignorant totalement, Suzanne poursuivit :
- Tu peux me fusiller du regard autant de fois que tu veux , m’ignorer même, mais tu ne m’empêchera pas de te dire ce que j’ai a te dire.
Sa décision prise, Suzanne alla s’asseoir sur le lit auprès d’Asiel qui, dans un mouvement de reflexe se recula précipitamment, comme s’il craignait de se brûler au contact de la jeune femme. Si cette attitude blessa profondément Suzanne, elle n’en laissa rien paraître et déclara d’une voix qui se voulait calme et posée :
- Avant toute chose, je voudrais te remercier, Asiel. Je voudrais te remercier d’avoir été la pour Raphael à ma place. Pour tout ce que tu as fait et que tu continues de faire encore pour lui au dépend d’un grand nombre de sacrifices. Tu t’es sacrifier pour lui et cela n’a pas de prix a mes yeux. Tu as accepter de souffrir pour le protéger lui… Mais a présent, tu n’as plus a le faire Asiel ,tu n’as plus a souffrir… Le bonheur est là, il ne tient qu’à toi d’ouvrir les bras et de le saisir…
Asiel était profondément troublé par les paroles de cette femme qui lui faisait face. Il lui semblait qu’elle pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert. Il ne dit cependant rien, attendant patiemment que Suzanne poursuive. Si au départ il n’avait eut aucune envie de l’écouter, à présent, toute son attention était reportée sur elle. Son regard onyx la fixait avec une certaine admiration. Rassurée par le silence d’Asiel, Suzanne reprit :
- Même si tu te caches derrière ton masque, tu souffres Asiel. Arrêtes de le nier et rends toi à l’évidence ! Si Daevlyn a fait ce qu’il a fait, c’est qu’il le jugeait utile, pour toi, pour vous… Cesse cette mascarade et affronte tes problèmes de face Asiel. Il n’y a que comme cela que tu parviendras à lui pardonner et à te pardonner à toi même. Là, tu te morfonds sur toi même, ce n’est pas une solution. Daevlyn t’aime Asiel, c’est moi qui te le dit. Il t’aime autant que Raphaël et ne fait aucune distinction entre vous car il n’y en a pas a faire. Vous avez le même passé, les mêmes problèmes, le même corps et au fond de vous le même caractère et cette sensibilité qui vous caractérise. Tes craintes sont aussi les siennes… Je ne sais pas si je peux comprendre, pour être honnête, j’en doute même, mais tout ce mal que vous avez vécu est à présent révolu… Cesse de regarder toujours vers le passé et concentre toi sur l’avenir… Certes, tu gardera toujours une part du passé en toi, rien, pas même l’amour que tu voues à Daevlyn et celui qu’il te rend en échange ne pourra l’effacer, seul le temps l’estompera lentement, mais ce n’est pas une raison pour te renfermer sur toi Asiel… Tu as tellement peur des autres et de ce que l’avenir peut vous réserver que tu t’es renfermé sur toi et tu as remonter tes barricades autour de ton cœur pour m’empêcher d’y accéder… Tu as mis cette distance entre nous par peur du regard que je pourrais poser sur toi, sans même attendre d’entendre ce que j’avais à te dire… Tu m’as mis dans le même panier que les autres avant même d’apprendre à me connaître… Attention, ce ‘est pas un reproche Asiel, juste une simple constatation.
Si au départ cela n’avait été qu’une impression, à présent, c’état une certitude…. Suzanne lisait en lui… Elle transcrivait par des mots, les émotions qui étreignaient son cœur. A présent, il avait perdu toute sa belle assurance.
- Tu… comment tu sais ? Demanda l’adolescent sans chercher a cacher l’horreur qui transpercait dans sa voix.
- Je suis une mère, Asiel. répondit Suzanne d’une voix toujours aussi douce, ne souhaitant pas effrayer l’adolescent et le braquer plus qu’il ne l’était déjà. Je sais ce que tu ressens car quoi que tu en penses, je suis aussi TA mère ! Pas uniquement celle de Raphaël, mais la votre à tous les deux. et je vous aime en tant que telle… Je ne m’impose pas plus… Je ne te demande rien non plus, j’espère seulement que tu prendra le temps de méditer ces paroles…
Et sans lui laisser le temps de répondre, elle joignit les gestes à la parole et quitta la pièce, laissant l’adolescent réfléchir à tout ce qu’elle lui avait dit. Dans le silence de la pièce à présent vide, il l’entendit descendre les escaliers puis plus rien. Le noir et le silence régnaient en maîtres dans la chambre. Durant un temps qui lui parut incroyablement long et à la fois trop court. Asiel resta immobile, assis sur son lit, à se repasser inlassablement le discours que lui avait tenu sa mère…
Ce qui l’effrayait le plus c’était la facilité avec laquelle elle avait déchiffré ses émotions, ses doutes et ses peurs. Elle avait franchit sans la moindre difficulté le mur de glace qui faisait le tour de son cœur.
Des larmes silencieuses s’échappèrent à nouveau de ses yeux, achevant le travail commencé un peu plus tôt par Suzanne, à savoir, la fissure de ce mur glacé.
Tout ce qu’il avait construit durant toutes ces années commençait à se disloquer sans qu’il ne puisse rien faire pour l’en empêcher.
Finalement, épuisé par ses sanglots silencieux, il finit par s’endormir après être allé s’allonger sur le matelas posé au sol. Ce fut le bruit caractéristique d’une porte qui s’ouvre et se referme qui le réveilla. Il jeta un rapide coup d’œil discret et son cœur se contracta lorsqu’il reconnu la silhouette de Daevlyn. A ce moment, il se sentit tellement coupable de tout ce qui se passait, du mal qu’il faisait à Daevlyn.
A présent incapable de s’endormir maintenant que Daevlyn était à la fois si proche et se loin de lui, Asiel tentait de résister à la tentation d’aller le rejoindre, sachant pertinemment qu’il n’y avait que dans ses bras qu’il parviendrait à trouver le sommeil qui se refusait à lui. Il pesait le pour et le contre, se giflant mentalement de sa couardise. Puis, n’y résistant plus, il se leva silencieusement et alla se glisser le plus discrètement possible entre les draps du lit dans lequel dormait l’adulte.
Lorsqu’il vit Daevlyn se retourner et tomba nez à nez avec lui, il faillit rebrousser chemin et retourner sur son matelas. C’est alors qu’il sentit deux bras l’entourer et comprenant là une invitation à se laisser aller, Asiel enfouis son visage dans le cou de Daevlyn et se libéra de toute cette souffrance, sa peine et sa colère en de longs sanglots déchirants.
Noyé dans ses sanglots,, c’est à peine s’il entendit les mots d’amour que lui murmurait patiemment l’adulte.
Epuisé par ses sanglots, il finit par s’endormir, ayant juste la force de lui murmurer un “je t’aime” d’une voix endormie.
Asiel se réveilla dans la même position dans laquelle il s’était endormit. Ne se souvenant pas de s’être endormis dans son lit, il s’écarta brusquement de l’adulte avant de se remémorer les événements de la veille. Alors qu’il allait se lever sans un mot, il sentit Daevlyn lui saisir le bras :
- Asiel, reste s’il te plait.
- Pour quelle raison ? Demanda froidement l’adolescent, souhaitant faire comprendre à Daevlyn qu’il ne lui pardonnerait pas aussi facilement ou plutôt, pour masquer son trouble et son appréhension.
- Il faut qu’on parle.
- Et si je n’en avais pas envie, répliqua l’adolescent de mauvaise foi.
Ce n’est pas une question d’envie Asiel, répondit patiemment Daevlyn, tu en as plus que besoin.
- Et qu’est ce qui te fait dire cela ? reprit Asiel avec arrogance tentant tant bien que mal de cacher son trouble.
- Cette nuit en est la preuve…
A l’intonation de la voix de Daevlyn, Asiel comprit que l’adulte craignait sa réaction. Mais contrairement à ce qu’il semblait s’attendre, Asiel ne répondit rien, laissant le temps à Daevlyn de poursuivre :
- Je ne pense pas que tout cela est été une mauvaise chose. Ta plus grande crainte Asiel, c’était de te faire rejeter par ta mère. Mais est-ce que cela a été le cas ? Est-ce que Suzanne te hait et voit en toi un meur…
Avant que Daevlyn n’ait le temps d’achever son mot, Asiel le bâillonna de ses lèvres afin de le faire taire. Asiel quémanda l’entrée de sa bouche en une demande timide, souhaitant se faire pardonner de son comportement odieux.
Certes, il ne le disait pas avec des mots, mais ses gestes, son corps, parlaient pour lui. Le baiser fut électrique, bien plus fougueux et osés que ceux échangés avec Raphaël. Un désir tout autre, d’un degré non comparable, à la fois pareil et différent… Leur langue se rencontraient en un combat farouche afin de déterminer qui aurait le dessus sur l’autre. Asiel sentait déjà le désir naître dans ses reins et alors qu’il s’apprêtait à faire comprendre à Daevlyn qu’il était trop tard pour rebrousser chemin, quelques coups frappés à la porte les ramena brusquement à la réalité.
Dans un soupir de frustration, Asiel s’écarta de Daevlyn et celui-ci invita l’intrus à entrer. C’était Suzanne. Elle resta sur le pas de la porte, comme si elle avait conscience d’avoir interrompu quelque chose et déclara :
- Le petit déjeuner est prêt. Pierre, les enfants et moi allons bientôt partir. Les enfants vont à l’école et nous allons travailler…
- On arrive, répondit Daevlyn en souriant tandis qu’Asiel, gêné, cherchait à se cacher du regard de sa mère.
Asiel et Daevlyn descendirent donc peu de temps après et prirent place à table dans un silence monastique qui dura tout le temps du repas. Tous étaient pressés, et ne perdirent pas de temps, laissant finalement Asiel et Daevlyn seul.
A présent seuls, Daevlyn demanda a Asiel :
- Tu veux faire quelque chose de particulier ou passer une journée tranquille pour se reposer tout les deux.
- Passer une journée tous les deux oui, mais pas pour se reposer, susurra Asiel à son oreille avant de se reculer et de plonger son regard brûlant de sous entendu dans celui de Daevlyn.
Ce dernier, gêné, se leva et articula non sans difficultés :
- Je… Je vais prendre une…. douche… a tout de suite.
La gêne subite de Daevlyn fit sourire Asiel qui, fier de lui, ne le quitta pas du regard, le dévorant des yeux, jusqu’à ce qu’il disparaisse de son champ de vision.
La vision de Daevlyn était pour lui un supplice et l’imaginer sous la douche acheva de faire disparaître ses dernières résistances. Il avait du se faire violence pour ne pas sauter sur Daevlyn, là, dans le couloir. Depuis leur baiser, il sentait un désir violent lui vriller les reins, et l’invitation implicite de l’adulte a venir le rejoindre n’avait fait qu’augmenter considérablement son envie de lui.
Avant même de réaliser ce qu’il faisait, Asiel prit le chemin de la salle de bain. Il s’arrêta quelques secondes sur le pas de la porte; soufflant longuement, puis, prenant son courage à deux mains et un air légèrement aguicheur et sensuel, il entra discrètement dans la pièce. La buée avait envahie la pièce, lui facilitant la tache. Asiel avait parfaitement conscience du pouvoir de surprise continuel qu’il exerçait sur son moniteur et ne se gênait pas pour en user. Il aimait surprendre son amant par son imagination débordante et cela n’avait pas l’air de déplaire à Daevlyn. A présent, la pièce ressemblait plus à un sauna qu’à une salle de bain. Asiel franchit avec une lenteur toute calculée les derniers pas qui le séparaient encore de la cabine de douche, échafaudant un plan d’action dans sa tête.
A travers la vitre couverte de buée, il pouvait deviner les formes parfaites du corps de son amant. Il sentit son désir augmenter considérablement et le besoin vital de sentir les mains de Daevlyn se poser délicatement sur lui, effleurant sa peau avec volupté.
Ne résistant pas à la tentation de l’appel de la chair, l’adolescent entra sans un bruit dans la cabine de douche.
Alors que Daevlyn tournait la tête, surprit de sentir un courant d’air froid, Asiel se jeta sur ses lèvres qu’il happa avec une telle avidité que cela le surprit lui-même. Mais le désir était trop grand pour qu’il pense à autre chose. La façon dont l’adulte répondit à son baiser, avec fougue et passion, acheva tout élan de pudeur. Il voulait Daevlyn, il voulait sentir son corps contre lui, il voulait le sentir se mouvoir en lui…
Asiel était encore habillé, mais il s’en fichait éperdument. L’eau imprégnait ses vêtements qui, à présent, moulaient son corps comme une seconde peau, lui donnant un aspect terriblement sensuel et provocateur. Sous l’effet du désir et du plaisir combinés qui coulaient dans ses veines, les mains d’Asiel se crispèrent dans le dos de Daevlyn, plantant ses ongles dans sa chair, comme pour tenter de se raccrocher une dernière fois à une réalité qui échappait à sa volonté.
Soudain, le baiser de Daevlyn se fit plus ardent. L’adulte attendait, voulait quelque chose. Asiel pouvait le sentir dans la façon qu’il avait de l’embrasser. Un sourire étira les lèvres de l’adolescent lorsqu’il comprit que Daevlyn le voulait lui, voulait posséder son corps pour laisser à jamais en lui son emprunte invisible et ineffaçable. Souhaitant mettre à l’épreuve la patience de son amant, Asiel répondit avec autant d’ardeur à ce baiser qui ressemblait plus à un duel entre leur langue.
Cependant, intérieurement, Asiel avait déjà capitulé et attendait avec toute la retenue dont il était capable, l’instant brûlant durant lequel il ne ferait plus qu’un avec Daevlyn.
finalement, Asiel finit par se reculer légèrement, usant de toute sa volonté pour s’écarter de son amant. Sa motivation n’était autre que le désir de se débarasser au plus vite de ses vêtements devenus à présent trop encombrant et parfaitement inutiles.
Malgré le désir qui lui vrillait les reins et faisait bouillonner son sang dans ses veines, Asiel prit tout son temps pour se déshabiller, passant langoureusement sa main sous son t-shirt.  L’eau qui cascadait sur lui coulait le long de sa chevelure et de son visage, renvoyant à Daevlyn une image des plus érotiques.  L’amour et le désir que l’adolescent pouvait lire dans les yeux de l’adulte gonflaient son coeur d’orgueil.
D’humeur taquine, Asiel commença à jouer avec la patience de son amant,, la mettant à rude épreuve. Il savait exactement ce qu’il voulait, mais aussi ce qu’il risquait à provoquer ainsi Daevlyn. Avec une lenteur exagérée et toute calculée, Asiel fit remonter son t-shirt trempé le long se son torse imberbe, non sans lancer à son vis à vis un regard aguicheur lourd de sens.
Malgré l’eau qui coulait sur son corps, Asiel se sentait se consummer de l’intérieur par un brasier des plus ardents dont toute l’eau du monde ne parviendrait pas à bout. Entre la chaleur de l’eau et celle de son propre corps Asiel avait l’impression d’étouffer. L’air commencait à lui manquer et il avait l’impression de poisser la transpiration, mais pour rien au monde il n’aurait souhaiter mettre un terme à cet instant brûlant.
Un à un, ses vêtements tombèrent dans le bac de douche, aussitôt oubliés et ignorés par leur propriétaire qui ne leur prêta pas plus d’attention qu’à une vuglaire paire de chaussette.
Bien qu’au comble de la frustaction de ne pas sentir les mains de Daevlyn parcourir son corps avec la sensualité dont il savait faire preuve et qui lui faisait perdre la tête, Asiel se prêta au jeu, acceptant les règles de son amant comme celui-ci avait accepté sans objection celles imposées par l’adolescent.
Ce ne fut qu’une fois totalement nu et à armes égales et après un regard d’un rare intensité qu’il conscnetirent enfin à abdiquer, chacun s’abandonnant entièrement à l’autre. Le déclic fut simultané, chacun reprit au même moment le chemin qui les conduiraient jusqu’aux lèvres jumelles tant convoitées.
Souhaitant sentir Daevlyn encore plus prêt de lui, Asiel passa ses bras autour de son cou et l’attira à lui, approfondissant leur échange par la même occasion.
Les mains de Daevlyn se posèrent à leur tour sur la peau satinée de l’adolescent, glissant sur ses hanches légèrement saillantes  avant de rpartir à la redécouverte de ce corps qu’il connaissait déjà par coeur. Même si Asiel savait très bien que l’adulte ne prêtait pas attention aux cicatrices qui zébraient son corps, il ne pouvait s’empêcher de ressentir un élan de honte l’envahir à chaque attouchement de l’adulte. Un flot de sentiments tous plus intenses les uns que les autres s’empara alors de lui, bien que deux fussent plus présents. A la honte du passé, venait à présent s’ajouter la peur de perdre Daevlyn…
Cependant, il s’éforça à les refouler au plus profond de lui même, ne voulant pas gâcher le dernier instant d’amour passé entre les bras de Daevlyn en tant qu’Asiel à part entière. Bientôt, il le sentait au plus profond de lui-même, il ne ferait de nouveau plus qu’un avec Raphaël…
Sans qu’il ne puisse les retenir, il sentit des larmes silencieuses franchir la barrière de ses yeux pour aller se perdre sur  ses joues.
Daevlyn sembla s’en rendre compte car aussitôt, il stoppa toute action et s’écarta de lui. D’une voix dans laquelle Asiel pouvait perçevoir une crainte profonde, Daevlyn demanda :
- Tu pleures ?
A cette question, Asiel fondit littéralement en larmes, se jetant dans les bras de Daevlyn qui l’entoura de ses bras puissants en une étreinte rassurante. Echappant à sa volonté, ses sanglots se firent de plus en plus violents. Noyé dans ses sanglots, c’est à peine s’il se rendit compte que Daevlyn avait coupé l’arrivée d’eau et le soulevait lestement, comme s’il ne pesait rien. Il sentit l’adulte galérer pour tenter de l’essuyer un minimum mais ne tenta rien pour l’aider, ne voulant pas s’écarter de lui ne serait-ce qu’un instant, par peur de le voir disparaître.
Tant bien que mal, Daevlyn le sécha avant d’enfiler son boxer et son t-shirt. Puis, il le prit de nouveau dans ses bras en le serrant tendrement contre lui. Tout ce dont Asiel avait besoin pour le moment, c’était de sentir a chaleur rassurante de son amant. Il voulait sentir sa présence.
Daevlyn le souleva une nouvelle fois, le portant comme un bébé et l’amena jusque dans leur chambre. Là, il le déposa délicatement sur le lit et vint se coller à lui avant de rabattre la couverture sur leur deux corps afin qu’ils ne prennent pas froid.
A peine Daevlyn fut-il installé qu’Asiel enfoui son visage dans son cou, ne parvenant pas à calmer les spasmes et les sanglots qui parcouraient son corps. Pendant plusieurs minutes, Daevlyn attendit patiemment que les pleurs de l’adolescent cessent. Un long moment s’écoula encore avant qu’Asiel ne commence à se calmer. Alors qu’il ravalait ses sanglots, Daevlyn demanda d’une voix ferme mais douce qui ne cachait pas son anxiété :
- Dis moi Asiel, raconte moi ce qui ne va pas.
L’adolescent respira profondément avant de commencer avec hésitation :
- Je…
Daevlyn s’écarta un peu de lui en raffermissant sa prise sur son corps, caressant lentement le dos de son jeune amant. Asiel détourna le regard et les yeux embués de larmes, il commença sa confession :
- Tu sais quel est le souvenir du passé qui me ronge le plus ?
N’attendant aucune réponse de la part de l’adulte, Asiel poursuivit :
- Ce n’est pas le nombre de fois ou Raphaël hurlait à l’aide pendant que son père abusait de notre corps… Ce n’est pas non plus la sensation d’être déchiré que nous partagions bon nombre de fois lorsqu’il nous violait. C’est encore moins les coups que nous recevions chaque jour, ni la disparition de sa mère… C’est…
La voix de l’adolescent se brisa si bien qu’il dut attendre quelques seconde avant de reprendre :
- Je ne souviens de ce moment là, chaque jour… Raphaël m’a appeler tellement fort ce jour là… C’était la première fois qu’il faisait appel à moi aussi fort. Son corps tout entier faisait appel à moi, déchirait à la souffrance aussi bien morale que physique. Il voulait que je le libère enfin. Il ne pouvait le faire lui-même. Je me suis sacrifié pour lui… Si c’était à refaire, je le ferais sans aucune hésitation. C’était pour notre survie. La folie était devenu une voisine proche. C’était notre vie contre la sienne. Je me souviens avoir pris possession de son corps, avoir sentit pleinement ce qu’il ressentait à chaque fois. Je n’étais plus uniquement envahi de ses sentiments, cette fois-ci je ressentais comme lui ressentait. Je voulais que cela cesse à tout prix, tout autant pour lui que pour moi. Je me devais de le protéger comme il me l’avait si souvent demandé…
Un autre silence suivit cet aveux. Asiel avait besoin de temps pour évacuer cette douleur qui l’envahissait à force de ressasser des souvenirs qu’il aurait préféré oublier.
Après un moment de silence, ne sachant pas vraiment s’il aurait la force d’achever son récit, Asiel reprit :
- J’ai saisi l’objet tranchant que Raphaël avait vu un peu avant. Je n’avais plus qu’un seul geste à faire. Notre père était bien trop perdu dans son plaisir personnel pour faire attention à ce que je me préparais à lui faire. Ses gémissements, ces mots durs… Plus jamais je ne voulais les entendre… J’ai saisi cette lame, et je l’ai enfoncée droit dans son corps, lui soufflant des mots que jamais Raphaël ne s’était risqué à prononcer. Pendant que sa vie le quittait en même temps que son sang qui coulait sur moi, je sentais son regard se décomposer. Jamais je n’ai vu autant de haine. J’ai… j’ai tout pris de plein fouet. Je me rappelle encore les battements de son cœur ralentir jusqu’à ce qu’ils cessent complètement. Cet instant fut très bref et pourtant il m’a parut durer des heures… Plus son sang coulait sur moi, plus je me sentais tâché du meurtre que j’étais en train de commettre. C’était trop tard, je ne pouvais plus rien faire. J’avais endurcie mon cœur durant toutes ses années pour réaliser cet acte, et pourtant je le sentais s’entredéchirer. J’avais tellement mal de souffrir de sa mort… J’aurais voulu céder à mes faiblesses, mais j’avais un rôle à tenir, être l’opposé de Raphaël, être le fort… Seulement est-ce que je le suis vraiment Daevlyn ? Et même si je le suis, maintenant c’est fini… Depuis l’instant même ou il t’a rencontré, j’ai su que cela signait ma fin…
Les yeux rougis, seules des larmes muettes continuaient à couler inlassablement de yeux d’Asiel.
Un long silence suivit cet aveux de l’adolescent, un silence lourd en émotions et en sentiments non exprimés mais tellement prenant que chacun pouvait ressentir ce que l’autre ressentait. Aucun mot n’aurait pu décrire l’indignation de Daevlyn, ni la honte d’Asiel…
Ce fut Asiel qui rompit le silence en premier, demandant non sans une certaine appréhension :
- Je sais que c’est égoïste de ma part de te demander cela… Mais… Je le sens, c’est la dernière fois que j’apparais, la dernière fois que je prends possession de ce corps. Raphaël n’a plus besoin de moi… Vous n’avez plus besoin de moi… Mais est-ce que je peux rester encore un peu à tes côtés avant de partir une dernière fois.
- Je sais que c’est égoïste de ma part de te demander cela… Mais… Je le sens, c’est la dernière fois que j’apparaîs, la dernière fois que je prend possession de ce corps… Raphaël n’a plus besoin de moi… Vous n’avez plus besoin de moi… Mais est-ce que je peux rester encore un peu à tes côtés avant de partir ?
- Bien sur Asiel, s’empressa de répondre l’adulte. Bien sur que tu peut rester encore un peu… Je t’aime Asiel… Merci de t’être ainsi confessé à moi, merci de ta confiance…
tout en disant cela, Daevlyn l’avait attiré tout contre lui et le serait dans ses bras à l’étouffer, mais Asiel n’en avait cure. Tout ce qui l’importait, c’était d’être dans les bras de son amant. Ainsi enlacé, il pourrait mourir heureux…
Il restèrent un long moment enlacés, tous deux pleurant à l’unisson pour évacuer cet instant trop chargé en émotions. Puis, après un moment, Asiel murmura à l’oreille de Daevlyn :
- Fais moi l’amour Daevlyn… Fais moi l’amour avec la même délicatesse que tu emplois avec Raphaël, je veux me noyer sous ta douceur… Je t’aime Daevlyn…
L’adolescent avait perdu toute la belle assurance qu’il s’était forgée au fil des mois et des années, il était faible, et pour la première fois, cela n’avait pas d’importance à ses yeux. il se montrait à Daevlyn tel qu’il était réellement, un adolescent grandit trop vite et de la plus horrible des façons qui soient… Il mettait son cœur à nu, dévoilant bien au de la de son âme. Il s’offrait à lui sans honte et sans crainte, en une ultime demande à laquelle l’adulte s’empressa de répondre.
Lentement, Daevlyn fit basculer l’adolescent afin de se retrouver au dessus de lui. Asiel se sentit transporté par la vision qu’il avait de Daevlyn. Les yeux dans les yeux, chacun pouvait lire dans les yeux de l’autre une multitude de sentiments tous plus flou les uns que les autres. Douleur, tristesse, souffrance, peur, angoisse, gratitude, amour… autant de sentiments et d’émotions qu’ils ne parvenaient à contenir. Du bout des doigts, Asiel replaça derrière l’oreille de Daevlyn une mèche de cheveux encore humide qui lui tombait devant les yeux.
Lentement, leurs lèvres s’effleurèrent en une caresse timide et hésitante, comme s’il avaient peur de voir l’autre disparaître au moindre mouvement trop brusque. Asiel mettait toute son âme dans ce baiser, tentant de faire passer à Daevlyn l’amour incommensurable qu’il lui portait.
comme demandé par Asiel précédemment, Daevlyn prenait son temps, faisant redécouvrir à l’adolescent le plaisir que pouvait procurer le simple contact de leurs lèvres en une caresse aérienne mais à la fois si troublante.
après un moment durant lequel leurs lèvres se cherchèrent, Daevlyn laissa aller sa langue à frôler plusieurs fois les lèvres de l’adolescent, lui procurant des caresses plus sensuelles et douce les unes que les autres.
A aucun moment Asiel ne tenta quelque chose, se contentant d’apprécier avec délice les légers attouchements de son amant. Seuls ses bras vinrent s’entourer autour de sa nuque, le retenant prisonnier de son étreinte possessive et désespérée. Asiel avait l’impression de vivre un rêve et qu’à n’importe quel moment, il pouvait se réveiller et mettre définitivement un terme à tout cela. Or, pour lui, c’était tout simplement hors de question. Si c’était bien un rêve, pour rien au monde il ne voulait se réveiller. Il aurait pu passer sa vie entière ainsi, avec la chaleur de Daevlyn, la douceur de sa peau et la tendresse de ses baisers…
Ce ne fut que lorsque la frustration commença à se faire sentir qu’Asiel entrouvrit les lèvres en une invitation explicite. Daevlyn ne se fit pas prier et accéda avec empressement à la requête de l’adolescent. Lorsque leur langue s’effleurèrent, Asiel ressentit des milliers de picotements parcourir l’intégralité de son être. le contact de leur langue fut un tel choc que le battement de leur cœur s’en retrouva décuplé.
La langue de Daevlyn vint lentement prendre possession de la bouche de l’adolescent, entamant avec sa jumelle, un ballet à la fois lent et délicat. Pour la première fois de sa vie, Asiel se donna à fond pour un baiser, s’abandonnant comme jamais aux bons soins de l’adulte.
Noyé dans les sensations que faisait naitre en lui le baiser de Daevlyn, Asiel sentit son corps s’enflammer lorsque les mains de l’adulte partirent a l’aventure le long de son corps. Enivré par les caresses de son amant, Asiel sentait sa température intérieure augmenter à une allure phénoménale. Nu et offert sans pudeur au regard et aux caresses de l’adulte, Asiel sentait le désir naître dans ses reins en un brasier qui enflammait son corps et ses sens. A chaque caresse de Daevlyn, même à peine esquissée, il sentait son corps se sensibiliser toujours un peu plus.
Rechignant à rester inactif, Asiel glissa ses mains sous le t-shirt de son amant, souhaitant graver à jamais dans sa mémoire la texture soyeuse et délicate de sa peau si douce et parfaite.
Leurs larmes s’étaient à présent taries afin de ne pas risquer de troubler cet instant magique qu’ils étaient en train de vivre et de partager. Seuls leurs yeux rougis et leurs traits légèrement tirés trahissaient leur récente crise de larmes.
D’un geste accompagné d’un regard lourd de sens, Asiel fit comprendre à Daevlyn que son t-shirt était de trop et qu’il n’avait pas sa place entre eux. Accédant à l’ordre muet de son jeune amant, Daevlyn se redressa, dominant Asiel de toute sa hauteur et, d’une lenteur toute calculée et avec une sensualité qui laissait transparaître le pourquoi du comment, Daevlyn enleva son t-shirt, dévoilant une par une chaque parcelle de son torse finement musclé. Asiel sentit ses joues s’empourprer face à cette vision des plus sublimes a ses yeux et, passant langoureusement sa langue sur sa lèvre supérieure, il fit comprendre à Daevlyn qu’il appréciait la vue mais que toucher était encore mieux. Rapidement, les quelques vêtements que portait l’adulte se retrouvèrent éjectés au loin, quelque part dans la pièce. Lorsque Daevlyn se baissa, il mit un soin tout particulier a effleurer son torse contre celui d’Asiel qui frissonna violemment à ce contact des plus agréables. Il pouvait sentir la chaleur de Daevlyn tout contre sa peau s’ajouter a la sienne pour engendrer une source de plaisir d’une rare intensité.
Avec impatience, leurs lèvres se retrouvèrent pour un baiser des plus passionnés tandis que leurs mains vagabondaient éhonteusement sur le corps de l’autre, à la recherche des points sensibles de leur anatomie qui les mèneraient lentement mais surement jusqu’au point culminant de leur plaisir respectif. Avec un savoir faire hors du commun , Daevlyn parvenait à éveiller en Asiel chacun de ses sens, lui arrachant ses premiers gémissements de plaisir sous ses caresses.
Fier de cela, Daevlyn glissa ses lèvres dans le cou d’Asiel qui était sa zone la plus sensible et en même temps, ses doigts s’attardèrent sur ses tétons déjà durcis par le plaisir qu’il ressentait. De nouveaux gémissements s’échappèrent des lèvres entrouvertes d’Asiel qui ondula du bassin en un mouvement plus qu’explicite. Le plaisir qu’il ressentait était déjà à son comble et ils en étaient à peine aux préliminaires.
Jamais Asiel n’avait ressentit autant de plaisir avec seulement des baisers et quelques caresses pudiques. La sensibilité à fleur de peau, Asiel crut qu’il allait mourir de plaisir. Daevlyn sembla le remarquer et accédant à sa requête muette, il entama sa descente vers l’intimité de l’adolescent, tandis que sa bouche goûtait à chaque parcelle de sa peau encore inexplorée. Sensible au possible, Asiel se cambra violemment et retenant à grand peine un cri de plaisir lorsque les doigts de Daevlyn effleurèrent son sexe. Asiel avait l’impression d’étouffer, de se consummer de l’intérieur par un brasier ardent. Son corps luisait de transpiration et sa respiration était erratique.
De nouveaux gémissements s’échapèrent de ses lèvres entrouvertes alors que les mains de son amant remontaient lentement à l’intérieur de ses cuisses jusqu’à son intimité.
Les mots d’amour que Daevlyn lui murmurait à l’oreille galvanisaient Asiel qui se sentait irrémédiablement attiré vers la jouissance.
Au contact de la langue de l’adulte sur son intimité gonflée, Asiel ouvrit la bouche en un cri muet de plaisir à l’état pur. Ses hanches se mirent en mouvement, ondulant sans qu’il en ait réellement conscience, imprimant un langoureux déhanchement plus qu’explicite sur ses besoins.
Mettant un terme à la douce torture qu’il infligeait à son jeune amant, Daevlyn entama alors un lent mouvement de va et vient sur son sexe. A présent, Asiel ne retenait plus ses gémissements de plaisir. Alanguis sous les caresses de Daevlyn, il n’avait pas conscience de la vue qu’il lui offrait.
Soudain, Daevlyn stoppa tout mouvement et plongea son regard dans les yeux brûlant d’aSiel qui lui fit comprendre de smécontentement par un petit gémissement plaintif qui s’étouffa dans sa gorge lorsqu’il vit Daevlyn humidifier ses propres doigts avec une sensualité emprunte d’érotisme.
Lorsque Daevlyn le pénétra, Asiel en soupira de bien-être et de satisfaction. Le plaisir qu’il ressentait était si intense qu’il inibait toute trace de douleur. L’adulte faisait oreuve d’une douceur imparable et Asiel sentit des larmes de gratitude lui monter aux yeux.
En même temps qu’il le préparait, Daevlyn laissait sensuellement le bas ventre de son amant, lui offrant mielles plaisir à l’aide de sa bouche.
Quand Daevlyn inséra un second doigt en lui, Asiel poussa un cri de plaisir. La jouissance était proche. Daevlyn sembla s’en rendre compte car il accéléra ses mouvements de sucion. Les mains perdues dans la tignasse indomptable de l’adulte, Asiel se laissait gagner par un plaisir toujours plus grand. Après quelques minutes, il se libéra dans la bouche de son amant en un cri de plaisir non retenu.
Lentement, Daevlyn remonta jusqu’aux lèvres d’Asiel, prenant bien soin de caresser son corps lors de son ascension. leurs bouches se retrouvèrent comme si elles ne s’étaient jamais quittées. Leur langue s’entremêlèrent en un ballet érotique.
Encore sous l’effet de sa récente jouissance, Asiel ondulait son bassin contre celui en forme de son amant. Leur virilité se frottaient l’une contre l’autre réveillant de nouveau le désir de l’adolescent qui sentait la flamme renaître au creux de ses reins.
Libérant la bouche de son jeune amant, Daevlyn glissa jusqu’à son oreille et lui demanda d’une voix rauque chargée d’un désir des plus conséquent :
- Tu te sens prêt ?
Pour toute réponse, Asiel tourna vivement la tête et happa avec avidité les lèvres rougies et gonfflées de Daevlyn. lorsque le baiser prit fin, Asiel s’écarta légèrement de Daevlyn et plantant ses onyx enflammées dans les yeux de son vis à vis, il murmura à son tour :
- Plus que jamais. Je t’aime Daevlyn… Merci pour tout.
Leurs lèvres se soudèrent en un énième baiser tandis que Daevlyn prenait place entre les cuisses d’Asiel et placa ses jambes sur ses épaules. Quand il sentit son amant se présenter à l’entrée de son intimité, Asiel dut user de toute sa volonté pour ne pas s’empaler de lui-même sur le sexe tendu de désir de Daevlyn.
D’un geste habille acquis avec l’expérience, Daevlyn pénétra l’adolescent en même temps qu’il accentua son baiser. Asiel poussa un cri de plaisir mêlé à l’inévitable douleur qui mourut dans la bouche de son amant. Cependant, ayant été longuement préparé par l’adulte, celle-ci fut minime et disparue aussi vite qu’elle était apparue.
Sopn corps se crispa pourtant sous l’intrusion et Daevlyn s’écarta légèrement de lui, comme pour vérifier par lui-même qu’Asiel ne souffrait pas. Reconnaissant de cette attention, Asiel lui adressa un sourire de pur bonheur comme rarement il lui avait été donné de le faire.
Au bout d’un temps qui parut durer une éternité aux yeux de l’adolescent, Daevlyn commenca un déhanchement excessivement lent, qui arracha un cri de frustration à l’adolescent pour qui cette torture était insoutenable. Le plaisir de sentir Daevlyn se mouvoir en lui était indescriptible. La sensation de ne faire de nouveau plus qu’un avec lui avait quelque chose de grisant et terriblement excitant.
Très vite, ne supportant plus le rythme lent imposé par Daevlyn, leur corps entamèrent la même danse langoureuse tandis qu’à chaque coup de bassin Daevlyn pénétrait un peu plus profondément l’adolescent.
Bougeant au même rythme, l’un entraînant l’autre, ils se perdirent etre regard intenses et baisers. Asiel s’abandonnait sans crainte entre les bras de Daevlyn, lui faisant don de son corps, de son coeur mais aussi de son âme. Sans crainte d’aucune sorte, il déposait celle-ci entre les mains de l’adulte.
Les mots d’amour n’étaient pas en reste, chacun murmurant à l’oreille de l’autre tout l’amour et les sentiments plus profonds et puissants les uns que les autres qu’ils ressentaient l’un pour l’autre.
Dans un ultime coup de rein plus profond et puissant que les précédents, Daevlyn prénétra un dernière fois l’adolescent. Il jouirent simultanément, chacun hurlant à s’en briser la voix le prénom de l’autre.
Daevlyn retomba délicatement sur Asiel qui l’entoura de ses bras en une étreinte possessive.
Pour rien au monde Asiel ne voulait que Daevlyn ne se retirer, souhaitant profiter au maximum de cet instant où il pouvait le sentir en lui, sensation qu’il ressentait peu être pour la dernière fois. Semblant comprendre ce désir de l’adolescent, Daevlyn respecta son souhait. Il ne se retira que de longues minutes plus tard, lorsqu’il craignait d’écraser Asiel sous son poids.
La main d’Asiel caressait distraitement la nuque de son amant qui ferma les yeux de bien être. Puis, lentement et avec une extrême douceur, ses doigts glissèrent jusqu’à son front d’où ils décollèrent les mêches de cheveux de Daevlyn collées par la transpiration. Migrant sur sa joue, elle épousa harmonieusement la forme de celle-ci tandis que sans se départir de sa douceur, Asiel relevait la tête de son amant pour déposer avec délicatesse, ses lèvres sur celles de Daevlyn.
Lorsque leur respiration eut retrouvé un rythme à peu près normal, Asiel demanda d’une voix étrangement sérieuse :
- Daevlyn ?
- Hn ?
- Je peux te faire l’amour moi aussi ?
Ne s’attendant pas à cette demande, Daevlyn se redressa brusquement sur ses mains et plongea son regard étincellan dans les onyx tumultueuse de l’adolescent et lui répondit avec le même sérieux, bien qu’un petit sourire étirait ses lèvres :
- Bien sûr… Bien sûr que tu peux…
Sur cette réponse des plus encourageantes, il s’empara des lèvres de son jeune amant qui émit un soupire de bien être. De nouveau, les mains d’Asiel entrèrent en action, partant à la redécouverte du corps si parfait de Daevlyn.
D’un habile coup de bassin, Daevlyn inversa leur position, faisant passer l’adolescent au dessus de lui. Asiel se redressa, soudain hésitant. Avait-il vraiment le droit de lui demander cela ? Hésitant, il ne vit pas le regard intrigué que lui lancait l’adulte et sursauta au contact de sa main sur la sienne. Plongeant son regard dans celui d’Asiel, Daevlyn formula en un murmure la supplication qu’Asiel pouvait lire dans ses yeux :
- Viens…
Asiel se laissa entraîner par son moniteur qui écarta les jambes pour qu’il puisse venir y prendre place. Prenant les commandes, Daevlyn ondula légèrement du bassin frollant leur intimité l’une contre l’autre dans l’intention d’éveiller à nouveau leur désir. Galvanisé par la vue qu’il avait du corps alanguis de son amant sous lui et des petits gémissements rauques qui s’échappaient de ses lèvres entrouvertes, Asiel mit un terme aux derniers doutes qui subsistaient en lui et s’abondonna totalement. Il fit don de son corps et de son coeur à Daevlyn…
Il s’allongea de tout son long sur le corps de Daevlyn, et abandonnant ses lèvres, il laissa sa langue partir à la redécouverte de la sculpture parfaite de son torse qu’il connaissait déjà par coeur pour les avoir redessiner un nombre incalculable de fois.
Très vite, ses mains se joignirent à sa bouche, provoquant chez l’adulte des frissons de désir et de plaisir confondu qui lui parcouraient l’échine. La respiration saccadée et les yeux fermés, Daevlyn se laissait aller de tout son être, savourant les sensations de bien être et de plénitude qu’il ressentait au contact des mains d’Asiel sur son corps. Désireux de satisfaire entièrement le désir de son amant, Asiel finit par abandonner son cou pour s’attaquer à ses boutons de chair durcis de désir. Asiel savait parfaitement que de part leur sensibilité accrue par le désir, ses tétons étaient une zone hérogène de l’adulte. S’amusant à les titiller du bout de la langue, il s’attira un gémissement rauque de la part de Daevlyn.
Ravi de l’effet qu’il produisait sur son amant, Asiel s’activa sur les parties sensibles de son corps mais toujours en évitant soigneusement le point culminant de son désir. Il s’en approchait, laissant entrevoir à Daevlyn ce qu’il lui réservait pour la suite, mais jamais il ne s’y attardait ouvertement. Ce qui frustrait de plus en plus l’adulte, dont les grognements de mécontentement faisaient sourire Asiel. Puis, après avoir suffisament fait patienter Daevlyn et sentant surtout qu’il arrivait aux limites du supportable, Asiel s’empara de son sexe tendu par le désir et imprima un lent et langoureux va et vient qui arracha un cri de plaisir à l’état pur à Daevlyn.
Ses doigts caressaient le sexe de Daevlyn en suivant une cadence régulière, le menant irrépédiablement au sommum du plaisir. Lorsqu’il sentit Daevlyn se tendre imperceptiblement sous lui, il ralentit la cadence pour finalement mettre un terme à sa douce torture. Un sanglot de protestation s’échappa des lèvres entrouvertes de Daevlyn qui se tortillait sous Asiel à la rechreche de se contact sur sa virilité douloureuse. Jouant avec la patience et les nerfs de l’adulte, Asiel se déplaca sensiblement, de façon à ce que son souffle effleure l’intimité de Daevlyn en une douce caresse aérienne.
Un cri de frustration mêlé au désir franchit la barrière des lèvres de Daevlyn qui se crispa violemment. Puis, ayant suffisament fait attendre son amant, sans aucun signe précurseur, Asiel le prit en bouche. Un nouveau cri de plaisir s’éleva dans la pièce, résonnant aux oreilles d’Asiel comme la plus belle des mélodies. Avec avidité, Asiel s’appliquait à imprimer un lent va et vient sur le sexe de son amant, enroulant sensuellement sa langue autour de son intimité. Accélérant la cadence, il laissa ses mains parcourir le torse luisant de transpiration de Daevlyn, tandis que l’une d’elle allait se perdre sur ses lèvres en une invitation explicite. Comprenant le sens de la demande muette de l’adolescent, Daevlyn entrouvrit les lèvres et lécha ses doigt avec avidité, s’appliquant à les humidifier de la façon la plus sensuelle qu’il soit.
Levant les yeux, Asiel reporta son attention sur Daevlyn et lorsqu’il vit l’expression extatique qui détendait les traits de son amant, Asiel faillit ne plus rien contrôler du faire appel à toute sa volonté pour ne pas se libérer à cette simple vue. Inconsciement, ses vas et vient s’étaient accélérés, et dans un cri de jouissance dans lequel se mêlait en même temps une certaine surprise, Daevlyn se libéra entre les lèvres d’Asiel.
Un sourire étira alors les lèvres de l’adolescent tandis qu’il se passage avec gourmandise la langues sur ses lèvres, ne gaspillant aucune goutte du fluide vitale de son amant. Les mains crispées sur les draps, Daevlyn tentait tant bien que mal de retrouver une respiration normale, mais c’est sans compter sur l’aide d’Asiel qui, n’en ayant pas fini avec lui redessina du bout de langue les abdominaux puis le torse imberbe de l’adulte, remontant irrémédiablement vers ses lèvres alors que sa main suivait le chemin inverse.
Alors que sa langue franchissait la barrière des lèvres de Daevlyn, ses doigts trouvaient la porte de son intimité. D’un geste lent empli de douceur et de délicatesse, il inséra un premier doigt en lui. Lorsqu’il sentit Daevlyn se tendre sous cette intrusion, il cessa immédiatement tout mouvement tout en intensifiant leur baiser afin de détourner son attention de la douleur.
Lorsqu’il fut certain que Devlyn ne souffrait plus après avoir reçu son approbation, Asiel poursuivit la préparation de son amant, entament un lent et ample va et vient d’abbord régulier avant d’accélérer ou réduire la cadence selon son humeur. Les gémissements que poussait Daevlyn l’aidait à satisfaire son désir au mieux, régulant sa préparation au son de la voix de l’adulte. Très vite, un second doigt vint rejoindre le premier et connaissant mieux que quiconque la douleur que pouvait entraîner une mauvaise préparation, Asiel prit son temps. avec une lenteur exagérée et une douceur extrême, il commença un mouvement de ciseaux, détendant au maximum les muscles de Daevlyn pour sa venue future.
Quand Daevlyn commença à s’empaler de lui-même sur ses doigts, Asiel concentit à insérer le troisième et dernier doigt, redoublant de précaution. Celui-ci était toujours le plus douloureux et ne souhaitant pas blesser Daevlyn, il alla même jusqu’à stopper tout mouvement. Inconsciement, les traits de Daevlyn se détendirent aussitôt et Asiel se félicita mentalement d’avoir eut cette idée, l’adulte étant trop fier pour avouer sa douleur. Se penchant au dessus de lui, Asiel l’embrassa avec tendresse, lui faisant comprendre qu’il n’y avait aucune honte à montrer sa douleur, qu’il valait mieux cela que ne pas accéder au plaisir ultime à cause de cela.
Lorsqu’Asiel fut certain que Daevlyn ne ressentait plus aucune douleur due à sa préparation et rassuré par les gémissements audible qui franchissaient les lèvres de l’adulte, Asiel retira ses doigts, s’attirant un grognement rauque de mécontentement. Puis, s’agenouillant entre les cuisses de Daevlyn, il se présenta à son entrée. Avec une lenteur extrême, il le pénétra, les yeux rivés sur son visage à l’affu du moindre signe de douleur. Alors qu’il le pénétrait toujours plus profondément avec toujours cette même délicatesse, Asiel se sentait rassuré de ne lire sur le visage de Daevlyn que du plaisir à l’état pur.
Constatant cela, il se risqua à s’enfoncer entièrement en lui en un ample coup de bassin. Un cri s’échappa des l-vres de Daevlyn, mais un cri de plaisir uniquement. Galvanisé par le son sensuel de la voix de Daevlyn et la sensation intense qu’il ressentait à être en Daevlyn, Asiel poussa lui aussi un gémissement de pur plaisir. Puis, prenant un rythme ample et régulier, il commença ses déhanchements, attisant leur désir mutuel, les menant inexorablement vers la jouissance.
Galvanisé par le plaisir qu’il ressentait et ce brasier qui embrasait ses reins, répendant des étincelles incandescentes dans ses veines, faisant bouillonner son sang, Asiel devait se faire violence pour ne pas céder à ses pulsions et prendre Daevlyn comme il ne l’avait encore jamais fait et le faire hurler son plaisir sous des coups de bassin. Intervertissant une pénétration lente et régulière avec des coups de bassins plus violents et saccadés, Asiel sentait Daevlyn se tendre imperceptiblement sous lui et ses mains se crisper sur ses épaules, plantant ses ongles courts dans sa chair.
Souhaitant mener Daevlyn à la jouissance, Asiel accéléra la cadence de ses déhanchements, le pénétrant toujours plus profondément, enhardit par ses cris de plaisirs. Puis, dans un ultime coup de bassin plus violent et profond que tous les précédents, ils jouirent en un seul et même cri, se libérant simultanément. Complètement épuisé, Asiel se laissa retomber sur son amant, enfouissant le visage dans son coup, s’enivrant de son odeur musquée typiquement masculine.
Scellant leur amour d’un baiser, ils ne tardèrent pas à s’endormir d’un sommeil lourd et réparateur.
Lorsqu’Asiel ouvrit les yeux, la pièce était baignée d’une aveuglante lumière blanche et un silence monastique les entourait. Reportant son attention sur Daevlyn, il sourit tendrement en le voyant dormir la tête posée sur son coeur.
Ses traits détendus ne le rendaient que plus beau aux yeux de l’adolescent qui ne résista pas à la tentation de laisser ses doigts remettre en place la mèche rebelle de cheveux qui lui tombait devant le visage, lui gachant la beauté de son amant.
Un sourire étira alors les lèvres de Daevlyn qui frissonna à ce contact aérien sans pour autant ouvrir les yeux. Cependant, Asiel le savait à présent réveillé et d’une voix à peine plus élevée qu’un murmure, il demanda :
- Je t’ai réveillé mon amour ?
- Non, rassures-toi mon ange. Je l’étais depuis un moment déjà…
- Tu aurais dû me réveiller… fit remarquer l’adolescent en rougissant.
- Mais tu es tellement beau quand tu dors que je n’ai pas osé te réveiller. Et puis j’ai pu te contempler à loisir, murmura l’adulte en se redressant pour faire face à Asiel.
Asiel s’empourpra face au compliment de son amant puis l’attira à lui et happa délicatement ses lèvres dans le but de le faire taire. Un sourire vainqueur étira les lèvres de Daevlyn qui s’empressa de répondre au baiser avec la même douceur dont faisait preuve l’adolescent. Leurs lèvres s’effleuraient en de furtifs contact avant de s’éloigner pour rapidement se retrouver. Débuta alors un jeu de course poursuite entre leurs lèvres. Mauvais joueur, Asiel happa la lèvre inférieure de son amant et la mordilla délicatement, tout en prenant bien soin de ne pas lui faire mal. Après quelques minutes de duel acharné, celui-ci s’acheva sur un baiser réconciliateur.
Lorsque leur bouche se séparèrent, Asiel demanda toujours de cette même voix douce :
- Quelle heure est-il ?
- Je n’en ai pas la moindre idée, répondit Daevlyn. Pourquoi ? Tu as faim ?
A ses mots, le regard d’Asiel changea et d’une voix étrangement rauque, il répondit :
- De toi uniquement…
Daevlyn crut que son coeur loupait un battement. Ces quelques mots de l’adolescent avaient suffit à raviver le désir dans ses reins. A la vue de la flamme que sa réponse avait réveillé dans les yeux de l’adulte, Asiel comprit que son désir était partagé.
Prenant un air aguicheur afin d’intensifier le désir de Daevlyn, Asiel passa lentement sa langue sur sa lèvre supérieure. Il vit Daevlyn déglutir avec difficultés et décidé attiser au maximum son amant, il se redressa sur ses coudes et happa les lèvres asséchées de l’adulte. Celui-ci, mit un certain temps à répondre au baiser, mettant du temps à retrouver ses esprits. Tout en douceur et sans pour autant quitter les lèvres de Daevlyn, l’adolescent inversa leur position, renversant Daevlyn sur le dos, la tête de l’autre côté du lit.
Ainsi positionné, il surplombait l’adulte de toute sa hauteur. Bougeant légèrement, il vint prendre place sur le bassin de son amant qui se mordit la lèvre inférieure pour ne pas gémir lorsqu’il se mit à onduler lentement des hanches, imprimant un lent mouvement de vas et vient sur l’intimité réveillée de son amant.
Fier de l’effet qu’il produisait à Daevlyn, Asiel effleura du bout des doigts la peau satinée du torse de Daevlyn qui frissonna sous cet attouchement. Ses mains descendirent le long de son torse pour aller redessiner les formes parfaites de ses abdominaux finement taillés.
Souhaitant mener Daevlyn à la jouissance, comme il l’avait fait pour lui précédement, Asiel écarta les jambes de son amant et vint prendre place entre ses cuisse. Un sourire satisfait étira ses lèvres lorsqu’il vit Daevlyn se cambrer violemment au contact de ses mains sur sa virilité gonflée d’un plaisir et d’un désir déjà conséquent. Puis, mettant fin à la douce torture qu’i infligeait à son amant, il prit son sexe en main et entama un lent va et vient qui arracha un soupir de bien être à Daevlyn.
Les yeux rivés sur l’adulte, Asiel enregistrait chacune de ses réactions et lorsque Daevlyn commenca un lent déhanchement, l’adolescent comprit qu’il était tant qu’il passe à autre chose.
Sous l’effet du plaisir, Daevlyn avait fermé les yeux et se mordait violemment la lèvre inférieure pour ne pas gémir de plaisir. Constatant cela, Asiel stoppa tout mouvement et sans quitter son amant des yeux, il déclara en un murmure étrangement rauque :
- Laisse moi entendre ta voix, Daevlyn… J’aime quand tu gémis sous mes mains, sous ma langue…
Joignant le geste à la parole, Asiel lécha le sexe tendu de Daevlyn sur toute sa longueur, arrachant un long gémissement à l’adulte qui crispa ses doigts sur les draps.
Satisfait de la réaction de son amant, l’adolescent reprit après quelques secondes :
- J’aime quand tu perds le contrôle… Tu es tellement beau quand le plaisir se lit sur ton visage…
Une nouvelle plainte, mais de frustration cette fois-ci, se fit entendre. Un sourire de satisfaction étira les lèvres de l’adolescent qui prenait tout son temps pour mener son amant au sommet du plaisir, se vengeant doucement de Daevlyn qui avait eut la même réaction précédement.
Lorsqu’il le jugea suffisament à l’agonie, Asiel mit fin à sa torture et prit le sexe douloureusement tendu de Daevlyn en bouche, arrachant à son amant un cri de plaisir enfin assouvi qui résonna dans la chambre.
Avec application, Asiel entama un va et vient irrégulier sur l’intimité de son amant, alternant entre des mouvements lents et rapides qui faisaient perdre la tête à l’adulte. Sa langue s’entourait délicatement autour du sexe gorgé de plaisir de l’adulte, arrachant à ce dernier un cri de plaisir à l’état pur. Ses mains vinrent se perdre dans la chevelure emmêlée de l’adolescent, le guidant sur le rythme à soutenir. Cependant, Asiel ne voulait pas faire venir Daevlyn tout de suite. Lorsqu’il sentit que celui-ci n’était plus très loin de la jouissance et manquait de se libérer à tout moment, il abandonna momentanément son action. Daevlyn émit un grognement de mécontentement qui se transforma en cri bestial lorsque la langue d’Asiel vint lécher éhonteusement le bout de son intimité.
Il joua un moment ainsi, s’amusant de voir Daevlyn trembler de tout son être à chaque attouchement plus érotiques les uns que les autres, tout en se retenant de jouir. Quand il décida l’avoir suffisament fait patienter, Asiel le reprit entièrement en bouche et entama un va et vient frénétique sur son intimité gonflée dans le seul but de lui faire atteindre la jouissance.
Celle-ci ne tarda pas à venir et Daevlyn se libéra enfin dans la bouche de son amant, criant son prénom à s’en briser la voix.
Lentement, Asiel remonta jusqu’à la bouche de son amant tout en léchant sa peau, qui à présent avait un léger goût salé dû à la transpiration, de son bas ventre à ses lèvres. Il s’en empara avec avidité, partageant avec Daevlyn son fluide vital.
Après un baiser des plus passionnés, Asiel, le souffle court, s’allongea entre les bras de son amant, la tête reposant au creux de sa clavicule, juste au dessus de son coeur. Ils restèrent un long moment ainsi enlacés, tentant tous deux de se remettre de leurs émotions.
Lorsque leur rythme cardiaque eut retrouvé un rythme régulier, Asiel se redressa et un sourire en coin vint étirer ses lèvres tandis qu’il plantait ses onyx dans les yeux de son amant. Et avant qu’il n’ait le temps de dire ou de faire quoi que ce soit, Asiel se frotta lascivement contre Daevlyn, prenant un air d’extase en éxagérant les petits cris qu’il poussait à chaque contact de leur virilité entre elles. Les yeux fermés et la bouche entrouverte, Asiel sentait avec un plaisir non feint, Daevlyn se durcir de nouveau sous ses fesses.
Soudain, Daevlyn se releva et fit basculer Asiel en arrière de façon à se retrouver au dessus de lui. Pas surprit le moins du monde par ce brusque renversement de situation, Asiel laissa s’échapper un gloussement amusé alors qu’il retenait Daevlyn prisonnier entre ses cuisses.

Daevlyn s’empara alors vivement des lèvres de l’adolescent et les mordilla légèrement afin de lui faire part de son mécontentement. Le sourire d’Asiel s’agrandi face à la frustration évidente de son amant puis fini par ceder, desserrant sa prise sur le bassin de Daevlyn.
L’adulte en profita et déposa délicatement ses doigts sur les lèvres entrouvertes d’Asiel. Du bout de la langue, l’adolescent les lécha sur toute leur longueur, arrachant un frisson de désir à l’adulte. Puis, Asiel les engloutis, les léchant avec passion, entourant sa langue autour des doigts de l’adulte en un geste érotique. Ne pouvant en supporter d’avantage, Daevlyn vint souder ses lèvres à celles de l’adolescent, laissa sa langue pénétrer sa bouchen mêlant leur salive.
Lorsque Daevlyn jugea ses doigts suffisament humidifiés, il les retira, arrachant une plainte de mécontentement à Asiel, puis les fit lentement glisser le long de son torse imberbe, sur lequel ils laissèrent derrière eux une traînée de lave en fusion.
Daevlyn s’amusait à faire languir l’adolescent, titillant son intimité sans jamais forcer le passage. Les doigts crispés sur le draps, Asiel retenait à grand peine des sanglots de frustration tandis que son amant jouait avec sa patience, le menant au bout de ses limites, à la limite du supportable. A ses doigts, vint s’ajouter sa langue et Asiel, sous ce contact humide et à la fois tellement brûlant, émit un cri de plaisir, suppliant son amant de ne pas le faire languir d’avantage.
Accédant finalement à la requête de l’adolescent, Daevlyn inséra lentement un premier doigt en lui, arrachant une cri de satisfaction à Asiel. Sans attendre mais tout en faisant attention à ce qu’Asiel ne souffre pas, Daevlyn inséra un second doigt en lui. Soupirant de satisfaction enfin assouvie, Asiel se laissa aller à onduler du bassin en un langoureux déhanchement, s’empallant de lui-même sur les doigts de son amant. Aucune douleur aussi minime soit-elle ne vint troubler cet instant, seul un plaisir grandissant se lisait sur le visage de l’adolescent. constantant cela, Daevlyn inséra un troisième et dernier doigt en lui, veillant toujours à ce qu’aucun mal ne soit fait à Asiel.
Parfaitement détendu Asiel ne ressentait que plaisir. Asiel savait pertinemment que Daevlyn faisait durer le plaisir et à bout de patience, il inversa leur position d’un habile coup de hanche, se retrouvant de nouveau sur son amant. Assis sur son bassin, il sentait son érection pulser contre ses fesses, ce qui acheva de le convaincre. D’une main ferme mais douce, il s’empara du sexe durcis de son amant et le présenta à l’entrée de son intimité. Lentement, il s’empala sur Daevlyn qui le regardait faire ébahit. Le regard plongé dans celui de Daevlyn, Asiel avait parfaitement conscience du combat intérieur que semblait mener l’adulte.
Sans préavis, il commenca à aller et venir sur le sexe de son amant, d’abbord lentement puis à un rythme de plus en plus soutenu. Suivant la cadence, Daevlyn avait posé ses mains sur les hanches de l’adolescent, le soulevant au rythme de leurs déhanchements endiablés. Asiel ne retenait pas ses cris de plaisir, qui résonnaient dans la pièce, faisant écho sur les murs d’un blanc immaculé.
Soudain, contre toute attente, Asiel cessa subitement tout mouvement et sous le regard empli d’imcompréhension de Daevlyn, il se releva. Le regard de Daevlyn changea du tout au tout lorsqu’il vit l’adolescent se retourner et se mettre à quattre pattes devant lui, lui présentant ses fesses. Daevlyn resta un moment interdit face à l’attitude de son amant avant de reprendre ses esprits et de venir se placer derrière lui.
Les mains sur les hanches d’Asiel Daevlyn se présenta de nouveau aux portes de son intimité. Faisant appel à tout son self-control, il commenca à le pénétrer avec une lenteur extrème qui arracha un sanglot de mécontentement à Asiel. Faisant fi des suplications muettes que lui adressait Asiel par de langoureux déhanchements, Daevlyn déclara d’une voix rauque :
- Tu es bien pressé… N’est-ce pas toi tout à l’heure qui m’a supplié de te faire l’amour avec tendresse et douceur ? Alors je vais te prendre extrement lentement, jusqu’à ce que je t’entende crier ton plaisir… Je veux entendre ta voix Asiel… Gémit, cri pour moi…
- Dae… Daevlyn, s’exclama l’adolescent entre deux sanglots. S’il te plait amour… prend moi… Daevlyyyn…
Puis, d’un mouvement brusque, il s’empala complètement sur la virilité de son amant, leur arrachant à tout deux un cri de plaisir à l’état brute. Entamant un lent va et vient, il ressera ses mucles autour de l’intimité de son amant, qui se mordait violemment la lèvres inférieure pour tenter de ne pas se laisser aller à ses pulsions bestiales. Au bout de la deuxième fois, il gémit plus qu’il ne déclara, d’une voix rauque comme Asiel ne l’avait encore entendue :
- Asiel… A… Arrête… Je… Je ne pourrais plus me contenir…
- Alors ne te contiens plus, répondit l’adolescent d’une voix brûlante de désir.
Daevlyn réagit violemment à cette injonction et ressérant sa prise sur les hanches de son amant, il le pénétra entièrement d’un habile et ample coup de bassin. Galvanisé de le sentir enfin en lui, Asiel s’abandonnait complètement, s’empalant toujours plus profondément sur le sexe de Daevlyn.
Abandonnés l’un à l’autre, ils n’entendirent pas la porte d’entrée claquer ni les pas qui montaient les escaliers. Etant à la fac, Morgan venait de finir les cours. Epuisé, il entra dans la salle de bain, et alors qu’il allait entrer dans la cabine de douche, il trouva les vêtements trempés que ni Daevlyn ni Asiel n’avaient prit le temps d’enlever.
Furieux, il se rhabilla hâtivement tout en pestant contre l’adolescent et son manque de manières :
- Raphaël ! Je sais pas ce que tu as foutu mais tu aurais pu en…
Ouvrant la porte sans prendre le temps de frapper, sa phrase mourut dans sa gorge lorsqu’il vit ce qui se déroulait sous ses yeux.
A quatre pattes, les cuisses écartées en une position indécente, accoudé sur ses avant bras, Asiel gémissait son plaisir sous les coups de bassin frénétiques de Daevlyn. Pétrifié, Morgan resta quelques secondes immobile et son regard plongea l’espace d’un instant dans celui onyx de l’adolescent. Cependant, cela ne dura qu’une fraction de seconde qu’il n’était même pas certain que cela ce soit réellement produit. Retrouvant l’usage de ses membres, il referma la porte sur un cri de plaisir d’Asiel.
Malgré le plaisir qu’il ressentait et la difficulté qu’il avait à garder ses esprits, un sourire narquois et sadique vint étirer les lèvres d’Asiel. Car contrairement à ce que croyait Morgan, Asiel s’était bel et bien rendu compte de sa présence et de l’air à la fois horrifié et désireux de Morgan. Cependant, faisant fi de la présence de l’adolescent dans la maison, Asiel donna libre court à son plaisir tandis que Daevlyn le pénétrait toujours plus profondément.
Cependant, lorsque l’adulte ralentit la cadence, Asiel laissa s’échapper un hoquet de surprise. Daevlyn se pencha alors vers lui, et dans un geste étonamment doux, il déposa ses lèvres sur l’omoplate de son amant avant de laisser sa langue parcourir son dos, léchant la saillie de sa colone vertébrale.  Un frisson de plaisir parcourut l’échine de l’adolescent qui se cambra violemment sous cet attouchement.
Leur peau luisantes de transpiration à présent soudées l’une à l’autre, Asiel avait l’impression de ne faire enfin plus qu’un avec Daevlyn. Il se sentait transporté inexorablement vers la jouissance, au delà même du réel et de l’inconscient.
Ses doigts se crispaient sur les draps, comme pour tenter de se raccrocher à la réalité qui déjà, se faisait de plus en plus floue et incertaine. Il voyait s’éloigner la notion de conscience tandis que se rapprochaient les portes du septième ciel.
Les doigts de Daevlyn vinrent rejoindrent ceux de l’adolescent, se mêlant à eux avec volupté.
Galvanisé par les petits cris audibles que poussaient Asiel, Daevlyn accéléra ses va et vient, les faisant tout deux hurler leur plaisir à s’en briser la voix. Asiel se sentait mourir à petit feu, consummé par un brasier ardent tandis que le poison du désir coulait dans ses veines, inihibant au fur et à mesure, chacun de ses sens et intensifiant son plaisir.
Puis, dans un ultime coup de bassin plus ample et plus profond que tous les précédents, Daevlyn les mena à la jouissance, chacun hurlant le prénom de l’autre. Asiel se cambra violemment, rejetant sa tête en arrière, tandis que Daevlyn plantait ses dents dans l’épaule de son amant, tout en le ramenant vers lui.
Complètement épuisé, Asiel se laissa retomber dans les draps, entraînant Daevlyn dans sa chute. Le visage enfoui dans les draps, Asiel tentait tant bien que mal de calmer sa respiration erratique, tandis que Daevlyn faisait de même. Allongé sur le ventre, il sentait avec délice le poids du corps de son amant encore sur lui et sa repiration saccadée dans son cou. Alors que Daevlyn allait se retirer, Asiel l’en empêcha vivement, posa sa main sur une des fesses de l’adulte, lui intimant silencieusement de ne pas se retirer. Il voulait encore profiter de sa présence en lui pour cette fois qu’il savait à présent, la dernière. Il voulait graver au plus profond de sa mémoire la sensation de sentir Daevlyn en lui. Inconsciement, Asiel caressait du bout des doigts la peau délicate des fesses de son amant, qu’il sentait somnoler contre lui, le visage enfoui dans son cou.
Après un instant qui lui parut durer une fraction de seconde et à la fois une éternité, Daevlyn se retira doucement de lui afin de ne pas le blesser tout en murmurant à son oreille :
- Je dois commencer à me faire lourd…
- Non, répondit honnêtement l’adolescent en tourant la tête vers lui sans pour autant changer de position. J’aime te sentir tout contre moi… Je t’aime Daevlyn…
Reprenant sa place tout contre l’adolescent, Daevlyn l’attira dans ses bras et laissa ses doigts effleurer machinalement le creux de ses reins. Après quelques secondes de silence paisible, il répondit :
- Moi aussi je t’aime Asiel. Mon petit démon de la luxure, ajouta-t-il en lui mordillant délicatement l’oreille.
- Tu m’as épuisé, souffla Asiel en bâillant.
Daevlyn émit un petit rire moqueur avant de répondre :
- Que devrais-je dire… Je t’ai rarement vu aussi passionné…
Asiel s’empourpra violemment à la remarque de son amant en émettant un petit gémissement plaintif qui semblait signifier “ne te moques pas de moi”. Puis, se retournant vers Daevlyn pour lui faire face, il plongea son regard dans le sien et déclara, un petit sourire pervers étirant ses lèvres :
- Cela n’avait pas l’air de te déplaire…
Ce fut au tour de Daevlyn de sourire, amusé par la réaction de son jeune amant. Il l’embrassa furtivement avant de répondre, avec lui aussi, une lueur lubrique au fond des yeux :
- Pas le moins du monde…
- Alors tu as aimé ? Demanda l’adolescent en s’empourprant légèrement.
- Et même plus que ça… Merci mon coeur…
Asiel lui adressa un sourire rempli d’amour et de gratitude cette fois-ci avant de recapturer ses lèvres pour un tendre baiser et de se blottir dans ses bras.
Quelques minutes passèrent dans le calme le plus complet ils entendirent la porte d’entrée claquer. Compenant que cela signifiait la fin de leur tranquillité, Asiel s’extirpa à contrecoeur de l’étreinte possessive de l’adulte et déclara :
- Je vais prendre ma douche, j’arrive.
Il vola un baiser furtif à son amant et se leva. Il se dirigea vers son armoire pour en sortir des vêtements propre avant de retourner au pied du lit pour enfiler son bas de pyjama. durant tout ce temps, il avait sentit le regard de Daevlyn sur lui ou plus précisément sur une partie bien précise de son anatomie. Un sourire en coin, il lui lança son t-shirt au visage en s’exclamant :
- Déparvé !
- C’est toi qui ose me dire cela ? S’offusqua Daevlyn en retenant à grand peine une envie de rire.
Faussement vexé, Asiel lui tira la langue et quitta la pièce en refermant vivement la porte derrière lui, alors que le rire de Daevlyn retentissait dans son dos. Alors qu’il traversait le couloir, Asiel tomba nez à nez avec Morgan qui sortait de sa chambre. Lorsqu’il le vit, Morgan se mit à rougir violemment, et s’amusant de sa réaction, Asiel s’approcha de lui d’une démarche féline et prenant une voix sensuelle il murmura au creux de son oreille :
- Dis moi… Tu as aimé le spectacle ? Ca t’a fait bander ? T’as prit ton pied au moins, non ? insista-t-il face au mutisme de son aîné.
Et avant que Morgan n’ait le temps de réagir, Asiel lui mordilla le lobe de l’oreille avant de repartir aussitôt, le laissant planté immobile au milieu du couloir.
Arrivé dans la salle de bain, il ferma la porte à clée derrière lui et entreprit de se déshabiller. Une fois nu, il entra dans la cabine de douche et comme Morgan précédement, il trouva ses vêtements lâchement abandonnés un peu plus tôt. Il les essora au maximum et les jeta dans le lavabo le temps de prendre sa douche.
Il entra dans la cabine et entreprit de faire couler l’eau, la réglant au maximum de la chaleur. Quand il entra sous l’eau, il se délecta de la bienfaisance de l’eau brûlante sur ses muscles endoloris. Cascadant sur son corps telle une pluie purificatrice, l’eau effacait sur son passage les vestiges de leurs ébats passionnés, emportant avec elle le reste de la semence de Daevlyn qui maculait ses cuisses et ses fesses.
Sans signes précurseurs, des larmes silencieuses se mirent à couler le long de ses joues, alors qu’il réalisait ce que cela signifiait. Demain matin, il serait parti…
Tentant de refouler ses mauvaises pensées au plus profond de lui même, Asiel se lava le corps et les cheveux. Puis, il se sécha et essora rapidement ses cheveux avant de les brosser délicatement afin d’enlever les noeuds qui s’étaient formés durant leurs ébats amoureux. Avant de quitter la salle de bain, il lava et essora ses vêtements avant de les étendres sur l’étandage près du radiateur.
Enfin prêt, il sortit de la pièce et alla rejoindre son amant dans sa chambre. Lorsqu’il entra, il trouva l’adulte toujours couché dans le lit, mais la fenêtre avait été ouverte. Face aux yeux clos de son amant, Asiel crut à première vue qu’il s’était endormi et sans bruit, il alla s’asseoir au bord du lit. Du bout des lèvres, il éffleura celles de Daevlyn et lui murmura à l’oreille :
- La douche est libre, amour.
Seul un grognement lui répondit et Asiel ne put s’empêcher de sourire face à la réaction de l’adulte.
- Allez Daevlyn, insista l’adolescent.
De nouveau, l’adulte n’eut aucune réaction, s’attirant sans le savoir, une surprise pas des plus agréable de la part de l’adolescent. En effet, Asiel se leva et contourna le lit. Il attrapa le draps qui recouvrait le corps dénudé de son amant et montant debout sur le lit, il le surplomba de toute sa hauteur.
La, le plus délicatement afin de ne pas réveiller les soupçons de Daevlyn, il réuni ses cheveux encore humides sur ses épaules et les essora sur le torse chaud de l’adulte. Sa réaction fut immédiate. Il sursauta violemment et s’assit brusquement dans le lit, lançant à l’adolescent un regard ébahit. Il n’en fallut pas plus à Asiel qui éclata de rire lorsqu’il vit la tête que faisait Daevlyn.
- C’est bon ? T’es réveillé ? Demanda l’adolescent sans se départir de son sourire narquois.
- Attend que j’me lève tu vas voir ce qui va t’arriver ! S’exclama l’adulte à présent parfaitement réveillé.
Le sourire d’Asiel s’effaca subitement et lestement, il sauta du lit alors que Daevlyn esquissait un geste pour l’attraper. Littéralement mort de rire, Asiel courrait dans la chambre et sautait sur le lit en imitant les hurlements de terreurs dans les films de cinéma, alors que Daevlyn le poursuivait à travers la pièce en tentant de le rattraper. Ce qu’il finit par faire lorsqu’il le réceptionna avant qu’il n’attérisse sur le sol après avoir sauté une énième fois du lit. Ils s’écroulèrent sur le sol, Asiel riant toujours à gorge déployée tandis que Daevlyn lui faisait regretter par des chatouilles, son précédent geste.
Attirée par le bruit que faisait Daevlyn et Asiel, Suzanne bientôt suivie par Pierre, Abby et Lindsay se postèrent dans l’entrebâillement de la porte et les observèrent, un sourire amusé étirant leur lèvres. Lorsqu’Asiel se rendit compte de leur présence et avisant la tenue indécente de son amant, il inversa leur position d’un habile coup de hanche, se retrouvant ainsi sur lui, tachant de dissimuler au mieux l’intimité dénudée de Daevlyn.
- Hey ! s’exclama-t-il alors à l’intention des nouveaux arrivants. Vous avez fini de vous rincer l’oeil ?
Face à la jalousie possessive de son fils, Suzanne ne put que sourire, mi amusée, mi attendrie par le spectacle qui s’offrait à elle. Le visage de Daevlyn se décomposa brusquement, passant de sa couleur normal au livide en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Constatant la gène de son amant, Asiel ne put s’empêcher de sourire en dépit des circonstance, tout en se démenant pour faire rempart de son corps et dissimuler la nudité de son amant aux yeux des autres.
Regardant autour de lui à la recherche d’un truc qui pourrait lui être utile, Asiel finit par se redresser, toujours agenouillé sur le bassin de Daevlyn, ne laissant apparaître que son torse, il tendit la main vers la couverture qui jonchait le sol. Il s’en empara vivement et la rabatie sur leur deux corps, les dissimulant des regards extérieurs. Là, il embrassa furtivement son amant avant de reculer à quatre pattes pour sortir de sous la couverture. Echevelé, il parvient enfin à se dépétrer de la couverture sans porter atteinte à la pudeur de Daevlyn et après un pincement sur les fesses de l’adulte qui sursauta violemment, il se dirigea vers son armoire.
Il en sortit un boxer noir et le lança au visage de Daevlyn qui le regardait faire amusé :
- Souviens toi de ce que je fais pour toi Daevlyn, car ce ne sera pas toujours le cas ! Ma bonté me perdra ! Ca t’apprendra à vouloir jouer aux exibitionnistes ! S’exclama l’adolescent faussement énervé.
Daevlyn enfila rapidement son boxer sous la couverture et se releva en nouant ladite couverture sur ses hanches. Pendant ce temps, Asiel était aller lui chercher un jean et un t-shirt propre qu’il lui lança à la figure :
- Ca t’apprendra à pas m’écouter !!
A première vue, n’importe qui aurait put croire que l’adolescent était réellement en colère contre son moniteur et que celui-ci n’en menait pas bien large. Mais l’étincelle pétillante de malice qui illuminait les onyx de l’adolescent et le sourire en coin de Daevlyn démontraient que chacun se prenait au jeu de l’autre. Asiel se plaça derrière l’adulte et le poussa de toute ses forces en direction de la salle de bain en déclarant :
- Maintenant tu vas te laver ! Non mais !!
Sur le pas de la porte, tout le monde s’écarta pour les laisser passer, amusés de la scène qui se déroulait sous leurs yeux, mais aussi du comportement de l’adolescent. Tous étaient stupéfaits de voir à quel point Asiel pouvait être un adolescent tout à fait ordinaire, sachant rire et s’amuser au même titre qu’eux.
Prenant un air soulagé, Asiel s’adossa contre la porte de la salle de bain. Puis, sentant quatre regards posés sur lui qui le fixaient avec un intérêt non dissimulé, il reporta son attention sur eux et plus précisément sur Suzanne et lui adressa un petit sourire timide. Suzanne le lui rendit et déclara :
- Cela va bientôt être l’heure du repas. Vous voulez manger quelque chose en particulier ?
- Pizza ! S’exclama Lindsay qui, jusqu’à maintenant, était restée silencieuse.
Chacun donna son accord, puis la jeune femme se tourna en direction d’Asiel, dans l’attente de sa réponse :
- Cela me convient, répondit l’adolescent, un sourire forcé étirant ses lèvres.
Asiel n’avait rien dit pour ne pas plomber l’ambiance, mais il savait parfaitement, qu’il ne serait déjà plus là lorsqu’il serait l’heure de passer à table… Cependant, face à la bonne humeur et à la joie qu’il pouvait déceler en Suzanne, il n’avait pas eut le courage de le lui dire… Alors qu’il commencait à sombrer, il fut tiré de ses sombres pensées par la voix de Suzanne qui demandait :
- Et pour Daevlyn ?
- Il adore cela, répondit Asiel, en souriant tendrement au souvenir de l’état de satisfaction extrême que s’emparait de Daevlyn lorsqu’il mangeait sa pizza.
- Dans ce cas c’est parfait ! S’exclama Suzanne ravie.
Lindsay et Pierre retournèrent à leur occupation et Asiel retourna dans sa chambre. Alors qu’il ouvait l’armoire à la recherche de draps propres, Suzanne prit la parole, d’une petite voix qui cachait mal sa déception :
- Tu ne descends pas avec nous ?
- Si, je… J’arrive, répondit Asiel en se retournant les bras chargés.
Il se dirigea alors vers le lit qu’il entreprit de défaire, dévoilant par ce fait, leur activité de la journée.
- Oh ! Je vois, souffla la jeune femme en souriant légèrement intimidée. Dans ce cas, n’hésite pas à nous rejoindre quand tu veux, ajouta-t-elle.
- Merci, répondit Asiel.
Suzanne le laissa vacquer à son occupation et alors qu’il jettait le draps à l’entrée de la chambre, il eut la surprise de constater qu’Abby était toujours là. La jeune fille lui sourit timidement et demanda d’une petite voix :
- Je… Je peux te parler ?
- Oui, répondit simplement l’adolescent. Entre, je ne vais pas te manger, ajouta-t-il en souriant lorsqu’il s’aperçut qu’elle restait obstinément sur le pallier.
Abby lui sourit timidement et d’un pas hésitant, elle entra dans la chambre non sans une certaine appréhension :
- Tu sais Raphaël…
- Asiel… Je m’appelle Asiel, la coupa gentiment mais fermement l’adolescent.
- Je… Pardon, A… Asiel, balbutia Abby, impressionnée malgré elle par le jeune garçon qui lui faisait face. Voilà, je… Je voudrais m’excuser de mon comportement de cette semaine. J’ai conscience d’avoir été odieuse avec toi, je… J’ai agis inconsidérément par pure jalousie, je l’avoue… Je sais que mon pardon n’effacera pas le mal que j’ai fait, mais je tenais à le dire quand même…
Asiel qui avait terminer de refaire le lit vint prendre place face à la jeune fille et plongeant son regard dans le sien, il déclara :
- Je te remercie pour ton geste, Abbygaïl, cela me touche sincèrement… Mais tu devrais plutôt t’excuser auprès de Raphaël… Ton attitude à toi et à Morgan l’a beaucoup blessé et si je suis intervenu, ce n’est que pour le protéger de lui-même mais aussi de vous. Raphaël est un garçon très introverti qui cache une grande fragilité… Il se faisait une joie de vous rencontrer et il s’est prit une sacrée douche froide sans comprendre pourquoi… Votre comportement à tous les deux lui a vraiment fait mal…
La jeune fille ne répondit rien, se contantant de baisser honteusement les yeux, n’osant pas affronter le regard pénétrant de l’adolescent qui lui faisait face.
- Mais comme je te l’ai dit plus tôt,  reprit Asiel, je te remercie pour ton geste. Ami ? Demanda-t-il après un court silence en tendant la main à Abby.
- Ami, répondit l’adolescente en prenant sa main sans hésitation, adressant à Asiel un sourire empli de gratitude et de remerciements.
Ce ne fut qu’à ce moment qu’il se rendit compte de la présence de Daevlyn qui, adossé à l’embrasure de la porte, regardait la scène en souriant tendrement.
Quelques minutes plus tard, ils descendaient tous les trois et allaient rejoindre Suzanne et le reste de la famille qui discutit tranquillement de leur journée.
Asiel sentit un pincement au coeur en songeant que bientôt, il ne connaîtrait plus le bonheur d’une vie de famille. Inconsciemment, il resserra sa prise sur la main de Daevlyn qu’il tenait fermement dans la sienne, tentant de refouler les larmes qui faisaient briller ses yeux de façon significative. Daevlyn sembla comprendre les sentiments de l’adolescent, car à son tour, il rafermi sa prise sur ses doigts.
Se tourant vers lui, Asiel lui adressa contenant une supplication muette… Le moment tant redouté était enfin arrivé…
Sentant que quelque chose se passait, les conversations cessèrent subitement et tous les regards se posèrent sur eux, remplis d’incompréhension et de questions non formulées. Des larmes silencieuses roulèrent sur les joues de l’adolescent qui, dans un effort surhumain, tentait de défaire ses doigts de ceux de son amant. il voyait bien que Daevlyn usait de toute sa volonté pour retenir ses larmes.
Lorsque finalement leurs doigts se quittèrent, Asiel ettoufa un sanglot et se tourna vers Suzanne qui, ne comprenant pas ce qui se passait, commençait à paniquer. D’une voix difficilement contrôlée, Asiel commença :
- Abby est venue me présenter ses excuses toute à l’heure, et à présent, c’est à moi de vous présenter les miennes… Je… J’ai conscience d’avoir semé le trouble dans votre famille et je m’excuse pour toutes les méchancetés que je vous ai dite. Je sais que les mots n’effaceront pas les blessures et le mal causé… Je ne cherche pas à me donner bonne conscience par un joli discours et des mots vite expédiés, je… Ce que je dis, je le pense sincèrement… Je sais que vous vous demandez comment un gamin arrogant et immonde comme moi peut avoir une notion du pardon… Et vous avez parfaitement raison… Les mots que je prononce, c’est Daevlyn qui me les a apprit… C’est lui qui m’a tout apprit…
A ses mots, il se tourna vers son amant qui tentant de rester droit alors que ses yeux et tout son être lui criait son envie de s’effondraer et de se précipiter vers lui.
Détournant son regard de celui de Daevlyn avant que le courage ne vienne à lui manquer, Asiel reporta son attention sur l’assemblée et plus particulièrement sur Suzanne. Les larmes aux yeux, la jeune femme semblait comprendre ce qui se passait.
- Maman… commenca Asiel, prononcant ce mot pour la première fois de sa vie.
A ce mot, un magnifique sourire vint étirer les lèvres de la jeune femme, illuminant son visage malgré les larmes qui maculaient ses joues.
- Tu es la mère que j’ai toujours rêvé d’avoir… je suis désolée du mal que je t’ai causé, je… tu restera à jamais dans mon coeur… Je t’aime maman… Merci… Merci du fond du coeur de m’avoir ouvert les yeux et accepté… Je t’aime…
- Oh Asiel… sanglota la jeune femme en se levant précipitament pour prendre son fils dans ses bras. Merci à toi… J’ai été heureuse de faire ta connaissance… Sache que tu garderas toujours une place spéciale dans mon coeur… Oh mon dieu… J’ai l’impression que l’on m’arrache une partie de mon coeur… Pourquoi vous avoir retrouvé enfin pour te perdre à nouveau ? Sanglota la jeune femme. Merci Asiel, tu es une personne merveilleuse… Je t’aime mon fils…
- Maman… gémit lamentablement l’adolescent. Jamais tu ne me perdra… Je t’aime et je t’aimerai toujours…
Il restèrent un long moment ainsi enlacés, Asiel tenant fermement le chemisier de sa mère serré dans ses poings, pleurait à chaudes larmes.
Puisant dans les derniers restes de courage, il s’écarta de sa mère avant de se tourner vers Daevlyn. Là, il laissa éclater des sanglots déchirants et se précipita dans les bras de son amant. Refermant ses bras sur sa nuque, il le serrait à l’etouffer, se retenant à lui comme si sa vie en dépendait. Ses sanglots résonnaient dans la pièce comme le chant du cygne dans le crépuscule hivernal. La douleur que chacun d’eux ressentait était palpable à des kilomètres et l’amour qui les unissait électrisait la pièce.
Leurs lèvres se soudèrent alors pour un ultime baiser à l’arrière goût d’adieux. Les sanglots d’Asiel mouraient dans la bouche de Daevlyn alors que leur langue se retrouvaient pour une dernière danse.
Soudées les unes aux autres, leurs lèvres semblaient ne pas vouloir se quitter. Dans un sanglot, Asiel fini par mettre fin au baiser, puisant dans une source de volontée insoupçonnée.
- Je t’aime Daevlyn, sanglota l’adolescent. Si tu savais comme je t’aime… C’est trop dur, je n’y arrive pas… J’ai l’impression que l’on m’arrache le coeur… Mon amour, je t’en prie… Ne m’oublie pas… Pas trop vite… Sanglota Asiel en un gémissement d’animal blessé. Je t’en prie, embrasse moi… Serre moi dans tes bras une dernière fois…
- Ne… Dis pas… De choses… Aussi… Stupides, répondit Daevlyn entre chaque baiser qu’il déposait sur les lèvres et le visage de l’adolescent.
Les mains encadrant son visage, Daevlyn ne prêtait pas attention aux larmes qu lui brûlaient les yeux.
Accédant à l’ultime requête de l’adolescent, il l’embrassa avec toute la fougue et la passion du désespoir qui les habitaient.
Après un dernier baiser, Daevlyn essuya du bout des doigts les larmes qui inondaient les joues d’Asiel et déclara :
- Jamais je ne t’oublierais Asiel… Comment peux-tu penser une chose pareille… Je t’aime… Mon petit ange… Merci pour tout le bonheur que tu m’as apporté… Je t’aime… Je t’aime de tout mon coeur, de toute mon âme…
Asiel ne parvenait pas à se résoudre à se soustraire à l’étreinte de Daevlyn. Son coeur se déchirait à cette pensée. Plus les secondes passaient et plus il sentait sa volonté fondre comme neige au soleil.
Avec avidité, il s’empara brutalement des lèvres de Daevlyn, tout en suppliant mentalement Raphaël de venir le délivrer de lui-même, de mettre un terme à cette douleur insupportable qui lui étreingait le coeur.
Lorsque leurs lèvres se séparèrent, un sanglot déchira la gorge d’Asiel alors qu’il se sentait partir. Dans un hurlement de douleur, Asiel cria le nom de son amant avant de s’effondrer.
Daevlyn le retint fermement dans ses bras, ne cherchant plus à retenir ses propres sanglots qui lui déchiraient le coeur, et l’allongea délicatement sur le sol. Autour d’eux, plus rien n’existait. Suzanne, Pierre et les enfants avaient été oubliés.
Le corps de l’adolescent parcourut de spasmes plus violents les uns que les autres était le seul témoin du comabt intérieur que sembaient mener Asiel et Raphaël. Chacun retrouvant sa place l’un dans l’autre, en une union parfaite de leur âme.
Ce manège parut durer une éternité aux yeux des spectateurs et plus particulièrement à Daevlyn qui semblait sur le point de craquer à tout instant. Lorsque subitement les spasmes qui parcouraient le corps de l’adolescent cessèrent brusquement ainsi que ses battements cardiaques, Daevlyn paniqua pour de bon, et Pierre fut obligé d’intervenir, alors qu’il serrait le corps inerte de l’adolescent dans ses bras.
Laissant le corps de l’adolescent au bon soin de Suzanne qui, même si elle le montrait montrait moins n’en était pas moins paniquée, Pierre entraina de force Daevlyn avec lui alors qu’il criait à s’en casser la voix le nom de Raphaël, lui ordonnant de se battre, le suppliant de ne pas l’abandonner…
Lorsque les battements de son coeur reprirent, Suzanne laissa s’échapper un long soupire de soulagement et posa sa tête sur ses genoux. Quand Daevlyn revint passablement calmé, il se laissa tomber auprès du corps de son amant et prenant son visage dans ses mains, il pleura un long moment, se libérant de toute la tristesse et la tension accumulée depuis ce matin.
Puis, au bout d’une heure, peut être plus peut être moins, Raphaël finit par ouvrir les yeux. Daevlyn, à force de les contempler, connaissait par coeur la couleur des yeux de l’adolescent, et si quelque chose attira son attention en premier, ce fut bien cela…
Dans un sanglot qui mêlait joie, soulagement et étonnement, il murmura :
- Raphaël… Tes… Tes yeux… Ils…
Encore à moitié vaseux, Raphaël ne comprenait pas bien les allusions de l’adulte ni la raison de ses larmes et fermant les yeux, il reposa sa tête contre le torse de son amant, bercé par les battements frénétiques et endiablés de son coeur.
Epuisé, il finit par s’endormir dans les bras de Daevlyn qui, visiblement soulagé de le savoir enfin en paix, le porta jusque dans leur chambre et l’allongea dans leur lit.
Dormant d’un sommeil lourd et sans rêve, un sommeil réparateur, Raphaël ne sentit pas Daevlyn venir le rejoindre au bout d’une dizaine de minutes. Cependant, inconsciement, il vient se blottir contre cette source de chaleur réconfortante lorsqu’il entra dans le lit.
Lorsqu’il se réveilla, Raphaël sentit tout de suite la chaleur de l’adulte l’envahir. Il soupira de bien être tout en se blottissant un peu plus contre son amant à la recherche de sa présence rassurante.
Raphaël glissa sa tête dans le creux du cou de l’adulte et respira son odeur, s’imprégnant de celle-ci. Jamais il ne s’était sentit aussi heureux et aussi complet qu’à cet instant. il avait l’impression que quelque chose en lui avait changé, sans trop réellement pouvoir expliquer quoi ni comment. Il avait juste la sensation étrange d’avoir retrouvé une partie de lui qu’il avait perdue depuis trop longtemps déjà.
Bien qu’il ne se souvenait pas de ce qui s’était passé la veille, il avait un vague souvenir de s’être réveillé avec un mal de dos, allongé sur quelque chose de dur et froid. Puis, il avait entendu ces mots de Daevlyn, des bribes de phrases incompréhensibles soufflées entre deux sanglots.
S’extirpant délicatement des bras de Daevlyn, afin de ne pas le réveiller, Raphaël se leva et sans bruit, il se dirigea à la salle de bain. Il alluma la lumière et papillonna des yeux afins de s’habituer à la clarté puis se planta en face du mirroir. Là, il eut un choc quand il regarda son reflet dans la glace. Ainsi, c’était cela que voulait dire Daevlyn…
L’améthyste de ses pupilles avait viré au pourpre, pas tout à fait violet mais pas tout à fait noir non plus… Ainsi, cela venait de là cette sensation de plénitude et de bien être qu’il ressentait depuis qu’il s’était réveillé ?
Tout simplement heureux, Raphaël se mit à sourire bêtement à son reflet avant de se décider à retourner se coucher.
Sur la pointe des pieds, il retraversa le couloir en sens inverse et alors qu’il prenait place dans le lit, il sentit deux bras l’entourer et le ramener possessivement à eux.
- Ne part pas Asiel… Reste auprès de moi… Je t’aime tant…
Cela n’avait été qu’un murmure, mais il n’avait pas échappé à l’ouïe fine de l’adolescent, qui sentit son coeur se contracter de douleur. N’en supportant pas d’avantage, il s’arracha de l’étreinte de Daevlyn et quitta la chambre.
Il descendit les escaliers et alla s’installer dans un fauteuil du salon, dans un endroit où l’on ne pourrait pas le voir. Remontant ses genoux contre son torse, il laissa libre court à ses larmes silencieuses qui scintillaient sous les pâles rayons de la lune.
A ce moment, il n’aurait pu décrire l’état d’abattement dans lequel il se trouvait. Son coeur se compressait à l’idée que Daevlyn n’ait pas accepté son retour. Ainsi, Asiel était la partie de lui-même qui comptait le plus à ses yeux… Comment avait-il pu être aussi aveugle pour ne pas s’en rendre compte ?
Il s’en voulait comme jamais, à lui, mais aussi à Daevlyn… Daevlyn qui lui avait mentit sur la nature de ses sentiments, qui lui avait affirmé qu’il ne voulait pas d’Asiel, mais bel et bien de lui. Pourquoi avait-il menti ? Etait-ce pour ne pas lui faire de la peine ? Un hoquet méprisant et ironique secoua alors le corps de l’adolescent à cett pensée. Malgré l’amour incomensurable qu’il lui vouait, Raphaël en arrivait à haïr Daevlyn ainsi que son sens de la compassion. Il le haïssait autant qu’il se haïssait lui-même pour avoir cru aux paroles de Daevlyn. Il était devenu dépendant de lui, de sa chaleur, de sa présence, de toute ce qui faisait que Daevlyn était Daevlyn, mais au fond de lui, il avait cette crainte incontrolable que cette passion qui l’habitait ne finisse un jour par le détruire complêtement. Même s’il était à présent plus fort qu’auparavant, il n’en restait pas moins fragile et son coeur ne supporterais pas un second coup de couteau, et encore moins de la part de son amant. Il fallait qu’il se sorte à tout prix de cette impasse dans laquelle il se trouvait, sous peine de finir par y laisser son âme.
Raphaël finit par s’endormir dans le canapé, les yeux rougis par les larmes et la fatigue. Lorsqu’il se réveilla de nouveau, il papillonna des yeux afin de s’habituer lentement à l’afflux de lumière blanche qui illuminait le salon et alors qu’il allait se lever, une couverture posée sur lui attira son attention. Qui avait bien pu la poser la ?
Des bruits à la cuisine attirèrent son attention et encore à moitié endormi, il se dirigea vers la cuisine. Il y trouva Suzanne qui déjeunait en compagnie de Morgan et Pierre. Lorsqu’il le vit, Morgan se mit à rougir et reporta son attention sur sa tartine tandis que Pierre et Suzanne lui adressaient un sourire, bien que celui de la jeune femme ne cachait pas entièrement son inquiétude.
Raphaël déposa un baiser sur la joue de sa mère en un geste qui se voulait rassurant et vint prendre place à ses côtés. De la où il se trouvait, il pouvait sentir la gêne de Morgan et les coups d’oeil furtifs qu’il lui lançait. Ce manège dura encore quelques minutes, mettant Raphaël de plus en plus mal à l’aise, puis finalement, Morgan finit par se lever de table.
Raphaël s’excusa auprès des adultes et partit à sa suite. Il le rattrapa dans le couloir, et alors qu’il allait monter les escaliers pour regagner sa chambre, Raphaël s’exclama :
- Morgan ! Attend…
L’interpelé se retourna et Raphaël se sentit subitement horriblement gêné, si bien qu’il se mit à bafouiller :
- Je… Je voudrais m’excuser du comportement d’Asiel… Je ne sais pas ce qui lui a prit de faire ça…
- C’est oublié, répondit simplement l’adolescent.
- Et pour ce que tu as vu, je…. Reprit Raphaël attrocement gêné, en s’empourprant violemment.
- Quoi ? Demanda l’adolescent. Tu as peur que ça s’ébruite ? Tu viens me demander de taire ce que j’ai vu ? T’as peur que ta mère apprenne que tu fais des galipettes avec Daevlyn ?
- Hein ? S’exclama Raphaël surprit. Non, pas du tout, ajouta-t-il en retrouvant peu à peu son assurance. Je n’ai rien à cacher, simplement… Je suis désolé que tu… Nous ai surprit… Nous avons toujours été discret, mais…
- Tu appelles ça discret toi ? Avec les cris que tu poussais ? J’suis sur que même les voisins vous on entendu ! Fit remarquer l’adolescent sur un ton accusateur, toute trace de gêne ou de honte ayant disparue.
Raphaël sentit ses joues s’empourprer à cette remarque et sentant la colère monter en lui, il s’exclama :
- De toute façon je sais pas pourquoi je m’obstine à vouloir m’excuser auprès de toi alors que t’en a rien à foutre !
Et sur ses mots, il tourna les talons, abandonnant Morgan dans les escaliers pour retourner à la cuisine, passablement énervé. Il grignota plus qu’il ne mangea, l’estomac encore noué de son précédent accrochage avec Morgan et ruminant sa colère, il n’entendit pas Daevlyn entrer dans la pièce.
L’adulte salua tout le monde, et passant derrière Raphaël, il posa tendrement sa main sur sa joue et la laissa glisser jusqu’à son menton qu’il souleva délicatement, faisant relever la tête à l’adolescent. Là, il lui vola un rapide baiser avant de prendre la parole :
- Bonjour mon ange, tu as bien dormis ?
- Hn, oui, se contenta de répondre l’adolescent en reportant son attention sur son bol de lait.
- Quelque chose ne va pas Raphaël ? Demande Daevlyn surprit par l’attitude de l’adolescent.
- Mal dormis… se contenta de répondre Raphaël.
En réalité, Raphaël n’avait pas encore digérer les paroles que Daevlyn avait soufflées dans son sommeil. Puis, sans laisser le temps à Daevlyn de répondre, il se leva et retourna dans sa chambre. Il en fut dérangé quelques minutes plus tard par Suzanne qui ouvrant timidement la porte, déclara :
- Pierre et moi allons travailler, et les enfants vont à l’école…
- D’accord, répondit Raphaël en lui souriant. A toute à l’heure…
- Raphaël, que se passe-t-il ? Demanda Suzanne qui n’était pas dupe.
- Rien, je t’assure, ça va !
- Oui, au point que tu passes la nuit dans le salon ! fit-elle remarquer avec un ton de reproche. C’est Daevlyn ? Ajouta-t-elle d’une voix redevenue douce.
- Je… Laisse moi du temps… S’il te plait… Promis, je te raconterais, mais pas tout de suite, j’ai… J’ai besoin de faire le point, murmura l’adolescent.
- D’accord mon chéri, répondit Suzanne qui, entre temps s’était rapprochée, en embrassant l’adolescent sur le front. Je m’inquiète pour toi, tu sais…
- Je suis désolé, mais… tu n’as pas à t’inquiéter…
- Tu me le promet ?
- Oui, je te le promet !
- Je t’aime mon garçon, répondit la jeune femme en l’embrassant de nouveau sur le front.
- Je t’aime aussi maman, murmura l’adolescent.
- Bon, il faut que je file, je vais être en retard, déclara Suzanne en se levant. On sera la plus tôt ce soir. A toute à l’heure mon grand. Je t’aime fort.
Sur ces mots, elle referma la porte derrière elle. Raphaël l’entendit débouler les escaliers et quelques instant, la porte d’entrée claqua et le silence revint. Il ne fut briser que par les pas étouffés de Daevlyn qui montait lentement les escaliers. L’adolescent retient son souffle et lorsque la porte de la chambre s’ouvrie sur l’adulte, son coeur s’emballa en un rythme endiablé.
- Raphaël ?
- Qu’est-ce que tu veux ? Demanda l’adolescent d’une voix sèche, masquant à l’adulte l’accablement qui le saisissait.
- J’aimerais savoir ce qui te prend depuis ce matin, répondit Daevlyn sur le même ton, visiblement agacé par le comportement de son jeune amant. T’as tes règles ou quoi ?
- Nan j’ai pas mes règles, hurla l’adolescent. Redis moi ça encore une fois et tu peux dire adieux à ta descendance ! Et avant de reporter toujours la faute sur les autres, commence par te remettre toi-même en question et on en reparlera ok ?
Sans laisser à Daevlyn le temps de répondre, il attrapa des vêtements et alla s’enfermer dans la salle de bain.
- A… Raphaël, mais qu’est-ce qui t’arrive enfin ? Tu veux bien m’expliquer ce dont tu m’accuses ? S’exclama Daevlyn en tambourinant contre la porte. Ouvre cette porte… S’il te plait…
Assis sur le sol, adossé contre la porte, Raphaël ne cherchait pas à retenir ses larmes. Même s’il s’était vite ratrapé, le lapsus de DAevlyn n’avait pas échapé à Raphaël. Cependant, il ne voulait pas que Daevlyn soit témoin de sa douleur, et il s’en voulait à lui-même d’être aussi faible face à l’adulte. Certes, Daevlyn ne pouvait pas savoir la raison qui animait sa colère, mais Raphaël ne se sentait ni le courage ni l’envie de lui expliquer. tout ce qu’il voulait, c’était qu’on le laisse seul et surtout que Daevlyn arrête de le harceler avec ses questions. Avant de chercher  à avoir les réponses qui lui tombent directement du ciel il pouvait aussi très bien se creuser l’esprit et essayer de chercher par lui-même le pourquoi de la colère de l’adolescent.
Raphaël se leva et s’habilla après avoir fait une rapide toilette. Puis, sortant de la salle de bain, il bazarda avec rage son pyjama dans sa chambreet descendit les escaliers. Et sans répondre aux appels désespérés de Daevlyn, il sortit en claquant la porte d’entrée.
Ne parvenant pas à calmer sa fureur, il prit la direction du  centre ville en marchant d’un pas rapide. Il avait besoin de se changer les idées et Amaranth n’était pas là pour l’y aider. A cette pensée, Raphaël sentit son coeur se serrer. L’animal lui manquait affreusement. lorsqu’il se sentait mal, Amaranth était le seul à avoir le pouvoir de lui faire retrouver le sourire.
Sans qu’il ne s’en rende compte, ses pas le menèrent au parc dans lequel il erra un long moment, shootant dans les cailloux qui se trouvaient sur son passage. Les larmes ravageaient son visage et ses cheveux volaient autour de lui sous l’effet du vent qui soufflait fort. Constatant cela, il se maudit d’être parti aussi vite sans prendre le temps de s’attacher les cheveux.
Avisant un banc inoccupé et relativement à l’écart, il s’y dirigea et prit place dans un coin. Les larmes semblaient ne plus vouloir s’arrêter de couler et il n’avait  bien évidement, pas prit de mouchoir. Dans un réflexe, il tourna la tête à droite puis à gauche à la recherche d’un âme charitable et alors qu’il reportait son attention à ce qui se passait devant lui, il tomba nez à nez avec une main étrangèrent qui lui tendait un mouchoir. Clignant des yeux pour s’assurer qu’il ne révait pas, il releva la tête pour observer son sauveur.
Lorsqu’il croisa le regard du jeune homme qui lui faisait face, il cru se noyer dans la profondeur de son regard d’un bleu clair saisissant. Ses cheveux blonds mi longs étaient retenu en une demi queue et un bandana de la même couleur que ses yeux était noué autour de sa tête et cintrait légèrement son front. Intrigué, Raphaël observa un peu plus en détail l’homme qui s’était à présent installé à ses côtés. Ils devaient avoir sensiblement le même âge, l’inconnu ne semblait guère plus âgé que lui, peu être de trois ou quatre ans son aîné. Son visage abordait un petit sourire mi amusé mi attendrit illuminait son visage. Ses yeux dans lesquels dansait une lueur de malice le fixaient avec un amusement non dissimulé.
- Alors tu le prends ou pas ? Demanda l’inconnu d’une voix étrangement douce et mélodieuse.
- Mer… Merci, bafouilla l’adolescent en s’emparant du bout de tissu.
Du revers de la main, il s’essuya les yeux avant de se moucher bruyamment, s’attirant un sourire amusé de la part du jeune inconnu.
- Comment t’appelles-tu ?
- Raphaël, répondit l’adolescent s’étonnant lui-même de la facilité avec laquelle il avait dévoilé son prénom à un parfait inconnu.
D’ordinaire, il n’aurait pas accepté l’aide d’un inconnu et n’aurait encore moins répondut à sa question, mais étrangement, il sentait qu’il pouvait faire confiance à ce garçon. Il se dégageait de lui quelque chose de rassurant qui avait le pouvoir de le mettre en confiance. Peut-être était-ce du à son allure dégentée. Il n’en savait trop rien, mais cela lui importait peu. Tout ce qu’il voyait pour le moment, c’était une personne qui lui tendait la main en un geste amical.
- Et vous ? Demanda timidement l’adolescent. Quel est votre nom ?
- Je m’appelle Julian. Répondit le jeune homme en lui adressant un sourire radieux. Alors, ajouta-t-i en retrouvant son air grave, raconte moi, Raphaël. Qu’est-ce qui a bien pu te mettre dans un état pareil ?
L’adolescent renifla bruyamment, triturant nerveusement le mouchoir de Julian et répondit entre deux spasmes de nouveaux sanglots :
- C’est… C’est Daevlyn, je… Je l’aime mais lui ne me vois pas… enfin… Hésita l’adolescent tout de même réticent à exposer tous les détails de sa vie à un inconnu.
- Pas comme tu le voudrais ? Termina Julian.
Raphaël hocha la tête en guise d’aquiescement tout en soupirant.
- Alors il doit être aveugle, termina Julian.
Raphaël émit un petit rire qui sonnait affreusement faut avant de reprendre, hésitant :
- C’est plus compliqué que ça… Je… Je sais qu’il m’aime, mais parfois… J’ai l’impression qu’il voudrait que je sois différent, expliqua l’adolescent, en faisant référence à Asiel, tout en masquant un peu la vérité.
Pour la deuxième fois de sa vie, la première ayant été Daevlyn, Raphaël sentait qu’il pouvait se confier à quelqu’un sans crainte d’être jugé. Ce garçon n’était pas comme tout le autres, il ne l’avait pas jugé sur ses précédentes révélations et ne se moquait pas de lui. Il se contentait de l’écouter sans l’interrompre, hochant simplement la tête de temps en temps comme pour acquiescer ou refuter les arguments de l’adolescent.
- Ce qui m’énerve le plus, continua Raphaël, c’est que je fais des efforts pour changer, pour être conforme à ce qu’il aimerait que je sois… Mais c’est… C’est comme s’il ne voit pas ou refuse de voir tout ce que je fais pour lui… Il reste prisonnier et aveuglé de ses propres sentiments sans se préocupper des miens, sexclama l’adolescent qui sentait la colère renaître en lui à chaque mot prononcé.
- Tu le lui a dit ? l’interrompit Julian pour la première fois, sentant bien le changement dans le ton de l’adolescent.
- Hein ? Demanda l’adolescent totalement déstabilisé par cette question pour le moins inattendue. Euh… Je… non, je ne lui ai pas dit, murmura-t-il en baissant la tête, honteux. Je… Je voulais qu’il s’en rende compte par lui-même.
- Peu être qu’au lieu de lui hurler dessus comme tu m’as dit que tu avais fait, tu auais du le lui dire tout simplement. Comment veux-tu qu’il sache ce qui ne va pas si tu ne le lui dit pas ? Il n’est pas dans ta tête !
- Oui, sans doute, mais…
- Oui, mais ! S’exclama Julian en éclatant de rire. Tu ne serais pas du genre à vouloir avoir toujours raison ? Demanda-t-il en adressant à l’adolescent un sourire malicieux.
Raphaël lui adressa un petit sourire timide alors que le rouge lui montait aux joues.
- Si je te dis cela, Raphaël, c’est parce que je le sais. Ecoute l’expérience de tes aînés ! S’exclama Julian en riant.
Le silence s’installa entre les deux garçons. Raphaël méditait les paroles de ce garçon plein de bon sens. Puis, au bout d’un moment, Julian déclara en avisant l’heure tardive :
- Je  parie que ton copain ne sais pas que tu es là… Je me trompte ?
Raphaël se contenta d’hocher négativement la tête et Julian poursuivit :
- Tu ne crois pas qu’il serait temps que tu rentres ? Il doit vraiment se faire du soucis…
- Oui… Je… Merci, Julian, murmura l’adolescent en lui tendant son mouchoir avec hésitation.
- Garde le va ! sourit le jeune homme. Tu en as plus besoin que moi. En tout cas, reprit-il après un court silence, je suis heureux de t’avoir rencontré, Raphaël. Tu es une personne formidable. J’espère sincèrement que tes problèmes vont s’arranger…
- Merci Julian, répéta Raphaël. Moi aussi je suis heureux d’avoir fait ta connaissance. Cela faisait longtemps que je n’avais pas parler à des gens aussi compréhensif, cela m’a vraiment fait du bien. Merci de m’avoir écouté…
- Je t’en prie. Allez ! Rentre vite, le temps est à l’orage.
Sur ses mots, Julian tourna les talons et disparu dans l’allée du parc. Raphaël le regarda s’éloigner et ne fut sortit de ses pensées que lorsqu’il sentit une goutte d’eau attérir sur son visage. Il jura mentalement et se mit à courir en direction de chez lui alors que la pluie gagnait en intensité.
Raphaël courait dans les rues de la ville. Ses poumons le brûlaient, mais pour rien au monde il n’aurait ralentis sa course. Déjà la pluie tombait à verse, si bien qu’en l’espace d’un instant, il se retrouva complètement trempé. Malgré cela, il continua à courir, même si à présent, c’était devenu absolument inutile.
Paradoxalement, plus il se rapprochait de la maison, plus il sentait la tension qui l’avait quitté revenir au galop. Il allait de nouveau se retrouver face à Daevlyn et il ne pouvait s’empêcher d’angoisser. En plus de sa nervosité, il sentait la colère renaître en lui. Il se doutait parfaitement que l’adulte l’attendait de pied ferme derrière la porte pour le chopper au passage.
il allait avoir droit à un brassage en règle. En plus d’être partis sans rien dire, il était resté plusieurs heures dehors et revenait trempé jusqu’aux os.
Alors qu’il arrivait à l’angle de la rue, il ralentis l’allure, sentant subitement tout son courage et sa détermination l’abandonner lachement. Il savait qu’il allait encore s’engueuler avec Daevlyn et son coeur se contractait à cette simple pensée.
Cependant, c’était plus fort que lui, il ne pouvait s’empêcher de réagir violemment à chaque réflexion venant de son amant. Il avait quelque chose qui l’énervait et l’exaspérait, cette façon d’être toujours sur son dos au mindre changement de comportement. Et malgré cela, il l’aimait. Il l’aimait à en creuver et il souffait de cette situation invivable et de ce trop plein de sentiment qui étreignait son coeur d’une poigne de fer dans un gant de velour.
Avec hésitation, il ouvrit la porte et entra. A l’intérieur, la maison était plongée dans la pénombre et un silence religieux y régnait. Mais à peine la porte fut-elle refermée derrière lui que Daevlyn déboula en trombes dans l’entrée et lorsqu’il aperçut l’adolescent, il demanda d’une voix sèche et autoritaire :
- Où étais-tu ? J’étais mort d’inquiétude !! Et en plus tu es totalement trempé !!
- Oh ça va ! Soupira l’adolescent en tentant de refouler l’élan de colère qui naissait en lui. Lâche moi un peu !
- Tu te rends compte que je me suis imaginé le pire en ne te voyant pas revenir ! S’exclama Daevlyn en haussant le ton sans tenir compte des protestations de Raphaël.
- Et toi tu te rends compte que tu me saoules ? S’emporta l’adolescent.
A peine ces mots franchirent-ils la barrière de ses lèvres que Raphaël les regrettait déjà amèrement. Cependant, emporté dans son élan et fatigué aussi bien mentalement que physiquement, il poursuivit, tentant de justifier ses derniers mots :
- Je suis plus un gamin, Daevlyn ! Je suis libre de faire ce que je veux sans avoir sans cesse des comptes à te rendre !
Sans laisser à l’adulte le temps de répondre quoi que ce soit, il se précipita dans les escaliers et passa en coup de vent dans sa chambre prendre des vêtements secs avant d’aller s’enfermer dans la salle de bain.
Là, il jeta ses affaires trempées dans la machine à laver et se sécha rapidement les cheveux avant de les natter sans prendre le temps de les démêler, n’ayant ni le courage ni l’envie de se prendre la tête avec ça pour le moment.
Puis, épuisé, il retourna dans sa chambre et se coucha. En bas, il entendait Daevlyn s’agiter. L’adulte semblait ruminer sa rancoeur et sa colère, tournant en rond comme un lion en cage.
Et Raphaël le remerciait mentalement de ne pas avoir engager les hostilités après qu’il l’ai renvoyé paître assez méchamment. L’adulte semblait avoir compris qu’il étouffait et il le remerciait de lui laisser un peu de liberté.
Son coeur se serra dans sa poitrine et les larmes aux yeux, il se recroquevilla sur lui-même en position foetale. Il attrapa son oreiller et le serra tout contre lui. A défaut d’avoir la chaleur de Daevlyn, il sentait son odeur.
Il inspira profondément l’odeur imprégnée de son amant tout en laissant libre court à ses larmes. A présent, il ne controlait plus ses émotions et ses sanglots résonnaient dans la chambre comme un cri de désespoir. Cependant, ne souhaitant pas encore avoir à faire face à Daevlyn, il enfoui sa tête dans l’oreiller, etouffant ses sanglots déchirants.
C’est ainsi que Daevlyn le trouva une heure plus tard, sauf que Raphaël s’était endormis. Lorsqu’il le vit, Daevlyn s’approcha du lit et d’un geste empli de douceur, il déposa ses lèvres sur la joue de l’adolescent. Raphaël remua dans son sommeil et soupira de bien être avant de se retourner instinctivement vers cette source de tendresse et de chaleur, ensserrant la taille de l’adulte en une étreinte possessive et murmura :
- Je t’aime Daevlyn… Pourquoi tu me fais ça…
Une larme coula sur sa joue et l’adulte l’essuya du bout du pouce. Au bout d’une petite heure, en entendant la porte d’entrée claquer, il s’arracha difficilement à l’étreinte de l’adolescent qui, sentant la chaleur protectrice et rassurante de l’adulte s’éloigner, il murmura :
- M’abandonne pas… Je t’en prie… Reste avec moi…
- Je ne pars pas mon ange, répondit Daevlyn en un murmure tout en lui caressant tendrement les cheveux. Je reste avec toi…
L’adolescent soupira de soulagement avant de concentir à relacher  sa prise autour de l’adulte qui en profita pour s’éclipser de la chambre à pas de loups.
Une heure s’écoula de nouveau avant que Raphaël ne se réveille. Papillonnant des yeux, il mit un moment à se resituer. Les volets avaient été fermés et la pénombre régnait dans la chambre. Des voix au rez-de-chaussez attirèrent son attention, parmis elles, il reconnu aisément celle de Daevlyn. Il aurait pu la reconnaître en milles… Sa voix si grave et douce à la fois, cette tendresse particulière qu’il n’avait pas conscience d’adopter lorsqu’il s’adressait à luiet ses intonations que lui seul avait… Tous des petits détails qui n’avaient pourtant pas échappés à l’oreille habituée de l’adolescent, qui connaissait son amant dans les moindres détails.
Après un instant d’hésitation, il finit par se lever et sans bruit, il descendit les escaliers. Arrivé sur le pas de la porte, il s’arrêta pour observer sa famille. Tous mangeaient, parlant de tout et de rien. Son coeur se gonfla d’un amour infini et malgré la tristesse qu’il éprouvait, une pointe de bonheur vint éguailler sa soirée.
Ce fut Pierre qui le vit le premier. Stoppant sa phrase en plein milieu, il lui adressa un sourire radieux et tira la chaise à côté de lui, l’incitant par ce geste à venir se joindre à eux. L’ayant vu, tous se tournèrent dans sa direction, attendant un geste de sa part.
Affreusement gêné d’être subitement devenu le centre d’intérêt, Raphaël leur adressa un petit sourire timide, tout en évitant au maximum de croiser le regard impassible de son amant. Sous le regard bienveillant des adultes, il vint prendre place entre Pierre et Daevlyn, pendant que Suzanne remplissait son assiette.
- Alors mon garçon, tu as bien dormis ?
- Ou… Oui, répondit timidement l’adolescent en gardant obstinément les yeux rivés sur son assiette. Pardon…
- Pardon de quoi ? D’avoir dormi ? Tu n’as pas à t’excuser pour cela mon garçon, répondit Pierre avec un sourire rassurant. Tu n’es pas le premier à qui cela arrive !
Raphaël ne répondit rien, se contentant d’hocher la tête. En silence, il se mit à manger pendant que Linsday reprennait le récit de sa journée d’école. Abby lui lançait parfois des regards interrogatifs et Morgan évitait au maximum de le regarder tandis que Raphaël en faisait de même avec Daevlyn. L’adulte devait encore lui en vouloir profondément car il ne lui avait encore pas adressé la parole. Bien que Raphaël comprenne cette attitude, il était blessé et se faisait violence pour ne pas se mettre à pleurer devant tout le monde.
Malgré qu’il ne la regardait pas, Raphaël pouvait parfaitement sentir le regard de Suzanne se poser tour à tour sur Raphaël puis Daevlyn, tentant de comprendre la raison de cette distance entre eux.
L’adolescent passa le reste de la soirée cloitré dans son mutisme, ne répondant que très brièvement aux questions qui lui étaient posées. Suzanne, quant à elle, s’inquiétait de plus en plus de l’attitude de Raphaël, si bien qu’elle décida que quoi qu’il en pense, elle parviendrait à lui faire cracher le morceau, de gré ou de force, ne supportant plus de voir son air triste et abattu.
A la fin du repas, Raphaël aida sa mère à ranger la cuisine puis alla se vautrer dans le canapé devans la télévision. Puis, ne trouvant aucun intérêt à rester là, il finit par se lever et après avoir souhaité une bonne fin de soirée à tout le monde, il monta dans sa chambre.
Une fois en pyjama, il attrapa un livre et s’installa de son côté du lit. Pendant plus d’une demi heure, il feuilleta distraitement quelques pages sans les comprendre, n’ayant pas l’esprit assez concentrer, avant de finalement refermer le livre. Etonnement, c’est sans trop de mal qu’il parvient à s’endormir.
Il ouvrit les yeux en sursautant en entendant des pas dans la pièce. Les battements de son coeur s’accélérèrent incrçoyablement lorsqu’il reconnu la démarche silencieuse de son amant. Cependant, il ne fit rien aui aurait pu le trahir et s’efforça à rester immobile et silencieux. A son grand étonnement, Daevlyn vint s’asseoir sur le bord du lit et resta là à l’observer longuement, sans pour autant le toucher. De son côté, Raphaël gardait obsitnément les yeux fermés et tentait de rester impassible, calmant au mieux les battements frénétiques de son coeur.  Certes, il se trouvait lâche de ne pas oser affronter Daevlyn, mais il n’avait pour le moment pas la force de le faire, car il savait qu’il s’effondrerait en larmes au premier mot prononcé. Alors, malgré son envie d’en finir avec ce conflit, de pouvoir à nouveau sentir la présence de Daevlyn près de lui, il ne bougea pas, s’insultant mentalement, maudissant sa lâcheté.
Au bout d’un temps uqi lui parut interminable, Daevlyn finit par se lever et traversa la chambre. Une fois de son côté, Raphaël l’entendit se déshabiller avant de se glisser dans le lit à ses côtés, quelques secondes plus tard.
Raphaël retenait sa respiration, appréhendant un geste quelconque de la part de son amant. finalement, Raphaël entendit Daevlyn soupirer longuement et se tourner vers lui. A la respiration régulière de Daevlyn, Raphaël comprit qu’il s’était endormi. N’osant plus bouger, Raphaël sentait le souffle chaud de l’adulte effleurer sa peau en une douce caresse aérienne. Même si Daevlyn ne le touchait pas, il pouvait sentir sa chaleur émaner de lui, cette même chaleur qui lui réchauffait le coeur et lui faisait perdre la tête.
Raphaµël devait se faire violence pour ne pas laisser ses pulsions prendre le dessus et résister à son envie de le serrer dans ses bras et lui dire à quel point il l’aimait. Pourtant, sa rancoeur était toujours présente et il se doutait bien que l’adulte ne lui pardonnerait pas aussi facilement son comportement insolent.
Lorsqu’il fut certain que Daevlyn dormiait profondément, ayant trop honte de se retrouver nez à nez avec Daevlyn, il se tourna vers lui  et l’observa un long moment durant, contemplant avec amour les traits gracieux et détendus de son visage endormi. il paraissait tellement serein ainsi… A cette pensée, Raphaël sentit les larmes lui monter aux yeux. Tout était de sa faute… Si seulement il n’était pas aussi entêté et immature, il ne causerait pas autant de soucis à Daevlyn… Il avait l’impression de n’être qu’une source de problèmes pour l’adulte et s’en voulait terriblement. A bien y réfléchir, qu’avait-il apporté à Daevlyn depuis qu’ils se connaissaient apart des ennuis continuels ? Il n’avait jamais rien fait de conséquent, et quand il pensait à tout ce que l’adulte avait fait pour lui, il ne pouvait s’empêcher de culpabiliser… Tout ceci était arrivé à cause de lui… Depuis qu’il avait croisé la route de Daevlyn il lui avait apporté que des malheurs.
Parfois, Raphaël arrivait à douter que leur relation puisse les mener quelque part un jour, et il se demandait comment Daevlyn avait pu tomber amoureux d’un gamin comme lui. Lui, l’adulte mature et responsable, amoureux d’un gamin à peine sortit de l’adolescence, inutile et bon à rien. Raphaël, adolescent perdu et méprisé par la vie, avait trouvé en Daevlyn un point de repère stable à qui se raccrocher, un pilier qui avait toujours été là pour lui même dans les moments les plus difficiles. Puis, au fil du temps, de point d’encrage, il était passé au statut d’indispensable à sa vie, et aujourd’hui, Raphaël ne savait que trop bien que s’il perdait Daevlyn, il n’y survivrait pas…
Alors qu’il le contemplait, les yeux remplis d’un amour infini, il finit par ceder à la tentation qui lui nouait l’estomac depuis quelques instants et repoussa une mèche de cheveux rebelle et déposa délicatement ses lèvres sur sa joue, murmurant un “je t’aime” au creux de son oreille. Puis, le plus discrêtement possible, il s’extirpa du lit et comme la veille, il descendit dans le salon. Il avait besoin de réfléchir à tout cela, réfléchir à son comportement et aux paroles de Julian, sans influence d’aucune sorte, et Daevlyn était une influence…
A peine fut-il installé dans le canapé que le grincement caractéristique des escaliers attira son attention, le tirant de ses sombres pensées. Un instant plus tard, la voix de Suzanne retentit dans son dos, encore enraillée de sommeil :
- Raphaël, mais qu’est-ce que…
Elle ne termina jamais sa phrase. Les sanglots qui secouaient le corps de l’adolescent suffirent à l’alarmer, et c’est totalement réveillée qu’elle se précipita vers lui :
- Que se passe-t-il, mon chéri ?
Raphaël, ne répondit rien, et au regard supliant et rempli de douleur que lui adressa l’adolescent, elle comprit :
- C’est Daevlyn n’est-ce pas…
Elle soupira bruyamment, signe qu’un début d’énervement et d’exaspération menaçait d’exploser et reprit, d’une voix ferme mais douce, ne souhaitant pas apeuré l’adolescent :
- Maintenant ça suffit Raphaël ! Cesse de faire ton entêté et raconte moi ce qui ne va pas ! On a tous sentit la tension qu’il y a entre toi et Daevlyn… Je m’inquiète pour toi mon chéri, et Daevlyn aussi…
Un nouveau sanglot s’échappa des lèvres entrouvertes de l’adolescent, et reniflant bruyamment, il commença d’une voix hésitante :
- Je… J’ai été odieux avec Daevlyn… Maman, je m’en veux tellement, tout est de ma faute… Je lui ai parlé méchamment, je n’aurai pas dû…
- Raconte moi, Raphaël… Libère ce que tu as sur le coeur, cela ne pourra que te soulager… Vient là, ajouta-t-elle en tendant les bras vers son fils, l’invitant à venir prendre place sur ses genoux.
- Tu te rapelles, reprit la jeune femme, tentant de détendre l’atmosphère, comme quand tu étais petit… Alors, dis moi tout…
- Je n’aurais jamais du revenir, commença l’adolescent dans un sanglot. J’ai l’impression de ne pas avoir ma place parmis vous. Asiel se serait beaucoup mieux adapté à cette nouvelle vie, et de toute façon, à qui aurais-je manqué ?
Suzanne resta stupéfaite par les paroles prononcées par son fils. Abasourdie, elle s’exclama :
- Est-ce… Est-ce que tu te rends compte ce que tu viens de dire ? Comment peux-tu seulement penser une chose pareille ?
Raphaël ne répondit pas tout de suite, reniflant bruyamment, avant de reprendre :
- Et je ne suis pas le seul à le penser ! S’exclama-t-il sèchement, sentant la colère et la tristesse le gagner de nouveau.
- Explique toi, demanda Suzanne, tentant de rester calme bien qu’à cet instant elle usait de toute sa volonté pour ne pas s’emporter contre son fils.
- Daevlyn, il… il ne m’aime pas… Ne me dit pas le contaire, ajouta-t-il en voyant Suzanne ouvrir la bouche pour parler. Il… Il l’a dit… Je l’ai entendu l’autre soir, il… Il a parlé dans son sommeil… Il disait… Il suppliait Asiel de ne pas l’abandonner, qu’il l’aimait… Et moi, s’emporta-t-il subitement, est-ce qu’il a pensé à moi ? Est-ce qu’il à pensé au mal qu’il me faisait ! Et après il se permet de me faire des réflexions sur mon comportement, alors que je devrais la fermer et faire comme si de rien n’était ? Je suis pas à sa disposition, il y a des choses que je peux accepter, mais me faire prendre pour un con ça fait partie des choses qui ne passent pas !
- Et tu ne crois pas que tu aurais pu m’en parler ?
Suzanne et Raphaël sursautèrent en même temps au son de la voix qui retentie dans leur dos. Voix que Raphaël ne connaissait que trop bien… Honteux, il n’osa pas se retourner, par peur de croiser le regard de l’adulte qu’il imaginait empli de colère.
- Sérieusement Raphaël… reprit Daevlyn un court instant plus tard en s’agenouillant devant son jeune amant. Pourquoi n’es-tu pas venu m’en parler au lieu de ruminer ton amertume et ta rancoeur tout seul dans ton coin, pendant que je m’inquiétais pour toi ?
- Je vous laisse, déclara Suzanne en déposant Raphaël sur le canapé à côté d’elle. Je crois que vous avez des choses à vous dire.
Sur ces mots, elle se leva et après un regard d’encouragements à son fils, elle quitta le salon. Raphaël l’entendit se diriger vers la cuisine et se concentra sur le bruit qu’elle faisait. Honteux, il n’osait pas regarder Daevlyn dans les yeux, de peur d’y lire queluqe chose qui pourrait le blesser d’avantage, comme des reproches ou de la déception.
Cependant, lorsque Suzanne fut remontée à l’étage, Daevlyn engagea les hostilités :
- Tu m’expliques ? Demanda-t-il en s’efforçant de garder un ton calme et posé.
- Y’a rien à expliquer, bougonna l’adolescent de mauvaise foi.
- S’il te plait Raphaël, reprit Daevlyn en poussant un soupire de lassitude. Ne commence pas ce petit jeu et cesse tes gamineries, cela devient lassant. Tu es adulte ou tu ne l’es pas ? J’en ai franchement marre de ces malentendus entre nous. Alors tu arrêtes ton cinéma cinq minutes et tu me racontes ce qui ne va pas.
Raphaël lui lança un regard meurtier, n’approuvant pas les paroles de son amant. Si Daevlyn voulait vraiment savoir, alors il saurait ! Envahit d’une foule de sentiments tous plus variés et flous les uns que les autres, Raphaël s’exclama, sans trop élever la voix pour autant :
- Pouquoi m’avoir dit que tu m’aimais alors que chaque instant que l’on a passés ensemble, c’est Asiel que tu aurais voulu avoir à tes côtés ?
- Qu… Quoi ? S’exclama Daevlyn abasourdit.
- Qu’est-ce qu’il a de plus que moi ? Reprit l’adolescent plus calement, sans prendre en compte l’intervention de l’adulte, la voix brisée par des sanglots et des larmes inondant ses joues. Je t’aime Daevlyn… Je t’aime tellement que je pourrais creuver pour toi… Mais cela tu t’en fou…
L’adolescent se tut, n’en supportant pas d’avantage et laissa libre court à ses sanglots qu’il ne parvenait pas à contenir. Assis sur le canapé, les genoux remontés contre son torse, il attendait avec appréhension la réponse de Daevlyn. Finalement, après de longues secondes d’attente, l’adulte déclara d’une voix qui avait perdue toute sa durté :
- Comment peux-tu penser une telle chose, Raphaël ? Ne t’ais-je pas suffisament démontré mon amour pour toi ? Que dois-je faire, Raphaël ? Peux-tu me dire ? J’ai toujours été sincère et honnête avec toi. Je t’aime comme j’aimais Asiel, mais Asiel est parti à présent, et ne fais plus qu’un avec toi. Je vous ai aimé autant l’un que l’autre et je continuerais à vous aimer tout les deux car quoi qu’il en soit, je continue à penser qu’il vit à travers toi. Tes actes, tes paroles, ton comportement parfois excessif… Tout en toi en est la preuve. Quant à savoir ce que j’ai dit dans mon sommeil, je n’en ai aucune idée, mais je te connais suffisament pour savoir que si tu réagis ainsi, c’est qu’il a dut se passer quelque chose… Imagine toi un instant à ma place. Un des deux garçons que tu aimes te dit “adieux”, comment réagirais-tu ? Soit certain que je compred ta douleur et ton chagrin. Soit également sûr que si j’avais pu retenir ces paroles, je l’aurais fait si cela aurait pu éviter de te blesser… Je t’aime Raphaël. Je n’ai jamais cherché à me jouer de toi et je préfererais mettre fin à mes joues plutôt que de te faire une chose pareille, tu es bien trop précieux à mes yeux. Tu représentes toute ma vie, j’ai placé mon destin entre tes mains… C’est toi qui m’a fait découvrir la véritable signification du mot aimer…
Raphaël ne répondit pas tout de suite, prenant le temps d’analyser et de digérer toutes les informations qu’il venait de reçevoir.
Puis, étouffant ses pleurs, il gémit plus qu’il ne déclara :
- J’ai honte Daevlyn… Je m’en veux tellement d’avoir été aveugle, je… Je t’aime tellement que ça en est douloureux, je… Je ne te mérites pas… Je ne mérite pas l’amour que tu m’offres, je n’en suis pas digne…
- Ne crois-tu pas que cela, c’est à moi d’en juger ?
Seul un hoquet de sanglots retenus brisa le silence nocturne. Raphaël était complètement perdu et ne savait plus que penser, Daevlyn semblait tellement sincère…  La flamme qui brillait dans ses yeux émeraudes était la même qui illuminait son regard lorsqu’il lui faisait l’amour…
Face au silence de son amant, Daevlyn se leva et vint s’asseoir à ses côtés. Il passa sa main sur son épaule et l’attira doucement à lui. Raphaël se laissa faire, il attendait depuis trop longtemps de retrouver la chaleur de ses bras et avait trop besoin de se sentir aimé et protégé.
Les mains crispées sur la chemise de Daevlyn, Raphaël se cramponait à lui comme si sa vie en dépendait, comme s’il craignait de le voir disparaître. Seules quelques bribes de phrases comme “je t’aime”, “pardonne moi” ou alors “ne me laisse pas” franchissaient inlassablement, entre deux sanglots, les lèvres de l’adolescent. Supplications auxquelles Daevlyn répondait par des mots, des baisers ou en rafermissant son étreinte autour de sa taille, tandis que les bras de Raphaël se resserraient sur sa nuque dans le désir de le sentir toujours plus près de lui.
Finalement, terrassé par ses pleurs, Raphaël finit par s’endormir étroitement enlacé par l’adulte. Ne souhaitant pas le réveiller, Daevlyn s’allongea dans le canapé, entrainant le corps inerte de Raphaël et le faisant s’allonger sur lui afin de ne pas l’écraser par son poids.
Lorsque Suzanne se leva dans la matinée, ce fut la longue chevelure de Raphaël traînant par terre qui attira son attention. Intriguée, elle entra dans le salon et un sourire tendre vint étirer ses lèvres à la vue de son fils et Daevlyn endormis tendrement enlacés. La tête reposant sur l’épaule de l’adulte, Raphaël avait le visage enfoui dans son cou et un bras jalousement posé sur sa hanche. Daevlyn quant à lui enserrait possessivement la taille de l’adolescent. Comme elle l’avait fait la veille,, elle déposa une couverture sur leur corps endormis avant de quitter la pièce sans faire de bruit afin d’aller préparer le petit déjeuner pour tout le monde. Aujourd’hui étant samedi, cela leur ferait l’occasion de tous se retrouver pour le petit déjeuner.
Les éclats de rires étouffés de Raphaël attirèrent son attention et souhaitant savoir comment s’étaient déroulées leur réconciliations, elle alla retrouver les deux amants dans le salon.
- Ca va ? demanda-t-elle plus pour la forme que pour la réponse en elle-même.
- Voui, répondit l’adolescent en rougissant.
Puis, après avoir reçu une réponse positive à la question muette posée à Daevlyn, il tendit la main à Suzanne en une invitation à venir les rejoindre. La jeune femme ne se le fit pas dire deux fois et vint rejoindre les deux garçons qui s’étaient assis entre temps. Elle prit place à côté de son fils qui, lorsqu’elle fut installée, lui sauta dans les bras.
Suzanne lui rendit son éteinte alors que Raphaël invitait Daevlyn à venir plus près. Ainsi entouré des deux personnes qu’il aimait le plus au monde, Raphaël se sentait incraoyablement bien. Le stress et le poids qu’il avait sur le coeur depuis deux jours s’étaient comme envolés et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Ils restèrent un long moment ainsi, Raphaël ayant besoin de cela, jusqu’à ce que des pas discrets se fassent entendre dans les escaliers. Peu de temps après, Abby faisait son apparition dans le salon. D’abbord surprise de les trouver ainsi, elle se reprit bien vite et alla leur dire bonjour, déposant un bisou sur la joue de chacun. Raphaël ne cacha pas sa surprise, puis comprenant les intentions de la jeune fille, fit comme elle et enterra la hâche de guerre. Se décalant un peu plus contre Daevlyn, il invita Abby à avenir prendre place entre lui et Suzanne. Abby le remercia d’un sourire radieux et après s’être installée, elle se pencha vers lui et lui murmura à l’oreille :
- Pardon, petit frère…
Emu, Raphaël ne répondit rien, mais adressa à la jeune fille un sourire radieux empli de reconnaissance, tandis que des larmes de bonheur faisaient scintiller son regard aux reflets pourpres.
Avisant l’heure tardive ils décidèrent d’un accord commun, de commencer à manger, les autres les rejoindraient lorsqu’ils se réveilleraient.
Assis devant son bol de céréale, Raphaël était plongé dans ses pensées, réfléchissant à un programme pour la journée. Car depuis qu’ils étaient arrivés, ils n’avaient pas bougés de la maison, et il souhaitait faire découvrir à Daevlyn toutes ces choses que Suzannes lui avaient montrées lorsqu’il était venu passer quelques jours chez sa mère.
- Maman, commença timidement l’adolescent.
- Oui mon chéri ?
- On… On pourrait emmener Daevlyn, tu sais, là où tu m’avais emmener… Avec le parc magnifique où il y avait les indiens…
- Le Yosemite National Park ?
- Oui voila, c’est ça ! Je ne me souvenais plus du nom… Alors, on pourra ?
- Je ne vois pas d’inconvénient, on pourrait aussi demander aux garçons s’ils souhaitent se joindre à nous.
- Oui, ça serait bien, une sortie en famille !
Personne ne répondit rien à l’exclamation de l’adolescent, mais chacun n’en pensait pas moins. Sans même s’en rendre compte, Raphaël venait de dire tout haut, ce que tous pensaient tout bas.
Pierre, Lindsay et Morgan choisirent ce moment pour faire leur apparition et furent accueili par quatre sourires radieux. Alors qu’ils prenaient place à table, Suzanne prit la parole :
- Raphaël veut emmener Daevlyn visiter le parc du Yosémite et on a pensé qu’on pourrait y aller tous ensemble, qu’est-ce que vous en dites ?
- Oui, répondit Pierre. Cela pourrait être une excellente idée ! Pourquoi ne pas partir la journée et pique-niquer sur place, en plus, le temps est idéal pour cela.
- Pour aujourd’hui cela risque d’être un peu court, mais on peut prévoir cela pour demain, moi, cela me paraît être un bon emploi du temps non ?
- Oui, pourquoi pas ! S’exclama Abby enthousiasmée par l’idée. Et pour aujourd’hui on pourrait peut-être aller plus près, histoire de leur faire découvrir la ville non ?
- C’est envisageable, répondit Suzanne.
- Sinon, déclara Morgan en ouvrant la bouche pour la première fois, il y a aussi la possibilité d’aller à la plage.
Un silence gêné acceuilli cette proposition. Seule Lindsay semblait enchantée par cett eidée et n’hésitait pas à le faire savoir. Raphaël quant à lui, en avait lâché sa cuillière de stupéfaction, ne s’attendant pas à une telle proposition. Tous les regards, hormis ceux de Daevlyn et Suzanne, se posèrent sur lui, intrigués, tandis que l’adolescent gardait obstinément les yeux rivés sur son bol, n’osant pas relever la tête.
- Qu’est-ce que j’ai dit ? Demanda Morgan en lançant un regard interrogatif à sa soeur qui haussa les épaule en signe d’ignorance.
- Pardon, s’excusa Raphaël, d’une petite voix. Oui, on… On pourra aller à la plage aussi !
A peine eut-il terminé sa phrase qu’il sentit le regard interrogateur de Daevlyn et Suzanne se poser sur lui. Comprenant leur étonnement, il leur adressa un sourire rassurant, leur faisant comprendre qu’il gérait la situation et qu’il ne les empêcherait pas d’aller s’amuser.
Une fois l’emloi du temps déterminé pour les deux jours à venir, le petit déjeuner se termina dans le calme. A la fin de celui-ci, Daevlyn attrapa Raphaël au vol alors qu’il sortait de la cuisine et le serrant contre lui, il le guida dans le salon déserté.
Sans le lâcher pour autant, il déclara d’une voix douce exempte de tout reproche :
- Je ne comprend pas pourquoi tu as accepté d’aller à la plage, mais si tu l’as fait, c’est que tu dois avoir ta petite idée en tête et je te fais confiance. Dis moi seulement, que comptes-tu faire ?
- Rien, je ne me baignerais pas, c’est tout, répondit l’adolescent en lui souriant tendrement. Je ne voulais pas gâcher leur journée, reprit-il sur un ton plus grave et sérieux, et puis, de toute façon, il faudra bien que j’arrive à surmonter ce dégoût que m’inspire mon corps…
- Tu n’as pas peur qu’ils te posent des questions ?
- Si, murmura l’adolescent, c’est un risque à prendre… Mais au fait, s’exclama-t-il en changeant de sujet. Tu n’as pas l’impression d’avoir oublié quelque chose à tout hazard ?
Sachant parfaitement à quoi faisait alusion l’adolescent, Daevlyn prit un air faussement surprit et demanda en toute innocence :
- Ah bon ? Quoi donc ?
- Oh je n’sais pas, répondit l’adolescent en souriant, cherche au fond de ta mémoire…
Daevlyn fit mine de chercher assiduement les insinuations de l’adolescent, avant de déclarer :
- Je suis désolé, gémit l’adulte d’une petite voix faussement implorante, je ne me souviens pas…
- Vraiment ? Interrogea Raphaël. Et si je fais ça ?
A ces mots, il se leva sur la pointe des pieds et déposa délicatement ses lèvres sur celles de l’adulte, en une caresse aérienne. Puis, sans plus approfondir leur échange, il se recula et planta son regard dans celui de Daevlyn avant de reprendre :
- Cela ne te rappel pas quelque chose ?
- Hum peu être… Réessaye pour voir, histoire de me rafraîchir la mémoire…
A peine eut-il terminé sa phrase, que Raphaël l’attrapait par le col de sa chemise et l’attirait à lui avant de s’emparer de ses lèvres avec avidité, lui offrant un baiser bien plus prononcé que le précédent. Pour la première fois depuis un temps qui lui avait parut incroyablement long, Raphaël savourait la douceur de la langue de Daevlyn qui se mêlait à la sienne en un ballet des plus sensuels.
Les mains de Daevlyn qui, jusqu’à présent, étaient bien sagement posées sur les hanches de l’adolescent, dévièrent vers le sud pour aller terminer leur course sur ses fesses. Leurs gémissements étouffés mourraient dans la bouche de l’autre, avant même d’avoir pu éclore.
C’est ce moment que choisit Lindsay pour entrer en trombe dans le salon en criant un “je suis prête” retentissant, presque aussitôt suivie par Abby.
- Oups ! fit l’adolescente, un sourire malicieux étirant ses lèvres, en avisant la position comprométante des deux amants. Je vous laisse, ajouta-t-elle en leur adressant un sourire équivoque avant de quitter la pièce, entraînant Morgan à sa suite.
Seule Lindsay resta dans le salon, lançant un regard interrogatif à sa soeur. Püis, reportant son attention sur Daevlyn et Raphaël, elle leur adressa un sourire radieux et demanda à l’attention de Daevlyn :
- Pourquoi tu tiens Raphaël dans tes bras ?
- Parce que je l’aime, répondit l’adlte simplement. J’aime le tenir dans mes bras.
- Ah ! Et moi, tu ne me tiens pas dans tes bras… Ca veut dire que tu m’aimes pas ?
Daevlyn lui adressa un sourire plus prononcé, tandis que lui et Raphaël se faisaient violence pour ne pas rire à la question innocente mais pleine de bon sens de la petite fille. Lâchant l’adolescent, il s’agenouilla et tendit les bra en direction de Lindsay, l’invitant à venir s’y blottir. La petite fille ne se fit pas prier et se précipita dans les bras de l’adulte, qui se releva, la portant sur la hanche.
- Bien sur que si je t’aime Lin, répondit Daevlyn en déposant un baiser sur sa joue. Mais Raphaël c’est particulier… C’est mon amoureux, souffla-t-il à l’oreille de la petite fille, comme s’il lui dévoilait un secret de la plus haute importance.
Lindsay porta ses deux mains à sa bouche, les plaquant de toutes ses forces sur celle-ci comme pour signifier qu’elle garderait le secret qui lui a été confié. Cependant, ses yeux pétillaient d’une lueur malicieuse qui était non sans rappeler celle que Daevlyn pouvait parfois voir danser dans les prunellesde l’adolescent. A son tour, elle embrassa Daevlyn sur la joue avant de s’exclamer :
- Même si je peux pas être ton amoureuse, je suis quand même contente parce que tu es l’amoureux de mon deuxième grand-frère !
Raphaël resta muet de stupéfaction suite à la déclaration de Lindsay, et ne fut tiré de ses songes, que lorsqu’il sentit un poids s’aggriper à son cou. Reprenant ses esprits, il attrapa la petite fille encore retenue par Daevlyn et la serra contre son coeur, déposant de multiples baiser sur son front et ses cheveux.
- Moi aussi je t’aime fort Lindsay, chuchota-t-il à son oreille. Tu es la petite soeur que j’ai toujours rêvé d’avoir, ajouta-t-il ému.
Ils restèrent un long moment ainsi, puis Daevlyn finit par monter se changer à l’étage. Lindsay toujours collée à lui, Raphaël attendait patiemment que tous se préparent pour partir.
Abby et Morgan furent les premiers arrivés, suivit par Pierre et enfin Suzanne et Daevlyn. Quelques minutes plus tard, ils étaient tous en route pour la plage, Lindsay marchant entre Daevlyn et Raphaël qui s’amusaient à la soulever dans les airs, lui donnant ainsi l’impression de voler.
Les éclats de rire de la petite fille gonflaient d’amour le coeur de l’adolescent qui, pour la première fois, avait l’impression d’avoir enfin trouvé sa place au sein de cette famille qui était désormais la sienne.
Ils arrivèrent très vite à la plage encore peu peuplée, et Lindsay abandonna aussitôt les deux garçons et se précipita vers la mer afin de toucher l’eau et ainsi se faire une idée de la température de celle-ci. Moins de deux minutes plus tard, elle était dans l’eau et les jumeaux ne tardèrent pas à suivre le mouvement, sous le regard amusé des adultes.
Main dans la main, Daevlyn et Raphaël les regarder s’amuser tandis que Pierre rassemblait leurs affaires et que Suzanne venait à leur rencontre :
- Tout va bien ? Raphaël ?
- Je vais bien maman, lui assura l’adolescent en lui adressant un sourire sincère. Je t’assures.
- Tu nhésites pas à me le dire dans le cas contraire, d’accord !
- Tu as ma paroles. Ne t’en fait pas pour moi.
Suzanne l’embrassa sur le front et à son tour se délesta de ses affaires inutiles.
Lindsay sorti de l’eau et vint prendre Daevlyn par la main :
- Tu viens jouer avec moi, s’il te plait Daevlyn ? Demanda-t-elle à l’adulte, l’adolescent ayant gardé ses vêtements.
Voyant l’hésitation de Daevlyn et sachant pertinamment que celui-ci s’apprêtait à refuser la demande de la petite fille, Raphaël le devança et répondit à sa place :
- Oui Lin, il arrive ! Va mon amour, ajouta-t-il à l’attention de son amant. Va t’amuser, ne t’occupes pas de moi.
Sur ces mots, il l’embrassa furtivement et récupéra les affaires de l’adulte avant d’aller rejoindre Pierre et Suzanne à quelques pas de là.
De là, il observait Daevlyn à loisir. L’adule semblait s’amuser comme jamais auparavant, retrouvant son âme d’enfant. En plus de cela, Raphaël le voyait développer son instinct paternel, protégeant la petite fille des vagues trop fortes en faisant rempart de son corps.
A le voir ainsi, il découvrait un tout nouvel aspect de sa personnalité et l’amour qu’il portait à l’adulte s’en trouvait décuplé. Il aimait la vision de ce Daevlyn protecteur et attentif envers sa petite soeur.
Inconsciement, il en vint à se demander si Daevlyn aurait agit de la même façon avec ses propres enfants. Il se surprit à l’imaginer en train de jouer avec cet enfant, qu’à deux, ils ne pourraient jamais avoir. Raphaël savait parfaitement qu’ils étaient encore jeunes et avaient toute la vie devant eux, mais parfois, l’envie lui prenait de vouloir construire quelque chose avec Daevlyn franchir un pas de plus dans leur relation et fonder une famille.
Certes, il savait très bien que tout ceci n’était et ne resterait qu’un doux rêve et cela lui étreingait le coeur. Il savait aussi qu’un jour Daevlyn se lasserait de tout cela, qu’il aurait envie de passer à autre chose et d’avoir des enfants, chose qu’il ne pourrait jamais lui donner…
Sentant les sombres pensées faire surface, Raphaël se gifla mentalement et reporta son attention sur son amant qui tentait d’apprendre à nager à Lindsay. Un sourire attendrit vint étirer ses lèvres à la vue de ce spectacte tandis qu’à ses yeux, perlaient des larmes de bonheur à l’état pur.
Réalisant alors la présence à ses côtés, il reporta son attention sur l’inconnu et tomba nez à nez avec Abby. Assise à côté de lui, la peau encore trempée, elle lui demanda :
- Pourquoi restes-tu habillé par cette chaleur ? Tu n’as pas chaud ? Tu ne viens pas te baigner avec nous ?
- Je… Je n’aime pas être en t-shirt, commenca l’adolescent avec hésitation.
Puis, face à la moue dubitative qu’il pouvait lire sur le visage d’Abby, il se reprit, tentant d’expliquer du mieux qu’il pouvait le pourquoi du comment :
- En réalité je… J’ai fais des choses dont je ne suis pas fier aujourd’hui et… enfin je…
Voyant le malaise de l’adolescent, la jeune fille posa sa main sur son épaule en un geste apaisant et lui adressa un sourire entendu, lui faisant ainsi comprendre qu’elle comprenait et ne lui demandait pas de se justifier.
- Si tu changes d’avis, répondit-elle simplement,  rejoint nous ! Ajouta-t-elle avant de se lever et de retourner dans l’eau.
Seul assit sur la plage, profitant du soleil, Raphaël regardait avec amusement les jumeaux, Daevlyn et Lindsay, s’amuser à se pourchasser. Plongé dans ses pensées, il ne vit pas Daevlyn arriver à ses côtés et lui lancer quelques gouttes d’eau encore contenue dans ses mains jointes. Surpris, Raphaël poussa un cri d’horreur mêlé à la stupéfaction tandis que Daevlyn éclatait de rire, visiblement fier de son coup.
Raphaël resta un moment figé, sans réellement comprendre ce qui venait de se passer, puis retrouvant ses esprits, un souire sadique vint étirer ses lèvres et d’un bon, il se releva et courut à la poursuite de Daevlyn, dans l’intention de lui faire regretter son geste. L’adolescent essayait en vain de le faire tomber au sol, à l’aide de croche pieds et autres méthodes plus ou moins loyales mais c’était sans compter sur la force et l’agilité de l’adulte que Raphaël ne possédait pas.
Finalement, au bout d’un certain temps, Raphaël finit par rattraper l’adulte et se jetta sur lui, l’entrainant dans sa chute. Ignorant les regards curieux et indiscrets posés sur eux depuis le début, il s’assis, victorieux sur le bassin de son amant et le toisa de toute sa hauteur. Puis, il se pencha vers son cou et lui mordilla sensuellement le lobe de l’oreille. Ne s’attendant pas à cela, Daevlyn poussa un gémissement de plaisir, avant de se reprendre et d’inverser leur position d’un habile coup de rein.
Se retrouvant à présent au dessus de l’adolescent, il lui lança un regard faussement sévère et déclara d’une voix grave :
- Tu as été un vilain garçon… Et les vilains garçons mérites une punition…
Le sourire de Raphaël s’aggrandit à ces mots, et sans cacher son amusement, il répondit :
- Oh oui… Punit moi…
Réagissant au quart de tour à cette injonction, Daevlyn se releva subitement et attrapant les mains de l’adolescent, il le releva vivement. Passant son bas autour de sa taille, il le souleva habilement et sans le moindre effort, le faisant passer sur son épaule avant de l’entraîner vers l’eau.
Comprenant les intentions de son amant, Raphaël se mit à se débattre, criant et se tortillant dans tout les sens pour tenter de se soustraire à l’étreinte de l’adulte. Raphaël sentait le souffle lui manquer tellement il riait, et il n’était pas le seul. Au loin, il pouvait entendre les cris de Lindsay qui encourageait Daevlyn et les éclats de rire des jumeaux et des deux adultes.
Entre deux éclats de rire de devinant les intentions de l’adulte, Raphaël s’exclama :
- Non, Dae… Daevlyn a… Arrête !!
Cependant, les faibles protestations de l’adolescent ne firent aucun effet à Daevlyn qui continuait d’avancer, s’enfoncant toujours plus profondément dans l’eau. Lorsque celle-ci lui arriva à la taille, Raphaël s’exclama :
- De toute façon, tu n’osera pas faire ça…
A peine eut-il terminé sa phrase, que Daevlyn le fit glisser dans ses bras et le portant telle une jeune mariée, il plongea son regard dans le sien et demanda avec un sérieux à la limite de l’effrayant :
- Ah oui, tu crois ça ?
Et avant que Raphaël n’ait le temps de faire ou de dire quoi que ce soit, il le lança dans l’eau aussi facilement que s’il ne pesait rien.
Lorsque l’adolescent refit surface, les cheveux et les vêtements lui collant à la peau, il lança un regard abasourdit à Daevlyn qui le fixait avec une lueur mi sadique mi malicieuse.
Rentrant dans son jeu, Raphaël se jeta sur son amant avec la ferme intention de lui faire payer sa trahison.
Il se pendait de tout son maigre poids à son cou, tentant de lui faire perdre l’équilibre, mais voyant que c’était perdu d’avance, il changea de technique et se mit à l’éclabousser.
Les gerbes d’eau volaient dans tous les sens tandis que chacun essayait de prendre le dessus sur l’autre.
Très vite, ils furent rejoint par Lindsay qui se rangea aux côtés de Daevlyn et Abby et Morgan qui se joignirent tous deux à l’adolescent sous le regard bienveillant et amusé des deux parents.
Souhaitant se venger de Daevlyn, Raphaël se défoulait sur lui, allant même jusqu’à se jeter sur lui pour l’entraîner dans sa chute. Cependant, il faillit bien boire la tase lorsque Lindsay lui sauta dessus sans qu’il ne s’en aperçoive. Abandonnant momentanément sa vengeance, il se tourna vers la fillette et fit mine de lui courir après, avant de l’attraper par la taille et de l’embrasser sur la joue.
Ce simple geste suffit à Lindsay qui se ralia à la cause de Raphaël. Ensemble, il se jetèrent sur l’adulte, et tandis que Lindsay tentait de l’empêcher de trop bouger, Raphaël l’éclaboussait à grande eau.
Lorsque Daevlyn déclara forfait, la fillette sauta de joie autour de son frère avant de se précipiter auprès de Pierre et Suzanne pour leur raconter leur victoire.
Lorsqu’ils furent seuls, Daevlyn attrapa Raphaël par la taille et l’attira délicatement à lui. Il l’entraîna un peu à l’écart de façon à profiter de cet instant de répit, et murmura :
- Pardonne moi mon ange, mais c’était vraiment trop tentant… Cela me faisait mal de te voir seul sur la plage à nous regarder nous amuser, et connaissant ton entêtement, je savais bien que tu ne serais pas venu nous rejoindre…
Raphaël lui adressa un sourire de remerciment avant de répondre :
- Merci mon amour…
Daevlyn lui rendit son sourire et à la vue des frissons qui parcouraient le corps de l’adolescent, il demanda :
- Tu n’as pas froid ?
- Si, un peu, répondit Raphaël. Mais je connais un excellent moyen d’y remédier…
Et sans attendre de réponse, il s’empara des lèvres de Daevlyn en un baiser empli de délicatesse et de douceur.
Lorsque leur langue se rencontrèrent, Raphaël sentit un frisson de chaleur et de bien être parcourir son corps et un feu bien connu sous le nom de désir prendre naissance au creux de ses reins.
Ses bras se refermèrent autour de la nuque de Daevlyn dans le but de réduire au maximum la distance qui les séparait toujours. Sous l’eau, les mains de Daevlyn glissèrent sous les vêtements de l’adolescent pour s’attarder longuement sur la peau satinée de son dos.
Alors que leur désir s’intensifiait au même titre que leur baiser, Daevlyn fit glisser ses mains sur les fesses de son jeune amant, les caressant à travers son boxer qui le collait comme une seconde peau.
Retenant un gémissement de plaisir, Raphaël se cambra violemment contre le bassin de l’adulte, se frottant lascivement contre l’érection déjà conséquente de Daevlyn, et attisant la sienne par des déhanchements sensuels.
Galvanisé par le plaisir du à ces attouchements, Daevlyn mordit la lèvre inférieure de l’adolescent en étouffant un cri de plaisir. Fier de cette réaction, Raphaël dénoua ses doigts et crispant une main sur l’épaule de Daevlyn, il laissa l’autre partir à l’aventure sans pudeur sur son dos avant d’aller se perdre dans son short de bain.
La main de Raphaël caressa avec avidité la peau délicate des fesses de son amant, s’amusant à copier chacun des attouchements que Daevlyn exercait sur lui. Puis, lassé de ce petit jeu, il fit glissser sa main sur la hanche de Daevlyn, pour ensuite les faire passer sur son aine qu’il effleura du bout des doigts, provoquant un frisson de plaisir chez l’adulte. Ses doigts se refermèrent autour de son sex gonflé de désir tandis que l’adulte laissait s’échapper un hoquet de surprise.
Puis, d’un geste habile acquis avec l’expérience, il fit sauter le bouton du jean de l’adolescent et libéra son intimité tendue de désir et de plaisir.
Un petit cri de plaisir franchit les barrières des lèvres entrouvert de l’adolescent tandis que Daevlyn entamait un lent et habile va et vient sur son initmité.
Reprenant ses esprits, Raphaël en fit de même, imprimant sur la virilité de son amant, un langoureux va et vient qu’il agrémentait d’une petite touche de fantaisie, laissant ses doigts dériver plus ou moins rapidement sur son érection qu’il pulser et durcir entre ses doigts.
Au loin, ils entendaient les cris des enfants qui s’amusaient sur la plage, mais ceux-ci se faisaient à chaque seconde qui passait un peu plus lointain et indisociable du bruits de la mer. Alletant de plaisir, Raphaël se leva sur la pointe des pieds et après avoir léché sensuellement le lobe de l’oreille de Daevlyn, il murmura :
- Je parie que tu n’avais jamais fait cela avant…
- En effet… Souffla Daevlyn avec difficultés, mais avoue…. Avoue que c’est terriblement excitant… Souffla-t-il tout contre la bouche de Raphaël qui pouvait sentir son souffle chaud effleurer son visage en une douce caresse aérienne.
Raphaël ne répondit rien mais s’empara avidement des lèvres tentatrices de son amant, les dévorant avec acharnement. Des petits cris de plaisir brut s’échappaient de ses lèvres entrouvertes, aussitôt emporté par le bruit des vagues allant s’échouer sur le rivage, Alors que Daevlyn accélérait ses vas et vient. Sentant que l’adulte était lui aussi proche de la jouissance, Raphaël stoppa aussitôt tout mouvement, arrachant un gémissement de frustration à Daevlyn, avant de reprendre ses caresse en un rythme affreusement lent. Un cri de plaisir muet mourut dans la gorge de l’adulte alors que les attouchements de Raphaël se faisaient plus précis et ciblés.
Ses doigts fins et délicats titillaient sa virilité dans un but bien déterminé, le mener à la jouissance. Après quelques instants, Raphaël sentit Daevlyn se tendre violemment et emportés tous deux par la vague déferlante de jouissance qui s’abattait sur eux, ils jouirent en même temps, se libérant simultanément entre les doigts de l’autre.
Le souffle erratique, Raphaël se laissa aller contre le torse de son amant, respirant son odeur qu’il aimait tant, tentant de retrouver lentement une respiration calme et régulière. Lorsque leur rythme cardiaque fut redevenu calme et régulier, Daevlyn entreprit de rhabiller son jeune amant tandis que Raphaël faisait de même tout en capturant ses lèvres pour un baiser tendre et passionné.
Ils échangèrent un sourire amoureux puis Daevlyn se pencha légèrement vers l’adolescent et demanda :
- Tu viens nager avec moi ? La mer est calme, on peut en profiter…
Et sans attendre de réponse, il s’éloigna sur le dos en direction du large. Un sourire étirant ses lèvres, Raphaël parti à sa suite. Voyant cela, Daevlyn lui tendis la main et lorsque Raphaël s’en empara, il l’attira à lui. Côte à côte, ils nagèrent de longues minutes avant que l’adulte ne finisse par s’arrêter. Là, il déclara à l’adolescent :
- Regarde… Derrière toi…
Obéissant à Daevlyn, Raphaël se retourna et quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il constata que la plage n’était plus qu’une fine ligne claire à l’horizon. S’il avait toujours eut un peu peur des grands points d’eau, ici, avec Daevlyn, il se sentait étrangement en sécurité. S’il le lui avait demandé, il l’aurait suivit au bout du monde, quitte à traverser l’océan à la nage. Daevlyn se rapprocha de lui et l’ensserrant en une étreinte possessive, il murmura à son oreille :
- Nous sommes seuls… Rien que nous… Juste toi et moi, ensemble…
Raphaël se retourna, les yeux scintillant d’émotion et de larmes contenues et prit possession des lèvres de Daevlyn avec tendresse et tout l’amour dont il était capable. Les larmes coulaient sur ses joues, silencieuses et discrètes, comme pour ne pas briser cet instant unique qu’ils vivaient, cet instant rien qu’à eux où, pour la première et dernière fois, ils étaient là, rien qu’eux deux, perdu au milieu de la grande bleue, seuls aux yeux du monde…
Après une tendre étreinte et un baiser des plus doux, ils prirent la direction du retour, main dans la main, se laissant porter par les vagues. Lorsqu’ils arrivèrent sur le rivage, Raphaël était épuisé, mais souriait comme un bien heureux. Frigorifiés, ils retournèrent auprès des adultes et des enfants qui les regardaieent avec amusement et admiration, sans pour autant dénouer leurs doigts entrelacés.
- Je suis épuisé, s’exclama Raphaël en se laissant tomber sur la serviette étallée au sol à côté de sa mère.
- J’imagine oui ! Je n’en reviens pas comme vous êtes allés loin ! J’aime même demandé à Pierre si vous aviez l’intention de vous arreter un jour, répondit la jeune  femme en riant. En tout cas, j’en connais deux qui vont bien dormir ce soir, ajouta-t-elle en leur adressant un clin d’oeil.
Comme pour confirmer les paroles de sa mère, Raphaël étouffa un bâillement, s’attirant un sourire amusé de la part de tous. Daevlyn vint alors prendre place aux côtés de l’adolescent et l’entoura de sa serviette de bain afin de le protéger de la brise de vent qui soufflait légèrement. Cependant, les vêtements trempés de Raphaël lui collaient à la peau et l’empêchaient de se réchauffer. Constatant cela, Morgan tandis son jean à l’adolescent, l’incitant implicitement à ce changer et Raphaël lui adressa un petit “merci” timide. A son tour, Daevlyn donna son t-shirt à l’adolescent et se leva. Sachant pertinamment que Raphaël ne se changerait pas tant qu’il ne serait pas à l’abris du regard des autres, qu’ils soient de sa famille ou pas, Daevlyn ouvrit sa serviette, l’incitant à venir s’y réfugier. Raphaël lui adressa un souire de remerciement et lorsqu’il l’eut rejoint, Daevlyn referma la serviette sur eux. Une fois à l’abris des regards indiscrets, Raphaël conscentit à se changer après s’être assurer qu’aucune partie de son corps n’était visible de l’extérieur.
Après avoir enfilé le jean de Morgan trop grand pour lui, il fit passer son t-shirt mouillé par dessus sa tête alors que Daevlyn suivait le mouvement, remontant la serviettes en même temps que Raphaël levait les bras.
Lorsqu’il fut changé, Raphaël vola un baiser furtif à son amant en guise de remerciement et l’adulte lui posa la serviette sur les épaules avant de l’enrouler à l’intérieur, son t-shirt ne dissimulant aucunement les mutilations subies par ses avants bras.
Raphaël retourna s’asseoir à sa place et Daevlyn alla s’agenouiller derrière lui au plus grad étonnement de l’adolescent qui, surprit, tourna la tête dans sa direction. Cependant, son mouvemnet fut interrompu par la main de Daevlyn qui, d’un geste empli de douceur, le força à regarder devant lui. Presque aussitôt, il sentit les doigts de Daevlyn venir se perdre en douceur dans sa chevelure emmêlée, dans le but de les démêler au maximum.
Durant de longues minutes, les doigts habiles de Daevlyn glissèrent dans les cheveux de Raphaël qui soupirait de bien-être sous cette délicates attention.
Très vite, le démélage improvisé se transforma en massage et Raphaêl finit par fermer les yeux et somnoler laissant parfois s’échapper des soupires de satisfaction. Un gémissement de mécontentement se fit entendre lorsque Daevlyn stoppa son massage. L’adulte sourit tendrement avant de déclarer d’une voix douce :
- Tu t’endors mon ange, ce n’étit pas le but recherché… Mais si tu le souhaites, je t’en referais un ce soir si tu veux…
- Hum… Vrai ? demanda Raphaël en étouffant un nouveau bâillement.
- Promis, murmura Daevlyn en l’attirant contre lui.
- Merci, souffla Raphaël. Je t’aime Daevlyn…
- Moi aussi je t’aime mon ange, murmura à son tour l’adulte en l’embrassant sur la tempe.
Un mouvement sur leur gauche attira son attention, alors que Lindsay venait s’asseoir aux côtés de l’adolescent. Elle tendit une petite main timide vers les cheveux de l’adolescent et demanda :
- ‘Aël ? Je peux te coiffer moi aussi ? je promet que je ferais pas mal…
S’il parut surprit par le petit nom qu’employa la fillette, l’adolescent n’en laissa rien paraître et adressant un sourire affectueux à la petite fille, il répondit :
- Oui, si tu veux…
Toute contente, Lindsay vint prendre place derrière Raphaël et comme Daevlyn précédement, elle le coiffa à l’aide de ses doigts, avant de commencer à les tresser avec dextérité, en une natte parfaite.
- Tu as fait une heureuse, déclara Pierre qui, depuis le début suiviait la scène sans faire de commentaire. Mais à ta place, je me méfierais, qui sait ce qu’elle va pouvoir inventer…
- Ce n’est pas grave, répondit Raphaël, si cela lui fait plaisir alors ça ne me dérange pas… Le principal c’est qu’elle s’amuse… Et puis c’est pas comme si c’était la première fois qu’on me touchait les cheveux, ajouta-t-il en fixant Daevlyn avec un sourire en coin.
L’adulte sentit ses joues s’empourprer et Raphaël lui déposa un rapide baiser sur la joue avant de se faire réprimander par l’apprentie coiffeuse, à force de trop bouger.
Jouant le jeu jusqu’au bout, Raphaël resta patiemment immobile pendant un long moment, tandis que la fillette s’amusait à expérimenter des coiffures toutes plus originales et complexes les unes que les autres, sous le regard amusé des adultes.
Au bout d’une petite demi heure, Raphaël commença à avoir les jambes engourdies, et ce fut Suzanne qui vient à son secours :
- Je vais me baigner avant de rentrer, qui m’accompagne ?
- Moiii ! S’exclama Lindsay en se levant, abandonnant Raphaël à son sort.
Moins d’une minute plus tard, elle était de nouveau dans l’eau suivie de près par Suzanne. De la où il se trouvait, Raphaël regardait sa mère jouer avec la fillette qu’il considérait comme sa petite soeur. Plongé dans ses pensées, il fut ramené à la réalité en sentant un poids se poser sur son épaule. Tournant la tête comme il le pouvait, l’adolescent sourit tendrement lorsqu’il s’aperçut que ce poids n’était autre que la tête de Daevlyn. Le menton posé sur son épaule, l’adulte semblait loin dans ses pensées, les yeux rivés vers le large qu’il ne semblait pas voir.
Tendrement, il leva la main vers lui et lui caressa le visage en un geste empli de douceur.
Ce simple geste suffit à ramener Daevlyn à la réalité et Raphaël s’en voulut un peu. Il était tellement beau ainsi, loin de tout, perdu dans ses songes, le regard rêveur… Mais très vite cette culpabilité se dissipa lorsqu’il sentit les lèvres de son amant se poser sur les siennes avec une tendresse inégalable. Raphaël ne se fit pas prier pour répondre au baiser, mais lorsqu’il se rendit compte que Morgan et Abby étaient toujours là et n’avaient rien perdu du spectacle, il mit fin au baiser en s’empourprant violemment. Tout dans le regard d’Abby semblait signifier un “c’est trop mignon”, non formulé mais pensé si fort qu’il n’y avait pas besoin de mots.
La voix de Lindsay demandant à Daevlyn de venir jouer avec elle attira leur attention, et un sourire tendre étira les lèvres du jeune couple.
- Vas-y, murmura Raphaël à l’intention de son amant. Elle t’attend ! Mais attention, pas de bétises !! Je te surveille !! ajouta-t-il en souriant.
- Mais je suis toujours sage, répondit Daevlyn en se levant avant de l’embrasser furtivement et de rejoindre la fillette dans l’eau.
- Ca, ça reste à prouver, fit semblant de râler l’adolescent.
Abby sourit amusée et finit par se lever à son tour, dans le but d’aller rejoindre les autres dans l’eau. A force de conviction, elle parvient à faire en sorte que Pierre cède et l’accompagne à son tour. Raphaël se retrouva alors seul avec Morgan. il lui adressa un petit sourire gêné, toujours aussi intimidé par l’adolescent, puis au bout de quelques minutes de silence pesant, ce fut Morgan qui prit la parole en premier :
- Raphaël… ?
- Oui ? Demanda l’interpellé en se tournant vers son interlocuteur.
- Je… Je peux te parler, s’il te plait ?
- Oui, bien évidement, répondit Raphaël intrigué de la question de Morgan et part le ton gêné avec lequel il formulait sa requête.
- Ca fait longtemps que… que tu es avec Daevlyn ?
Raphaël sembla réfléchir un instant avant de répondre :
- Presque un an… Pourquoi ?
- Oh, comme ça… Et… Comment tu as su ?
- Su que… ? Je l’aimais ?
- Oui, ton homosxualité… Tu l’as découvert comment ?
- Tu sais, commença Raphaël après un instant d”hésitation, comme s’il cherchait les mots appropriés. Je ne sais pas si je peux dire que je préfère les garçons… En fait, Daevlyn est mon tout premier, aussi bien homme que femme. Et ce n’est pas tant le fait qu’il soit un homme qui m’a attiré chez lui… Je dirais que c’est plus un ensemble de critères qui m’ont attiré chez lui. Je l’aime pour ce qu’il est. Je me fiche qu’il soit homme ou femme, tout ce qui compte, c’est la personne qu’il est. Ce que j’aime chez lui, c’est son sourire, sa tendresse, sa fragilité, ses petites manies et les petits gestes qu’il fait sans même s’en rendre compte, comme ses défauts. Je l’aime lui, sa personnalité… Pourquoi me demandes-tu cela ? Ajouta-t-il après un court silence.
A son grand étonnement, il vit Morgan s’empourprer et baisser les yeux, comme s’il avait honte. Un doute se freya un chemin dans l’esprit de Raphaël, mais ne souhaitant pas émettre de conclusion trop hatives, il demanda, un peu hésitant :
- Tu… Tu es attiré par un garçon ?
Morgan ne répondit rien, se contentant de garder obstinément les yeux rivés sur les grains de sables collés à ses pieds nus. Sentant le malaise de l’adolescent, Raphaël reprit d’une voix posée qui se voulait rassurante :
- Tu sais, ce n’est certainement pas moi qui te jugerais sur ce point de vue là, ni sur n’importe lequel autre d’ailleurs. Ne craint pas de parler, il n’y a pas de honte à avoir. Pierre et maman le savent ?
- Non, répondit timidement Morgan, en plantant son regard dans celui de Raphaël. Tu es le premier à qui je le dis… Je… Je n’ai pas osé leur en parler, j’ai… J’ai peur de leur réaction… Avoua Morgan.
- Je comprend que ce soit dur à avouer. On peut dire que j’ai eut de la chance, maman s’en ai rendu compte avant que je lui dise… Même si au début, je n’avais pas envie de le lui dire, parce que comme toi, je craignais sa réaction. Mais finalement, elle l’a bien pris, et ton père aussi… Nous avons de la chance, nous avons un père pour toi, et une mère pour moi qui sont tolérant et ouvert d’esprit.
Morgan acquiesca d’un hochement de tête en souriant et Raphaël reprit :
- Tu as quelqu’un dans ta vie, ou c’est juste de l’attirance ?
- Je suis avec quelqu’un… Nous sommes ensembles depuis trois mois, avoua timidement l’adolescent. Je peux te poser une autre question indiscrète ?
- Je t’écoute, répondit Raphaël qui se doutait à présent parfaitement de l’interrogation qui allait suivre.
- Comment tu… Enfin, je… Je sais pas vraiment comment te demander ça, hésita Morgan.
- Va y cash, déclara Raphaël. Je peux tout entendre tu sais !
- Comment ça s’est passé… Ta première fois…
Aussitôt la question posée, le sourire de Raphaël s’élargit et plongé dans ses souvenirs, il répondit :
- A vrai dire, ça c’est fait comme ça, sous le coup d’une impulsion, mais je n’ai jamais regretté… On a fait l’amour dans l’écurie, sur le foin qui recouvrait le sol dans la réserve…
- Dans l’écurie ? S’exclama Morgan surprit.
- Oui, répondit l’adolescent en éclatant de rire à ce souvenir.
- Et si quelqu’un était venu ? Demanda Morgan en riant malgré lui.
- Et bien… Nous aurions eut de gros problèmes je pense ! S’exclama Raphaël en riant. Mais c’était tellement magique, reprit-il en retrouvant son sérieux, les yeux pleins d’étoiles et de souvenir. A vrai dire, on se foutait totalement que l’on ait pu nous surprendre. Plus rien n’existait autour de nous… Il était si tendre, si prévenant envers moi… Jamais je n’ai regreté de m’être offert à lui cette nuit là…
- C’est vrai ce qu’on dit ? Que c’est douloureux la première fois ?
Raphaël sentit le rouge lui monter au joue, un peu gêné malgré tout d’aborder un tel sujet avec quelqu’un d’autre que Daevlyn, mais Morgan semblait si désemparé, qu’il n’eut pas le coeur à mettre un terme à la conversation. Si bien qu’il prit sur lui, et répondit sérieusement, mais non sans une certaine gêne :
- Je te mentirais en répondant non. C’est vrai que c’est plus ou moins douloureux, cela dépend comment tu as été préparé auparavant. C’est toujours un peu douloureux, car notre corps n’est pas fait pour être pénétré. Mais une fois la douleur première passée, c’est là que ca devient magique. Peut être que la première fois ce ne sera pas aussi bien que tu ne l’espérais, mais il ne faut pas s’arrêter à cela…
Après un court silence, Raphaël reprit d’un ton grave et sérieux :
- Et si je peux te donner un conseil, ne laisse jamais personne te voler ta première fois… Sois sur de la personne avec qui tu veux franchir le pas, car une fois que tu l’aura fait, tu ne pourra plus revenir en arrière et tu risques de le regreter…
Le silence s’installa entre eux, puis finalement, Morgan prit la parole :
- Raphaël…
- Oui ?
- Merci !
- Je t’en prie, répondit l’adolescent en lui souriant.
- Et bien et bien, s’exclama Abby en s’écroulant à côté de son jumeau. Que nous vaut ces remerciements ?
- Rien qui te concerne, ma très chère soeur ! Répliqua Morgan d’un ton faussement sec.
- Vous me faites des cachoteries ? Je suis déçue, s’exclama la jeune fille sur un ton mélodramatique au possible, s’attirant les rires de ses frères.
- Que de bonne humeur, remarqua Pierre en arrivant. Vous m’en voyez ravi !
- Ravi de quoi ? Demanda Suzanne en arrivant, suivie de Lindsay et Daevlyn.
- De voir que nos enfants s’entendent aussi bien après des débuts plutôt houleux, répondit Pierre en souriant à l’assemblée.
Les trois adolescents sourirent en silence et dans un réflexe, Raphaël tendit la serviette qu’il avait sur les épaules à Daevlyn afin qu’il se sèche pour ne pas qu’il prenne froid à cause du vent marin.
Ce ne fut que lorsqu’il vit Daevlyn tressaillir qu’il se rendit compte de la bétise qu’il venait de faire. Exposés à la vue de tous, ses bras dénudés étaient devenus le centre d’intérêt général. Tétanisé, Raphaël ne parvenait pas à esquisser le moindre mouvement. C’est Daevlyn qui, une fois de plus vint à son secours, en reposant la serviette sur ses épaules, en prenant bien soin de dissimuler ses avants bras mutilés.
Cependant, au grand étonnement de tous, Abby prit doucement le bras de Raphaël dans ses mains et du bout des doigts, elle effleura les cicatrices qui zébraient sa peau fine et délicate. Raphaël tressaillit à ce contact, et dans un geste d’autoprotection, il tenta de se soustraire à l’étreinte douce mais ferme de la jeune fille sans y parvenir. Il se débatti pendant quelques secondes, des larmes de honte et de peur coulant silencieusement sur ses joues, mais il finit par abandonner lorsqu’il comprit qu’Abby ne cèderait pas. Debut à deux pas de là, Daevlyn semblait prêt à intervenir à la moindre réaction de son amant.
Mais Abby se contenta d’effleurer un à un les vestiges de la souffrance de Raphaël, comme si par ce geste, elle pouvait les effacer. De honte, Raphaël avait baissé les yeux, n’ayant pas le courage d’affronter le regard de sa famille et ne les releva même pas lorsque Abby déclara doucement :
- Alors voilà la raison pour laquelle tu  ne veut pas te montrer ? Demanda-t-elle. Tu sais Raphaël, ajouta-t-elle, comme tu l’as dit toi même, on fait tous des erreurs, et le plus important dans tout cela, c’est que tu t’en sois rendu compte par toi même ! Je comprend parfaitement que tu ais honte de tes cicatrices, mais elles sont une partie de toi, de ta vie, de ton passé. Elles sont le reflet de la souffrance que tu as put ressentir, mais ne doivent pas être un frein au bonheur que tu vis à présent. Garde les précieusement Raphaël, et lorsque tu les regardes, pense au bonheur que la vie te donne jour après jour et ne pense au passé que comme un vieux souvenir qui, lentement, finira par s’estomper.
De son autre main, elle glissa ses doigts sous le menton de l’adolescent et releva son visage, le forçant à la regarder dans les yeux. Lorsqu’elle fut certaine d’avoir toute son attention, elle ajouta :
- Nous ne te demandons pas de te justifier, ni de nous raconter ce que tu as vécu pour t’infliger de telles souffrances, d’accord ? Et je te demande de pardonner notre réaction à moi et à Morgan, même si je sais que certaines personnes souffrent, je n’aurais jamais cru qu’il était possible de s’infliger cela à soi-même, j’ai été surprise et à la fois horrifiée, je dois l’admettre, en voyant ces marques sur tes bras. Mais sâches que nous ne te jugeons pas, nous n’en avons pas le droit.
Elle se tut, fixant toujours Raphaël dans les yeux, elle lui adressa un sourire tendre et, du pouce, essuya les larmes qui coulaient sur ses joues.
- Allez petit frère, sourit !
- Merci Abby, sanglota Raphaël en se laissant aller dans les bras de la jeune fille.
Ils restèrent un long moment ainsi, Suzanne caressait le dos de son fils qui pleurait à chaudes larmes dans les bras de sa soeur. Puis au bout de quelques minutes, la jeune femme brisa le silence et demanda :
- Un barbecue sur la plage ce soir, cela vous tente ?
Après avoir reçut l’accord de chacun, elle ajouta :
- Par contre, j’aurais besoin d’aide pour m’aider à aller chercher des vêtements chauds et des couvertures à la maison pendant que l’un ou l’un d’entre nous va faire les courses.
Quelques minutes plus tard, Suzanne, Daevlyn et Morgan laissaient derrière eux les quatre autres.
Ils revinrent une petite demi heure plus tard et Daevlyn s’aperçut avec soulagement que l’adolescent avait retrouvé le sourire. Sourire que Raphaël lui adressa lorsqu’il le vit revenir. Une fois près de lui, l’adulte lui tendit un de ses éternels t-shirt noir à manches longues. L’adolescent se changea rapidement et rassemblant leurs affaires, ils se dirigèrent vers un coin un peu plus à l’écart, là où ils seraient sûr de ne déranger personne, à la lisière du petit bois qui longeait la plage.
Pendant que Abby et Morgan étalaient les serviettes sur le sol, Raphaël et Daevlyn partirent à la recherche de pierres et de morceaux de bois pour allumer le feu. Lorsqu’ils furent à une distance raisonnable des autres, Daevlyn saisit Raphaël par le bras et l’attira vivement à lui, arrachant à l’adolescent un hoquet de surprise. Là, il s’emparra de ses lèvres avec une passion qui laissait transparaitre son désir de le sentir près de lui.
C’est avec un plaisir non feint que Raphaël répondit au baiser de Daevlyn, entrouvrant ses lèvres suite à la demande muette de son amant. Dans un soupire de soulagement et de bien être, leur langue se mêlèrent enfin en un ballet sensuel.
- Je t’aime Daevlyn, murmura Raphaël tout contre la bouche de l’adulte une fois qu’il se soient éloigné par manque d’oxygène. Je suis désolé pour tout à l’heure… Je ne l’ai vraiment pas fait exprès tu sais…
- Je le sais parfaitement mon ange, répondit Daevlyn en posant son index sur ses lèvres en une invitation implicite à se taire. Mais ce n’est pas plus mal tu ne crois pas ? Je sais bien que cela te faisait souffrir de devoir sans cesse faire attention à tes gestes et à ton comportement pour ne pas te trahir. Ne le prend pas mal, mais je pense que c’est mieux qu’ils sachent.
- Oui, avoua Raphaël, enfin… Je ne sais pas si c’est mieux, se reprit-il, mais c’est vrai que je me sens soulagé d’un poid considérable.
Daevlyn ne répondit rien, se contentant de lui caresser tendrement la joue avant de capturer ses lèvres pour un nouveau baiser passionné. Après une tendre étreinte tant attendue de chacun, ils se séparèrent et retournèrent à leur activité première.
Une quinzaine de minutes plus tard, le feu crépitait dans la fin d’après-midi. Alors qu’ils mangeaient en parlant de choses et d’autres, Pierre prit la parole d’un voix grave et sérieuse :
- Raphaël…
A l’entente de son nom et à la façon dont Pierre l’avait prononcé, l’adolescent comprit immédiatement que l’adulte avait l’intention de lui annoncer quelque chose de particulièrement important, et impuissant, il sentit son coeur s’affoler, tandis que dans son esprit, s’échaffaudaient déjà milles et une hypothèses de scénario. D’une voix hésitante qui cachait mal son appréhension, l’adolescent répondit :
- Ou… Oui ?
- J’ai quelque chose à te demander, et je crois que c’est l’occasion que je cherchais depuis le début… Sache tout d’abbord, que j’en ai longuement discuté avec ta mère et aussi avec les enfants, mais le principal concerné, c’est toi…
Une angoisse sourde nouait à présent l’estomac de l’adolescent qui, depuis que Pierre avait prit la parole, avait subitement perdu l’apétit, s’attendant au pire à tout instant. Inconsciemment, sa main vient chercher celle de Daevlyn qui, semblant comprendre son malaise, s’en empara et la serra fortement dans la sienne, comme si par ce geste, il lui transmettait un peu de son courage.
- Je ne suis pas doué pour les grands discours, alors je vais faire au plus simple, pardonne moi si cela te choques… Voilà, j’aimerais faire de toi mon fils, je voudrais t’adopter…
Un silence pesant suivit cette déclaration, Raphaël ne s’attendant pas du tout à cette demande. Son coeur se figea dans sa poitrine sous le coup de l’aveu, et ce fut Daevlyn qui l’aida à retrouver sa respiration en lui tappant dans le dos. Ayant retrouver un minimum de lucidité, il ouvrit la bouche pour parler, mais aucun son n’en sorti. Dans sa gorge, des sanglots restaient coincés, ne parvenant pas à s’extérioriser comme ils le souhaitaient.
Sentant qu’il ne parviendrait pas à s’exprimer comme il le voudrait avec des mots, il lacha la main de Daevlyn et se jeta brusquement dans les bras de Pierre, tandis que ses sanglots s’échappaient enfin de sa gorge.
- Je… commença l’adolescent d’une voix rauque. Je ne sais… pas quoi dire… je… C’est… Merci, merci infiniment… Sanglota-t-il dans les bras de l’homme qui, bientôt, serait son père aux yeux de la loi.
- Merci à toi Raphaël, déclara Pierre en caressant tendrement les cheveux de l’adolescent, tout en regardant Suzanne qui le regardait les yeux brillant d’émotion. Tu sais, pour tout te dire, j’ai mis un moment avant de me décider à te le demander. C’est finalement Suzanne qui m’a convaincu…
L’adolescent se tourna alors vers sa mère et d’une voix tremblante d’émotion, il déclara :
- Merci maman, merci du fond du coeur de m’offrir une famille… J’en ai tellement rêvé…
Le coeur de Raphaël débordait d’amour pour Daevlyn, mais aussi pour sa mère qui lui offrait la famille et l’amour d’un père qu’il n’avait jamais eut la chance d’avoir, en plus de trois frères et soeur qui, malgré leurs différents du début de leur relation, appréciait énormément.
Après un moment, Raphaël regagna sa place à côté de son amant et ils finirent le repas dans la joie et la bonne humeur. A la fin du repas, Raphaël les abandonna un moment et s’éclipsa du mini campement, ayant besoin d’un peu de solitude pour digérer tout les évènements survenus cette après-midi. Discrètement, il s’éloigna sans s’apercevoir que Daevlyn le regardait s’éloigner. Cependant, semblant comprendre le désir de solitude de l’adolescent, Daevlyn ne bougea pas et reporta son attention sur les autres.
Raphaël marcha le long de la rive, avant de s’arrêter un peu plus loin, éblouit face au spectacle que lui offrait le soleil en se couchant à l’horizon, dépeignant sur la mer un magnifique reflet aux couleurs chatoyantes.
Perdu dans sa contemplation, il n’entendit pas Daevlyn le rejoindre mais ne sursauta pas lorsque celui-ci l’encercla de ses bras par derrière, l’attirant contre son torse puissant. Se laissant aller à cette tendre étreinte, Raphaël posa la tête contre la clavicule de son amant. Ainsi enlacés, ils contemplèrent en silence le couché du soleil, profitant d’être seuls pour s’accorder quelques gestes tendres qu’ils s’efforçaient à retenir lorsqu’ils n’étaient pas seuls.
Abandonné l’un à l’autre, Daevlyn murmurait inlassablement des mots d’amour à l’oreille de l’adolescent. Puis, le spectacle terminé, Raphaël se retourna vers son amant, appréciant la vue que lui offrait les derniers rayons de soleil qui illuminaient le visage grave de l’adulte. Leurs lèvres se soudèrent en un baiser ardent et endiablé. Leur langue se mêlaient, cherchant non pas à dominer l’autre, mais à l’entraîner dans une dance toujours plus envoûtante, un ballet sensuel dont ils connaissaient par coeur la chorégraphie mainte fois répétée. Dans la pénombre de la nuit tombante, leur silhouette étroitement enlacées, ne faisaient plus qu’une.
Des pas provenant de leur droite attirèrent leur attention et c’est à contrecoeur qu’ils se séparèrent. Tournant la tête en direction de l’opportun qui venait les déranger, les deux amants furent surprit de trouver Suzanne. D’une petite voix, elle déclara doucement afin de ne pas briser la magie et la douceur de l’instant :
- Pierre et moi vous invitons à aller manger une glace, vous voulez venir ou vous préférez rentrer ?
- Nous venons, assura Raphaël. Merci maman.
La jeune femme lui adressa un sourire ravi avant de répondre :
- Très bien, nous partons lorsque nous avons replié les affaires.
- Nous arrivons, déclara à son tour Daevlyn, s’arrachant à contrecoeur de l’étreinte de son jeune amant.
Main dans la main, ils suivirent la jeune femme et tous ensembles, ils rassemblèrent leur affaire. Après avoir vérifié qu’ils n’oubliaient rien, ils prirent la direction du centre ville. Ils s’arrêtèrent un peu avant, chez un glacier apparament apprécié de la petite famille. Rassemblant un nombre suffisant de chaises et rapprochant deux tables, ils prirent place et commencèrent à feuilleter les pages.
Quelques minutes plus tard, le serveur revenait avec leur commande.  Ils commencèrent à manger en silence, savourant ce petit plaisir puis Raphaël se tourna vers Daevlyn et proposa :
- Tu veux goûter ?
Remerciant l’adolescent d’un regard, Daevlyn plongea sa cuillère dans sa coupe en lui tendant la sienne à son tour. Raphaël l’imita et lorsque Daevlyn se fut servit, il se tourna vers Suzanne, Pierre et ses frères et soeurs et leur posa la même question qu’à son amant. Se prêtant au jeu, ils accéptèrent la proposition mettant toutes les coupes au milieu de la table ils partagèrent chacun leur glace, sous le regard mi intrigué, mi amusé des autres clients.
Gourmand comme pas deux, Raphaël termina sa glace en premier sous le regard attendri de Daevlyn qui, repu, lui tendis le reste de la sienne. L’adolescent lui adressa un regard pétillant de gourmandise et de remerciement mêlés avant de s’en emparer. Par acquis de conscience, il en proposa à la tablée, mais tous refusèrent, lui laissant le privilège de terminer. Raclant consciencieusement le fond de la coupe, Raphaël déclara :
- C’est ça qu’il manque au ranch, des glaces !
Suzanne éclata de rire à la remarque de son fils, et Daevlyn qui cachait mal son amusement, l’attira à lui et l’embrassa sur le front tout en lui frottant vivement le sommet du crâne :
- Aiieuh ! S’exclama l’adolescent. Ben quoi, j’ai pas raison p’têtre ?
Daevlyn ne répondit rien, mais relevant le menton de l’adolescent d’une légère pression, il hapa furtivement ses lèvres avant de déclarer en souriant :
- Tu sais que je t’aime toi ?
- Vi, répondit Raphaël en soupirant de satisfaction, avant de recapturer les lèvres de son amant.
Ils restèrent un moment sur la terasse à profiter de la fraîcheur bienfaisante du soir et épuisé par sa journée, Raphaël fini par s’endormir sur l’épaule de Daevlyn. La main de l’adulte effleurait sa cuisse en une douce caresse régulière qui eut raison des dernières onces de résistance de l’adolescent.
Lorsqu’elle s’en aperçu, Suzanne sourit tendrement à ce spectacle, tout simplement heureuse de voir son fils sourire enfin après quelques jours difficiles. Après avoir réglé, ils se levèrent et Daevlyn n’ayant pas le coeur à réveillé l’adolescent, lui murmura à l’oreille :
- Passe tes bras autour de mon cou, je vais te porter.
Quand il fut sûr que Raphaël se tenait bien, il le souleva lestement. Fermement accroché au cou de son amant, Raphaël enfoui son visage dans son cou, la tête callée contre son épaule et les deux jambes ensserrant sa taille, à la façon d’un koala. En sécurité dans les bras de son amant, Raphaël se laissa aller dans les bras de Morphée, épuisé par les émotions forte de cette journée.

17
oct

Mourir pour revivre - Chapitre 50

   Ecrit par : admin   in Mourir pour revivre

Chapitre 50 écrit par Lybertys

Daevlyn sentait la main de Raphaël se serrer un peu plus fort dans la sienne. Durant tout le trajet il avait été dans le même état. Et cet état d’excitation était ainsi depuis que Raphaël avait appris qu’ils étaient tous les deux invités à passer du temps chez Suzanne. Les adolescents étant tous partit du centre, Sébastien s’occupant des chevaux, ils

avaient tous deux pu se libérer pour se rendre chez la mère de Raphaël. Cela faisait plusieurs mois que Raphaël n’avait pas vu Suzanne et c’est d’un air attendris que Daevlyn le regardait bouillir d’impatience juste devant la porte d’entrée. Il devait avouer qu’il appréhendait un peu ce moment lui aussi. Voir la mère de Raphaël dans le centre n’était pas du tout la même chose que de passer quelques temps chez elle. L’environnement dans lequel ils allaient vivre allait être totalement différent et cela faisait longtemps qu’il n’avait pas quitter son centre. De plus maintenant qu’il était directeur, il avait eu bien plus de travail, et toucher terre seulement depuis leur départ en avion.

C’est ensemble que Daevlyn et Suzanne avaient convenus d’une date pour qu’ils viennent la voir elle et son nouveau compagnon, car celle-ci n’habitait maintenant plus seule.

Ils avaient convenu de se voir ce fameux mois de janvier et l’attente avait été apparemment insoutenable pour l’adolescent. Ils sonnèrent à la porte, attendant qu’on vienne leur ouvrir et Daevlyn sentait Raphaël angoisser de seconde en seconde. La porte s’ouvrit subitement sur un homme qui devait être le fameux compagnon de Suzanne. Daevlyn savait aussi que c’était le fameux notaire qui avait permis l’émancipation de son amant et lui en était ô combien reconnaissant.

- Tiens, bonjour Raphaël ! Comment vas-tu depuis tout ce temps ?

- Je… Bonjour Monsieur Duval, bégaya l’adolescent un peu intimidé par la présence de cet homme.

- Allons, appelle moi, Pierre, déclara le quadragénaire. Vous devez être Daevlyn je suppose, ajouta-t-il en tendant la main à Daevlyn, lui adressant un sourire amical.

- Oui, enchanté de vous rencontrer, Monsieur Duval, répondit Daevlyn en serrant la main que lui tendait l’homme.

- Moi de même, j’ai beaucoup entendu parlé de vous, répondit Pierre dans un franc éclat de rire.

A ces mots, Daevlyn vit Raphaël s’empourprer violemment sous le regard amusé de Pierre qui s’empressa d’ajouter :

- Quel hôte indigne je fais, venez ! Entrez ! s’exclama-t-il en s’effaçant pour laisser entrer les deux hommes.

Daevlyn emboîta le pas à Raphaël, qui contrairement à lui, connaissait les lieux, et ils entrèrent dans le salon. Au premier coup d’œil l’endroit était particulièrement agréable.

- Les enfants, descendrez ! Cria Pierre.

C’est ce moment là que Suzanne choisit de faire son apparition en sortant de la cuisine. Il ne fallut pas plus pour Raphaël qui, dès qu’il l’aperçut, se jeta dans ses bras, ne retenant pas ses lames. Daevlyn était profondément touché et attendrit par cette scène, heureux du bonheur de son amant.

Absorbé par la scène de retrouvaille, ne quittant pas Raphaël des yeux, Daevlyn ne remarqua pas tout de suite la présence d’autres venus. Il finit cependant par remarquer leur présence en même temps que Raphaël et sa mère, et leur adressa un sourire. Les enfants de Pierre étaient maintenant dans la même pièce qu’eux. Lorsque son jeune amant et Suzanne se séparèrent enfin, Pierre procéda aux présentations :

- Raphaël, je te présente les jumeaux, Abbygaïl et Morgan et la petite dernière, Lindsay.

- Les enfants, voici Raphaël, le fils de Suzanne, dont nous vous avons déjà parlé, et voici Daevlyn, ajouta-t-il après quelques secondes de silence en désignant Daevlyn.

Le regard froid que lancèrent les jumeaux à Raphaël ne passa pas inaperçu aux yeux de Daevlyn. Seule Lindsay, qui n’avait pas plus de quatre ans, vient lui faire un bisou sur la joue que Raphaël lui rendit avec un tendre sourire.

- Bonjour Daevlyn, déclara Suzanne en lui faisant la bise. Comment vas-tu ?

- Très bien, merci. Répondit Daevlyn quelque peut déboussolé par le tutoiement de Suzanne. Et vous ?

- Oh plus de “vous” entre nous s’il te plait, s’exclama Suzanne en souriant.

Plongé dans leur discussion et heureux de se retrouver après tout ce temps, personne ne fit attention au regard que posait Abbygaïl sur Daevlyn, ni même lui-même.

Pierre les invita à passer au salon, et Daevlyn s’installa sur le canapé, Raphaël le suivant de près et prenant place à ces côtés, entre lui et sa mère. Les autres quant à eux prenaient place dans les fauteuils.

- Vous avez fait bon voyage ? Questionna Suzanne tandis que Pierre sortait des rafraîchissements et l’apéritif pour tout le monde.

- Oui, répondit Daevlyn. Bien que cela devenait long à la fin, ajouta-t-il en se tournant vers Raphaël avec un petit sourire significatif qui fit rougir l’adolescent.

- Je comprends, déclara Pierre. C’est vrai que cela fait long pour venir de France jusqu’ici. Et puis avec le décalage horaire…

Daevlyn trouvait cet homme très agréable. Il semblait être quelqu’un de très calme et réfléchi, une qualité importante aux yeux du moniteur. Il avait tout l’air d’être un homme droit et sur qui l’on pouvait s’appuyer. Pierre servit à boire en premier lieu à Daevlyn et Raphaël avant de servir Suzanne et ses enfants tandis que Lindsay faisait le tour avec les paquets de petits biscuits apéritif.

Puis lorsqu’elle eut terminé, elle revient s’asseoir entre Suzanne et Raphaël, faisant se décaler ce dernier un peu plus contre Daevlyn. Puis, intrigué, elle s’empara de la longue natte de Raphaël et commença à jouer avec.

- C’est tes vrais cheveux ? Demanda la petite fille.

- Oui, répondit Raphaël en souriant timidement, qui faisait fondre Daevlyn.

- Wouaaah ! Ils sont longs ! Et puis ils sont tous doux ! S’exclama Lindsay.

Daevlyn vit Raphaël s’empourprer violemment et baisser la tête, semblant avoir honte. Mais Lindsay ne semblait pas avoir fini et poursuivit :

- Je veux avoir les mêmes quand je serais grande ! Dis, pourquoi tu les coupes pas tes cheveux ?

- Je…

- Dis tu as finit avec tes questions ! S’exclama Suzanne en riant.

Raphaël lui offrit un petit sourire de remerciement que sa mère lui rendit. Daevlyn sentait que son amant était mal à l’aise. Peut être étais-ce du au fait qu’il côtoyer soudain beaucoup de monde à la fois et qu’il était loin d’être habitué à une telle vie sociale. Daevlyn n’y prêta finalement pas plus d’attention pour le moment, se disant qu’il lui faudrait juste un peu de temps pour s’habituer et qu’il ne serait à rien de s’inquiéter inutilement. Pourtant ce n’était pas l’envie qui lui manquait de le prendre dans ses bras ou de lui montrer un quelconque signe de tendresse, mais Daevlyn voulait qu’il se débrouille seul pour le moment. Et puis il ne savait pas comment les autres interprèteraient leur relation pour le moment. Pourtant même s’il ne tenta rien vers lui, il posa son regard sur lui, tentant de lui montrer qu’il était tout de même présent à ses côtés. Il faisait cependant cela de manière assez discrète, ne voulant pas que cela se remarque vraiment. Raphaël gardait cependant toujours les yeux rivés sur le sol, et Daevlyn avait de plus en plus de mal à garder son inquiétude de côté.

Ils discutèrent encore un moment, puis après avoir vérifié que le repas était près, Suzanne les invita à passer à table.

Alors que tous disparaissaient dans la pièce voisine, Daevlyn craqua et retint Raphaël par le bras et l’attira doucement à lui :

- Tout va bien ?

- Ou… Oui, je… Ça va, le rassura Raphaël en lui offrant un sourire qui se voulait rassurant, mais Daevlyn n’était pas dupe et le connaissait parfaitement. Il choisit de lui rendre son sourire et mit bas à la distance qui les séparait encore pour venir prendre possession de ses lèvres dans un geste empli d’amour et de tendresse. Sa langue quémanda l’entrée de la bouche de l’adolescent qui, mis à l’épreuve par le fait de ne pas pouvoir se satisfaire de la présence de Daevlyn comme il le souhaitait, accéda à sa requête presque instantanément, dévorant ses lèvres avec une passion qu’il ne se connaissait pas. Daevlyn entendit un gémissement de contentement de la part de Raphaël qui vint se perdre dans sa bouche.

Les mains de Daevlyn se posèrent sur les reins de l’adolescent, comme pour annihiler les quelques derniers millimètres qui les séparaient encore, cherchant à mettre à néant cette distance qui les détachait, faisant d’eux deux êtres différents, pour se fondre l’un dans l’autre.

Chaque baiser était avec son ange, la découverte de nouvelles sensations.

Noyés l’un dans l’autre, aucun des deux hommes n’entendit l’intrus s’arrêter discrètement à l’entrée de la pièce et sursautèrent, lorsqu’il léger raclement de gorge retentit à leurs oreilles. Aussitôt, ils s’éloignèrent précipitamment l’un de l’autre, comme prit en faute, et se tournèrent vers l’intrus, le coeur battant à tout rompre. Ils poussèrent simultanément un soupire de soulagement en reconnaissant Suzanne qui les regardaient, accoudée à l’embrasure de la porte, un sourire attendrit étirant ses lèvres. Daevlyn attira Raphaël à lui pour remettre un peu d’ordre dans ses cheveux et ses vêtement, tentant de nier ce sentiment de gêne. Puis il l’embrassa furtivement sur la tempe, dans le but de lui donner du courage avant de l’entraîner à sa suite.

Alors qu’ils entraient dans la cuisine, Daevlyn se pencha auprès de son amant, et lui murmura un “je t’aime” à l’oreille, faisant s’empourprer l’adolescent, sous le regard intrigué des jumeaux qui avaient l’impression d’avoir loupé un épisode.

Ils finirent par prendre place côté à côte à table, Raphaël se mettant encore une fois entre lui et Suzanne. Il était tout à fait normal qu’il souhaite profiter de sa mère après tout ils était là pour cela.

Après quelques minutes durant lesquelles ils ne parlèrent pas, Suzanne se tourna vers Raphaël et lui demanda :

- Amaranth se porte bien ?

Daevlyn sentit aussitôt l’adolescent rayonner, et pu voir un sourire radieux étirer ses lèvres et ses yeux se mettre à pétiller de bonheur. Sans cacher son enthousiasme, il répondit :

- Oui, il a surtout beaucoup grandit ! La semaine dernière avec Daevlyn on l’a mit pour la première fois avec les autres. Tu aurais dû le voir, il faisait le fier c’était vraiment beau à voir.

Devant l’incompréhension totale dans laquelle était plongé tout le reste de l’assemblée, elle précisa à tout le monde.

- Raphaël travaille avec Daevlyn dans une sorte de ranch. Amaranth est le poulain de Raphaël.

Un éclaire d’intérêt illumina alors les prunelles de Pierre qui, prenant par à la discussion déclara :

- Alors comme ça tu aimes les chevaux ? C’est vrai que se sont des animaux stupéfiants. Nobles et fiers, ils représentent ce que l’homme à toujours recherché, la liberté… Je me souviens quand j’étais  petit, il y avait un cheval dans le pré voisin, j’aimais beaucoup aller le voir, il me fascinait. Du coup, quand j’ai été en âge, j’ai demandé à ma mère de m’inscrire dans un centre équestre… J’en ai fait pendant de longues années. Tu montes depuis longtemps ?

- Non, je… Cela fais seulement quelques mois que j’ai découvert cet univers, répondit Raphaël. C’est Daevlyn qui m’a fait découvrir, ajouta-t-il en se tournant vers le principal concerné et en lui offrant un sourire rempli d’amour.

Daevlyn était ravi et fier d’avoir partagé sa passion avec son jeune amant.

- Oui, une fois qu’on entre dans cet univers, il est très difficile de le quitter. Je crois même qu’on ne le quitte jamais complètement, ajouta Pierre en lui adressant un sourire bienveillant. Quelle race de chevaux élevez-vous ? demanda-t-il ensuite en se tournant vers Daevlyn.

- Nous avons surtout trois races, des Appaloosa, des Paint et des Quarter Horse. Pour moi, ce sont les meilleures races de chevaux. Dociles, à l’écoute, calmes, ce sont des montures idéales pour les débutants comme pour les plus confirmés.

Daevlyn préféra se taire, car il était tout à fait capable d’en parler pendant des heures et des heures, ne séchant jamais sur le sujet.

- Certes, répondit Pierre très sérieusement, ce sont effectivement de très bonnes montures. Vous pratiquez donc l’équitation dite western et l’éthologie ?

- En effet, on peu dire ça comme ça, répondit Daevlyn en souriant. Et même s’il a encore beaucoup de choses à apprendre, Raphaël est sur la bonne voie et apprend vite. Lorsque je le vois avec Amaranth, j’ai l’impression de me revoir à son âge avec Waterfalls, mon cheval. Ils sont inséparables et il y a un lien fort qui les unis. Cela se ressent. Ils sont parfaitement en osmose.

Pour ce sujet c’était encore plus le cas. Daevlyn gardait un certain orgueil à ce sujet. Il était tellement heureux que Raphaël s’en sorte aussi bien.

Suzanne choisit ce moment pour intervenir et demanda à Raphaël :

-  Tu as poursuivit son dressage ?

- Oui. Enfin, Daevlyn m’aide beaucoup, il y a encore des choses où j’ai un peu de mal, mais j’arrive à lui apprendre quelques tours. Et puis Daevlyn me donne des cours avec Diamond Dust. Il m’apprend aussi à interpréter le comportement et le langage des chevaux. C’est vraiment quelque chose de passionnant.

- Et comment vis-tu ton nouveau rôle ? Ton poste de directeur te plait-il ? Demanda Suzanne en se tournant vers Daevlyn.

- Je dois dire que cela se passe plutôt bien et que cela apporte des intérêts non négligeables. En ce moment, c’est Sébastien qui me remplace et s’occupe des chevaux pendant notre absence.

Daevlyn pu voir le rouge monter aux joues de Raphaël face au sous-entendu qu’il venait de faire. Si Suzanne le comprit également, elle n’en laissa rien paraître. Sébastien passait très souvent les voir, et était d’une aide très précieuse, soulageant le travail de Daevlyn qui s’y faisait peu à peu. Malgré cela, son travail était passionant et lui apportait beaucoup de privilège, dont la possibilité de profiter de leur amour.

Le dîner se termina dans la joie et la bonne humeur, surtout du côté des invités et de Suzanne et Pierre. Le repas traînant en longueur, Lindsay avait été envoyée se coucher, et les jumeaux semblaient plus passionnés par le contenu de leur assiette que par la conversation. Cela faisait extrêmement bizarre à Daevlyn de se retrouver dans une telle ambiante, une ambiance de famille, celle qu’il n’avait pas vécue depuis des années.

Ce ne fut que bien plus tard que tous allèrent se coucher. Après un rapide bonsoir, les jumeaux montèrent dans leur chambre commune qui avait été aménagée dans l’ancien bureau de Suzanne, à l’opposé de la chambre de Raphaël. Après avoir souhaité une bonne nuit à Pierre et à Suzanne, Daevlyn suivit Raphaël qui le guida jusque dans sa chambre. Là, il posèrent leurs valises et épuisé, Raphaël se laissa tomber tout habillé sur son lit.

- Je suis épuisé, lâcha-t-il dans un bâillement.

- Oui, surtout avec le décalage horaire et la journée que nous avons eut. Tu sais quoi, ajouta l’adulte en s’approchant de son jeune amant, je propose que tu fermes les yeux et que tu me laisse m’occuper de toi. Qu’en dis-tu ?

- J’en dis que cela me tente beaucoup, répondit Raphaël en plongeant ses améthystes rougies par la fatigue dans les émeraudes de son moniteur.

Ils s’adressèrent un de leur sourire qu’ils se réservaient, un sourire empli d’amour et de tendresse non contenus. Daevlyn prit place sur le lit aux cotés de son amant et avec des gestes emplis de douceur, il entreprit de déshabiller l’adolescent. Cependant, contrairement à d’habitude, il n’y avait aucune provocation dans cette initiative, seulement l’envie de prendre soin de son amant et de le chouchouter comme il aimait si bien le faire. Il savait maintenant qu’il pourrait le faire encore et encore, du moins il se souhaitait de toute ses forces. Penser à son avenir, c’était penser à Raphaël. Il était inconcevable dans son esprit de ne pas vivre jusqu’à la fin de ses jours avec l’adolescent.

Appréciant l’initiative de son moniteur, Raphaël se laissa faire. Daevlyn était aux petits soins pour lui, profitant un maximum de ces instants de tendresse qui leur était maintenant quotidien.

Daevlyn le déshabilla entièrement, faisant attention à ne pas provoquer son désir, car il serait dans l’impossibilité de l’assouvir, et s’éloigna de lui. Le temps n’avait en rien changer son désir et son envie de lui. Voir son corps sous la simple lumière tamisée de la lampe de chevet, était déjà difficile. En effet, la pièce baignée d’une lueur orangée, offrait un cadre reposant et romantique à souhait. Il savait qu’il ne tiendrait pas éternellement sur cette vu et préféra chercher quelque chose qui l’en préserverait. Fouillant dans la valise de Raphaël, il ne mit pas longtemps avant de trouver ce qu’il cherchait, et retourna auprès de l’adolescent. Celui ci était en train de l’observer avec un petit sourire en coin. Tentant de ne pas l’admirer plus longtemps, il lui enfila rapidement un bas de pyjama en déclarant face à l’étonnement qu’il pouvait lire dans les prunelles améthystes qui le fixaient :

- C’est plus prudent ainsi, si quelqu’un venait à entrer et à nous trouver nus, cela pourrait être gênant.

- Oui, murmura Raphaël en rougissant.

A son tour, Daevlyn enfila un pantalon de pyjama, restant torse nu, et vient prendre place dans le lit aux côtés de Raphaël. A peine fut-il installé que l’adolescent vint se blottir contre lui, passant sa jambe par dessus les siennes, et s’allongea de tout son long sur le torse de son amant. L’avoir tout près de lui et ne rien pouvoir faire avait quelque chose d’extrêmement frustrant, mais il n’en montra rien. Pourtant, il laissa glisses ses main sous les tissus superflu et ses doigts se mirent à effleurer doucement la peau satinée de son dos, s’attardant sur la cambrure de ses reins.

Un gémissement s’échappa des lèvres de l’adolescent lorsque ses doigts s’attardèrent sur la cambrure de ses reins. En même temps qu’un sentiment de retenu contenu du lieu dans lequel il se trouvait, Daevlyn ne pouvait se retenir d’être satisfait.

Soudain, Raphaël se redressa, prenant appuis sur ses coudes, et plongea son regard pierres précieuses dans les yeux de son amant, avant de se pencher vers lui et de lui murmurer à l’oreille :

- Tu sais, je ne sais pas si je pourrais me retenir plus longtemps si tu continues ainsi, et comme tu me l’as toi-même fait remarquer, cela ne serait pas très prudent…

Ces mots firent frissonner l’adulte, Raphaël avait le don de le mettre dans tous ses états. L’idée de ne rien faire cette nuit, aussi minime soit la chose,  était maintenant de l’ordre de l’impossible. L’adolescent continua son petit jeu semblant lui aussi n’avoir aucune envie que cela cesse. Il se redressa et regarda son amant, un sourire en coin étirant ses lèvres, tandis que ses yeux pétillaient d’une lueur malicieuse. Pour confirmer ses paroles, il se déhancha sensuellement contre le bassin de son moniteur, lui arrachant un hoquet de surprise. Raphaël était réellement en train de tester ses limites et cette ambiance d’interdit ne faisait que rendre tout cela plus excitant.

La respiration haletante, Daevlyn souffla dans un gémissement à peine audible :

- A… Arrête… Raphaël, je…

- Tu… ? demanda l’adolescent, semblant être ravi de l’effet qu’il produisait sur son amant.

- J’ai trop envie de toi, je tiendrais pas si tu continues..

Heureusement Raphaël cessa tout, et se rallongera à sa place initiale. D’un petite voix, il souffla des mots d’excuses à l’oreille de Daevlyn :

- Pardon… C’est frustrant, ajouta-t-il après un silence, de te toucher et t’avoir près de moi sans pouvoir aller plus loin que de simples caresses en toute sagesse…

Un petit rire s’échappa de la gorge de Daevlyn qui l’embrassa tendrement avant de murmurer :

- Petit démon !

- Oui, mais un démon tout sage, que tu aimes, répondit Raphaël, les joues rouges face à l’audace de sa réponse.

- Oui je t’aime mon ange, et même plus que ça…

- Je suis un ange maintenant ? Interrogea l’adolescent, un sourire mutin étirant ses lèvres.

- Un ange démoniaque… Tu es une invitation à la luxure mon coeur…

Sur ses mots, il l’embrassa de nouveau, ajoutant toujours plus d’intensité à leur échange. Leur langue se mêlaient, se caressant en toute sagesse pour ne pas éveiller d’avantage le désir qui commençait à naître au creux de leurs reins. Rester enlacer ainsi pendant l’éternité, était le souhait le plus cher de Daevlyn. Jamais il ne s’était sentit aussi bien qu’avec Raphaël tout contre lui.

A bout de souffle, ils se séparèrent à contrecœur.

- Je t’aime Raphaël… si tu savais comme je t’aime…

- Moi aussi je t’aime mon amour… je t’aime plus que tout, murmura Raphaël tout contre les lèvres de Daevlyn avant de s’en emparer avec avidité.

Il avait beau lui répété et se l’entendre dire, Daevlyn ne s’en lasserait jamais. Ce doux refrain venait enivrer son cœur lui apportant un afflux de bonheur à chaque fois renouvelé.

Dans ce total afflux d’amour, les deux amants se perdaient dans leur baiser. Tandis que Raphaël ne se gênait pas pour dévorer ses lèvres avec une soif de le sentir toujours plus près qui ne tarissait pas, Daevlyn happait sa lèvre supérieure et la suçait avec un plaisir non feint. Ce baiser n’avait rien à voir avec leur tout premier. D’ailleurs chaque nouvel échange était totalement différent, teinté de tous ceux précédemment vécu. Leurs baisers se faisaient de plus en plus langoureux, et très vite, ils ne parvinrent plus à contenir le désir qui leur embrasait les reins. Daevlyn avait glissé ses mains sous le pantalon de pyjama de l’adolescent et posées sur ses fesses, elles le guidaient dans le rythme de son déhanchement. Le sentir se frotter à lui ainsi lui donnait un plaisir tel qu’il ne savait pas comment il était possible d’en ressentir plus que cela.

Retenant tant bien que mal leurs gémissements de plaisir qui se perdaient dans leur bouche, ils accordèrent les ondulations de leur bassin, frottant leur virilité contre celle de l’autre à travers leur pyjama.

Daevlyn avait déjà très chaud, et on pouvait voir sa peau se recouvrir d’une file pellicule de transpiration. La proximité de leur corps lui faisait perdre la tête. Raphaël fit glisser ses lèvres sur le torse imberbe de son moniteur, laissant des traînées de lave en fusion partout où elles passaient.

Daevlyn était particulièrement friand de ce genre d’attention. Plus le temps passait et plus Raphaël changeait, dans le bon sens. Ces moments intimes n’étaient que le reflet des changements conséquent de l’adolescent. Bientôt, il ne restait plus une parcelle de peau qui n’avait été épargnée par l’appétit vorace de l’adolescent qui, agacé de cette constatation, rabattis son dévolu sur les tétons durcis de désirs de son moniteur.

Le souffle erratique, Daevlyn avait de plus en plus de mal à retenir ses gémissements.

Heureusement, s’en apercevant,  Raphaël mit fin à la douce torture qu’il lui infligeait, et alla prendre possession de ses lèvres. Fou de désir, Daevlyn les happa avec une avidité non contenue, comme si sa propre vie était en péril. L’adulte sentir le déhanchement de Raphaël gagner en vitesse et en intensité, les rapprochant tous deux toujours plus près de l’orgasme.

N’en pouvant plus de rester inactif, Daevlyn glissa ses doigts vers l’intimité de l’adolescent, commençant à le préparer à sa venue. A ce contact, Raphaël se cambra violemment, attisant leur désir et leur arrachant à tout deux un cri de plaisir muet.

Les mains de Raphaël étaient posées sur son torse. L’adolescent, les reins cambrés, semblait rechercher le contact des doigts agiles de Daevlyn qui savait s’y prendre à la perfection pour lui faire voir les étoiles. Raphaël renvoyait une image insoutenable à son moniteur : la bouche entrouverte, la respiration haletante, et des mèches collées sur son front par la sueur, une véritable invitation à la luxure.

Toucher Raphaël ainsi de ses doigts avait quelque chose de particulièrement excitant et le préparait finalement lui aussi à ce qui allait suivre. Son envie de le prendre à chaque instant, de le faire sien était passait bien au delà des limites. Son intimité gorgée de plaisir était douloureuse, mais le plaisir de son jeune amant passait avant tout. Que son amant prenne du plaisir était déjà une forme de plaisir inouï. Raphaël semblait être en parfaite extase, et Daevlyn jugea que le moment était idéal pour le préparer. Aucune douleur ne sembla émaner de l’adolescent, qui eu un hoquet de surprise lorsque l’adulte toucha quelque chose en lui.

Parfaitement attentif au moindres réactions de son amant, Daevlyn scrutait le visage de son amant qui semblait se battre entre plusieurs émotions. Lorsqu’il vit soudain des larmes s’échapper de ses yeux, et constatant que l’adolescent retenait un sanglot, Daevlyn cessa toute action et se retira. Le passé n’était pas oublié et ce genre de choses inquiétait terriblement l’adulte tout autant que cela était douloureux. Il aurait tout donné, même sa propre vie pour que Raphaël n’ait pas à eu à vivre ce qu’il avait vécu… Les larmes inondant ses joues, Raphaël murmura alors entre deux sanglots :

- Nan… Vient… S’il te plait… Ne… Ne t’arrêtes pas… J’ai confiance en toi… Je t’aime…

Soulagé et enivré par la déclaration et le désir qu’il pouvait déceler dans la supplication de son jeune amant, Daevlyn s’exécuta, et avec une tendresse et une douceur qu’il n’aurait jamais pensé être capable, il commença à pénétrer Raphaël.

L’adolescent se figea sous la douleur ressentie et aussitôt, Daevlyn cessa tout mouvement. C’était la première fois depuis longtemps qu’il ne lui avait plus vu ce visage. Cette fois-ci, c’était comme pour rappeler que tout n’était pas oublié. Certes Raphaël allait mieux, mais son traumatisme s’il était estompé n’avait pas disparut.

Les larmes coulaient des yeux de son jeune amant qui étaient désespérément clos. Daevlyn avait parfaitement conscience du combat intérieur que livrait son amant, et se sentait tellement impuissant….Tout son corps semblait se crisper de douleur, jusqu’à finir totalement tendu comme déchirer de l’intérieur. Daevlyn fit tout ce qui était dans ses capacités, les seules choses qu’il pouvait faire pour lui dans ces moments là : il raffermis son emprise autour de lui et l’attirant à lui, il lui murmura des mots d’amour et des paroles réconfortantes aux creux de l’oreille. Lui montrer sa présence, son amour illimité c’était sa seule arme contre les démons de l’adolescent.

Il glissa une main dans ses cheveux, multipliant tendresse et douceur, lui caressant tendrement le visage de l’autre main. En ultime recours, il déposa ses lèvres sur les siennes avec une délicatesse extrême comme si un geste légèrement plus brusque allait le briser. Il continua à lui murmurer de nombreuse paroles d’amour, sentant que cela ramenait peu à peu l’adolescent à ses côtés. Heureusement Raphaël commença à se détendre, grâce à Daevlyn qui une fois de plus l’arrachait de son passé pour l’amener à un présent heureux, un temps qui n’appartenait qu’à eux.

Il murmura un dernier « je t’aime » qui fit ouvrir les yeux de Raphaël. Son regard plongea aussitôt dans le sien, avant qu’il ne se jeta à son cou, et le serra de toutes ses forces, une façon muette de lui montrer sa reconnaissance et son amour qui ne cessait de grandir chaque jour. Une nouvelle étape venait d’être franchie.

Prenant à son tour l’initiative, Daevlyn commença à se mouvoir en Raphaël qui se crispa sous la douleur. Cependant entouré par l’amour que lui offrait l’adulte, il oublia bien vite la douleur pour ne ressentir qu’une gêne. Celle-ci se transforma bientôt en plaisir qui ne cessait d’augmenter à chaque coup de rein de Daevlyn. Il n’aurait su exprimer avec de simples mots tout ce qu’il ressentait dans ce genre de moment.

Les ongles de Raphaël se plantèrent dans ses épaules, comme si par ce geste, il se raccrochait à la réalité. L’adulte se laissa peu aller gagner par son propre plaisir, vivant l’instant tout aussi intensément que Raphaël. Assis sur ses cuisses, l’adolescent avait passé ses bras autour de sa nuque et son visage était enfoui dans son cou. Tous deux étouffaient tant bien que mal les gémissement de plaisir qui ne demandaient qu’à s’échapper de leur lèvres.

Soudain, en même temps que Raphaël qui avait rejeté la tête en arrière, Daevlyn fut frappé par l’orgasme, jouissant en même temps que son amant après un ultime coup de rein qui les transportant aux portes du ciel.

Épuisé et la respiration courte, Daevlyn se laissa retomber sur le matelas, entraînant Raphaël dans sa chute.

Haletant, ils restèrent silencieux le temps de retrouver une respiration régulière. La main de Daevlyn passait et repassait sous le t-shirt de l’adolescent, comme s’il cherchait à l’apaiser.

Il entendit Raphaël soupirer de bien être, et le sentit se laisser aller à son étreinte, déposant délicatement ses lèvres dans son cou, ce qui fit frissonner l’adulte. Ce genre d’instant était tout simplement magique et surtout unique.

Après quelques minutes de silence, Raphaël prit la parole le premier :

- Daevlyn je… Merci pour ce que tu as fait… Tout à l’heure je…

- Chuuut, ne dis rien, l’interrompit Daevlyn en posant son doigt sur les lèvres de l’adolescent, lui intimant le silence. J’ai fais ce que j’avais à faire Raphaël et je serais prêt à le refaire autant de fois que nécessaire. Je t’aime mon ange….

- Moi aussi Daevlyn, répondit l’adolescent. Je t’aime… Oh si tu savais comme je t’aime…

A ces mots, il enfoui son visage dans le cou de l’adulte et se lova un peu plus près contre lui.

De nouveau le silence se fit, brisé uniquement par le bruit de leur respiration synchronisées. Lentement, celle de l’adolescent se fit de plus en plus régulière et alors que Daevlyn le pensait endormit, Raphaël demanda d’une petite voix emplie de sommeil :

- Daevlyn…

- Hum ?

- Tu es heureux d’être ici avec moi ?

- Oui… Oui, je suis heureux mon ange, répondit Daevlyn en l’embrassant tendrement sur le front, sans cesser de lui caresser le dos.

Heureux… Il l’était comme jamais il ne l’avait jamais été. Cela faisait si longtemps… Ils étaient passés par tellement de choses, que ce bonheur qui leur était maintenant accordé n’était que pure béatitude.

Sentant que Raphaël allait maintenant sombrer pour de vrai, Daevlyn lui murmura à l’oreille :

- Dors mon ange, je veille sur toi…

Raphaël finit par s’endormir dans les bras de Daevlyn, bercé par les battements réguliers de son coeur. Daevlyn resta un moment éveillé, avant de le suivre à son tour, emporté dans les bras de Morphée.

Tous deux ne se réveillèrent que tard dans la matinée. Après un réveil des plus agréables, Daevlyn alla prendre sa douche alors que Raphaël descendit à la cuisine. Il n’y passa pas trop de temps, bien que l’envie d’y traîner un peu l’avait pris, mais celle d’aller retrouver Raphaël et sa famille était plus forte.

Une fois propre et habillé, il rejoignit Raphaël dans la cuisine qui était avec sa mère et Abbygaïl. Il fut accueillit pa trois sourires chaleureux, y comprit celui d’Abbygaïl qui avait relevé la tête en le voyant arriver. Daevlyn alla prendre place entre Suzanne et Raphaël, et la jeune femme lui demanda :

- Bien dormis ?

- On ne peut mieux, lui répondit-il, échangeant un regard avec Raphaël qui n’échappa pas à l’attention de Suzanne qui sourit à son tour face au bonheur évident et à l’amour qui liaient ces deux êtres. L’adulte était heureux des bons rapports qu’il avait avec la mère de son amant, il n’aurait pu rêver mieux.

Ils terminèrent leur petit déjeuner en silence, puis, après avoir aidé à débarrasser, Raphaël monta prendre sa douche tandis que Daevlyn regagnait leur chambre et changeait les draps du lit, prenant ceux que Raphaël avait eu le bon sens de poser sur le matelas posé au sol, qui aurait dû servir à l’origine à accueillir l’un des deux hommes.

Une fois fait, il ouvrit le velux et la fenêtre, histoire d’aérer la pièce et entreprit de vider leurs valises et de ranger leurs vêtements dans la penderie. L’adolescent le rejoignit un instant plus tard, les cheveux mouillés et habillé de propre. Daevlyn attrapa la brosse à cheveux de son jeune amant, et le faisant asseoir à même le sol, il entreprit de lui démêler sa chevelure qui avait bien poussée en quelques mois. Ses longs cheveux noirs de jais lui arrivaient à présent au dessous des fesses, et faisaient la fierté de l’adolescent, pour le plus grand plaisir de Daevlyn qui passait des heures à les caresser sans se lasser de leur texture soyeuse.

Après les avoir entièrement démêlés, Daevlyn le libéra sans avoir attaché ses cheveux. Intrigué, Raphaël se retourna et lui lança un regard interrogateur. Comprenant sa question muette, Daevlyn répondit en souriant :

- Au centre c’est mieux de les laisser attachés à causes des nœuds et du  travail, mais ici rien ne t’oblige à les attacher. Et puis tu es encore plus beau ainsi.

Raphaël ne répondit rien, mais Daevlyn pu voir ses joues s’empourprer sous le complément. L’adolescent embrassa furtivement son amant avant de se lever.

Après quoi, ils rejoignirent tout le monde au salon, et Raphaël se proposa pour aider Suzanne à préparer le repas. Celle-ci le remercia d’un sourire et ils se rendirent à la cuisine tandis que Daevlyn prenait place dans le canapé et que Pierre engageait la conversation avec lui, attirant de ce fait, toute l’attention d’Abbygaïl sur leur discussion.

Morgan quant à lui, avachi dans le canapé, jouait à la Playstation sans ce soucier le moins du monde de ce qui se passait autour de lui.

Daevlyn appréciait vraiment cet homme qui ouvert d’esprit, ne les jugeait pas. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas eu ce genre de rapport avec un adulte. Pendant qu’il échangeait avec Pierre, il pu remarquer qu’Abbygaïl ne le lâchait pas un instant des yeux, ce qui avait le don de le mettre assez mal à l’aise même s’il ne laissait rien paraître.

De plus il semblait être le seul à avoir remarquer son regard et l’attention particulière de la jeune fille. Certes savoir que l’on plaisait à une personne était toujours flatteur, mais dans ce cas, Daevlyn se sentait particulièrement gêné.

Raphaël revint lorsque le repas fut prêt, et s’installa à même le sol, adossé aux pieds du canapé, il demanda à Morgan :

- Tu joues à quoi ?

Daevlyn bien qu’en train de parler avec Pierre, resta attentif à leur échange, jetant quelques coup d’œil. Il fut particulièrement déçu du comportement du jeune garçon qui lança à son amant un regard dédaigneux avant de reprendre son jeu sans prendre la peine de lui répondre. Daevlyn savait parfaitement que Raphaël avait déjà fait beaucoup et que ce rejet devait lui faire mal. Il allait intervenir, sans trop savoir de quelle manière, mais Pierre le devança et déclara :

- Morgan, tu pourrais lui proposer de jouer avec toi, au lieu de rester là avachi sur le canapé.

- Non je… Merci, mais je ne sais pas jouer à cela, s’empressa de répondre l’adolescent.

Sur ses entre faits, Suzanne arriva au salon et invita tout le monde à passer à table. Daevlyn fut soulagé que tout cela prenne fin.

Une fois dans la cuisine, Daevlyn s’assit et vit Abbygaïl prendre place à ses côtés, place normalement attribuée à Raphaël. Il n’en fit pas un drame après tout ils pouvaient être séparer le temps d’un repas. Raphaël prit place entre Morgan et Suzanne.

Daevlyn vit tout de suite que quelque chose n’allait pas. Il ne releva pas la tête de son assiette tout le long du repas. Daevlyn eut beau tenter de croiser son regard, de capter son attention, rien n’y fit. l’adulte se promit qu’il en parlerait avec lui dès qu’ils sortiraient de table. Mais Raphaël allait-il tenir jusqu’à la fin ?

Soudain, Abby lui demanda :

- Cela n’est pas trop ennuyeux de devoir jouer au baby-sitter ?

- Abby ! s’exclama alors Pierre, furieux contre la question de sa fille.

- Au fait, comment en es-tu arrivé à faire la connaissance de Raphaël ?

Daevlyn vit aussitôt Raphaël redresser brusquement la tête lui adressant un regard suppliant. Daevlyn ressentit toute la souffrance de Raphaël comme si c’était la sienne. Jamais il n’aurait pensé que les deux adolescent et en particulier Abbygaïl puissent être aussi cruels avec lui. Même les autres adolescents du centre pouvaient être moins sournois.

Après un silence pesant dans le but de ravaler sa colère, Daevlyn ouvrit enfin la bouche :

- C’est une longue histoire. De plus, cela ne te concerne pas, répondit sèchement Daevlyn.

- Quoi ? Tu as si honte que ca que tu veux pas en parler ?

- Abbygaïl cela suffit ! Tonna Pierre de sa grosse voix. Et si tu n’es pas d’accord avec cela, rien ne t’empêche d’aller terminer ton repas dans ta chambre.

- De toute façon, c’est toujours mieux que de rester là en compagnie de personnes comme lui, cracha Abby en montrant Raphaël du doigt avant de se lever de table.

Furieusement, elle sortie de la cuisine et monta dans sa chambre. Les larmes inondant ses joues, Raphaël releva la tête et captant le regard de Suzanne et de Daevlyn, il se leva précipitamment de sa chaise et sortit en courant de la cuisine pour aller, à son tour, s’enfermer dans sa chambre.

Alors qu’il allait se lever, Suzanne retint Daevlyn par le bras et se dirigea vers les escaliers pour aller rejoindre son fils. Daevlyn du se faire violence pour rester ici et ne pas se lever. Il lui était impossible de laisser son amant dans un tel état. Il pouvait devenir totalement fou et dangereux pour la personne qui voulait du mal à son ange. Il prit donc son mal en patience, parlant d’un air distrait à Pierre qui présentait ses excuses pour le comportement désagréable de sa fille. Ce n’est qu’au bout de très longues minutes d’attente que Raphaël revint enfin, les yeux rougis par les larmes. Il vint prendre place à côté de lui, place qu’Abbygaïl avait laissée. Daevlyn posa une main sur la sienne, dans un geste doux et aimant. Rassuré que Raphaël aille un peu mieux.

Dans l’après-midi, Suzanne et Pierre allèrent faire quelques courses afin de remplir le frigo qui commençait à se vider et laissèrent les enfants seuls avec Daevlyn et Raphaël.

L’adolescent, assit à côté de Daevlyn, se leva afin d’aller chercher quelque chose dans sa chambre. Abbygaïl en profita immédiatement pour venir lui piquer sa place. Elle commença à lui parler, tentant de lui faire du charme. Elle le complimentait sur la couleur de ses yeux, et alla même à lui remettre une mèche de cheveux derrière son oreille. C’est bien évidemment à ce moment là que Raphaël, revint et resta figé sur le pas de la porte d’entrée du salon.

Si Daevlyn n’avait pas particulièrement porté d’importance à ce geste, ce n’était pas le cas de Raphaël. Semblant être dégoûté, il alla prendre place sur la table du salon et y posa son matériel de dessin.

Daevlyn avait pris un livre, profitant du temps qui lui était offert. Il adorait lire et pourtant, il était rare qu’il ait vraiment l’occasion et le temps suffisant.

Raphaël se leva un moment, et sortit de la pièce. Interompu dans sa lecture par cette sortie, Daevlyn leva les yeux. Morgan venait de se lever à son tour, et partait dans la même direction que Raphaël. A son tour, se méfiant de ce que l’adolescent pouvait faire à son amant, dans une attitude protectrice, il se leva et les suivit à distance. Raphaël sortait de la cuisine avec une pomme à la main. Il tomba nez à nez avec Morgan. Ce dernier l’attaqua tout de suite et lui balança :

- Fais gaffe à ta ligne, tu vas gonfler si tu continues à manger en dehors des repas.

Plus qu’agacé, Raphaël se tourna vers lui et déclara d’une voix froide et à peine reconnaissable :

- Contrairement à toi qui passe tes journées avachi comme une larve dans le canapé à jouer a ton jeu débile, moi je fais du sport ! Je n’ai donc rien à craindre pour ma ligne, par contre, toi, tu ferais mieux de faire attention, tu as un bourlet qui dépasse de ton t-shirt, fit remarquer l’adolescent en pointant le bas ventre de Morgan.

Puis alors qu’il allait retourner au salon, il ajouta :

- Et depuis quand tu as vu qu’une pomme ça faisait grossir ?

Un sourire mi satisfait, mi sadique étira ses lèvres lorsque, du coin de l’oeil, il vit Morgan loucher sur son ventre et tenter de baisser son t-shirt. Cependant, il ne remarqua pas le sourire fier et amusé affiché sur les lèvres de Daevlyn et l’air incrédule d’Abby qui avait assisté à la scène.

Croquant dans sa pomme, Raphaël retourna s’asseoir à sa table, et Daevlyn retourna à sa lecture. Il était tout aussi fier de la réaction de l’adolescent. Raphaël reprit son dessin, et rien d’autre ne se passa jusqu’à ce que Suzanne et Pierre ne rentrent des courses.

Lorsqu’il les vit arriver, Raphaël stoppa son activité pour les aider à aller ranger. Abbygaïl en profita pour se lever et aller voir les dessins de Raphaël. C’est à ce moment là que Raphaël revint, horrifié de ce qu’elle était en train de commettre. Lentement, il s’approcha d’elle et demanda d’une voix qu’il s’efforça de garder calme et polie  :

- Est-ce que je me permet d’aller fouiller dans tes affaires ?

Comprenant où voulait en venir Raphaël, elle reposa le carnet sur la table et déclara méchamment :

- De toute façon ils sont moches !

Raphaël ne prêta aucune attention à la réplique d’Abby  et s’asseyant à la table, il se prit la tête dans les mains, tentant de cacher son mal être et sa fureur qui ne passèrent pas inaperçu à l’adulte. Pierre arriva à ce moment là et demanda à Raphaël, le faisant sursauter :

- Je ne savais pas que tu dessinais ! Je peux regarder ? Demanda Pierre en lui offrant un sourire bienveillant.

- Hein ? Euh, je…. , enfin… Si vous voulez, bégaya l’adolescent, surprit.

- Pas de “vous” Raphaël, tu vas me vexer, fit remarquer Pierre avec un sourire amusé.

- Oui, pardon, murmura Raphaël.

Pierre prit place sur la chaise voisine de Raphaël et commença à feuilleter le carnet de Raphaël avec un regard appréciateur. Cependant, il ne fit aucun commentaire jusqu’à ce qu’il eut terminé de le regarder. Daevlyn n’avait jamais eut l’occasion et la permission d’admirer le travail de l’adolescent. Celui-ci lui avait toujours caché ses œuvres. Il ne pouvait s’empêcher de ressentir une pointe de jalousie. Il fini par se lever discrètement et se mettre derrière Pierre. Il ne s’y connaissait pas vraiment, mais il trouvait que les dessins de Raphaël étaient très beau. Ce n’était pas de simples dessins. Chacun d’eux faisaient passer quelque chose, laissant transparaître quelque chose de bien plus profond. Beaucoup d’entre eux le représentait. Lorsque Pierre eut terminé, il le reposa devant son propriétaire et déclara :

- Tu dessines très bien Raphaël. Ne te laisse pas influencer par les paroles blessantes d’Abby, mon garçon. Cela finira par lui passer.

Et sans laisser à Raphaël le temps de répondre, il s’éloigna après lui avoir adressé un sourire d’encouragement. C’est ce moment là que Daevlyn choisit d’intervenir :

- Pierre à raison mon amour, ils sont magnifiques tes dessins, murmura-t-il à son oreille.

Raphaël émit un hoquet de surprise et se retourna vivement. Daevlyn qui avait prévu le mouvement de l’adolescent, recula de quelques pas et plongea son regard dans ses prunelles améthystes qui brillaient d’une lueur d’interrogation.

- J’aime particulièrement celui que tu as fait de moi, ajouta l’adulte avec un sourire équivoque.

Cette phrase eut pour effet de faire s’empourprer l’adolescent. Attendrit, Daevlyn l’embrassa furtivement, après avoir vérifié que personne d’autre qu’eux ne se trouvait dans la pièce. Ce baiser, même chaste, eut pour effet de faire retrouver de sourire à Raphaël.

Daevlyn lui adressa un clin d’œil et entendant des pas venir dans leur direction, il s’écarta de quelques pas. Alors que Daevlyn allait s’installer dans le canapé et reprendre son livre, Raphaël alla ranger son matériel de dessin dans sa chambre.

Abbygaïl choisit ce moment là pour continuer ce qu’elle avait commencé avec bien plus de lourdeur. Elle vint se coller à lui, faisant encore des allusions grotesques. Elle finit par lire au dessus de son épaule, chose qui agaçait Daevlyn par dessus tout. Il resta le plus calme et le plus patient possible, c’était heureusement en ses cordes.

Lorsque Raphaël revint, Daevlyn était doublement plus gêné qu’il assiste à ce genre de scène et espérerait qu’il comprendrait… Raphaël alla prendre place sur l’accoudoir du canapé, et posa sa tête sur son épaule, semblant tenter de se calmer. Daevlyn ne savait pas ce qui le retenait de l’embrasser. Il resta un long moment ainsi, et c’est dans cette position que Suzanne les trouva en entrant dans la pièce.

Cependant, face à la scène qui se déroulait sous ses yeux, Suzanne comprit bien vite que l’adolescent agissait ainsi par pure jalousie, et souhaitant lui laisser un peu de temps avec Daevlyn, elle déclara :

- Abby, tu peux venir m’aider pour le repas s’il te plait ?

- Pourquoi ? Raphaël il peut le faire lui !

- Abby ! Raphaël s’est déjà proposé de m’aider hier, tu pourrais bien le remplacer aujourd’hui ! Ce n’est pas à lui de tout faire !

- Ben voyons ! Souffla Abby en se levant, prenant appuis sur la cuisse de Daevlyn. Et après on ose nous dire qu’il n’y a aucun chouchou !

La jeune fille dépassa Suzanne et se rendit à la cuisine en soufflant bruyamment. Suzanne lança un clin d’oeil à son fils et rejoignit Abby.

Une fois seuls, Raphaël se laissa glisser sur les genoux de Daevlyn qui referma son livre pour reporter toute son attention sur son jeune amant. Là comme il en avait envie depuis le début de l’après-midi, il prit tendrement possession de ses lèvres, et l’embrassa avec tout l’amour dont il était capable. Raphaël semblait attendre ce genre d’attention depuis trop longtemps, et répondit au baiser avec entrain, assouvissant son manque de lui.. Mettant fin au baiser, Raphaël enfoui son visage dans le cou de l’adulte et chougnia :

- J’en ai marre qu’elle te colle comme ça… En plus tu ne fait rien pour la repousser… Je suis jaloux tu sais…

-  je sais mon ange, j’ai vu les regards meurtriers que tu lui lances… Et si je ne la repousse pas c’est pour ne pas la vexer. Je pensais que mon indifférence lui ferait comprendre mais apparemment elle a l’air plutôt tenace.

Raphaël ne répondit rien, se contentant de se lover un peu plus contre son amant. Ils restèrent ainsi jusqu’à ce que Suzanne vienne les chercher pour passer à table :

- Vous venez manger les garçons ? Appela-t-elle en leur lançant un regard attendrit.

- On arrive, répondit Daevlyn avant de voler un baiser à son amant et de se lever, le portant comme un bébé.

Raphaël passa ses jambes autour de la taille de son amant qui le porta ainsi jusqu’à l’entrée de la cuisine. Là, Raphaël se laissa glisser à terre en souriant tendrement à Daevlyn et Suzanne appela la maisonnée pour leur signaler que le repas était prêt.

Cette fois-ci, Raphaël eut une place à côté de lui. Abby, quant à elle, se retrouva à côté de son frère pile en face de Daevlyn.

Le repas débuta dans le calme, bien que Daevlyn supportait de moins en moins le regard brûlant que posait sur lui l’adolescente. Suzanne demanda soudain à Raphaël qui laissait discrètement de côté les carottes contenues dans son assiette :

- Tu n’aimes pas les carottes ?

Honteux, Raphaël se contenta d’hocher négativement la tête, les yeux obstinément rivés sur son assiette, tandis que Daevlyn vidait son assiette des légumes maudits. Il avait complètement oublié que l’adolescent détestait cette nourriture.

- Tu aurais dû le dire, je t’aurai préparer autre chose ! fit remarquer Suzanne.

- C’était bien la peine de faire à bouffer s’il mange quedalle ! C’est fini, j’me casse plus le cul pour lui ! Il se démerde ! S’exclama Abby en tuant Raphaël du regard.

- Abby ! Je commence à en avoir plus que marre de tes réflexions ! S’exclama Pierre hors de lui.

La jeune fille ne répondit rien, replongeant son attention sur son assiette. Raphaël de son côté, ne parlait pas non plus. Daevlyn le sentait, les repas étaient de plus en plus dur pour son jeune amant. Les rejets constant semblaient lui  être plus que pesant, et son visage abhorrait un air triste qu’il ne lui avait pas vu depuis un moment.

- Et bien ! Quelle ambiance ! Fit remarquer Morgan qui ouvrait la bouche pour la première fois.

- Ca suffit Morgan ! Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi !

La suite du repas se déroula dans un silence monastique. Au moment du dessert, alors que Daevlyn était en train de se servir, il sentit quelque chose lui toucher le pied et remonter lentement sur sa jambe. Il avait déjà sentit quelques effleurements, mais il avait cru que cela avait était uniquement fait par erreur et par inattention. Il releva immédiatement les yeux sur Abbygaïl, qui après un petit regard aguicheur repris de plus belle son manège tout en faisant semblant de s’intéresser à son dessert. Tendu, Daevlyn ne savait pas vraiment comment réagir, et tentait de la repousser le plus discrètement possible.

Au regard intrigué que lui lança alors l’adolescent qui devait avoir certainement avoir sentit qu’il se passait quelque chose, Daevlyn tenta de ne surtout pas éveiller plus ses soupçons. Il ne voulait pas que Raphaël soit témoin de cette scène, c’était vraiment inutile.

Abbygaïl ne cessait pas son petit manège, et déplaçait lentement et sensuellement son pied nu le long de sa jambe. Il avait beau vouloir s’en débarrasser, c’était en vain.  D’un geste maladroit, Raphaël laissa soudain tomber sa petite cuillère. Daevlyn le vit se baisser pour la ramasser, et jeter discrètement un coup d’œil sous la table. Il sentit aussitôt l’adolescent se glacer d’horreur devant le devant le spectacle offert à ses yeux.

Lorsqu’il se réinstalla sur sa chaise, Raphaël posa sa cuillère et repoussa son dessert, prétextant avoir assez mangé.

Ne se doutant pas une seule seconde que Raphaël avait été témoins de son manège, Abby continuait de draguer ouvertement l’adulte qui faisait son possible pour ne pas se lever et lui coller une gifle. Que Raphaël soit témoin de cette scène le mettait dans un état de fureur insoutenable.

Lorsque tout le monde eut terminé, Daevlyn et Raphaël aidèrent Suzanne a débarrasser la table avant d’aller rejoindre les autres au salon. Daevlyn alla prendre place dans la dernière place libre du canapé, aux côtés de Pierre et Abby tandis que Raphaël allait s’asseoir sur les genoux de sa mère, toutes les places étant déjà prises.

Abby poursuivant son objectif vint se coller contre l’adulte qui était à deux doigts de craquer. Raphaël semblait être encore mille fois plus furieux, et lorsque Abby posa sa main sur la cuisse de Daevlyn, dans un geste qui se voulait tout à fait innocent, il se leva :

- Ça suffit ! Cria-t-il en s’avançant dangereusement vers Abby, faisant sursauter tout le monde. Je croyais que tu avais compris depuis le temps mais apparemment non, alors laisse moi te l’expliquer d’une manière plus radicale que j’espère claire et convaincante.

Là, sous le regard mi-étonné, mi-effrayé des jumeaux, il s’assit sur les cuisses de Daevlyn et prit violemment possession de ses lèvres dans un baiser ardent et langoureux. Raphaël dévorait les lèvres de l’adulte avec un avidité poussée à son maximum. Il n’en fallut pas plus pour Daevlyn qui répondit au baiser avec la même intensité. Ces contacts étaient bien trop espacés en ce moment pour qu’il ne succombe pas. Les mains posées sur les hanches de l’adulte, Raphaël suçait avec un plaisir non feint la lèvre inférieure de son amant. Galvanisé par l’ardeur que mettait Raphaël à l’embrasser, Daevlyn posa ses mains sur les hanches de son amant, et lui caressait lentement la chute de ses reins, en un geste lent et sensuel. S’unissant ainsi avec son amant, il oubliait tout le monde extérieur à leur deux êtres. Plus rien n’existait pour lui, à part Raphaël.

Après un temps qui leur parut à la fois trop long et trop court, Raphaël mit fin au baiser et s’écarta de Daevlyn qui lui sourit d’un air amusé. Raphaël lui donna un léger coup de poing sur le torse, lui montrant qu’il n’approuvait pas l’attitude de son amant. Raphaël avait tellement changé…

Timidement, celui-ci se retourna, sans quitter les genoux de Daevlyn, et les joues rouges face à l’audace dont il venait de faire preuve, il murmura :

- Pardon…

- Ne t’excuses pas Raphaël, déclara Pierre. Ta mère et moi n’avons rien dit aux enfants car nous estimions que c’était à vous de l’annoncer lorsque vous l’auriez décidé. Tu n’as rien à te reprocher.

Raphaël lui adressa un petit sourire timide empli de remerciements muets mais qui n’échappèrent pas au notaire qui lui renvoya un clin d’œil victorieux.

- C’est dégueulasse ! S’exclama alors Abby en se levant et en montant dans sa chambre en courant.

- Ouais, ben j’ai intérêt à faire attention à mon cul moi ! Fit remarquer Morgan avec une moue dégoûtée.

A ses mots, Pierre se leva et gifla violemment son fils en s’exclamant :

- Vous me faites honte tous les deux ! Jamais je ne vous ai éduqué de la sorte ! File dans ta chambre, je ne veux plus te voir jusqu’à nouvel ordre !

Raphaël avait enfoui son visage dans le cou de Daevlyn. Le cœur de Daevlyn se serra, pourquoi tout se passait ainsi. Ce séjour était vraiment en train de virer au cauchemar. Ce ne fut que lorsqu’il sentit une des larmes de l’adolescent rouler dans son cou que Daevlyn s’aperçut que Raphaël pleurait, et l’embrassant tendrement dans les cheveux, il lui caressa le dos en signe d’apaisement, lui murmurant des mots réconfortant au creux de l’oreille.

- Je suis vraiment confus, déclara Pierre affreusement gêné. Je ne comprends pas du tout leur réaction. Mon frère est homosexuel également, et jamais ils n’ont eut ce genre de réflexion…

- Ne vous en faites pas, le rassura Daevlyn. Je pense que c’est un trop plein d’émotions qui l’ont fait craquer. Il était sous pression depuis quelques jours et c’est le contrecoup de tout ce qui vient de se passer. Et c’est pas plus mal ainsi, il n’aurait pas pu supporter une journée supplémentaire avec ce poids sur le cœur.

Avisant les soubresauts qui secouaient le corps de son fils, Suzanne se leva et alla s’asseoir auprès de Daevlyn qui tentait toujours de consoler l’adolescent qui à présent, ne cherchait plus à cacher ses sanglots :

- Ne pleure plus mon ange… C’est fini… Là, calme-toi, respire doucement… Chut, mon cœur…

Mais noyé dans ses sanglots, Raphaël ne semblait pas entendre ses paroles. Ses sanglots étaient intarissables et chaque larme versée par Raphaël serrait un peu plus le cœur de Daevlyn qui à l’aide des deux autres adultes tentait tant bien que mal de consoler l’adolescent, sans succès. Même Lindsay, attristée par les pleurs de Raphaël était montée sur les genoux de Daevlyn et faisait un câlin au jeune garçon, sous le regard attendrit des trois adultes.

Ce ne fut que bien plus tard que les sanglots de Raphaël cessèrent enfin. Daevlyn sentit un poids mort peser sur son épaule et après avoir murmuré le prénom de l’adolescent sans obtenir de réponse, il déclara en chuchotant pour ne pas le réveiller :

- Il s’est endormit…

- C’est mieux ainsi, fit remarquer Pierre. Il a besoin de dormir.

- Hn. Je vais aller le coucher, je reviens.

Sur ses mots, il fit descendre Lindsay et se leva. Portant l’adolescent comme une jeune mariée, il le monta jusque dans leur chambre et le coucha dans leur lit. Il le mit en pyjama le plus délicatement possible de façon à ne pas le réveiller, avant de rabattre les couvertures sur lui.

Après un dernier regard pour s’assurer qu’il allait bien, il éteignit la lumière et referma la porte derrière lui. A pas de loup, il alla rejoindre Pierre et Suzanne qu’il trouva en pleine conversation :

- Je suis désolé ma chérie, disait le notaire. Je ne comprends vraiment pas leur réaction. J’irais leur parler demain, si j’y vais maintenant je risque de m’énerver et cela ne rimerait à rien.

Daevlyn retourna s’asseoir dans l’un des fauteuils qui faisaient face au canapé. Ils discutèrent un long moment avant que Daevlyn ne monte se coucher à son tour. L’adolescent dormait toujours, les traits un peu plus détendu. Il avait vraiment besoin de repos. Alors qu’il entrait sous les couvertures, Raphaël vint se coller à lui en marmonnant son prénom.

- Je suis là mon ange, rendors-toi…

Raphaël se blotti un peu plus dans les bras de Daevlyn et se rendormit aussitôt.

Depuis une semaine que Raphaël avait explicitement fait comprendre à Abby que Daevlyn n’était plus un coeur à prendre, les choses ne s’étaient pas vraiment améliorées. Une tension à couper au couteau émanait de la part des deux jumeaux, et l’adolescent tentait de ne pas prendre trop à cœur leur moqueries. Cependant, même si extérieurement il avait tout l’air de quelqu’un qui n’y prête pas attention, intérieurement, il souffrait et cela Daevlyn le constatait un peu plus chaque jour.

Il ne savait pas vraiment quoi faire, et se mettait à languir la fin du séjour malgré lui.

Suzanne semblait être particulièrement fatiguée et usée elle aussi de cette tension. les appela pour passer à table et avant d’entrer dans la cuisine, Daevlyn attira Raphaël à lui et l’embrassa tendrement, faisant fit de la présence des jumeaux dans leur dos. En ce moment Raphaël avait plus que besoin de ce genre d’attentions. Et c’était la seule chose que Daevlyn pouvait lui offrir à volonté. Raphaël sourit tendrement à Daevlyn et l’embrassa furtivement une dernière fois avant de rejoindre sa place à table, son amant sur les talons.

Le nez plongé dans son assiette, comme à chaque repas, Raphaël tentait de ne pas faire attention aux gloussements imbéciles des jumeaux. Daevlyn ne savait plus quoi faire, et commençait à ressentir de la haine contre les deux adolescents. Il devait faire appel à tout son self-control pour ne pas éclater. Raphaël encaissait remarque sur remarque, et avait lui aussi les nerfs à fleur de peau. Soudain, suite à une énième remarque de la part d’Abby à son frère, Raphaël lâcha sa fourchette, posa sa main sur sa cuisse et serra violemment le poing. Daevlyn  s’aperçut tout de suite du trouble de l’adolescent, il pressa sa main dans la sienne, dans un geste de réconfort, tentant de le calmer.

Mais cela ne fut pas suffisant. Plantant violemment la pointe du couteau dans la table en bois, Raphaël releva lentement la tête tandis que son regard d’un noir ébène se posait sur Abby. Daevlyn ne s’attendait pas du tout au retour d’Asiel, jamais il n’aurait imaginé que Raphaël était à ce point à bout. Plongé dans sa fureur, la beauté de Asiel était sans pareil.

La tension qui émanait de l’adolescent à ce moment était tel que toutes les conversations avaient cessées et que tous les regards étaient posés sur lui. D’une voix impersonnelle et d’une froideur extrême, Asiel déclara :

- Toi la peste je t’ai rien demandé ! Radio langue de pute ça va bien cinq minutes mais la ça devient carrément casser couilles  Et fout toi bien ça dans le crâne, je préfère sans hésiter me faire “défoncer le cul” pour reprendre ta propre expression, plutôt que de devoir supporter la vue d’une greluche telle que toi, avec une poitrine de vache laitière ! Tu viens définitivement de me guérir des filles Abby, et je t’en remercie !

Aussitôt, les yeux de Raphaël retrouvèrent leur couleur habituelle. Même s’il était habitué à Asiel, Daevlyn était quand même sous le choc. Une fois de plus, Asiel avait mieux protégé Raphaël que lui. A sa manière certes, mais au moins il avait fait quelque chose… Au moins Abby et Morgan y réfléchiraient à deux fois avant de revenir embêter l’adolescent.

Les larmes aux yeux, sentant le regard ahuri de sa familles posé sur lui, Raphaël se leva précipitamment et s’enfuit en courant. Daevlyn bondit aussitôt à sa poursuite et le rattrapa par le bras avant qu’il n’emprunte les escaliers. Il l’entraîna au salon et demanda :

- Raphaël…

- Nan ! Hurla l’adolescent a bout de nerf et en sanglots. Ne viens pas me faire la morale ! Je sais très bien ce que tu penses ! Que c’est une bonne chose qu’il ait intervenu ! Et moi ! Tu penses un peu à moi ? S’écria Raphaël entre deux sanglots. Pourquoi se croit-il toujours obligé d’intervenir ? Il ne peut pas me laisser me débrouiller par moi-même ? Je suis pas assez fort c’est ça ? J’en peux plus Daevlyn, c’est trop dur, je suis à bout, sanglota l’adolescent au bord de la crise de nerfs.

- Calme-toi Raphaël, cela ne sert à rien de te mettre dans un état pareil.

- Que je me calme, hurla Raphaël hystérique. Comment veux-tu que je me calme ? Je suis à deux doigts de peter un câble et toi tu veux que je me calme ? Tu en as encore beaucoup des comme ça ?

Soudain, Daevlyn remarqua que le souffle était en train de manquer à Raphaël. La respiration sifflante, il était en train de suffoquer par le manque d’air.

Daevlyn s’approcha de lui mais fut vite repousser par les coups violents lancés à l’aveuglette par l’adolescent. Raphaël faisait une crise de panique :

- Respire Raphaël… Je t’en prie calme-toi… tu es entrain de t’étouffer… Raphaël respire putain ! Cria à son tour l’adulte complètement paniqué, impuissant face à son amant qui s’étouffait.

A l’entente de ses mots, Suzanne sauta de sa chaise et se précipita au salon, suivit de près par Pierre et les enfants. Daevlyn était réellement paniqué, il ne savait plus quoi faire, et voyait l’adolescent dépérir sous ses yeux.

Suzanne poussa un cri de terreur. Réagissant le premier, Pierre se précipita vers Raphaël et lui compressa un point anatomique de sa poitrine. Aussitôt, l’adolescent inspira bruyamment une grande bouffée d’air, tandis que Daevlyn faisait de même, soupirant de soulagement et de peur. Il se précipita vers l’adolescent et le prit dans ses bras, pleurant de peur et de soulagement, ses larmes se mêlaient aux sanglots de l’adolescent, qui frappait le dos de l’adulte, de coups de poings de rage et de désespoir, mais trop faiblement pour vraiment lui faire mal. De toute façon Daevlyn, dans son état actuel, aurait bien pus supporter plus, du moment qu’il pouvait serrer l’adolescent vivant dans ses bras.

Des gémissements d’animal blessé s’échappait de la gorge de l’adolescent, compressant la poitrine de Suzanne et Daevlyn qui étaient totalement impuissants face à la détresse et la douleur de l’adolescent.

- Pardonne-moi Raphaël… pardonne-moi de n’avoir pas vu à quel point tu souffrais… J’aurais dû voir que tu étais à bout… J’aurais dû faire en sorte qu’il ne revienne pas… Je t’en prie, pardonne-moi mon ange, sanglota Daevlyn enfouissant son visage dans les cheveux détachés de l’adolescent.
Les sanglots de Daevlyn se tarirent bien avant ceux de l’adolescent. Lorsque enfin les pleurs de Raphaël cessèrent, Daevlyn s’aperçut qu’il venait de s’endormir dans ses bras. Délicatement, il passa un bras sous son cou et l’autre au creux des genoux et le porta dans leur chambre. Morgan et Abby s’écartèrent vivement pour le laisser passer, tandis que Suzanne emboîtait le pas à Daevlyn, intimant l’ordre aux autres de rester en bas.
Passant devant l’amant de son fils, elle ouvrit la porte de la chambre et tira les draps du lit afin que Daevlyn puisse l’y allonger l’adolescent. Ensuite, elle retourna fermer la porte et revient auprès de Daevlyn qui avait entreprit de déshabiller son jeune amant. Suzanne allait lui poser des questions, c’était inévitable. Qu’allait-il lui dire ? Il n’avait maintenant plus le choix… Elle devait savoir. Ce secret ne pouvait plus durer. Pour Raphaël, il le ferait, même si celui-ci lui en voudrait, Daevlyn pensa qu’avec un peu de temps, il comprendrait le geste de son amant.
- Je crois que j’ai droit à des explications non ? Demanda la jeune femme d’une voix douce mais ferme.

Daevlyn ne répondit rien, faisant passer le t-shirt de Raphaël par-dessus sa tête, dévoilant à sa mère son torse et ses bras striés de cicatrices plus anciennes les unes que les autres. Un cri muet s’échappa des lèvres e la jeune femme face à l’horreur qui se dévoilait à ses yeux et Daevlyn déclara d’une voix posée :
- Autant commencer par le commencement non ?
La jeune femme se contenta d’hocher positivement la tête en signe d’acquiescement et Daevlyn reprit, ayant tout de même beaucoup de difficultés à redire à voix haute tout ce que son ange avait vécu :
- Lorsque Raphaël est arrivé au centre, il ne parlait pas et n’acceptait personne à moins de trois mètres de lui. Il se mettait à crier à chaque fois que quelqu’un l’effleurait par mégarde. Très vite, les autres ados du centre en ont fait leur bouc émissaire, trouvant en lui la victime idéale. J’ai obtenu de la part de Sébastien la permission de m’occuper seul de lui et après plusieurs semaines sans parvenir à aucun résultats, il a commencé à me parler, mais toujours sans accepter le moindre contact. Un matin, j’ai retrouvé Raphaël les bras charcutés et à demi conscient, poursuivit l’adulte, en simplifiant un peu les faits. On l’a aussitôt fait transporté à l’hôpital…
- Qui est ce ‘il’ dont Raphaël faisait mention tout à l’heure ? Interrogea la jeune femme qui palissait à vue d’œil au fur et à mesure que Daevlyn avançait dans son récit.
- J’y viens, et je pense que tu devrais t’asseoir… Je ne vais pas y aller par quatre chemins… Quand il s’est réveillé à l’hôpital, ce n’était pas Raphaël qui était là, mais Asiel…
Un grand silence suivit cette déclaration avant que Suzanne finisse par demander d’une voix hésitante :
- Asiel ? Tu… Tu veux dire que…
- Oui, termina calmement Daevlyn. Raphaël souffre de dédoublement de personnalité. Cependant, cela faisait plusieurs mois qu’il n’était pas réapparut… Je pense que s’il est apparut tout à l’heure c’est parce qu’inconsciemment, Raphaël à dû le lui demander… Connais-tu la raison de la présence de Raphaël dans ce centre ? Demanda alors Daevlyn.
- Non, je… Il n’a jamais voulu me le dire…. Chaque fois que j’abordais le sujet, il déviait la conversation ou se renfermait sur lui-même, alors j’ai finis par arrêter de chercher à savoir…
Daevlyn allait passer à la phase la plus dure de la révélation. Comment une mère pouvait-elle entendre cela au sujet de son propre enfant…
- Ce centre à la particularité d’accueillir des adolescents à problèmes, notamment ceux qui ont commis un meurtre…
- Un meurtre ? répéta Suzanne incrédule.
Daevlyn se contenta d’hocher affirmativement la tête et retenant un cri d’horreur, Suzanne plaqua ses mains sur sa bouche alors que dans son esprit, les morceaux se recollaient :
- Oh mon Dieu… Raphaël…. C’est Raphaël qui a tué son père…
- Pas tout à fait… Tu es déjà au courant de ce qu’a fait subir son père à Raphaël… Un jour, Asiel est apparut sans crier garde et à poignarder son père alors qu’il…
La voix de Daevlyn se noua dans sa gorge et Suzanne étouffa un sanglots, sans parvenir à détacher son regard du visage de Raphaël qui dormait paisiblement. Daevlyn n’arriverait pas à en dire plus. Chaque jour, la douleur était aussi vive. Si Asiel n’avait pas tué cet homme, Daevlyn l’aurait fait mourir dans les pires circonstances possible. Cet homme avait détruit à jamais quelque chose dans l’adolescent. La blessure serait toujours visible, même sous la forme d’une cicatrice, jamais elle ne disparaîtrait. Raphaël porterait toujours la trace de ce sombre passé, même si Daevlyn était aujourd’hui à ses côtés pour l’y aider.
- Je n’arrive pas à y croire… Comment est-ce possible ? Sanglota Suzanne en s’agenouillant au chevet de son fils, prenant sa main dans la sienne. Tout ceci est de ma faute… Si seulement je n’étais pas partie… Si seulement je l’avais emmené avec moi au lieu de le laisser à la garde de son père… Je me sens tellement coupable… Je te prie de me pardonner Raphaël… Je t’en prie, pardonne-moi…
Touché par la détresse de la jeune femme, Daevlyn s’agenouilla à ses côtés, et Suzanne se laissa aller dans ses bras pleurant toutes les larmes de son corps. Ils restèrent un long moment ainsi enlacés, pleurant sur le sort de cet être qu’ils aimaient tous deux de tout leur coeur.
Ce ne fut que bien plus tard qu’ils redescendirent au salon où ils furent accueilli par Pierre qui demanda d’une voix qui cachait mal son inquiétude :
- Comment va-t-il ?
- Il dort. Il a besoin de se reposer. Cela fait quelques jours qu’il a le sommeil agité, répondit Daevlyn d’une voix qu’il voulait calme et posée mais qui cependant, cachait bien mal son inquiétude et sa propre fatigue. Il ne pouvait que culpabiliser de ce qui arrivait. S’il avait été plus attentif, jamais tout cela ne serait arrivé.
Chacun prit place dans un fauteuil, les jumeaux assis l’un à côté de l’autre dans le canapé, Suzanne souffla longuement puis prit la parole :
- Cela fait une semaine que cette situation perdure et cela ne peut plus durer. Je ne veux plus jamais qu’une telle scène se reproduise sous mon toit, me suis-je bien fait comprendre ? demanda Suzanne d’une voix calme mais déterminée. Je n’ai rien dit tout ce temps, pensant que cela allait se tasser, mais visiblement, ce n’est pas le cas. Je n’ai pas pour habitude de sévir et vous le savez très bien, mais je ne peux pas laisser passer quelque chose d’aussi grave. Avez-vous seulement conscience de la gravité de la situation ? Interrogea-t-elle toujours calmement. Alors voila, je vais mettre les choses au clair en espérant ne plus avoir à le refaire. Même si Raphaël ne vit pas avec nous toute l’année, il n’en est pas moins mon fils et ici chez lui. J’aimerais que vous l’acceptiez comme tel et que vous cessiez vos gamineries ! Raphaël est mon fils et pour rien au monde je n’accepterais que vous le laissiez à part. Il a autant sa place que vous dans cette famille et dans cette maison, est-ce clair ? Ajouta la jeune femme en commençant à perdre son calme et à hausser la voix. Vous avez quel âge pour agir de la sorte ? Abby, Morgan, répondez-moi ! C’est quoi qui vous gêne chez lui ? A-t-il eut ne serait-ce qu’une fois des paroles blessantes envers vous ? Non ? Alors pourquoi est-ce que vous vous acharnez sur lui de cette façon bordel ? Cela ne vous est jamais venu à l’esprit qu’en plus de le blesser lui vous me blessiez moi aussi ? Vous croyez que cela m’amuse de voir mes enfants se bouffer le nez à longueur de journée ? Cria Suzanne à présent hors d’elle.
Après un moment de silence durant lesquels ont entendit voler les mouches, elle reprit plus calmement :
- J’ai vécu trop longtemps loin de Raphaël et je ne veux plus jamais que cela arrive. Je suis désolée Pierre, ajouta-t-elle en se tournant vers l’homme qu’elle aimait sans chercher à dissimuler les larmes qui coulaient sur ses joues. Je t’aime, mais je ne veux pas avoir à me séparer de mon fils à cause de votre comportement puéril, déclara-t-elle en faisant de nouveau face aux jumeaux. Si vous ne parvenez pas à faire en sorte que tout se passe bien entre nous, alors je partirais. Je suis prête à sacrifier mon bonheur pour faire le sien.
Un cri d’horreur se fit entendre dans leur dos, et tous se figèrent en voyant Raphaël descendre les escaliers et se précipiter vers sa mère et se jeter dans ses bras en sanglots :
- Naaan… Je veux pas… Je veux pas que tu sacrifies ton bonheur pour le mien… Tu as le droit d’être heureuse toi aussi… Cesse de ne penser toujours qu’à moi et vit pour toi… Je t’aime Maman, mais si tu fais cela, plus jamais je ne pourrais me regarder dans un miroir… Moi j’ai Daevlyn en plus de t’avoir toi, mais toi, ton bonheur est ici, auprès de Pierre et de tes enfants… Je t’aime Maman, répéta l’adolescent, mais je préfère partir plutôt que de te savoir malheureuse à cause de moi…
- Ecoute Raphaël, ma décision est prise et je ne changerais pas d’avis. Je suis désolée…
- Désolée ? Tu te fous de moi ? S’exclama l’adolescent en s’arrachant vivement à l’étreinte de Suzanne.
- Calme-toi Raphaël, tenta Suzanne, un peu dépassée par la réaction violente de son fils. Je ne veux plus te voir souffrir… Tu as déjà bien trop souffert par le passé… Non ! S’exclama-t-elle en voyant Raphaël ouvrir la bouche pour parler. Daevlyn m’a tout expliquer pendant que tu dormais… Plus jamais ! Tu m’entends ? Plus jamais je ne t’abandonnerais ! J’ai été forcée de le faire une fois, ne m’arrache pas le coeur en me forçant à le faire une seconde fois !
Daevlyn regretta à l’instant même de lui avoir parler tout de suite. Raphaël était bien trop fragile pour affronter tout de suite le regard de sa mère qui maintenant savait…
- Que… Quoi ? Bégaya l’adolescent incrédule. Je… Daevlyn ? Répéta-t-il d’une petite voix.
Délaissant sa mère, il marcha rapidement en direction de son amant qui s’était levé, s’attendant eu pire :
- Toi ! S’exclama-t-il furieux. Pourquoi est-ce que tu lui as dit ? Tu m’avais promis ! Tu m’avais promis de ne rien dire, sanglota l’adolescent. Je te déteste, gémit-il en frappant faiblement le torse de son amant, toute force semblant l’avoir abandonnée.
Les mots étaient mille fois plus dur que les coups. L’entendre dire cela lui déchirait le cœur. Même si c’était sous le coup de la colère, l’adolescent semblait vraiment le penser.
- Je te déteste, répéta l’adolescent en sanglot, le visage enfoui dans la chemise de Daevlyn qui ne pouvait que le tenir fermement contre lui.
- Je sais… Je sais Raphaël… déteste-moi tant que tu veux, mais laisse sortir tout ce que tu ressens… Ne garde pas cela pour toi, répondit calmement l’adulte, d’une voix posée et rassurante.
Il fallait avant tout qu’il se calme. Raphaël était trop épuisé pour supporter d’avantage. La frontière qui séparait son esprit de la folie était maintenant aussi mince qu’un fil.
Raphaël pleurait toujours dans les bras de son amant lorsque la voix de Suzanne retentit dans son dos :
- Comment veux-tu que je reste indifférente Raphaël… Après tout ce que j’ai vu… Ton corps… Ce que t’as fait subir ton père et…
La jeune femme ne put aller plus loin, sa voix se noua dans sa gorge, retenant un sanglot.
A ces mots, Daevlyn sentit tous les muscles de Raphaël se contractèrent violemment. Il fut repousser violemment par l’adolescent. Il plaqua ses mains sur ses oreille, tandis qu’un cri d’animal blessé, tel le chant du cygne, s’échappait de ses lèvres entrouvertes. Son corps secoué de spasmes violent, semblait être devenu le terrain de jeux d’un duel sans merci entre lui et sa conscience. Daevlyn vit Suzanne tentait de s’approchait de lui, et craignant pour la vie de la jeune femme et pour son jeune amant, il s’écria :
- Ne t’approche pas de lui !
Quelques instant plus tard, Raphaël redevient calme, et lorsque après s’être relevé, il plongea son regard dans celui de Daevlyn, il comprit…

Asiel le fixait de toute sa hauteur, un sourire emprunt de toute sa fierté et son orgueil se dépeignant sur son visage. Si Daevlyn n’avait pas été habitué, il aurait frémit comme tous les autres devant la fureur qui émanait de l’adolescent. A l’expression froide qu’il abhorrait, Daevlyn comprit qu’Asiel lui en voulait énormément d’avoir fait souffrir ainsi Raphaël. D’un ton qui transpirait l’ironie, Asiel s’adressa à Daevlyn :

- Bonsoir Daevlyn chéri, ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vu, quel plaisir de pouvoir de nouveau te parler.

Daevlyn pressentait que tout cela n’était qu’apparence. L’adolescent si sûr de lui souffrait le martyre. Mai surtout, il en voulait à Daevlyn ses onyx brûlant lui envoyaient de la haine à l’état brut. L’adulte savait pertinemment que s’il était encore en vie face à lui, c’était grâce à l’amour que lui portait l’adolescent.

Asiel n’avait pas besoin de parler. Daevlyn se sentait comme à la veille de son grand jugement. La première chose qu’il devait faire, c’était éloigner Asiel d’ici. S’entretenir seul à seul avec lui était la seule solution pour que rien de grave n’arrive. Déjà les yeux meurtriers de l’adolescent avaient glissés vers Morgan et sa sœur. Sans réfléchir particulièrement, il attrapa Asiel par le bras et l’attira avec lui dans le couloir, après un dernier regard à toute l’assemblée qui avait assisté ahurie à toute la scène. Suzanne semblait dévastée, mais il n’avait pas le temps de s’en occuper pour le moment.  A son plus grand étonnement, Asiel ne lui opposa aucune résistance, et c’est ainsi qu’ils se retrouvèrent tous les deux dans la chambre.

Daevlyn ferma précautionneusement la porte, ne sachant pas ce que les foudres de l’adolescent allaient pouvoir lui réserver. Après tout, il les méritait, il venait de trahir Raphaël et Asiel par la même occasion.

A peine eut-il le temps de se retourner qu’il reçut une gifle très violente de la part de Asiel. Il encaissa le coup, sans répliquer. Une marque rouge apparaissait progressivement sur sa joue qui déjà le brûlait. Une chose le surprit alors, l’adolescent était au bord des larmes. Il savait qu’il parviendrait à se retenir, mais ce n’était encore une fois que la preuve que l’union ultime de Raphaël et Asiel était proche. Asiel devenait de plus en plus sensible, simple reflet de Raphaël en lui. Daevlyn devait parler, l’adolescent n’attendait que cela : l’entendre pour lui verser son venin par la suite :

- Je… Je n’avais pas le choix… commença-t-il, peu sur de lui.

- On l’a toujours Daevlyn ! Trouve une autre excuse mon cœur !

Daevlyn inspira profondément. Il pouvait supporter l’adolescent, il avait déjà encaissé sa gifle, mais cela commençait vraiment à être trop. Sans se départir de son calme, il déclara :

- Et quoi ? Tu voulais garder le secret toute ta vie ? Ta mère devait savoir Asiel ! Elle en avait le droit. C’est vrai que c’était à vous de choisir le moment pour lui annoncer, mais dans ces circonstances, aurais-je dû continuer à lui mentir ? Si je ne l’avais pas dis, jamais vous n’auriez trouvé le courage pour le faire.

- Il valait mieux qu’elle ne sache pas ! hurla presque Asiel. Elle n’aurait jamais du savoir ! Raphaël ne peut plus supporter ce regard. Tu lui a montré plus que sa propre âme ! Cette culpabilité dans les yeux de Suzanne, pour Raphaël c’est insoutenable !

Daevlyn tiqua. Pourquoi ne disait-il pas sa « mère » à la place de Suzanne ? Pourquoi cette distance ? Il en profita pour demander.

- Suzanne ? Pourquoi tu emploies ce nom ? C’est ta mère !

- Vas-t-en ! hurla Asiel. Je ne veux plus t’entendre. Sors d’ici !

Daevlyn sentit que l’adolescent ne plaisantait pas. S’il lui demandait de sortir, c’était uniquement pour se retenir de ne pas se jeter sur lui. Asiel avait besoin d’être seul, et Daevlyn accéda à sa requête. Il souffla tout de même quelque mots avant de sortir :

- Laisse lui le temps de te connaître, et elle t’aimera aussi fort qu’elle aime Raphaël. Suzanne est aussi ta mère…

Daevlyn emboîta le pas de la porte et marcha dans le couloir, dans le but de rejoindre les autres. Il s’arrêta cependant un instant, s’adossant au mur, les mains tremblantes. Ses retrouvailles avec Asiel avaient étprouvantes et il allait maintenant devoir affronter la mère angoissée ainsi que le reste de la famille.

Il mit un du temps avant de se ressaisir. L’amour qu’il éprouvait pour lui était sans limite. Il avait apprit à connaître Asiel, et l’avait aimé tout comme il aimait Raphaël. Suzanne réagirait de la même manière, il lui fallait juste du temps. Cela lui prouvait encore une fois qu’Asiel  était plus que sensible et que sa colère et sa hargne n’était qu’une carapace. Il avait tout simplement besoin d’amour, plus que d’autres personnes. Daevlyn prit sur lui et finit par s’écarter du mur afin de rejoindre la famille de Raphaël.

Suzanne était seule dans le salon, Pierre devait être en train de parler aux enfants. Elle était assise sur le canapé, et leva les yeux vers Daevlyn lorsque celui-ci vint prendre place à ses côtés.

- Je crois que vous ne m’avez pas tout dis… Comment tout cela ! C’est… Je ne m’imaginais pas tout cela…

Ne voulant pas faire deux fois la même erreur, Daevlyn lui répondit :

- Je pense qu’il vaut mieux que vous en parliez directement avec Asiel.

Ainsi, pensa-t-il, il ne le trahirait pas. Les mots blessants d’Asiel lui revenait en mémoire et lui étaient maintenant douloureux.

- Asiel, c’était donc lui que nous avons vu ?

- Oui, souffla Daevlyn, allez lui parler, il a besoin de vous.

- Mais je… prononça-t-elle d’une voix qui trahissait son appréhension.

- Il ne vous fera rien, ce n’était que l’extérieur que vous avez vu. Il m’en veut énormément, pas à vous.

Suzanne acquiesça et se leva, laissant Daevlyn seul avec lui-même. Il comprenait la souffrance et la douleur d’Asiel. Après tout, pour lui, qu’allait voir Suzanne en lui à part un meurtrier.

Daevlyn resta seul dans le salon pendant un moment, la tête entre les mains. Le bonheur qui leur avait été offert pendant un temps exceptionnellement long leur était de nouveau enlevé. C’était normal qu’il cesse un instant ; sa trahison, car c’était bien cela qu’il avait fait, le rongeait. Il avait cédé à la confession… Il se mettait même à douter d’avoir bien fait…

Le temps lui parût incroyablement long, Suzanne ne revenait toujours pas. De quoi parlaient-il ? Est ce que Asiel l’avait accepté ? Si c’était le cas, Daevlyn ressentit un pointe de jalousie. Lui, avait mit bien plus de temps à se se faire accepter et aimé d’Asiel. Comble de la malchance, il entendit quelqu’un s’approcher de lui et lorsqu’il vit Abbygaïl, il ne put s’empêcher de soupirer légèrement.

Elle vint s’asseoir à côté celui. Daevlyn ne prononça pas un seul mot, il n’était pas en état de faire des efforts. Son esprit était bien trop empli de son jeune amant.

- Je… Commença-t-elle, d’une voix timide que Daevlyn ne lui connaissait pas.

- Tu ? Demanda Daevlyn qui n’avait aucune patience pour le moment.

- Je tenais à m’excuser pour tout ce que j’ai fait depuis le début. Je ne savait pas que Raphaël et vous… Enfin ça m’a fait un choc… Et c’est sous le coup de la colère que… J’avoue, je suis jalouse de Raphaël, et je m’en veux d’avoir fini par causer tout cela…

Daevlyn ne savait pas vraiment quoi lui dire. Sa colère vis à vis d’elle s’était déjà apaisée. Mais il lui en restait encore. Ce n’était pas avec de simples paroles que l’on pouvait être totalement pardonné, mais c’était déjà un bon début. Il tenta de lui sourire, et lui répondit, ayant tout de même l’expérience au vu de son métier :

- Merci, je sais que cela a dut te demander beaucoup de venir me dire tout cela. Mais ce n’est pas à moi qu’il faut uniquement parler. Raphaël a vraiment été blessé de ton comportement, aussi bien du tien que celui de Morgan. J’aimerais, uniquement quand tu seras prête et surtout convaincue que cela est nécessaire, que tu ailles t’excuser de tes actes.

Suzanne qui avait finit son entretien avec Asiel, se tenait sur le pas de la porte et les observait depuis quelques minutes.

- Je… D’accord répondit Abby. Merci Daevlyn…

Abbygaïl se leva et sortit de la pièce, Daevlyn leva les yeux et vit Suzanne qui lui souriait.

- Comment ça s’est passé ? demanda aussitôt Daevlyn. Est ce qu’il va bien ? Il a bien réagit ?

- Disons que je lui ait surtout parlé et qu’il m’a gentiment écouté. Il ne m’a que très peu parlé. Mais au moins j’ai pu le rassurer sur ce que je pensais de lui et…

Le silence tomba entre les deux adultes, durant de longues minutes. Puis Suzanne finit par dire.

- Je suis désolée, je vais aller me coucher, je suis épuisée.

- Bonne nuit Suzanne, repose-toi, tu en as besoin.

- Merci Daevlyn, j’espère que cette nuit sera reposante pour toi aussi.

Daevlyn attenti un moment seul dans la pièce. Il n’osait retourner tout de suite dans la chambre.

- Merci Daevlyn, j’espère que cette nuit sera reposante pour toi aussi.

Daevlyn attendit un moment seul dans la pièce. Il n’osait retourner tout de suite dans la chambre. Après tout, qu’est ce qui lui prouvait qu’Asiel accepterait sa présence. Longtemps, il se remémora la scène des aveux, réfléchissant aux autres manières d’agir qu’il aurait pu utiliser. Est-ce que Raphaël en aurait moins souffert ? Une chose cependant était sûre, à l’instant même où il l’avait revu, son corps brûlait de la même intensité pour lui, et le rejet de cet amour lui pesait sur la poitrine. C’est après deux longues heures qu’il se décida à montrer dans la chambre. Il n’allait pas rester là toute la nuit, il était lui aussi épuisé par les évènements, et le rejoindre était l’unique solution. Il se devait de l’affronter et de lui faire face. Fuir n’arrangeait rien et il avait laissé assez de temps à Asiel seul.

Ce fut la boule au ventre et la mort dans l’âme qu’il se leva et retourna dans la pièce ou se trouvais son amant. Tout doucement, il ouvrit la porte, ne voulant pas prendre le risque de le réveiller s’il s’était endormi. Il l’espérait d’ailleurs de toute ses forces et se trouvait même ridicule d’être aussi lâche. Pourtant, il ne pu réprimer un soupire de soulagement lorsqu’il le vit étendu sur le lit à côté du sien, les yeux clos. Cependant, cela pouvrait qu’Asiel lui en voulait encore énormément, puisqu’il ne se mettait pas dans le même lit commun ? Il se dévêtit, gardant uniquement son boxer. Tournant le dos à Asiel, il lui sembla un instant que les yeux de l’adolescent étaient posés sur lui. Il se retourna et constata qu’au vu de sa respiration lente et régulière, de ses yeux clos, cela n’avait été que le fruit de son imagination.

Daevlyn alla se glisser dans les draps du lit voisin, faisant un maximum pour ne pas faire de bruit. Lorsqu’il fut allongé, il ferma les yeux, ne souhaitant qu’une chose, dormir pour oublier un instant tous les problèmes présents.

Seulement, il n’y parvint pas. Il avait beau fermer les yeux, tenter de détendre un à un ses muscles, son esprit restait désespérément éveillé.  A une heure bien avancée de la nuit, Daevlyn ne dormait toujours pas. Il tournait le dos au lit d’Asiel, craignant même de le regarder dormir. C’est alors qu’il sentit le lit s’affaisser au niveau de son dos. Sans

trop réfléchir, il se tourna et tomba nez à nez avec l’adolescent qui fondit en larme dans son cou. Un court instant, il sembla à Daevlyn que Raphaël était revenu, mais il avait bien vu dans la pénombre ses yeux noirs.

Sans trop savoir s’y prendre, et d’un geste assez maladroit, il entoura Asiel de ses deux bras, avant de le consoler comme il l’avait si souvent fait avec Raphaël. Asiel craquait, versant sa peine et sa colère, collé tout contre Daevlyn.

Il lui murmura longuement des mots d’amour et de réconfort, caressant son dos de haut en bas. Les pleurs d’Asiel étaient déchirant, et scindaient à chaque fois un peu plus le cœur de l’adulte. Tout comme Raphaël l’avait fait, Asiel finit par s’endormir au creux de ses bras, épuisé par sa crise de larmes. Daevlyn le serrait fort, et il lui sembla entendre un « je t’aime », à peine murmuré.

Maintenant en contact avec l’adolescent, Daevlyn trouvait bien plus de facilité à s’endormir. Il sombra de longues minutes plus tard, dans un profond sommeil.

Tous deux se réveillèrent dans la même position. Asiel s’écarta légèrement, avant de plonger ses yeux dans ceux de l’adulte. A la lueur qui régnait dans ses yeux, Daevlyn comprit qu’il lui en voulait encore. Alors qu’Asiel allait se lever sans un mot, Daevlyn se redressa légèrement et l’attrapa par le bras.

- Asiel, reste s’il te plait.

- Pour quelle raison ? dit-il, retrouvant son air glacial qui fit froid dans le dos à Daevlyn.

- Il faut qu’on parle.

- Et si je n’en avais pas envie, répliqua Asiel.

- Ce n’est pas une question d’envie Asiel, tu en as plus que besoin.

- Et qu’est ce qui te fait dire cela ? dit-il d’un air empli d’arrogance.

- Cette nuit en est la preuve… se risqua à dire Daevlyn.

Heureusement, Asiel ne réagit pas violemment. Au contraire, cette phrase lui fit certainement prendre conscience que Daevlyn était plus qu’inquiet pour lui.

Il chercha lamentable quelque chose à ajouter, jusqu’à ce que l’idée lui vienne.

- Je ne pense pas que tout cela est été une si mauvaise chose. Ta plus grande crainte Asiel, était de te faire rejeter pas ta mère, mais est-ce que cela a été le cas ? Est ce que Suzanne te hais et voit en toi une meur…

Ses paroles furent interrompues par les lèvres d’Asiel . Par ce baiser, Asiel semblait lui donner son pardon. Lentement, il vint quémander l’entrée de ses lèvres afin d’y rejoindre sa langue jumelle. Le baiser fut électrique, bien plus fougueux et osés que ceux échangés avec Raphaël. Un désir tout autre, d’un degré non comparable, à la fois

pareil et différent… Asiel lorsqu’il le voulait, était une véritable invitation à la débauche et à la luxure. Les mains déjà baladeuses passaient et repassaient sans cesse sur le corps de l’autre, dans une volonté d’appuyer sa toute puissance. Les deux êtres menaient un combat afin de savoir qui allait prendre le dessus. S’il s n’avaient pas entendu

quelques coups déjà frappés à la porte, Asiel et Daevlyn seraient allés bien plus loin. Ils s’écartèrent, avant que Daevlyn ne dise à l’intrus qu’il pouvait entrer. C’était Suzanne. Elle resta sur le pas de la porte, jetant un coup d’œil sur chacun d’eux, semblant évaluer la situation.

- Le petit déjeuner est prêt. Pierre, les enfants et moi allons bientôt partir. Les enfants vont à l’école et nous allons travailler…

- On arrive, répondit Daevlyn avec un sourire.

Asiel et Daevlyn descendirent donc peu de temps après et prirent place à table dans un silence monastique. Et c’est dans ce même silence que dura tout le repas. Tous étaient pressés, et ne perdirent pas de temps, laissant finalement Asiel et Daevlyn seul. Pendant tout le petit déjeuner, Abby et Morgan avaient évité le regard brûlant d’Asiel qui quant à lui, avait évité celui de sa mère.
Se retrouvant maintenant tous les deux, Daevlyn lui demanda :
- Tu veux faire quelque chose de particulier, ou passer une journée tranquille pour se reposer tout les deux.
- Passer une journée tous les deux, oui, mais pas pour se reposer…
Asiel lui envoya un regard tellement brûlant de sous-entendu que Daevlyn préféra se lever et dire légèrement bégayant.
- Je.. Je vais prendre une… douche… A tout de suite.
Il ne pouvait nier qu’il lui aurait bien sauté dessus à l’instant. Il ne savait d’ailleurs pas comment il avait fait pour se lever et sortir d’ici, sans le prendre là tout de suite dans la cuisine. Leur baiser échangé avait fait renaître en lui un désir plus que bestial. L’envie d’être possédé était elle aussi tout aussi puissante. Asiel était le seul qui avait jamais eu la chance et le privilège de le prendre. Ce n’était qu’avec Asiel qu’il se mettait à ressentir ce besoin ; une envie si puissante qu’elle en devenait une nécessité. Depuis l’instant même où Asiel avait posé les yeux sur lui, il se mourait de désir.
Le rythme cardiaque accéléré par le désir, Daevlyn marcha jusqu’ à la salle de bain. Là, il se dévêtit, et attendit que l’eau soit suffisamment chaude, avant de pénétrer dans la cabine de douche. Il l’appréciait particulièrement, elle était bien plus spacieuse que celles du centre. Bientôt, la buée vint se coller contre la paroi, et Daevlyn profitait des bienfaits de l’eau brûlante coulant sur son corps. Alors qu’il allait attraper le savon, il lui sembla entendre un bruit de porte qui s’ouvre et se referme. Mais l’épaisse buée l’empêchait de vraiment voir. Sans chercher vraiment à y prêter attention, il poursuivit son action. Alors qu’il allait poursuivre tranquillement sa douche, il sentir soudain une présence derrière lui, et un assaut d’air frais pénétrer dans la cabine comme si l’on venait d’ouvrir la porte de douche et la refermant aussitôt. Il eut juste le temps de tourner la tête, qu’Asiel avait déjà prit possession de ses lèvres. Se jetant tout contre sa peau mouillée, Asiel se collait tout contre l’adulte qui répondit intensément à son baiser, guidé par la fougue qui prenait naissance au creux de ses reins.
Asiel était encore habillé, mais tous deux s’en moquaient ouvertement. L’eau imprégnait ses vêtement progressivement, sol collant sensuellement à sa peau. Ses mains se crispaient sur le dos nu de Daevlyn. L’adulte se sentait transcendé par le désir pur du corps de son vis à vis. Son envie de posséder Asiel était finalement plus forte que celle de se faire prendre et il le fit clairement ressentir dans ce baiser. Un réel conflit se déroulait entre leur langue.
Asiel finit par s’écarter légèrement, semblant vouloir se débarrasser au plus vite de ce t-shirt qui lui collait à la peau et qui était un obstacle. Cependant, il prit tout son temps pour le faire. Daevlyn pouvait voir l’adolescent à quelques centimètres de lui, passer lassivement ses mains sous son t-shirt. L’eau avait ruisselée sur quelques unes de ses mèches défaites, et donnait à Asiel un visage encore plus érotique. Daevlyn se mordit la lèvre inférieure en un regard appréciatif au sujet du corps de son vis à vis. L’adolescent était plus beau que jamais. Orgueilleux de l’amour qui cet être lui portait, Daevlyn se sentait doucement envahi de ce sentiment nommé béatitude…
Asiel finit par remonter avec un lenteur plus qu’exagérée son t-shirt, prenant bien soin de lui lancer un regard aguicheur et lourd de sens. La température était maintenant insoutenable. Daevlyn avait chaud comme jamais et l’eau bouillante coulant sur son dos n’était pas l’unique responsable. Un à un, les vêtements d’Asiel tombèrent dans le bac de douche, perdant toute importance à leur yeux à l’instant même où ils quittaient les mains de l’adolescent. A aucun moment Daevlyn n’avait osé poser les mains sur le corps de l’adolescent, se contentant malgré la difficulté de ses yeux qui passaient et repassaient sur le corps délicat de l’adolescent. Asiel s’était parfaitement prêté au jeu. Lorsqu’il se retourna totalement nu, il mit un temps avant de reprendre leur baiser. Un regard intense était échangé, un regard qui parlait à leur place. Le déclic fut simultané, chacun repris au même instant la route des lèvres de l’autre. Les bras d’Asiel passèrent autour du cou de l’adulte, l’attirant encore plus près pour leur baiser. Les mains de Daevlyn se posèrent à leur tour le long de la peau satinée et zébrée de l’adolescent. Toutes ces citatrices faisant maintenant partie de l’adolescent pour Daevlyn et y étaient indissociables, jamais il ne pourrait l’imaginer dans. En rien il ne trouvait que cela faisait défaut à sa beauté, au contraire ; l’adolescent était le plus beau de tous à ses yeux, et il le lui faisait clairement ressentir par toutes ses attentions.
Grisé par l’intensité de ce simple baiser, Daevlyn sentait sa tête tourner. Ses mains, tout comme celles d’Asiel se laissent aller à glisser et caresser son corps, s’aventurant comme pour la première fois. Jamais la lassitude ne les avait gagné. L’eau pleuvait sur leur corps, leur offrant milles autres sensations. Plusieurs fois leur langue se séparèrent pour aller couvrir de douceur et de plaisir le cou et les épaules de l’autre, attisant à chaque fois un peu plus leur désir mutuel. Cependant, lorsque Daevlyn était en train d’embrasser les joues de l’adolescent, il leur trouva un étrange goût salé. Il s’écarta aussitôt, cessant toute action, comprenant que l’adolescent pleurait. Il était impossible d’aller plus loin si Asiel était dans cet état.
- Tu pleures ?
A cette question l’adolescent fondit littéralement en larme, se jetant au cou de l’adulte qui l’entoura de ses bras puissants. Ses pleurs devinrent de plus en plus bruyant, déchirant le cœur de l’adulte. Il lâcha un court instant l’adolescent, et coupa l’eau de la douche. Il fallait le sortir d’ici, qu’ils puissent parler sérieusement. Asiel devait s’exprimer, Daevlyn ne pouvait supporter de le voir ronger par ce mal-être. Lentement, il souleva l’adolescent toujours en larme, accroché à cou. Il le sortit de la douche, attrapa une serviette, et tenta tant bien que mal de l’enrouler dedans. Asiel semblait avoir beaucoup de difficultés à s’écarter de Daevlyn, il le collait comme si sa vie en dépendait. Daevlyn du pourtant le forcer à le lâcher un instant. Très rapidement, il se sécha et enfila un t-shirt propre et un boxer. Il reprit Asiel dans ses bras qui n’avait pas bougé, toujours enroulé dans sa serviette, pleurant toute les larmes de son corps.
Il le souleva une deuxième fois et l’amena jusqu’à leur chambre. Là, il le posa délicatement sur le lit, et vint se coller à lui, rabattant la couverture sur leur deux corps afin qu’il ne prennent pas froid. Asiel enfoui son visage dans le cou de l’adulte, pleurant toujours bruyamment. C’est au bout de très longues minutes que l’adolescent commença à se calmer. Ne tenant plus de rester ainsi dans l’ignorance, Daevlyn se risqua à lui demander, murmurant dans son oreille :
- Dis moi Asiel, raconte moi ce qui ne va pas.
Sans s’écarter de lui, Asiel prit une inspiration et commença à parler :
- Je…
Daevlyn s’écarta un peu de lui, raffermissant tout de même sa prise, caressant lentement le dos de l’adolescent pour lui montrer qu’il était là, prêt à recevoir sa confession. Asiel détourna le regard, et ce fut les yeux embués de larme qu’il s’exprima enfin :
- Tu sais quel est le souvenir du passé qui me ronge le plus ?
Cette question n’attendait pas de réponse, si bien que Asiel poursuivit :
- Ce n’est pas le nombre de fois ou Raphaël hurlait à l’aide pendant que son père abusait de notre corps… Ce n’est pas non plus la sensation d’être déchiré que nous partagions bon nombre de fois lorsqu’il nous violait. C’est encore moins les coups que nous recevions chaque jour, ni la disparition de sa mère… C’est…
Sa voix se noua dans un sanglot bien trop dur à contenir. Après un temps il reprit, prenant un profonde inspiration :
- Je ne souviens de ce moment là, chaque jour… Raphaël m’a appeler tellement fort ce jour là… C’était la première fois qu’il faisait appel à moi aussi fort. Son corps tout entier faisait appel à moi, déchirait à la souffrance aussi bien morale que physique. Il voulait que je le libère enfin. Il ne pouvait le faire lui-même. Je me suis sacrifié pour lui… Si c’était à refaire, je le ferais sans aucune hésitation. C’était pour notre survie. La folie était devenu une voisine proche. C’était notre vie contre la sienne. Je me souviens avoir pris possession de son corps, avoir sentit pleinement ce qu’il ressentait à chaque fois. Je n’étais plus uniquement envahi de ses sentiments, cette fois-ci je ressentais comme lui ressentait. Je voulais que cela cesse à tout prix, tout autant pour lui que pour moi. Je me devais de le protéger comme il me l’avait si souvent demandé…
Un second silence suivit ce récit. Asiel semblait avoir besoin de temps. Daevlyn l’écoutait, les larmes aux yeux, ayant de plus en plus de mal à ne pas éclater en sanglot à son tour. Tout était bien trop dur à entendre. Jamais Asiel ne lui avait parler ainsi. Lorsque Asiel reprit la parole, il avait l’impression que jamais il ne pourrait entendre un mot de plus.
- J’ai saisi l’objet tranchant que Raphaël avait vu un peu avant. Je n’avais plus qu’un seul geste à faire. Notre père était bien trop perdu dans son plaisir personnel pour faire attention à ce que je me préparais à lui faire. Ses gémissements, ces mots durs… Plus jamais je ne voulais les entendre… J’ai saisi cette lame, et je l’ai enfoncée droit dans son corps, lui soufflant des mots que jamais Raphaël ne s’était risqué à prononcer. Pendant que sa vie le quittait en même temps que son sang qui coulait sur moi, je sentais son regard se décomposer. Jamais je n’ai vu autant de haine. J’ai… j’ai tout pris de plein fouet. Je me rappèle encore les battements de son cœur ralentir jusqu’à ce qu’ils cessent complètement. Cet instant fut très bref et pourtant il m’a parut durer des heures… Plus son sang coulait sur moi, plus je me sentais tâché du meurtre que j’étais en train de commettre. C’était trop tard, je ne pouvais plus rien faire. J’avais endurcie mon cœur durant toutes ses années pour réaliser cet acte, et pourtant je le sentais s’entredéchirer. J’avais tellement mal de souffrir de sa mort… J’aurais voulu céder à mes faiblesses, mais j’avais un rôle à tenir, être l’opposé de Raphaël, être le fort… Seulement est-ce que je le suis vraiment Daevlyn ? Et même si je le suis, maintenant c’est fini… Depuis l’instant même ou il t’a rencontré, j’ai su que cela signait ma fin…
Les yeux rougis, seuls des larmes muettes continuaient à couler inlassablement des yeux de Asiel. Daevlyn pouvait sentir sa souffrance, elle était telle qu’elle émanait de l’adolescent et envahissait l’adulte. Il avait mal…
Sa voix si grave raisonnait dans sa tête, l’enfonçant un peu plus dans la douleur de l’adolescent. Il s’en voulait tellement de ne pas avoir été là pour les protéger même s’il n’y pouvait rien. Il s’en voulait de voir Asiel souffrir autant et d’être totalement impuissant face à tout cela….
La voix de Asiel résonna de nouveau dans la pièce :
- Je sais que c’est égoïste de ma part de te demander cela… Mais… Je le sens, c’est la dernière fois que j’apparaîs, la dernière fois que je prends possession de ce corps. Raphaël n’a plus besoin de moi… Vous n’avez plus besoin de moi… Mais est-ce que je peux rester encore un peu à tes côtés avant de partir une dernière fois.
Si Daevlyn n’avait esquissait aucun geste jusqu’à maintenant, il ne résista pas cette fois-ci. Il l’attira tout contre lui, le serrant si fort qu’il aurait pu l’étouffer.
- Bien sur Asiel… Bien sur que tu peux rester encore un peu… Je t’aime Asiel… Merci de t’être ainsi confessé à moi, merci de ta confiance…
Asiel c’était enfin confié à lui sur cette partie de sa vie si délicate. Cela avait était tout aussi difficile pour Daevlyn mais il était heureux de l’avoir soulagé ne serait-ce qu’un peu. Ils restèrent longtemps ainsi enlacés, tous deux pleurant pour évacuer cet instant trop plein d’émotions. Puis, après un long moment, Daevlyn entendit Asiel lui murmurer à l’oreille :
- Fais moi l’amour Daevlyn… Fais moi l’amour avec la même délicatesse que tu emploies avec Raphaël, je veux me noyer sous ta douceur… Je t’aime Daevlyn…
Asiel semblait soudain si fragile. Pour la première fois depuis leur rencontre, Asiel lui mettait son cœur à nu, dévoilant bien au delà de son âme. Asiel s’offrait à lui, dans une ultime demande, à laquelle Daevlyn n’allait pas se refuser. Lentement, il fit basculer l’adolescent et se retrouva au dessus de lui. Leurs yeux se croisèrent, rappelant à l’un l’autre les larmes versées ce matin. L’amour qui unissait ces êtres étaient plus fort que tout.
Lentement, Daevlyn s’abaissa pour recouvrir les lèvres d’Asiel. Il employa toute la douceur dont il était capable, la même que sa première fois avec Raphaël. Il n’effleura pas tout de suite les lèvres d’Asiel avec sa langue, se contentant uniquement de la caresse de leurs lèvres. Souvent ils oubliaient ce simple plaisir produit par ce contact.
Les lèvres de son jeune amant étaient si douces et si chaudes. Après un temps, il se laissa guider par l’ambiance, et laissa aller sa langue à effleurer plusieurs fois les lèvres de l’adolescent, lui prodiguant des caresses plus sensuelles et douces les unes que les autres. Asiel était attentif à chaque geste, laissant Daevlyn mener la danse. Seul ses bras entouraient possessivement l’adulte, comme pour se raccrocher à lui.
Lorsqu’il jugea le moment venu, il commença lentement à quémander l’ouverture de la bouche de l’adolescent, souhaitant entrer en contact avec sa langue. Le contact de leur deux langues fut tel un choc que le battement de leur cœur en fut doublement augmenté. Langoureusement, Daevlyn pénétra à l’intérieur de sa bouche, entamant un ballet délicat avec Asiel. Tout comme ses paroles, Asiel semblait se laisser aller pour la première fois pleinement. Daevlyn avait même l’impression que c’était leur premier baiser. Comment une personne aussi sensible pouvait elle être aussi forte en apparence ? Lentement ses mains, restées jusqu’alors inactives, commencèrent à partir à la découverte du corps de l’adolescent, souhaitant éveiller progressivement tous ses sens.
Le corps nu de l’adolescent changeait au fur et à mesure de température. A chaque caresse, celle-ci augmentait un peu plus. A chaque attouchement, le corps d’Asiel était un peu plus réactif. Les mains du jeune homme se glissèrent sous le t-shirt de Daevlyn, souhaitant apparemment elle aussi toucher  la peau de son vis à vis. Les larmes avaient cessées de couler, seuls leurs yeux rougis étaient témoins de la crise précédente.
Sentant que son t-shirt commençait à être une gêne pour Asiel, qui semblait vouloir avoir accès à son corps entier. Il se redressa, dominant Asiel de sa hauteur, et enleva son t-shirt avec une lenteur calculée, dévoilant une à une chaque parcelle de son corps. Asiel en rougit de plaisir, passant lentement sa langue sur ses lèvres appréciant la vue. Daevlyn écarta le t-shirt une fois enlevé. Lorsqu’il se rabaissa, il prit bien soin de faire toucher son torse nu à lui de l’adolescent qui frissonna sous ce contact brûlant.
Leur baiser reprit, ainsi que la découverte de leur corps. Le but final était d’attiser le désir de chacun. Daevlyn, avec savoir faire, éveillait en Asiel chaque sens, le faisant gémir progressivement. Asiel, restant toujours égal à lui même, laissa glisser ses mains sur les fesses de Daevlyn, tandis que Daevlyn glissait ses lèvres dans son cou. Ses doigts s’attardaient sur le bout de ses tétons déjà durcis.
Plusieurs gémissements d’échappèrent des lèvres de l’adolescent qui commençait à onduler du bassin en un mouvement explicite. Daevlyn comprit la demande muette de l’adolescent et après un temps jugé suffisant, il entama sa descente vers l’intimité de l’adolescent déjà durcie de plaisir et de désir. Sa bouche remplaça ses mains sur le torse de l’adolescent, tandis que ses doigts partirent en éclaireurs. Tout le corps d’Asiel s’arqua brusquement lorsque sa main effleura à peine son sexe. Daevlyn posa sa main sur le genou de l’adolescent pour remonter jusqu’à son entre jambe, murmurant quelques mots d’amour à l’adolescent
Puis, il descendit poursuivre le travail qu’avait entamé ses mains, grisant Asiel. Le contact avec sa langue, provoqua chez lui un déhanchement explicite, accompagnant les mouvement de l’adulte. Avec douceur et langueur, il offrit à l’adolescent du plaisir à l’état brut. Son corps commençait déjà à transpirer, la sueur se mêlant à leur cheveux encore mouillés de la douche.  Ses cheveux détachés, son corps ainsi offert, y étaient beaucoup pour l’excitation de Daevlyn. Il s’arrêta un instant, souhaitant mêler plaisir et préparation. Tout en regardant Asiel de ses yeux de braise, il humidifia soigneusement ses doigts.
Lorsqu’il pénétra Asiel, celui-ci laissa échapper un soupire de bien être. Aucune douleur ne semblait être ressentit. De sa main libre, Daevlyn massait sensuellement le bas-ventre d’Asiel, pendant qu’il lui offrait milles plaisirs avec l’aide de sa bouche. Lorsqu’il inséra un deuxième doigt en lui, toujours avec la même douceur que lui avait demandé Asiel, l’adolescent poussa un léger cri. Il n’était plus très loin de la jouissance et Daevlyn accéléra les mouvements de sucions. C’est après quelques minutes qu’Asiel finit par craquer, se déversant sans la bouche de son amant, qui se délecta du fruit de son plaisir.
Lentement, il remonta jusqu’aux lèvres de l’adolescent, prenant soin le caresser de corps dans son ascension. Leurs bouches se retrouvèrent comme si elles ne s’étaienjamais quittées.
Tous deux mimaient de leur bassin le mouvement de l’acte sans le faire réellement, frottant leurs intimités, ravivant celle de Asiel. Daevlyn se glissa alors lentement jusqu’à son oreille et lui murmura plusieurs mots d’amour, avant de lui demander :
- Tu te sens prêt ?
Pour toute réponse, Asiel tourna très vite la tête, et prit possession des lèvres de l’adulte avec une avidité sans pareille, montrant que malgré la douceur, l’excitation était bien là.
Une fois le baiser achevé, Asiel repoussa légèrement Daevlyn plantant ses onyx dans les siens, et lui murmura à son tour :
- Plus que jamais. Je t’aime Daevlyn… Merci pour tout.
Daevlyn rejoignit ses lèvres avant de se placer entre les cuisses de l’adolescent, remontant ses jambes sur ses épaules. Il présenta son sexe devant l’orifice de l’adolescent, ressentant seulement maintenant combien il avait envie de le faire depuis le début. D’un geste habile, acquis avec l’expérience, il pénétra l’adolescent en même temps qu’il accentua son baiser, dans le but de lui faire perdre la tête. Asiel poussa un cri de plaisir mêlé à la douleur inévitable. Sentant qu’il se crispait, Daevlyn cessa tout mouvement, et s’écarta un peu pour contempler le visage de l’adolescent. Celui-ci lui offrait un sourire de pur bonheur comme rarement Daevlyn le lui avait vu.
Lorsqu’il jugea que l’adolescent était habitué à sa présence, Daevlyn commença un déhanchement excessivement lent, qui était aussi dur à supporter pour lui que pour Asiel. Le plaisir ressentit d’être en lui était indescriptible. Bientôt, tous deux entamèrent la même danse, dont les pas étaient vieux comme le monde. Bougeant au même rythme, l’un entraîné par l’autre, ils se perdirent entre regard intense et baiser. Tous deux se laissaient maintenant aller à exprimer ce qu’ils ressentaient, se susurrant plusieurs fois des mots d’amour. Lorsque la jouissance commença à naître, il leur suffit d’un simple regard pour comprendre ; Daevlyn offrit un dernier coup de rein puissant et profond à Asiel, qui leur fit voir les étoiles, jouissant simultanément.
Daevlyn retomba doucement sur Asiel, qui l’entoura de ses bras. Tous deux ne voulaient pas se séparer, et Daevlyn attendait encore un peu avant de se retirer. Profiter de cet instant suivant leur union, était se sentir vivre. Plus que tout ils voulaient profiter de cet instant qui peut être serait leur dernier.

17
oct

Mourir pour revivre - Chapitre 49

   Ecrit par : admin   in Mourir pour revivre

Chapitre 49 écrit par Shinigami

Raphaël fut lentement tiré de son sommeil en sentant le corps chaud de Daevlyn se presser contre le sien plus qu’il ne l’était déjà. Lorsqu’il entendit son moniteur pousser un soupire de soulagement et de satisfaction mêlée tout en collant sa tête dans son cou. Le souffle chaud de Daevlyn sur sa nuque fit frissonner Raphaël qui esquissa un sourire attendrit et à son tour, se lova un peu plus contre le corps parfait de l’homme qui faisait battre son cœur.

Cependant, il n’esquissa pas un mouvement supplémentaire, profitant pleinement de sentir le corps nu de Daevlyn contre le sien, appréciant ce contact qui lui avait tant manqué. Tous deux réveillés, aucun ne bougea, profitant au maximum de la présence de l’autre.

Hormis le murmure régulier de leur respiration, aucun son ne venait troubler le silence apaisant qui s’était instauré entre eux. L’un contre l’autre, il se satisfaisait mutuellement de leur présence, bercé par le battement synchronisé de leur coeur.

Au bout d’un certain temps dont il serait tout bonnement incapable de déterminer la durée, Raphaël finit par se retourner et faire face à Daevlyn. Prenant appui sur ses coudes, il se redressa légèrement au-dessus de lui et l’observa amoureusement, jusqu’à ce qu’un détail attire son attention. Il s’agissait d’un morceau de tissu négligemment caché par l’oreiller sur lequel reposait la tête de l’adulte. Soudain, le coeur de Raphaël se mit à battre lorsqu’il reconnu le morceau de tissu qui, en réalité, était l’un de ses pulls. Cependant, pas certain de l’hypothèse qu’il avançait, il observa plus attentivement le vêtement noir, ne le lâchant pas du regard, si bien qu’il ne se rendit pas compte de l’air interrogateur que reflétaient les émeraudes de Daevlyn qui, lui aussi l’observait, intrigué par l’immobilité de son jeune amant.

Raphaël n’osait croire à ce qu’il voyait… Pourquoi Daevlyn avait-il un de ses pulls caché sous son oreiller ? Lui avait-il manqué à ce point ? Le coeur battant, perdu dans ses réflexions, il sursauta en voyant Daevlyn ranger précipitamment le pull sous le coussin.

Avant que Raphaël n’ait le temps de réagir, Daevlyn l’enfoui sous l’oreiller d’une manière vive, comme pour cacher aux yeux de l’adolescent un secret qu’il n’aurait jamais dû découvrir. Mi-étonnéé, mi-amusé par la réaction quelque peu enfantine de son amant, Raphaël reporta son attention sur celui-ci et son sourit s’élargit lorsqu’il constata la légère rougeur qu’avaient pris ses joues tout en tendant le bras pour rattraper ce que Daevlyn tentait désespérément de cacher à sa vue. Aussitôt, Daevlyn s’extirpa de son étreinte, et s’asseya sur le bord lit, comme pour échapper au regard amusé et attendrit de l’adolescent.

Ne comprenant pas la réaction de Daevlyn, Raphaël resta immobile un instant, fixant de ses prunelles améthystes, la sculpture parfaite de la musculature de son dos. Puis, semblant comprendre le sentiment de gêne et de honte qui animait son amant, Raphaël se leva à son tour, et délicatement, il posa la main sur l’épaule de son moniteur avant de venir se coller contre son dos. Il sentit alors Daevlyn frissonner au contact de sa peau nue contre la sienne, et réprimant à son tour un frisson de désir, il enlaça tendrement Daevlyn, d’une étreinte tendre, comme si par ce geste, il tentait de se faire pardonner auprès de son amant.

Pourtant, Daevlyn ne semblait pas parvenir à se défaire de ce sentiment de honte car il ne réagit pas à l’étreinte de l’adolescent qui avait pourtant placé tout son amour dans ce geste affectif. plus amusé que vexé par la réaction puérile de son moniteur, Raphaël posa sa tête sur l’épaule de Daevlyn et demanda, tentant de cacher son amusement, sans y parvenir vraiment :

- Pourquoi tu réagis comme ça ?

Face à l’absence de réponse de l’adulte, l’amusement de Raphaël augmenta d’un cran et il ne put s’empêcher de rire légèrement. L’attitude de Daevlyn au lieu de le blesser, l’amusait grandement. Il ne comprenait pas son obstination à ne pas vouloir lui faire face. Avait-il vraiment honte de s’être fait surprendre dans cette position de faiblesse ? Raphaël commençait à connaître suffisamment bien Daevlyn pour confirmer une telle hypothèse. Cependant, bien que ce comportement un peu fleur bleue de la part de Daevlyn l’étonnait un peu, d’où son amusement, il trouvait cela adorable. Savoir qu’il avait manqué à Daevlyn au point que celui-ci dorme avec un de ses pulls pour se rappeler sa présence, le touchait au plus profond de son coeur. Il aurait aimé le lui faire comprendre à sa manière, mais Daevlyn n’était apparemment pas disposé à ce genre de choses.

Jamais Raphaël n’avait vu Daevlyn aussi gêné en sa présence, et bien qu’il puisse comprendre ce que ressentait l’adulte en ce moment, il ne comprenait pas pourquoi il préférait fuir la réalité plutôt que de la prendre comme elle était et d’en rire. Après tout, bien que cela ruinait un peu sa réputation d’homme viril, il n’y avait pas mort d’hommes. Et puis, qui ne se sentirait pas honoré d’être ainsi désiré ? Bien qu’heureux de cette constatation, Raphaël s’en sentait également un peu gêné tout de même, mais préférait prendre la chose par le côté comique, dédramatisant la situation.

Cependant, Daevlyn ne sembla pas apprécier la réaction de l’adolescent, car aussitôt il s’arracha presque brutalement à l’étreinte de celui-ci et parti en direction de la douche. Craignant d’avoir été trop loin et de l’avoir vexé et blessé pour de bon, Raphaël sauta à son tour du lit et se précipita à sa suite. Alors que l’adulte allait entrer dans la salle de bain Raphaël lui attrapa l’avant bras et le retient, l’empêchant une nouvelle fois de s’enfuir. Face à l’obstination et la mauvaise foi dont pouvait faire preuve Daevlyn lorsqu’il s’y mettait, Raphaël passa devant son amant, sans pour autant le lâcher par peur de le voir fuir de nouveau. Un tendre sourire étira ses lèvres lorsqu’il constata que Daevlyn se refusait toujours à le regarder dans les yeux. La honte qu’il pouvait alors lire dans les yeux de son amant chassa aussitôt son sourire, laissant place à la tristesse que provoquait la vue de Daevlyn. Se rapprochant sensiblement de l’adulte de façon à être le plus près de lui afin de donner un maximum de poids à ses paroles, Raphaël déclara gravement :

- Daevlyn, je ne me moquais pas de toi, c’est juste que je trouve ça… Enfin, ça me touche beaucoup de savoir que je t’ai manqué à ce point…

Le regard timide que lui adressa alors Daevlyn acheva de faire fondre Raphaël qui, en moins de temps qu’il ne fallut pour le dire, l’attirait contre lui et prenait possession de ses lèvres avec avidité, dans le but de faire oublier à son amant tout ce qui n’était pas lui. Cela sembla fonctionner mieux que prévus car Daevlyn le premier, entreprit d’approfondir leur baiser, y mettant toute la passion et le désir qu’il ressentait pour son jeune amant. Sentant le désir se réveiller dans ses reins au simple contact de la langue de Daevlyn caressant sensuellement la sienne, Raphaël posa ses mains sur les hanches de son amant, collant ainsi son bassin dénudé contre le sien, ce qui eut pour effet de faire tressaillir l’adulte. Ravis de cette constatation, Raphaël laissa ses mains parcourir son dos, axant ses caresses majoritairement au creux de ses reins, ayant découvert là un des points sensibles de Daevlyn. Galvanisé par l’ardeur que mettait Daevlyn dans leur baiser, Raphaël se pressa un peu plus contre son amant, anihilant toujours plus la distance quasi inexistante qui subsistait encore entre eux.

Finalement, ce fut Daevlyn qui mit fin au baiser, se reculant légèrement pour plonger ses émeraudes dans les prunelles pierres précieuses de son amant, avant de lui voler un ultime furtif baiser, d’une légère pression de ses lèvres sur les siennes. Puis, avisant l’heure tardive, ils se firent violence pour mettre fin à cette étreinte chacun de leur côté, avant que Daevlyn n’aille prendre sa douche, seul, malgré l’envie de Raphaël d’aller le rejoindre. Cependant l’heure ayant déjà bien tournée, ils ne pouvaient se permettre de perdre plus de temps, sachant tous deux pertinemment que s’ils prenaient leur douche ensemble, ils ne pourraient résister à l’envie d’un câlin intimement poussé.

Lorsque Daevlyn sortit de la douche, Raphaël y entra à son tour, et apprécia avec volupté la chaleur bienfaisante de l’eau sur son corps courbaturé par leurs ébats de cette nuit. L’adolescent ressortit de la douche une quinzaine de minutes plus tard, sans avoir prit le temps de sécher sa longue chevelure qui gouttait sur la moquette qui tapissait le sol de leur chambre. Des gouttes d’eau s’échappant de ses cheveux lâchés sur ses épaules, coulaient lentement le long de son torse pour finir leur course absorbée par la serviette négligemment nouée sur les reins de l’adolescent. Cette vision hypnotisa Daevlyn qui ne le quitta pas du regard durant un instant, jusqu’à ce qu’il fut sortit de ses pensées par la voix doucement moqueuse de Raphaël qui demanda à Daevlyn de lui passer son fameux pull qui reposait toujours sur leur lit. Daevlyn s’en empara vivement d’un air nonchalant et faussement boudeur, il le lança au visage de son jeune amant. C’est alors qu’un détail sembla retenir son attention, car prenant à son tour un air mi-moqueur mi-sadique, il demanda :

- Et tu comptes te rendre en serviette jusqu’à ta chambre ? Je suis sur que ta mère adorerait. Déjà que tu n’es plus dans la chambre avec elle…

Abordant à son tour un visage boudeur qui, il l’espérait, ferait flancher Daevlyn, Raphaël lui lança un regard équivoque. Daevlyn se dirigea alors avec une lenteur exagérée jusqu’à sa penderie d’où il en sortie un de ses jeans qu’il jugea le plus potable pour l’adolescent qui, mine de rien, faisait bien une bonne tête et demi de moins que lui, ainsi qu’une vingtaine de kilos de moins. S’en emparant, Daevlyn le lui lança de la même façon que le pull précédemment, se vengeant doucement de la moquerie récente de l’adolescent vis-à-vis de son comportement.

- Tiens, en attendant que tu ailles chercher tes affaires, déclara l’adulte.

Raphaël s’habilla à la hâte, et après un dernier baiser, ils se rendirent ensemble aux cuisines dans le but de préparer le biberon d’Amaranth. Puis après l’avoir nourrit, Raphaël le sortit du box, sur la proposition de Daevlyn et l’emmena au pré, le tenant en longe. Amaranth le suivit docilement, ayant déjà été bien manipulé par Daevlyn lorsque Raphaël était aux Etats-Unis chez Suzanne. Après avoir observé le poulain se dégourdir les jambes pendant quelques minutes, Raphaël alla chercher sa mère afin qu’ils prennent leur petit déjeuner tous ensemble, avant le départ de Suzanne.

Après avoir volé un furtif baiser à Daevlyn, Raphaël se précipita vers son ancienne chambre où logeait actuellement sa mère. Courant sans les couloirs, il trébucha sur son pantalon trop grand et se rattrapa de justesse. Jurant mentalement, il ralentit l’allure, étant déjà arrivé, il frappa quelques coups à la porte.

Suzanne vint lui ouvrir, et subitement, Raphaël se sentit gêné, si bien qu’il baissa les yeux et fixa le sol. Un sourire amusé étira les lèvres de la jeune femme et elle déclara, en l’embrassant tendrement sur le front :

- Bonjour mon petit fugueur !

A ses mots, Raphaël s’empourpra d’avantage et n’osa pas relever la tête. C’est d’une petite voix affreusement gênée qu’il répondit :

- Bon… Bonjour… Je… je suis désolé, je… Je n’aurais pas dû partir comme ça hier soir, je…

- C’est bon, ne dit rien… J’ai compris, ne t’inquiètes pas… De toute façon, je vais devoir m’habituer à ne plus te voir comme mon petit bébé, mais comme un homme à présent. Je comprends que tu ais eu envie de revoir Daevlyn après cette semaine et demi de séparation, surtout si c’est la première fois que vous êtes séparés. Et puis, au vu de ton état lorsque nous étions à la maison, j’aurais dû me douter que cela se passerait ainsi. Ne t’en fait pas pour si peux, ajouta-t-elle en le prenant dans ses bras. Dis-moi juste une chose… Tu es heureux avec Daevlyn ?

Raphaël s’arracha doucement à l’étreinte de sa mère, et s’éloigna d’un pas avant de regarder pour la première fois sa mère. Plongeant son regard dans le sien, il répondit d’une voix assurée :

- Oui… Oui je suis heureux avec lui… Je n’ai jamais été aussi heureux que depuis que je l’ai rencontré… Je l’aime tellement que je pourrais lui donner ma vie sans hésitation… Je l’aime au point que ça en fait mal… Je suis heureux, mais pourtant je ressens un serrement au coeur. J’ai tellement peur que tout ceci ne soit qu’un rêve, que tout mon bonheur disparaisse du jour au lendemain… Je sais que j’en mourrais si je perdais Daevlyn…

touchée par la réponse de son fils, et comprenant que ses sentiments étaient tels qu’il les décrivait, Suzanne prit son fils dans ses bras, et lui caressant tendrement les cheveux, elle murmura à son oreille :

- Alors c’est à toi de faire en sorte que ce bonheur perdure…

- Merci Maman, souffla Raphaël. Je t’aime tu sais…

- Je sais mon chéri. Moi aussi je t’aime.

Ils restèrent de longues secondes ainsi enlacés, puis ils se séparèrent non sans se sourire mutuellement.  Suzanne aimait par-dessus tout le sourire de son fils. Les yeux pétillants de bonheur, ses cheveux noirs encadrant son visage, il avait tout l’air d’un ange. Le surnom que lui donnait Daevlyn lui convenait à merveilles. Observant son fils qui était allé changer de pantalon, Suzanne ressenti un élan de fierté s’emparer d’elle, et c’est avec émotion qu’elle retient à grand peine une larme de bonheur et de tristesse confondue. Elle était plus qu’heureuse que son fils ait finalement trouvé le bonheur entre les bras d’un homme certes, et plus âgé de surcroît, cependant, elle ne pouvait empêcher son coeur de se serrer douloureusement lorsqu’elle songeait que dans quelques heures à peine, elle serait à des milliers de kilomètres de lui alors qu’elle venait tout juste de le retrouver.

Une fois changé, Raphaël entraîna sa mère à sa suite, et ils rejoignirent Daevlyn au réfectoire. Lorsqu’ils entrèrent, Raphaël repéra immédiatement la table de Daevlyn, mais son sourire s’effaça bien vite lorsqu’il vit qui était assit à ses côtés. Il lança un regard mi-intrigué,  mi-agacé à son amant, mais ne fait aucun commentaire, ne voulant pas plomber la bonne ambiance qui régnait. Sûrement que Daevlyn lui expliquerait plus tard. Si Suzanne parut quelque peu intimidée au départ, elle finit par se joindre à la conversation.

Après le petit déjeuner, Raphaël, accompagné de son amant et de sa mère se rendit auprès d’Amaranth, celle-ci voulant revoir Raphaël avec le petit poulain avant de partir. Ne résistant pas à l’envie d’aller voir son poulain, l’adolescent entra dans le pré, si bien qu’il n’entendit rien de la conversation que Suzanne avait avec son moniteur. Il joua un long moment avec Amaranth, s’amusant à le poursuivre et tentant de lui apprendre quelques tours, comme marcher au pas espagnol ou la courbette. Lorsqu’il revient auprès des deux adultes qui l’observaient depuis la clôture, un immense sourire de pur bonheur étirait ses lèvres et se reflétait sur son visage. A cet instant, Raphaël nageait dans le bonheur le plus total. Jamais il ne s’était sentit aussi en paix avec lui-même.

Puis, sans hésiter, il se jeta dans les bras de son amant qui le rattrapa au vol,  et adressa à sa mère, un sourire comme jamais il n’avait encore eut l’occasion de lui offrir. Un sourire qui reflétait une profonde joie de vivre comme il n’avait encore jamais ressenti. Raphaël avait l’impression d’avoir atteint le paroxysme du bonheur, et nageait dans un tel océan d’amour son coeur semblait sur le point d’éclater. Jamais la vie ne lui avait parue plus belle. Tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes, et cela, c’est à Daevlyn qu’il le devait. C’est lui qui lu avait donné la force de se battre et de relever la tête. Son courage et sa détermination à revivre, il la devait à Daevlyn, car sans lui, il serait mort depuis bien longtemps déjà, et jamais il n’aurait pu connaître un tel sentiment de plénitude et de liberté totale.

Pour la première fois depuis des années, Raphaël avait la vision d’un avenir qui s’offrait à lui. Un avenir auquel Daevlyn et Suzanne appartenaient tous deux. A présent, il ne pouvait concevoir sa vie sans l’un d’eux, et le départ imminent de Suzanne l’attristait profondément, même si cela ne se voyait pas extérieurement.

Lorsque Suzanne prit le chemin du retour, Raphaël ne put retenir ses larmes, et c’est avec la voix brisée par l’émotion qu’il fit jurer à Suzanne de rester en contact au minimum une fois par semaine. Celle-ci s’empressa d’acquiescer alors que le même chagrin que son fils lui comprimait la poitrine, lui promettant de l’appeler le plus souvent possible.

Après ces au revoir difficiles, ils restèrent un long moment à fixer le point noir de la voiture de Suzanne s’éloigner toujours plus, pour finalement disparaître à l’horizon. Raphaël tendrement blotti dans les bras de son amant, il puisait en lui la force de surmonter cette séparation momentanée, le regard à présent tourner vers un avenir certes incertain, mais qui n’appartenait qu’à eux.

C’est le coeur battant à toute allure, Raphaël tenait fermement la main de Daevlyn dans la sienne, attendant avec appréhension que quelqu’un vienne leur ouvrir. Depuis plusieurs mois qu’il n’avait pas vu Suzanne, l’adolescent se sentait à la fois excité et angoissé de ses retrouvailles avec sa mère. Surtout qu’à ce qu’il avait apprit, elle ne vivait plus seule…

Comme ils se l’étaient promis, ils étaient resté régulièrement en contact pendant plusieurs mois, avant que Daevlyn ne parle avec Suzanne et qu’ensemble ils conviennent d’une date pour que le jeune couple aille passer quelques semaines chez elle. Ils avaient finalement convenu de se voir au mois de janvier, l’attente avait été insupportable pour l’adolescent.

Cependant, maintenant qu’ils y étaient enfin, il ne pouvait s’empêcher d’appréhender cette deuxième rencontre. Suzanne serait-elle aussi heureuse de le voir que lui l’était de la retrouver ? Avant qu’il n’ait le temps de se torturer d’avantage l’esprit, la porte s’ouvrit subitement sur un homme que Raphaël connaissait déjà :

- Tiens, bonjour Raphaël ! Comment vas-tu depuis tout ce temps ?

- Je… Bonjour Monsieur Duval, bégaya l’adolescent un peu intimidé par la présence de cet homme.

- Allons, appelle-moi, Pierre, déclara le quadragénaire. Vous devez être Daevlyn je suppose, ajouta-t-il en tendant la main à Daevlyn, lui adressant un sourire amical.

- Oui, enchanté de vous rencontrer, Monsieur Duval, répondit Daevlyn en serrant la main que lui tendait l’homme.

- Moi de même, j’ai beaucoup entendu parlé de vous, répondit Pierre dans un franc éclat de rire.

A ces mots, Raphaël s’empourpra violemment sous le regard amusé de Pierre qui s’empressa d’ajouter :

- Quel hôte indigne je fais, venez ! Entrez ! S’exclama-t-il en s’effaçant pour laisser entre les deux hommes.

Daevlyn emboîta le pas à Raphaël, qui contrairement à lui, connaissait les lieux, et ils entrèrent dans le salon.

- Les enfants, descendrez !! Cria Pierre.

A ce moment, Suzanne sortie de la cuisine, et lorsqu’il l’aperçut, Raphaël se précipita dans ses bras sans parvenir à retenir ses larmes de bonheur. Noyé dans ses larmes, il ne vit pas arriver les nouveaux venus, s’abandonnant totalement dans les bras de Suzanne qui paraissait aussi émue que lui :

- Oh Raphaël… Tu m’as tellement manqué mon chéri…

- Toi aussi tu m’as manqué Maman, déclara Raphaël en reniflant bruyamment.

Ils se séparèrent à contrecœur, et Pierre procéda aux présentations :

- Raphaël, je te présente les jumeaux, Abbygaïl et Morgan et la petite dernière, Lindsay.

- Les enfants, voici Raphaël, le fils de Suzanne, dont nous vous avons déjà parlé, et voici Daevlyn, ajouta-t-il après quelques secondes de silence en désignant Daevlyn.

Les deux aînés lui adressèrent un signe de tête assez froid, auquel Raphaël répondit de la même manière face à l’hostilité des deux frère et sœur. Seule Lindsay, qui n’avait pas plus de quatre ans, vient lui faire un bisou sur la joue que Raphaël lui rendit avec un tendre sourire.

- Bonjour Daevlyn, déclara Suzanne en lui faisant la bise. Comment vas-tu ?

- Très bien, merci. Répondit Daevlyn quelque peut déboussolé par le tutoiement de Suzanne. Et vous ?

- Oh plus de “vous” entre nous s’il te plait, s’exclama Suzanne en souriant.

Plongé dans leur discussion et heureux de se retrouver après tout ce temps, personne ne fit attention au regard que posait Abbygaïl sur Daevlyn. Depuis qu’elle l’avait aperçut, elle semblait n’avoir d’yeux que pour lui.

Pierre les invita à passer au salon, et Raphaël s’installa sur le canapé aux côtés de son amant et de sa mère, tandis que les autres prenaient place dans les fauteuils.

- Vous avez fait bon voyage ? Questionna Suzanne tandis que Pierre sortait des rafraîchissements et l’apéritif pour tout le monde.

- Oui, répondit Daevlyn. Bien que cela devenait long à la fin, ajouta-t-il en se tournant vers Raphaël avec un petit sourire significatif qui fit rougir l’adolescent.

- Je comprends, déclara Pierre. C’est vrai que cela fait long pour venir de France jusqu’ici. Et puis avec le décalage horaire…

Pierre servit à boire en premier lieu à Daevlyn et Raphaël avant de servir Suzanne et ses enfants tandis que Lindsay faisait le tour avec les paquets de petits biscuits apéritif.

Puis lorsqu’elle eut terminé, elle revient s’asseoir entre Suzanne et Raphaël, faisant se décaler ce dernier un peu plus contre Daevlyn. Puis, intrigué, elle s’empara de la longue natte de Raphaël et commença à jouer avec.

- C’est tes vrais cheveux ? Demanda la petite fille.

- Oui, répondit Raphaël en souriant timidement, gêné de sentir tous les regards posés sur lui.

- Wouaaah ! Ils sont longs ! Et puis ils sont tout doux ! S’exclama Lindsay.

Raphaël s’empourpra violemment et baissa la tête, honteux tandis que Lindsay poursuivait :

- Je veux avoir les mêmes quand je serais grande ! Dis, pourquoi tu les coupes pas tes cheveux ?

- Je…

- Dis tu as finit avec tes questions ! S’exclama Suzanne en riant.

Raphaël lui offrit un petit sourire de remerciement que sa mère lui rendit.

Si Raphaël était heureux de revoir sa mère après tout ce temps, cela ne l’empêchait pas de se sentir mal à l’aise. Les regards que lui adressaient les deux aînés de temps en temps étaient tout sauf des regards amicaux. Il avait l’impression qu’ils le fusillaient du regard pour une raison qui lui était inconnue et cela lui faisait mal. Certes, il s’était attendu à ce que cela soit un peut froid entre eux au départ, mais il ne l’aurait jamais imaginé à une telle intensité. Il comprenait parfaitement qu’ils puissent le voir comme un étranger, après tout, il vivait à plus de neuf heures en avion de Los Angeles et avait obtenu l’émancipation quelques mois avant ses dix-sept ans, ce qui n’était pas pour améliorer les ressentit des deux frère et sœur à son égard. L’impression qu’il avait était qu’il était un parfait inconnu, qu’il ne faisait pas partie de leur famille et les deux aînés faisaient tout pour augmenter ce sentiment qui naissait en lui.

Intimidé, Raphaël n’osait pas lever les yeux vers eux, et les gardait obstinément rivés sur le sol. De plus, il n’osait pas s’approcher plus de Daevlyn ou lui montrer un quelconque signe de tendresse, ne sachant pas quelle serait la réaction de Pierre et des enfants, et cela le frustrait énormément. Certes, Daevlyn l’observait discrètement de temps en temps, Raphaël sentait parfaitement son regard posé sur lui et l’en remerciait mentalement, mais il aurait aimé avoir un contact physique avec lui, ne serait-ce qu’un effleurement de leurs doigts.

Ils discutèrent encore un moment, puis après avoir vérifié que le repas était près, Suzanne les invita à passer à table.

Alors que tous disparaissaient dans la pièce voisine, Daevlyn retient Raphaël par le bras et l’attira doucement à lui :

- Tout va bien ?

- Ou… Oui, je… Ça va, le rassura Raphaël en lui offrant un sourire qui se voulait rassurant, ne voulant pour rien au monde avouer à son amant ce qu’il ressentait vraiment. Il avait peur de sa réaction, que celui-ci lui dise qu’il se faisait des films.

Daevlyn lui rendit son sourire et mit bas à la distance qui les séparait encore pour venir prendre possession de ses lèvres dans un geste empli d’amour et de tendresse. Sa langue quémanda l’entrée de la bouche de l’adolescent qui, mis à l’épreuve par le fait de ne pas pouvoir se satisfaire de la présence de Daevlyn comme il le souhaitait, accéda à sa requête presque instantanément, dévorant ses lèvres avec une passion qu’il ne se connaissait pas.

Galvanisé par le goût de ses lèvres qui lui avait tant manqué, Raphaël laissa s’échapper un gémissement de contentement qui alla se perdre dans la bouche de son amant. Les mains de Daevlyn se posèrent sur les reins de l’adolescent, comme pour inihiler les quelques derniers millimètres qui les séparaient encore, cherchant à mettre à néant cette distance qui les détachait, faisant d’eux deux êtres différents, pour se fondre l’un dans l’autre.

Noyés l’un dans l’autre, aucun des deux hommes n’entendit l’intrus s’arrêter discrètement à l’entrée de la pièce et sursautèrent, lorsqu’il léger raclement de gorge retentit à leurs oreilles. Aussitôt, ils s’éloignèrent précipitamment l’un de l’autre, comme prit en faute, et se tournèrent vers l’intrus, le coeur battant à tout rompre. Ils poussèrent simultanément un soupire de soulagement en reconnaissant Suzanne qui les regardaient, accoudée à l’embrasure de la porte, un sourire attendrit étirant ses lèvres. Raphaël se sentit rougir sous le regard de sa mère tendit que Daevlyn l’attirait vers lui pour remettre un peu d’ordre dans ses cheveux et ses vêtements, avant de l’embrasser furtivement sur la tempe et de l’entraîner à sa suite.

Alors qu’ils entraient dans la cuisine, Daevlyn se pencha auprès de son amant, et lui murmura un “je t’aime” à l’oreille, faisant s’empourprer l’adolescent, sous le regard intrigué des jumeaux qui avaient l’impression d’avoir loupé un épisode.

Tentant de calmer les battements frénétiques de son coeur et de refouler le rouge de ses joues et de ses lèvres, Raphaël prit place à table au côté de Daevlyn et de Suzanne, profitant au maximum de la présence de sa mère.

Après quelques minutes durant lesquelles ils ne parlèrent pas, Suzanne se tourna vers Raphaël et lui demanda :

- Amaranth se porte bien ?

Aussitôt, un sourire radieux étira les lèvres de l’adolescent, et ses yeux se mirent à pétiller de bonheur, et c’est avec enthousiasme qu’il répondit :

- Oui, il a surtout beaucoup grandit ! La semaine dernière avec Daevlyn on l’a mit pour la première fois avec les autres. Tu aurais dû le voir, il faisait le fier c’était vraiment beau à voir.

Suzanne sourit franchement devant le bonheur de son fils, puis, avisant l’incompréhension totale dans laquelle était plongée le reste de l’assemblée, elle précisa pour tout le monde :

- Raphaël travaille avec Daevlyn dans une sorte de ranch. Amaranth est le poulain de Raphaël.

Un éclaire d’intérêt illumina alors les prunelles de Pierre qui, prenant par à la discussion déclara :

- Alors comme ça tu aimes les chevaux ? C’est vrai que se sont des animaux stupéfiants. Nobles et fiers, ils représentent ce que l’homme à toujours rechercher, la liberté… Je me souviens quand j’étais petit, il y avait un cheval dans le pré voisin, j’aimais beaucoup aller le voir, il me fascinait. Du coup, quand j’ai été en âge, j’ai demandé à ma mère de m’inscrire dans un centre équestre… J’en ai fait pendant de longues années. Tu montes depuis longtemps ?

- Non, je… Cela fais seulement quelques mois que j’aie découvert cet univers, répondit Raphaël. C’est Daevlyn qui m’a fait découvrir, ajouta-t-il en se tournant vers le principal concerné et en lui offrant un sourire rempli d’amour.

- Oui, une fois qu’on entre dans cet univers, il est très difficile de le quitter. Je crois même qu’on ne le quitte jamais complètement, ajouta Pierre en lui adressant un sourire bienveillant. Quelle race de chevaux élevez-vous ? Demanda-t-il ensuite en se tournant vers Daevlyn.

- Nous avons surtout trois races, des Appaloosa, des Paint et des Quarter Horse. Pour moi, ce sont les meilleures races de chevaux. Dociles, à l’écoute, calmes, ce sont des montures idéales pour les débutants comme pour les plus confirmés.

- Certes, répondit Pierre très sérieusement, ce sont effectivement de très bonnes montures. Vous pratiquez donc l’équitation dite western et l’éthologie ?

- En effet, on peu dire ça comme ça, répondit Daevlyn en souriant. Et même s’il a encore beaucoup de choses à apprendre, Raphaël est sur la bonne voie et apprend vite. Lorsque je le vois avec Amaranth, j’ai l’impression de me revoir à son âge avec Waterfalls, mon cheval. Ils sont inséparables et il y a un lien fort qui les unis. Cela se ressent. Ils sont parfaitement en osmose.

- Tu as poursuivit son dressage ? Demanda Suzanne.

- Oui. Enfin, Daevlyn m’aide beaucoup, il y a encore des choses où j’ai un peu de mal, mais j’arrive à lui apprendre quelques tours. Et puis Daevlyn me donne des cours avec Diamond Dust. Il m’apprend aussi à interpréter le comportement et le langage des chevaux. C’est vraiment quelque chose de passionnant.

- Et comment vis-tu ton nouveau rôle ? Ton poste de directeur te plait-il ? Demanda Suzanne en se tournant vers Daevlyn.

- Je dois dire que cela se passe plutôt bien et que cela apporte des intérêts non négligeables. En ce moment, c’est Sébastien qui me remplace et s’occupe des chevaux pendant notre absence.

Raphaël sentit le rouge lui monter aux joues au sous-entendu de Daevlyn, et si Suzanne le comprit également, elle n’en laissa rien paraître.

Le dîner se termina dans la joie et la bonne humeur, surtout du côté des invités et de Suzanne et Pierre. Le repas traînant en longueur, Lindsay avait été envoyée se coucher, et les jumeaux semblaient plus passionnés par le contenu de leur assiette que par la conversation.

Ce ne fut que bien plus tard que tous allèrent se coucher. Après un rapide bonsoir, les jumeaux montèrent dans leur chambre commune qui avait été aménagée dans l’ancien bureau de Suzanne, à l’opposé de la chambre de Raphaël. Après avoir souhaité une bonne nuit à Pierre et à Suzanne, Daevlyn suivit Raphaël qui le guida jusque dans sa chambre. Là, il posèrent leurs valises et épuisé, Raphaël se laissa tomber tout habillé sur son lit.

- Je suis épuisé, lâcha-t-il dans un bâillement.

- Oui, surtout avec le décalage horaire et la journée que nous avons eut. Tu sais quoi, ajouta l’adulte en s’approchant de son jeune amant, je propose que tu fermes les yeux et que tu me laisse m’occuper de toi. Qu’en dis-tu ?

- J’en dis que cela me tente beaucoup, répondit Raphaël en plongeant ses améthystes rougies par la fatigue dans les émeraudes de son moniteur.

Ils s’adressèrent un de leur sourire qu’ils se réservaient, un sourire empli d’amour et de tendresse non contenus. Daevlyn prit place sur le lit aux cotés de son amant et avec des gestes emplis de douceur, il entreprit de déshabiller l’adolescent. Cependant, contrairement à d’habitude, il n’y avait aucune provocation dans cette initiative, seulement l’envie de prendre soin de son amant et de le chouchouter comme il aimait si bien le faire.

Appréciant l’initiative de son moniteur, Raphaël se laissa faire. Les yeux fermés, un sourire satisfait et heureux étirant ses lèvres, il se laissait aller au plaisir de se faire dorloter par Daevlyn. Il aimait ces instants d’intimité, lorsque son amant était aux petits soins pour lui, et pour rien au monde il ne souhaitait que cet instant cesse.

Daevlyn le déshabilla entièrement, faisant attention à ne pas provoquer son désir, car il serait dans l’impossibilité de l’assouvir, et s’éloigna de lui. Ce soudain désintérêt intrigua Raphaël qui ouvrit les yeux. Étonnamment, il ne fut pas éblouit par la lumière blanche du plafonnier, mais ses yeux s’accoutumèrent très vite à la lumière diffuse propagée par une petite lampe de chevet aux couleurs chaudes. La pièce baignée d’une lueur orangée, offrait un cadre reposant et romantique à souhait.

Cette constatation amena un sourire aux lèvres que l’adolescent qui reporta son attention sur son moniteur. Celui-ci était entrain de chercher quelque chose dans la valise de l’adolescent. Puis, semblant avoir trouvé ce qu’il cherchait, il se redressa et retourna auprès de Raphaël. Là, il lui enfila un bas de pyjama en déclarant face à l’étonnement qu’il pouvait lire dans les prunelles améthystes qui le fixaient :

- C’est plus prudent ainsi, si quelqu’un venait à entrer et à nous trouver nus, cela pourrait être gênant.

- Oui, murmura Raphaël en rougissant.

A son tour, Daevlyn enfila un pantalon de pyjama, restant torse nu, et vient prendre place dans le lit aux côtés de Raphaël. A peine fut-il installé que l’adolescent vint se blottir contre lui, passant sa jambe par-dessus les siennes, et s’allongea de tout son long sur le torse de son amant. La tête calée dans son cou, il respirait son odeur qui avait quelque chose de rassurant. Les mains de Daevlyn vinrent alors se glisser sous sa chemise de pyjama et ses doigts se mirent à effleurer doucement la peau satinée de son dos, lui procurant des frissons de bien être. Un gémissement s’échappa des lèvres de l’adolescent lorsque ses doigts s’attardèrent sur la cambrure de ses reins. Aussitôt, Raphaël se redressa, prenant appuis sur ses coudes et plongea son regard pierre précieuses dans les yeux de son amant, avant de se pencher vers lui et de lui murmurer à l’oreille :

- Tu sais, je ne sais pas si je pourrais me retenir plus longtemps si tu continues ainsi, et comme tu me l’as toi-même fait remarquer, cela ne serait pas très prudent…

A ces mots, il se redressa et regarda de nouveau son amant, un sourire en coin étirant ses lèvres, tandis que ses yeux pétillaient d’une lueur malicieuse. Pour confirmer ses paroles, il se déhancha sensuellement contre le bassin de son moniteur, lui arrachant un hoquet de surprise. La respiration haletante, Daevlyn souffla dans un gémissement à peine audible :

- A… Arrête… Raphaël, je…

- Tu… ? demanda l’adolescent, ravi de l’effet qu’il produisait sur son amant.

- J’ai trop envie de toi, je tiendrais pas si tu continues…

Comprenant qu’il avait suffisamment abusé de la patience et du sang froid de l’adulte, Raphaël se rallongea à sa place initiale et d’une petite voix, il souffla des mots d’excuses à l’oreille de Daevlyn :

- Pardon… C’est frustrant, ajouta-t-il après un silence, de te toucher et t’avoir près de moi sans pouvoir aller plus loin que de simples caresses en toute sagesse…

Un petit rire s’échappa de la gorge de Daevlyn qui l’embrassa tendrement avant de murmurer :

- Petit démon !

- Oui, mais un démon tout sage, que tu aimes, répondit Raphaël, les joues rouges face à l’audace de sa réponse.

- Oui je t’aime mon ange, et même plus que ça…

- Je suis un ange maintenant ? Interrogea l’adolescent, un sourire mutin étirant ses lèvres.

- Un ange démoniaque… Tu es une invitation à la luxure mon coeur…

Sur ses mots, il l’embrassa de nouveau, ajoutant toujours plus d’intensité à leur échange. Leurs langues se mêlaient, se caressant en toute sagesse pour ne pas éveiller d’avantage le désir qui commençait à naître au creux de leurs reins.

A bout de souffle, ils se séparèrent à contrecoeur.

- Je t’aime Raphaël… si tu savais comme je t’aime…

- Moi aussi je t’aime mon amour… je t’aime plus que tout, murmura Raphaël tout contre les lèvres de Daevlyn avant de s’en emparer avec avidité.

Enivré par l’afflux d’amour qu’il éprouvait pour son moniteur, Raphaël dévorait ses lèvres avec un désir et une soif de le sentir toujours plus près qui ne tarissait pas. De son côté, Daevlyn n’était pas en reste non plus. Galvanisé par l’ardeur de Raphaël, il happait sa lèvre supérieure et la suçait avec un plaisir non feint.

Leurs baisers se faisaient de plus en plus langoureux, et très vite, ils ne parvinrent plus à contenir le désir qui leur embrasait les reins. Les mains de Daevlyn avaient glissé sous le pantalon de pyjama de l’adolescent, et posées sur ses fesses, elles le guidaient dans le rythme de son déhanchement. Retenant tant bien que mal leurs gémissements de plaisir qui se perdaient dans leur bouche, ils accordèrent les ondulations de leur bassin, frottant leur virilité contre celle de l’autre à travers leur pyjama.

Galvanisé par l’intensité du plaisir que faisait naître en lui la proximité et la chaleur du corps de Daevlyn dont la peau se recouvrait d’une fine pellicule de transpiration, Raphaël fit glisser ses lèvres sur le torse imberbe de son moniteur, laissant des traînées de lave en fusion partout où elles passaient. Bientôt, il ne restait plus une parcelle de peau qui n’avait été épargnée par l’appétit vorace de l’adolescent qui, agacé de cette constatation, rabattis son dévolu sur les tétons durcis de désirs de son moniteur.

Le souffle erratique, Daevlyn avait de plus en plus de mal à retenir ses gémissements. S’en apercevant, Raphaël mit fin à la douce torture qu’il infligeait à l’adulte pour aller prendre possession de ses lèvres. Fou de désir, Daevlyn les happa avec une avidité non contenue, comme si sa propre vie était en péril.

Le déhanchement de Raphaël gagna en vitesse et en intensité, les rapprochant tous deux toujours plus près de l’orgasme. N’en pouvant plus de rester inactif, Daevlyn glissa ses doigts vers l’intimité de l’adolescent, commençant à le préparer à sa venue. A ce contact, Raphaël se cambra violemment, attisant leur désir et leur arrachant à tous deux un cri de plaisir muet. Les mains posée sur le torse de Daevlyn, les reins cambrés, Raphaël recherchait le contact des doigts agiles de son moniteur qui savaient s’y prendre à la perfection pour lui faire voir les étoiles.

La bouche entrouverte, la respiration haletante, et des mèches de cheveux collées sur son front par la sueur, Raphaël n’en pouvait plus de plaisir et de désir. Son intimité stimulée au plus haut point le faisait souffrir et à présent, il n’avait plus qu’un objectif en tête, la jouissance qui les mènerait tous deux aux portes de l’extase.

Le plaisir ressentit par Raphaël était si intense qu’il ne sentit pas Daevlyn le préparer, et un hoquet de surprise s’échappa de ses lèvres lorsqu’il toucha quelque chose en lui.

Raphaël avait l’impression que jamais il ne pourrait supporter un tel plaisir et galvanisé par la sensation qui faisait bouillonner son sang et embrasait ses reins, des larmes s’échappèrent de ses yeux. Il retient de justesse un sanglot de plaisir charnel à l’état pur. Daevlyn s’en aperçut et se méprenant sur l’origine de ses pleurs, il cessa toute action et se retira. Les larmes inondant ses joues, Raphaël murmura entre deux sanglots :

- Nan… Vient… S’il te plait… Ne… Ne t’arrêtes pas… J’ai confiance en toi… Je t’aime…

Soulagé et enivré par la déclaration et le désir qu’il pouvait déceler dans la supplication de son jeune amant, Daevlyn s’exécuta, et avec une tendresse et une douceur qu’il n’aurait jamais pensé être capable, il commença à pénétrer Raphaël.

L’adolescent se figea sous la douleur ressentie et aussitôt, Daevlyn cessa tout mouvement. Des souvenirs remontaient à sa mémoire, des souvenirs qu’il pensait avoir exorcisés avec l’aide précieuse de Daevlyn. Raphaël avait la sensation tristement bien trop connue que son corps se déchirait en deux, et la douleur de son corps de reflétait sur son âme tandis que les souvenirs d’une étreinte forcée s’imposait à lui. Les yeux fermés, Raphaël n’osait pas les ouvrir, de peur de la découverte qu’il pourrait y faire. Sans qu’il ne s’en rende compte, plus il replongeait dans ses souvenirs, plus son corps se tendait, rejetant l’intrusion  de ce corps étranger.

Cependant, Daevlyn, ayant sentit le soudain changement de comportement de l’adolescent, raffermis son emprise autour de lui et l’attirant à lui, il lui murmura des mots d’amour et des paroles réconfortantes au creux de l’oreille.

Plongé dans ses souvenirs, Raphaël entendit alors une voix qu’il ne connaissait que trop bien s’imposer à lui, recouvrant, par sa douceur et la tendresse qu’elle contenait, les gémissements bestiaux de son père qui résonnaient dans sa tête.

Une main vient se glisser dans ses cheveux et l’autre lui caressait tendrement le visage, alors que des lèvres chaudes et délicates dont il aurait reconnut le goût entre mille se posait sur les siennes avec une douceur extrême. Les murmures se firent de plus en plus imposant dans son esprit, résonnant à ses oreilles comme des paroles purificatrices de tout ce mal, si bien que bientôt, son souvenir se fit de plus en plus lointain pour finalement disparaître définitivement.

Dès lors, le corps de Raphaël commença à se détendre et un “je t’aime” murmuré à son oreille lui fit brusquement ouvrir les yeux. Ceux-ci plongèrent aussitôt dans une mer émeraude qui brillaient d’amour et de désir. Raphaël se jeta au cou de Daevlyn et le serra de toutes des forces dans ses bras, une façon muette de lui montrer sa reconnaissance et son amour qui ne cessait de grandir chaque jour.

Prenant à son tour l’initiative, Daevlyn commença à se mouvoir en Raphaël qui se crispa sous la douleur. Cependant entouré par l’amour que lui offrait l’adulte, il oublia bien vite la douleur pour ne ressentir qu’une gêne. Celle-ci se transforma bientôt en plaisir qui ne cessait d’augmenter à chaque coup de rein de Daevlyn. Transporté par le plaisir que lui offrait Daevlyn, Raphaël se sentit perdre pieds et ses ongles se plantèrent dans les épaules de son amant, comme si, par ce geste, il se raccrochait à la réalité.

Les coups de bassins de Daevlyn gagnaient en intensité, les rapprochant irrémédiablement du moment de la délivrance. Assit sur les cuisses de son amant, les bras autour de sa nuque et le visage enfoui dans son cou, Raphaël s’enivrait de l’odeur masculine de son amant, étouffant tant bien que mal les gémissements de plaisir qui ne demandaient qu’a s’échapper de ses lèvres.

Soudain, Raphaël se sentit happé par un orgasme foudroyant, et rejetant la tête en arrière, la bouche entrouverte en un cri muet, ils jouirent simultanément après un ultime coup de rein de Daevlyn qui les transporta aux portes du ciel.

Épuisé et la respiration courte, Daevlyn se laissa retomber sur le matelas, entraînant Raphaël dans sa chute.

Haletant, ils restèrent silencieux le temps de retrouver une respiration régulière. La main de Daevlyn passait et repassait sous le t-shirt de l’adolescent, comme s’il cherchait à l’apaiser. Encore submergé par l’orgasme qu’il venait de vivre,

Raphaël soupira de bien être et se laissa aller à l’étreinte de son amant, déposant délicatement ses lèvres dans son cou, ce qui fit frissonner l’adulte.

Après quelques minutes de silence, Raphaël prit la parole le premier :

- Daevlyn je… Merci pour ce que tu as fait… Tout à l’heure je..

- Chuuut, ne dis rien, l’interrompit Daevlyn en posant son doigt sur les lèvres de l’adolescent, lui intimant le silence. J’ai fais ce que j’avais à faire Raphaël et je serais prêt à le refaire autant de fois que nécessaire. Je t’aime mon ange….

- Moi aussi Daevlyn, répondit l’adolescent. Je t’aime… Oh si tu savais comme je t’aime…

A ces mots, il enfouit son visage dans le cou de l’adulte et se lova un peu plus près contre lui.

De nouveau le silence se fit, brisé uniquement par le bruit de leur respiration synchronisées. Lentement, celle de l’adolescent se fit de plus en plus régulière et alors que Daevlyn le pensait endormit, Raphaël demanda d’une petite voix emplie de sommeil :

- Daevlyn…

- Hum ?

- Tu es heureux d’être ici avec moi ?

- Oui… Oui je suis heureux mon ange, répondit Daevlyn en l’embrassant tendrement sur le front, sans cesser de lui caresser le dos.

Raphaël se faisait violence pour garder les yeux ouverts, et alors qu’il allait sombrer définitivement, impuissant face au poids de ses paupières, il entendit Daevlyn lui murmurer à l’oreille :

- Dors mon ange, je veille sur toi…

Raphaël finit par s’endormir dans les bras de Daevlyn, bercé par les battements réguliers de son coeur. Daevlyn resta un moment éveillé, avant de le suivre à son tour, emporté dans les bras de Morphée.

Tous deux ne se réveillèrent que tard dans la matinée. Après un réveil des plus agréables, Daevlyn alla prendre et Raphaël descendit à la cuisine. Il embrassa sa mère qui déjeunait tranquillement et souhaita le bonjour à Abbygaïl qui ne prit même pas la peine de lui répondre. Raphaël fut un peu déçut mais ne s’en formalisa pas plus que cela, et se dirigea vers le placard, duquel il sortit un bol pour lui et un autre pour Daevlyn. Il lui prépara un café comme il les aimait sous le regard attendrit de Suzanne.

Daevlyn les rejoignit quelques minutes plus tard, et fut accueillit par trois sourires chaleureux, Abbygaïl ayant relevé la tête en le voyant arriver. L’adulte alla prendre place entre Suzanne et Raphaël et la jeune femme lui demanda :

- Bien dormis ?

- On ne peut mieux, répondit Daevlyn, échangeant un regard avec Raphaël qui n’échappa pas à l’attention de Suzanne qui sourit à son tour face au bonheur évident et à l’amour qui liaient ces deux êtres.

Ils terminèrent leur petit déjeuner en silence, puis, après avoir aidé à débarrasser, Raphaël monta prendre sa douche tandis que Daevlyn regagnait leur chambre et changeait les draps du lit, prenant ceux que Raphaël avait eu le bon sens de poser sur le matelas posé au sol, qui aurait dû servir à l’origine à accueillir l’un des deux hommes.

Une fois fait, il ouvrit le velux et la fenêtre, histoire d’aérer la pièce et entreprit de vider leurs valises et de ranger leurs vêtements dans la penderie. L’adolescent le rejoignit un instant plus tard, les cheveux mouillés et habillé de propre. Daevlyn attrapa la brosse à cheveux de son jeune amant, et le faisant asseoir à même le sol, il entreprit de lui démêler sa chevelure qui avait bien poussée en quelques mois. Ses longs cheveux noirs de jais lui arrivaient à présent au-dessous des fesses, et faisaient la fierté de l’adolescent, pour le plus grand plaisir de Daevlyn qui passait des heures à les caresser sans se lasser de leur texture soyeuse.

Après les avoir entièrement démêlés, Daevlyn le libéra sans avoir attaché ses cheveux. Intrigué, Raphaël se retourna et lui lança un regard interrogateur. Comprenant sa question muette, Daevlyn répondit en souriant :

- Au centre c’est mieux de les laisser attaché à causes des nœuds et du  travail, mais ici rien ne t’oblige à les attacher. Et puis tu es encore plus beau ainsi.

Raphaël ne répondit rien mais sentit ses joues s’empourprer sous le compliment, et embrassa furtivement son amant avant de se lever.

Après quoi, ils rejoignirent tout le monde au salon et avisant l’heure tardive, Raphaël se proposa pour aider Suzanne à préparer le repas. Celle-ci le remercia d’un sourire et ils se rendirent à la cuisine tandis que Daevlyn prenait place dans le canapé et que Pierre engageait la conversation avec lui, attirant de ce fait, toute l’attention d’Abbygaïl sur leur discussion.

Morgan quant à lui, avachi dans le canapé, jouait à la Playstation sans ce soucier le moins du monde de ce qui se passait autour de lui. Raphaël revint lorsque le repas fut prêt, et s’installa à même le sol, adossé aux pieds du canapé, il demanda à Morgan :

- Tu joues à quoi ?

Le jeune garçon lui lança un regard dédaigneux et replongea dans son jeu sans prendre la peine de lui répondre. Raphaël sentit son coeur se serrer face à l’ignorance dont il était victime, et ce sentiment se renforça lorsqu’il croisa par hasard le regard moqueur d’Abbygaïl. Cependant, Pierre qui avait assisté à la scène du coins de l’œil déclara :

- Morgan, tu pourrais lui proposer de jouer avec toi, au lieu de rester là avachi sur le canapé.

- Non je… Merci, mais je ne sais pas jouer à cela, s’empressa de répondre l’adolescent, ne souhaitant pas s’attirer d’avantage les foudres de Morgan.

Sur ses entre faits, Suzanne arriva au salon et invita tout le monde à passer à table.

Une fois tous à la cuisine, Abbygaïl passa derrière Raphaël et alors que personne ne faisait attention à elle, elle le poussa d’un coup de coude et s’assit à côté de Daevlyn, à la place de Raphaël. Celui-ci lui lança un regard blessé que la jeune fille ne remarqua même pas, et alla s’asseoir à sa place, entre Morgan et Suzanne.

Tout le long du repas, il ne parla releva pas la tête de son assiette. Honteux, il ne souhaitait pour rien au mode croiser le regard de Daevlyn, ignorant totalement ce qui se passait en ce moment. De son côté, Morgan lui donnait des coups de coude à chaque fois qu’il coupait quelque chose, faisant exprès de le bourrer, en échangeant des regards complices avec sa jumelle.

Blasé, Raphaël n’esquissait même pas un mouvement pour éviter les coups de Morgan, se faisant violence pour retenir les larmes de déception et d’incompréhension qui menaçaient de s’échapper de ses yeux.

Puis, soudain, il fut sortit de ses pensées par la voix d’Abby qui demanda à Daevlyn :

- Cela n’est pas trop ennuyeux de devoir jouer au baby-sitter ?

- Abby ! s’exclama alors Pierre, furieux contre la question de sa fille.

- Au fait, comment en es-tu arrivé à faire la connaissance de Raphaël ? Ajouta-t-elle sans tenir compte de la réflexion de son père.

A cet instant, Raphaël cru que son coeur allait s’arrêter, et relevant brusquement la tête, il adressa un regard suppliant à Daevlyn. Jamais en venant ici, l’adolescent n’aurait imaginé ne serait-ce qu’une seule seconde que leur séjour tournerait au cauchemar. Après un silence pesant, il vit Daevlyn ouvrir la bouche et commencer à parler :

- C’est une longue histoire. De plus, cela ne te concerne pas, répondit sèchement Daevlyn.

- Quoi ? Tu as si honte que ça que tu veux pas en parler ?

- Abbygaïl cela suffit ! Tonna Pierre de sa grosse voix. Et si tu n’es pas d’accord avec cela, rien ne t’empêche d’aller terminer ton repas dans ta chambre.

- De toute façon, c’est toujours mieux que de rester là en compagnie de personnes comme lui, cracha Abby en montrant Raphaël du doigt avant se lever de table.

Furieusement, elle sortit de la cuisine et monta dans sa chambre. Les larmes inondant ses joues, Raphaël releva la tête et captant le regard de Suzanne et de Daevlyn, il se leva précipitamment de sa chaise et sortit en courant de la cuisine pour aller, à son tour, s’enfermer dans sa chambre.

Alors qu’il allait se lever, Suzanne retient Daevlyn par le bras et se dirigea vers les escaliers pour aller rejoindre son fils.

Elle frappa trois coups légers à la porte, le coeur déchiré en entendant les sanglots de son fils qui résonnaient dans la pièce. N’obtenant aucune réponse, elle entra et referma la porte derrière elle. La vue de Raphaël allongé dans son lit, tentant d’étouffer ses sanglots dans ses oreillers lui brisa le coeur et elle vient s’asseoir sur le bord du lit en l’appelant de sa voix douce.

- Raphaël… Je suis désolée mon chéri… Je ne pense pas qu’Abby pensait réellement ce qu’elle a dit.

- Si… Si elle le pensait… Je… Elle a raison, je suis de trop… Je n’ai rien à faire ici, sanglota l’adolescent.

- Je t’interdis de dire de telle sottises tu m’entends ! S’exclama Suzanne hors d’elle. Tu es mon fils Raphaël et rien ne changera cela. Je ne veux plus jamais entendre de telle absurdités sortir de ta bouche, est-ce clair ?

Face à l’absence de réponse de la part de Raphaël, elle ajouta plus doucement :

- Allez, vient là, souffla-t-elle en tendant les bras à son fils qui vient se blottir contre elle, alors qu’elle tentait désespérément de le calmer.

- Pourquoi est-ce qu’ils réagissent de cette façon ? Je… Je me faisais un plaisir de les rencontrer… Qu’est-ce que j’ai fais pour qu’ils ne m’aiment aussi peu ? Est-ce… Est-ce que c’est parce que je suis avec Daevlyn ?

- Ils ne sont pas au courant. Nous avons estimé avec Pierre, que c’était à vous de l’annoncer officiellement lorsque vous sentirez que c’est le bon moment. Et pour répondre à ta question, je ne sais pas pourquoi ils réagissent ainsi. Je suppose qu’Abbygaïl doit trouver Daevlyn à son goût, quant à Morgan, jusqu’à maintenant, il était le seul garçon de la famille, cela doit lui faire bizarre de ne plus l’être.

- Tu… Tu crois que je devrais dire à Abbygaïl que Daevlyn est avec moi ? demanda l’adolescent en reniflant bruyamment.

- La décision vous reviens, Raphaël, mais sache que quoi que vous décidiez avec Daevlyn, je serais derrière vous.

- Merci Maman… Je t’aime…

- Je t’aime aussi mon chéri. Allez viens, allons rejoindre les autre en bas, tu as fait une sacrée peur à Daevlyn.

Raphaël rougit à cette remarque, et si au début il n’avait pas trop envie de descendre, à présent, il voulait aller rassurer son amant.

Dans l’après-midi, Suzanne et Pierre allèrent faire quelques courses afin de remplir le frigo qui commençait à se vider et laissèrent les enfants seuls avec Daevlyn et Raphaël.

L’adolescent, assit à côté de Daevlyn, se leva afin d’aller chercher quelque chose dans sa chambre et lorsqu’il revient, il resta figé sur le pas de la porte d’entrée du salon. A sa place, Abby remettait une mèche de cheveux de Daevlyn derrière son oreille. Celui-ci semblait ne pas faire attention au geste déplacée de la jeune fille, mais l’adolescent ressentit un élan de haine l’envahir brusquement.

Dégoûté, il alla prendre place sur la table du salon et y posa son matériel de dessin.

Cependant, la jalousie qui lui nouait les tripes était telle qu’il ressentit le besoin urgent de quitter la pièce, avant de faire un geste qu’il regretterait par la suite. Afin de se calmer les nerfs, il alla chercher quelque chose à grignoter dans la cuisine et alors qu’il repartait au salon avec une pomme à la main, il tomba nez à nez avec Morgan. Ce dernier lui lança un de ses habituels regards dédaigneux et Raphaël aurait continué à l’ignorer si celui-ci n’avait pas prit un malin plaisir à le chercher :

- Fais gaffe à ta ligne, tu vas gonfler si tu continues à manger en dehors des repas.

Plus qu’agacé, Raphaël se tourna vers lui et déclara d’une voix froide et à peine reconnaissable :

- Contrairement à toi qui passe tes journées avachi comme une larve dans le canapé à jouer a ton jeu débile, moi je fais du sport ! Je n’ai donc rien à craindre pour ma ligne, par contre, toi, tu ferais mieux de faire attention, tu as un bourlet qui dépasse de ton t-shirt, fit remarquer l’adolescent en pointant le bas ventre de Morgan.

Puis alors qu’il allait retourner au salon, il ajouta :

- Et depuis quand tu as vu qu’une pomme ça faisait grossir ?

Un sourire mi-satisfait, mi-sadique étira ses lèvres lorsque, du coin de l’oeil, il vit Morgan loucher sur son ventre et tenter de baisser son t-shirt. Cependant, il ne remarqua pas le sourire fier et amusé affiché sur les lèvres de Daevlyn et le l’air incrédule d’Abby qui avaient assisté à la scène. Croquant dans sa pomme, Raphaël retourna s’asseoir à sa table et après avoir taillé les crayons dont il allait se servir, il commença à dessiner. Concentrer dans son activité, il en oublia tout ce qui se passait autour de lui.

C’est ainsi que les trouvèrent Suzanne et Pierre en rentrant des courses. Lorsqu’il les vit arriver, Raphaël stoppa son activité pour les aider à aller ranger. Lorsqu’il revient au salon, il eut la désagréable surprise de trouver Abbygaïl penchée sur son travail, en train de feuilleter les quelques dessins contenus sur son carnet. Lentement, il s’approcha d’elle et demanda d’une voix qu’il s’efforça de garder calme et polie  :

- Est-ce que je me permets d’aller fouiner dans tes affaires ?

Comprenant où voulait en venir Raphaël, elle reposa le carnet sur la table et déclara méchamment :

- De toute façon ils sont moches !

Raphaël ne prêta aucune attention à la réplique d’Abby  et s’asseyant à la table, il se prit la tête dans les mains, cachant sa fureur et son malaise. Une voix grave retentit alors dans son dos, le faisant sursauter :

- Je ne savais pas que tu dessinais ! Je peux regarder ? Demanda Pierre en lui offrant un sourire bienveillant.

- Hein ? Euh, je…. Oui, enfin… Si vous voulez, bégaya l’adolescent, surprit.

- Pas de “vous” Raphaël, tu vas me vexer, fit remarquer Pierre avec un sourire amusé.

- Oui, pardon, murmura Raphaël.

Pierre prit place sur la chaise voisine de Raphaël et commença à feuilleter le carnet de Raphaël avec un regard appréciateur. Cependant, il ne fit aucun commentaire jusqu’à ce qu’il eut terminé de le regarder, et lorsque ce fut fait, il le reposa devant son propriétaire et déclara :

- Tu dessines très bien Raphaël. Ne te laisse pas influencer par les paroles blessantes d’Abby, mon garçon. Cela finira par lui passer.

Et sans laisser à Raphaël le temps de répondre, il s’éloigna après lui avoir adresser un sourire d’encouragement.

- Pierre à raison mon amour, ils sont magnifiques tes dessins, murmura une voix à son oreille.

Raphaël émit un hoquet de surprise et se retourna vivement. Daevlyn qui avait prévu le mouvement de l’adolescent, recula de quelques pas et plongea son regard dans ses prunelles améthystes qui brillaient d’une lueur d’interrogation.

- J’aime particulièrement celui que tu as fait de moi, ajouta l’adulte avec un sourire équivoque.

Cette phrase eut pour effet de faire s’empourprer l’adolescent. Attendrit, Daevlyn l’embrassa furtivement, après avoir vérifié que personne d’autre qu’eux ne se trouvaient dans la pièce. Ce baiser, même chaste, eut pour effet de faire retrouver de sourire à Raphaël.

Daevlyn lui adressa un clin d’oeil et entendant des pas venir dans leur direction, il s’écarta de quelques pas. Alors que Daevlyn allait s’installer dans le canapé et reprendre son livre, Raphaël alla ranger son matériel de dessin dans sa chambre, souhaitant passer un peu de temps auprès de son amant.

Cependant, lorsqu’il revient, la place libre auprès de Daevlyn avait de nouveau été prise d’assaut par Abby qui collait outrageusement l’adulte, lisant par-dessus son épaule. Sans se laisser gagner par la colère, Raphaël alla prendre place sur l’accoudoir du canapé et posa sa tête sur l’épaule de son moniteur.

Il resta un long moment ainsi et c’est dans cette position que Suzanne les trouva en entrant dans la pièce. Cependant, face à la scène qui se déroulait sous ses yeux, Suzanne comprit bien vite que l’adolescent agissait ainsi par pure jalousie, et souhaitant lui laisser un peu de temps avec Daevlyn, elle déclara :

- Abby, tu peux venir m’aider pour le repas s’il te plait ?

- Pourquoi ? Raphaël il peut le faire lui !

- Abby ! Raphaël s’est déjà proposé de m’aider hier, tu pourrais bien le remplacer aujourd’hui ! Ce n’est pas à lui de tout faire !

- Ben voyons ! Souffla Abby en se levant, prenant appuis sur la cuisse de Daevlyn. Et après on ose nous dire qu’il n’y a aucun chouchou !

La jeune fille dépassa Suzanne et se rendit à la cuisine en soufflant bruyamment. Suzanne lança un clin d’œil à son fils et rejoignit Abby. Une fois seuls, Raphaël se laissa glisser sur les genoux de Daevlyn qui referma son livre pour reporter toute son attention sur son jeune amant. Là, il prit tendrement possession de ses lèvres, et l’embrassa avec tout l’amour dont il était capable. Raphaël avait le besoin de se sentir aimé et répondit au baiser avec entrain, assouvissant son manque de Daevlyn, ne pouvant le toucher pendant la journée, celui-ci étant toujours collé par Abby. Mettant fin au baiser, Raphaël enfoui son visage dans le cou de l’adulte et chougna :

- J’en ai marre qu’elle te colle comme ça… En plus tu ne fais rien pour la repousser… Je suis jaloux tu sais…

- Oui je sais mon ange, j’ai vu les regards meurtriers que tu lui lances… Et si je ne la repousse pas c’est pour ne pas la vexer. Je pensais que mon indifférence lui ferait comprendre mais apparemment elle a l’air plutôt tenace.

Raphaël ne répondit rien, se contentant de se lover un peu plus contre son amant. Ils restèrent ainsi jusqu’à ce que Suzanne vienne les chercher pour passer à table :

- Vous venez manger les garçons ? Appela-t-elle en leur lançant un regard attendrit.

- On arrive, répondit Daevlyn avant de voler un baiser à son amant et de se lever, le portant comme un bébé.

Raphaël passa ses jambes autour de la taille de son amant qui le porta ainsi jusqu’à l’entrée de la cuisine. Là, Raphaël se laissa glisser à terre en souriant tendrement à Daevlyn et Suzanne appela la maisonnée pour leur signaler que le repas était prêt.

Cette fois-ci, gardant en mémoire le souvenir de ce midi, ne traîna pas et s’installa rapidement à sa place habituelle aux côtés de Daevlyn. Constatant cela, Abby lui lança un de ses habituels regards mauvais et retourna près de son frère. Raphaël ne lui prêta aucune attention, n’ayant pas fait cela dans le but de la narguer ou quoi que ce soit d’autre, mais uniquement pour se retrouver un moment auprès de son amant.

Le repas débuta dans le calme, mais lorsque ce fut le moment du plat principal, Raphaël commença à laisser discrètement de côté les carottes contenues dans son assiette. Pourtant, cela ne passa pas inaperçu à Suzanne qui demanda :

- Tu n’aimes pas les carottes ?

Honteux, Raphaël se contenta d’hocher négativement la tête, les yeux obstinément rivés sur son assiette, tandis que Daevlyn vidait son assiette des légumes maudits.

- Tu aurais dû le dire, je t’aurai préparé autre chose ! fit remarquer Suzanne.

- C’était bien la peine de faire à bouffer s’il mange que dalle ! C’est finis, j’me casse plus le cul pour lui ! Il se démerde ! S’exclama Abby en tuant Raphaël du regard.

- Abby ! Je commence à en avoir plus que marre de tes réflexions ! S’exclama Pierre hors de lui.

La jeune fille ne répondit rien, replongeant son attention sur son assiette. Raphaël de son côté, ne parlait pas non plus. Pour lui, le moment des repas était devenu une calamité et s’est limite s’il osait lever les yeux de son assiette, de peur de croiser le regard d’un des deux jumeaux.

Il ne comprenait pas d’où venait cette animosité de la part des deux aînés et se sentait blessé d’un tel rejet, même s’il ne le montrait pas. Seule la petite Lindsay semblait l’apprécier réellement, ou du moins ne lui faisait pas de réflexions ou de reproches sur son comportement.

- Et bien ! Quelle ambiance ! Fit remarquer Morgan qui ouvrait la bouche pour la première fois.

- Ça suffit Morgan ! Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi !

La fin du repas se déroula dans un silence monastique. Au moment du dessert, Raphaël sentit Daevlyn se tendre imperceptiblement contre lui. Il lui adressa un regard intrigué et face à l’absence de réponse de son amant, Raphaël laissa tomber sa petite cuillère, dans un geste maladroit.

Il s’attira les regards blasés des jumeaux mais n’en tien pas compte. Il se baissa et jeta un coup d’œil sous la table. Ce qu’il y vit le glaça d’effroi. Le pied nu d’Abbygaïl se déplaçait lentement et sensuellement le long de la jambe de Daevlyn qui tentait désespérément de la repousser. Lorsqu’il se réinstalla sur sa chaise, Raphaël posa sa cuillère et repoussa son dessert, prétextant avoir assez mangé. Ne se doutant pas une seule seconde que Raphaël avait été témoins de son manège, Abby continuait de draguer ouvertement l’adulte qui faisait son possible pour ne pas se lever et lui coller une gifle.

Lorsque tout le monde eut terminé, Daevlyn et Raphaël aidèrent Suzanne à débarrasser la table avant d’aller rejoindre les autres au salon. Daevlyn alla prendre place dans la dernière place libre du canapé, aux côtés de¨Pierre et Abby tandis que Raphaël allait s’asseoir sur les genoux de sa mère, toutes les places étant déjà prises. Lorsqu’il vit Abby se coller contre Daevlyn, Raphaël se tendit imperceptiblement, ce qui pourtant ne passa pas inaperçu pur Suzanne et tenta de réfréner l’énervement qui s’emparait de lui. Cependant, lorsqu’Abby posa sa main sur la cuisse de Daevlyn dans un geste qui se voulait tout à fait innocent, Raphaël arriva à saturation et sous le regard empli de fierté de Suzanne, il se leva :

- Ça suffit ! Cria-t-il en s’avançant dangereusement vers Abby, faisant sursauter tout le monde. Je croyais que tu avais compris depuis le temps mais apparemment non, alors laisse moi te l’expliquer d’une manière plus radicale que j’espère claire et convaincante.

Là, sous le regard mi-étonné, mi-effrayé des jumeaux, il s’assit sur les cuisses de Daevlyn et prit violemment possession de ses lèvres dans un baiser ardent et langoureux. Raphaël dévorait les lèvres de Daevlyn avec une avidité poussée au maximum, et c’est avec une joie intense qu’il sentit Daevlyn répondre au baiser avec la même intensité. Les mains posées sur les hanches de l’adulte, Raphaël suçait avec un plaisir non feint la lèvre inférieure de son amant.

Galvanisé par l’ardeur que mettait Raphaël à l’embrasser, Daevlyn posa ses mains sur les hanches de son amant, et lui caressait lentement la chute de ses reins, en un geste lent et sensuel.

Après un temps qui leur parut à la fois trop long et trop court, Raphaël mit fin au baiser et s’écarta de Daevlyn qui lui sourit d’un air amusé. Raphaël lui donna un léger coup de poing sur le torse, lui montrant qu’il n’approuvait pas l’attitude de son amant.

Timidement, il se retourna, sans quitter les genoux de Daevlyn, et les joues rouges face à l’audace dont il venait de faire preuve, il murmura :

- Pardon…

- Ne t’excuses pas Raphaël, déclara Pierre. Ta mère et moi n’avons rien dit aux enfants car nous estimions que c’était à vous de l’annoncer lorsque vous l’auriez décidé. Tu n’as rien à te reprocher.

Raphaël lui adressa un petit sourire timide empli de remerciements muets mais qui n’échappèrent pas au notaire qui lui renvoya un clin d’œil victorieux.

- C’est dégelasse ! S’exclama alors Abby en se levant et en montant dans sa chambre en courant.

- Ouais, ben j’ai intérêt à faire attention à mon cul moi ! Fit remarquer Morgan avec une moue dégoûtée.

A ses mots, Pierre se leva et gifla violemment son fils en s’exclamant :

- Vous me faites honte tous les deux ! Jamais je ne vous ai éduqué de la sorte ! File dans ta chambre, je ne veux plus te voir jusqu’à nouvel ordre !

Raphaël avait enfoui son visage dans le cou de Daevlyn et pleurait silencieusement. Ce ne fut que lorsqu’il sentit une des larmes de l’adolescent rouler dans son cou que Daevlyn s’en aperçut et l’embrassant tendrement dans les cheveux, il lui caressa le dos en signe d’apaisement, lui murmurant des mots réconfortant au creux de l’oreille.

- Je suis vraiment confus, déclara Pierre affreusement gêné. Je ne comprends pas du tout leur réaction. Mon frère est homosexuel également, et jamais ils n’ont eut ce genre de réflexion…

- Ne vous en faites pas, le rassura Daevlyn. Je pense que c’est un trop plein d’émotions qui l’ont fait craquer. Il était sous pression depuis quelques jours et c’est le contrecoup de tout ce qui vient de se passer. Et c’est pas plus mal ainsi, il n’aurait pas pu supporter une journée supplémentaire avec ce poids sur le coeur.

Avisant les soubresauts qui secouaient le corps de son fils, Suzanne se leva et alla s’asseoir auprès de Daevlyn qui tentait toujours de consoler l’adolescent qui à présent, ne cherchait plus à cacher ses sanglots :

- Ne pleure plus mon ange… C’est fini… Là, calme-toi, respire doucement… Chut, mon coeur…

Mais noyé dans ses sanglots, Raphaël n’entendait pas les paroles de Daevlyn. Ses sanglots intarissables serraient le coeur des adultes qui tentaient tant bien que mal de consoler l’adolescent, sans succès. Même Lindsay, attristée par les pleurs de Raphaël était montée sur les genoux de Daevlyn et faisait un câlin au jeune garçon, sous le regard attendrit des trois adultes.

Ce ne fut que bien plus tard que les sanglots de Raphaël cessèrent enfin. Daevlyn sentit un poids mort peser sur son épaule et après avoir murmuré le prénom de l’adolescent sans obtenir de réponse, il déclara en chuchotant pour ne pas le réveiller :

- Il s’est endormit…

- C’est mieux ainsi, fit remarquer Pierre. Il a besoin de dormir.

- Hn. Je vais aller le coucher, je reviens.

Sur ses mots, il fit descendre Lindsay et se leva. Portant l’adolescent comme une jeune mariée, il le monta jusque dans leur chambre et le coucha dans leur lit. Il le mit en pyjama le plus délicatement possible de façon à ne pas le réveiller, avant de rabattre les couvertures sur lui.

Après un dernier regard pour s’assurer qu’il allait bien, il éteignit la lumière et referma la porte derrière lui. A pas de loup, il alla rejoindre Pierre et Suzanne qu’il trouva en pleine conversation :

- Je suis désolé ma chérie, disait le notaire. Je ne comprends vraiment pas leur réaction. J’irais leur parler demain, si j’y vais maintenant je risque de m’énerver et cela ne rimerait à rien.

Daevlyn retourna s’asseoir dans l’un des fauteuils qui faisaient face au canapé. Ils discutèrent un long moment avant que Daevlyn ne monte se coucher à son tour. Alors qu’il entrait sous les couvertures, Raphaël vint se coller à lui en marmonnant son prénom.

- Je suis là mon ange, rendors-toi…

Raphaël se blotti un peu plus dans les bras de Daevlyn et se rendormit aussitôt.

Depuis une semaine que Raphaël avait explicitement fait comprendre à Abby que Daevlyn n’était plus un coeur à prendre, les choses ne s’étaient pas vraiment améliorées. Une tension à couper au couteau émanait de la part des deux jumeaux, et l’adolescent tentait de ne pas prendre trop à coeur leur moqueries. Cependant, même si extérieurement il avait tout l’air de quelqu’un qui n’y prête pas attention, intérieurement, il souffrait. De plus, il avait remarqué que Suzanne n’allait pas bien non plus, mais à chaque fois qu’il tentait une approche, elle lui assurait que cela allait, qu’elle était juste un peu fatiguée.

La jeune femme les appela pour passer à table et avant d’entrer dans la cuisine, Daevlyn attira Raphaël à lui et l’embrassa tendrement, faisant fit de la présence des jumeaux dans leur dos. Raphaël sourit tendrement à Daevlyn et l’embrassa furtivement une dernière fois avant de rejoindre sa place à table, son amant sur les talons.

Le nez plongé dans son assiette, Raphaël tentait de ne pas faire attention aux gloussements imbéciles des jumeaux, mais à une énième remarque de la part d’Abby à son frère, Raphaël sentit une rage d’une intensité encore jamais atteinte s’emparer de lui. Lâchant sa fourchette, il posa sa main sur sa cuisse et serra violemment le poing, faisant fi de la douleur que provoquaient ses ongles qui s’enfonçaient profondément dans sa chair. Daevlyn sembla s’apercevoir du trouble de l’adolescent, car il pressa sa main dans la sienne, dans un geste de réconfort, tentant de le calmer.

Mais cela ne fut pas suffisant. Plantant violemment la pointe du couteau dans la table en bois, Raphaël releva lentement la tête tandis que son regard d’un noir ébène se posait sur Abby. La tension qui émanait de l’adolescent à ce moment était tel que toutes les conversations avaient cessé et que tous les regards étaient posés sur lui. D’une voix impersonnelle et d’une froideur extrême, Asiel déclara :

- Toi la peste je t’ai rien demandé ! Radio langue de pute ça va bien cinq minutes mais la ça devient carrément casse couilles !! Et fout toi bien ça dans le crâne, je préfère sans hésiter me faire “défoncer le cul” pour reprendre ta propre expression, plutôt que de devoir supporter la vue d’une greluche telle que toi, avec une poitrine de fatma ! Tu viens définitivement de me guérir des filles Abby, et je t’en remercie !

Aussitôt, les yeux de Raphaël retrouvèrent leur couleur habituelle. Les larmes aux yeux, sentant le regard ahuri de sa familles posé sur lui, Raphaël se leva précipitamment et s’enfuit en courant. Daevlyn bondit aussitôt à sa poursuite et le rattrapa par le bras avant qu’il n’emprunte les escaliers. Il l’entraîna au salon et demanda :

- Raphaël…

- Nan ! Hurla l’adolescent a bout de nerf et en sanglots. Ne viens pas me faire la morale ! Je sais très bien ce que tu penses ! Que c’est une bonne chose qu’il ait intervenu ! Et moi ! Tu penses un peu à moi ? S’écria Raphaël entre deux sanglots. Pourquoi se croit-il toujours obligé d’intervenir ? Il ne peut pas me laisser me débrouiller par moi-même ? Je suis pas assez fort c’est ça ? J’en peux plus Daevlyn, c’est trop dur, je suis à bout, sanglota l’adolescent au bord de la crise de nerfs.

- Calme-toi Raphaël, cela ne sert à rien de te mettre dans un état pareil.

- Que je me calme, hurla Raphaël hystérique. Comment veux-tu que je me calme ? Je suis à deux doigts de peter un câble et toi tu veux que je me calme ? Tu en as encore beaucoup des comme ça ?

A bout de souffle, Raphaël sentait le souffle lui manquer. La respiration sifflante, il était en train de suffoquer par le manque d’air.

Daevlyn s’approcha de lui mais fut vite repousser par les coups violents lancés à l’aveuglette par l’adolescent :

- Respire Raphaël… Je t’en prie calme-toi… tu es entrain de t’étouffer… Raphaël respire putain ! Cria à son tour l’adulte complètement paniqué, impuissant face à son amant qui s’étouffait.

A l’entente de ses mots, Suzanne qui n’avait pas bougé de sa chaise, souhaitant laisser les deux amants régler seuls cette histoire qui ne les concernait pas, sauta de sa chaise et se précipita au salon, suivit de près par Pierre et les enfants.

Le spectacle qui se déroulait sous leurs yeux ébahis et horrifiés arracha un cri de terreur à Suzanne. Réagissant le premier, Pierre se précipita vers Raphaël et lui compressa un point anatomique de sa poitrine. Aussitôt, l’adolescent inspira bruyamment une grande bouffée d’air, tandis que Daevlyn faisait de même, soupirant de soulagement et de peur. Il se précipita vers l’adolescent et le prit dans ses bras, pleurant de peur et de soulagement, ses larmes se mêlaient aux sanglots de l’adolescent, qui frappait le dos de l’adulte, de coups de poings de rage et de désespoir, mais trop faiblement pour vraiment lui faire mal.

Des gémissements d’animal blessé s’échappait de la gorge de l’adolescent, compressant la poitrine de Suzanne et Daevlyn qui étaient totalement impuissant face à la détresse et la douleur de l’adolescent.

- Pardonne-moi Raphaël… pardonne-moi de n’avoir pas vu à quel point tu souffrais… J’aurais du voir que tu étais à bout… J’aurais dû faire en sorte qu’il ne revienne pas… Je t’en prie, pardonne-moi mon ange, sanglota Daevlyn en enfouissant son visage dans les cheveux détachés de l’adolescent.

Les sanglots de Daevlyn se tarirent bien avant ceux de l’adolescent. Lorsque enfin les pleurs de Raphaël cessèrent, Daevlyn s’aperçut qu’il venait de s’endormir dans ses bras. Délicatement, il passa un bras sous son cou et l’autre au creux des genoux et le porta dans leur chambre. Morgan et Abby s’écartèrent vivement pour le laisser passer, tandis que Suzanne emboîtait le pas à Daevlyn, intimant l’ordre aux autres de rester en bas.

Passant devant l’amant de son fils, elle ouvrit la porte de la chambre et tira les draps du lit afin que Daevlyn puisse l’y allonger l’adolescent. Ensuite, elle retourna fermer la porte et revient auprès de Daevlyn qui avait entreprit de déshabiller son jeune amant.

- Je crois que j’ai droit à des explications non ? Demanda la jeune femme d’une voix douce mais ferme.

Daevlyn ne répondit rien, faisant passer le t-shirt de Raphaël par-dessus sa tête, dévoilant à sa mère son torse et ses bras striés de cicatrices plus anciennes les unes que les autres. Un cri muet s’échappa des lèvres e la jeune femme face à l’horreur qui se dévoilait à ses yeux et Daevlyn déclara d’une voix posée :

- Autant commencer par le commencement non ?

La jeune femme se contenta d’hocher positivement la tête en signe d’acquiescement et Daevlyn reprit :

- Lorsque Raphaël est arrivé au centre, il ne parlait pas et n’acceptait personne à moins de trois mètres de lui. Il se mettait à crier à chaque fois que quelqu’un l’effleurait par mégarde. Très vite, les autres ados du centre en ont fait leur bouc émissaire, trouvant en lui la victime idéale. J’ai obtenu de la part de Sébastien la permission de m’occuper seul de lui et après plusieurs semaines sans parvenir à aucun résultats, il a commencé à me parler, mais toujours sans accepter le moindre contact. Un matin, j’ai retrouvé Raphaël les bras charcutés et à demi conscient, poursuivit l’adulte, en simplifiant un peu les faits. On l’a aussitôt fait transporté à l’hôpital…

- Qui est ce ‘il” dont Raphaël faisait mention tout à l’heure ? Interrogea la jeune femme qui palissait à vue d’oeil au fut et à mesure que Daevlyn avançait dans son récit.

- J’y viens, et je pense que tu devrais t’asseoir… Je ne vais pas y aller par quatre chemins… Quand il s’est réveillé à l’hôpital, ce n’était pas Raphaël qui était là, mais Asiel…

Un grand silence suivit cette déclaration avant que Suzanne finisse par demander d’une voix hésitante :

- Asiel ? Tu… Tu veux dire que…

- Oui, termina calmement Daevlyn. Raphaël souffre de dédoublement de personnalité. Cependant, cela faisait plusieurs mois qu’il n’était pas réapparut… Je pense que s’il est apparut tout à l’heure c’est parce qu’inconsciemment, Raphaël à dû le lui demander… Connais-tu la raison de la présence de Raphaël dans ce centre ? Demanda alors Daevlyn.

- Non, je… Il n’a jamais voulu me le dire…. Chaque fois que j’abordais le sujet, il déviait la conversation ou se renfermait sur lui-même, alors j’ai finis par arrêter de chercher à savoir…

- Ce centre à la particularité d’accueillir des adolescents à problèmes, notamment ceux qui ont commis un meurtre…

- Un meurtre ? répéta Suzanne incrédule.

Daevlyn se contenta d’hocher affirmativement la tête et retenant un cri d’horreur, Suzanne plaqua ses mains sur sa bouche alors que dans son esprit, les morceaux se recollaient :

- Oh mon Dieu… Raphaël…. C’est Raphaël qui a tué son père…

- Pas tout à fait… Tu es déjà au courant de ce qu’a fait subir son père à Raphaël… Un jour, Asiel est apparut sans crier gare et à poignarder son père alors qu’il…

La voix de Daevlyn se noua dans sa gorge et Suzanne étouffa un sanglots, sans parvenir à détacher son regard du visage de Raphaël qui dormait paisiblement.

- Je n’arrive pas à y croire… Comment est-ce possible ? Sanglota Suzanne en s’agenouillant au chevet de son fils, prenant sa main dans la sienne. Tout ceci est de ma faute… Si seulement je n’étais pas partie… Si seulement je l’avais emmené avec moi au lieu de le laisser à la garde de son père… Je me sens tellement coupable… Je te prie de me pardonner Raphaël… Je t’en prie, pardonne-moi…

Touché par la détresse de la jeune femme, Daevlyn s’agenouilla à ses côtés, et Suzanne se laissa aller dans ses bras pleurant toutes les larmes de son corps. Ils restèrent un long moment ainsi enlacés, pleurant sur le sort de cet être qu’ils aimaient tous deux de tout leur coeur.

Ce ne fut que bien plus tard qu’ils redescendirent au salon où ils furent accueilli par Pierre qui demanda d’une voix qui cachait mal son inquiétude :

- Comment va-t-il ?

- Il dort. Il a besoin de se reposer. Cela fait quelques jours qu’il a le sommeil agité, répondit Daevlyn d’une voix qu’il voulait calme et posée mais qui cependant, cachait bien mal son inquiétude et sa propre fatigue.

Chacun prit place dans un fauteuil, les jumeaux assis l’un à côté de l’autre dans le canapé, Suzanne souffla longuement puis prit la parole :

- Cela fait une semaine que cette situation perdure et cela ne peut plus durer. Je ne veux plus jamais qu’une telle scène se reproduise sous mon toit, me suis-je bien fait comprendre ? demanda Suzanne d’une voix calme mais déterminée.

Je n’ai rien dit tout ce temps, pensant que cela allait se tasser, mais visiblement, ce n’est pas le cas. Je n’ai pas pour habitude de sévir et vous le savez très bien, mais je ne peux pas laisser passer quelque chose d’aussi grave. Avez-vous seulement conscience de la gravité de la situation ? Interrogea-t-elle toujours calmement. Alors voila, je vais mettre les choses au clair en espérant ne plus avoir à le refaire. Même si Raphaël ne vit pas avec nous toute l’année, il n’en est pas moins mon fils et ici chez lui. J’aimerais que vous l’acceptiez comme tel et que vous cessiez vos gamineries ! Raphaël est mon fils et pour rien au monde je n’accepterais que vous le laissiez à part. Il a autant sa place que vous dans cette famille et dans cette maison, est-ce clair ? Ajouta la jeune femme en commençant à perdre son calme et à hausser la voix. Vous avez quel âge pour agir de la sorte ? Abby, Morgan, répondez-moi ! C’est quoi qui vous gêne chez lui ? A-t-il eut ne serait-ce qu’une fois des paroles blessantes envers vous ? Non ? Alors pourquoi est-ce que vous vous acharnez sur lui de cette façon bordel ? Cela ne vous est jamais venu à l’esprit qu’en plus de le blesser lui vous me blessiez moi aussi ? Vous croyez que cela m’amuse de voir mes enfants se bouffer le nez à longueur de journée ? Cria Suzanne à présent hors d’elle.

Après un moment de silence durant lesquels ont entendit voler les mouches, elle reprit plus calmement :

- J’ai vécu trop longtemps loin de Raphaël et je ne veux plus jamais que cela arrive. Je suis désolée Pierre, ajouta-t-elle en se tournant vers l’homme qu’elle aimait sans chercher à dissimuler les larmes qui coulaient sur ses joues. Je t’aime, mais je ne veux pas avoir à me séparer de mon fils à cause de votre comportement puéril, déclara-t-elle en faisant de nouveau face aux jumeaux. Si vous ne parvenez pas à faire en sorte que tout se passe bien entre nous, alors je partirais. Je suis prête à sacrifier mon bonheur pour faire le sien.

Un cri d’horreur se fit entendre dans leur dos, et tous se figèrent en voyant Raphaël descendre les escaliers et se précipiter vers sa mère et se jeter dans ses bras en sanglots :

- Naaan… Je veux pas… Je veux pas que tu sacrifies ton bonheur pour le mien… Tu as le droit d’être heureuse toi aussi… Cesse de ne penser toujours qu’à moi et vit pour toi… Je t’aime Maman, mais si tu fais cela, plus jamais je ne pourrais me regarder dans un miroir… Moi j’ai Daevlyn en plus de t’avoir toi, mais toi, ton bonheur est ici, auprès de Pierre et de tes enfants… Je t’aime Maman, répéta l’adolescent, mais je préfère partir plutôt que de te savoir malheureuse à cause de moi…

- Ecoute Raphaël, ma décision est prise et je ne changerais pas d’avis. Je suis désolée…

- Désolée ? Tu te fous de moi ? S’exclama l’adolescent en s’arrachant vivement à l’étreinte de Suzanne.

- Calme-toi Raphaël, tenta Suzanne, un peu dépassée par la réaction violente de son fils. Je ne veux plus te voir souffrir… Tu as déjà bien trop souffert par le passé… Non ! S’exclama-t-elle en voyant Raphaël ouvrir la bouche pour parler. Daevlyn m’a tout expliquer pendant que tu dormais… Plus jamais ! Tu m’entends ? Plus jamais je ne t’abandonnerais ! J’ai été forcée de le faire une fois, ne m’arrache pas le coeur en me forçant à le faire une seconde fois !

- Que… Quoi ? Bégaya l’adolescent incrédule. Je… Daevlyn ? Répéta-t-il d’une petite voix tandis qu’une colère sans limite s’emparait de lui.

Délaissant sa mère, il marcha rapidement en direction de son amant qui s’était levé en laissant libre court à sa colère :

- Toi ! S’exclama-t-il furieux. Pourquoi est-ce que tu lui as dit ? Tu m’avais promis ! Tu m’avais promis de ne rien dire, sanglota l’adolescent. Je te déteste, gémit-il en frappant faiblement le torse de son amant, toute force semblant l’avoir abandonnée. Je te déteste, répéta l’adolescent en sanglot, le visage enfoui dans la chemise de Daevlyn qui le retenait fermement contre lui.

- Je sais… Je sais Raphaël… déteste-moi tant que tu veux, mais laisse sortir tout ce que tu ressens… Ne garde pas cela pour toi, répondit calmement l’adulte, d’une voix posée et rassurante.

Raphaël pleurait toujours dans les bras de son amant lorsque la voix de Suzanne retentit dans son dos :

- Comment veux-tu que je reste indifférente Raphaël… Après tout ce que j’ai vu… Ton corps… Ce que t’as fait subir ton père et…

La jeune femme ne put aller plus loin, sa voix se noua dans sa gorge, retenant un sanglot.

A ces mots, tous les muscles de Raphaël se contractèrent violemment et repoussant vivement Daevlyn loin de lui, il plaqua ses mains sur ses oreilles, tandis qu’un cri d’animal blessé, tel le chant du cygne, s’échappait de ses lèvres entrouvertes. Son corps secoué de spasmes violent, semblait être devenu le terrain de jeux d’un duel sans merci entre lui et sa conscience, si bien qu’il n’entendit pas Daevlyn s’écrier à l’attention de Suzanne :

- Ne t’approche pas de lui !

Quelques instant plus tard, Raphaël redevient calme, et lorsque après s’être relevé, il plongea son regard dans celui de Daevlyn, il comprit…

17
oct

Mourir pour revivre - Chapitre 48

   Ecrit par : admin   in Mourir pour revivre

Chapitre 48 écrit par Lybertys

Si Daevlyn avait plus qu’apprécié son rêve, c’était loin d’être le cas de son réveil. Son cœur se serra se rappelant qu’il faudrait encore attendre trois jours sans compter celui-ci. L’envie de simplement étreindre Raphaël, de le serrer dans ses bras et de lui voler un baiser était devenu un besoin de chaque instant. Entendre sa voix hier lui avait certes fait du bien, mais cela lui avait aussi fait beaucoup de mal. Il savait que Raphaël ressentait la même chose que lui à son sujet et souffrait. Et cela était extrêmement douloureux.  Sa propre souffrance était à ses yeux minime par rapport à celle de Raphaël. Ce qui lui importait plus que tout, avant même son propre bonheur, c’était de voir un sourire se dépeindre sur le visage de l’adolescent qui avait déjà largement subit de vices dans sa vie. Il persistait encore au plus profond de son cœur le doute qu’il soit vraiment fait pour apporter à Raphaël ce dont il avait besoin. Mais ils étaient tellement dépendant l’un de l’autre, que Daevlyn n’imaginait pas d’autres solutions que de vivre avec lui jusqu’à la fin de ses jours et même au delà…

S’avisant de la luminosité qui était filtrée par ses volets, Daevlyn décida de se lever et se rendit directement dans la salle de bain. Aussitôt des souvenirs similaires aux genres de choses qu’il venait de faire dans son rêve lui revinrent en mémoire et il préféra ne pas y traîner pour se retrouver obligé de se soulager. Il sortit donc quelques minutes plus tard, et attrapa les vêtements propres qu’il n’avait pas mis en carton la veille afin de pouvoir les mettre aujourd’hui.

Son réflexe fut ensuite de sortir et de réveiller les adolescents, sachant que ce serait la dernière fois qu’il le ferait. Malgré qu’il soit heureux de ses changements qui allaient lui apporter un plus grande liberté, il fut emprunt d’un sentiment de nostalgie. Il se rendit ensuite seul, sans Raphaël à ses côtés au réfectoire, où Sébastien était déjà installé en train de tenter d’émerger devant une tasse de café et deux tartines qu’il n’avait pas encore beurrées. Daevlyn sourit et vint s’asseoir en face de lui après s’être servi.

- Bien dormi ? demanda Daevlyn.

- Oui, ça peut aller…

Daevlyn ne chercha pas à aller plus loin dans la conversation, sentant que Sébastien n’étais pas vraiment en état pour le moment. Il ne serait opérationnel qu’à la fin de la journée. Daevlyn regarda plus avant l’expression qui ornait son visage et s’aperçut qu’il était particulièrement pâle. Aussitôt inquiet il demanda :

- Ca va Séb ?

- Non, pas vraiment. Je ne me sens pas bien depuis hier soir. Je crois que je suis en train de tomber malade…

- Dans ce cas, qu’est ce que tu fais debout, tu devrais être couché !

Daevlyn se leva et après avoir contourné la table, afin de se retrouver à côté de lui, il posa la main sur son front et constata à voix haute :

- Mon dieu, mais tu es brûlant de fièvre.

Sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit, il le tira par le bras et l’amena jusqu’à l’infirmerie. Par chance l’infirmière s’y trouvait et Daevlyn la laissa s’occuper de Sébastien. Celui-si se laissa totalement faire, sans dire un mot.

Daevlyn retourna ensuite au réfectoire, et finit son petit-déjeuner, avant de faire un détour par la cuisine et attraper un biberon pour Amaranth. Aujourd’hui était encore une journée ensoleillée et une journée au parc lui ferait le plus grand bien. Le poulain l’accueilli avec un hennissement joyeux, avant de venir frotter sa tête contre lui, en recherche de contact. Daevlyn passa un petit moment avec lui au box après l’avoir nourri, passant sa main sur son poil encore duveteux et extrêmement doux. Il finit par lui mettre avec douceur un licol et le sortit jusqu’à l’enclot qui lui était réservé. Waterfalls et les autres n’étaient pas bien loin et lorsque le petit poulain poussa un hennissement, les autres lui répondirent. Après quelques facéties de la part d’Amaranth, il le laissa se défouler dans le parc. Il n’eut pas le temps de s’occuper d’avantage de lui. Aujourd’hui un déménagement l’attendait. Même si Sébastien n’allait pas pouvoir l’aider, il pourrait très bien se débrouiller seul.  Il se rendit d’abord dans son nouveau lieu d’habitation. Les affaires de la directrice ne s’y trouvaient plus. Seul restait ce qui avait toujours était ici. S’il Daevlyn le retapait un peu, cet endroit pour être très sympathique et agréable à vivre. C’était maintenant son chez lui.

Une fois qu’il eut fait l’inspection des lieux, et aménagé au mieux son arrivée, il se rendit dans sa chambre et commença les vas et viens avec les cartons. L’heure à laquelle il commença étant déjà bien entamée dans la matinée, il décida de faire une pause à midi, la chaleur n’aidant pas. Après avoir mangé avec les autres éducateurs, il se rendit à l’infirmerie dans le but d’aller rendre visite à Sébastien et de prendre de ses nouvelles, étant légèrement inquiet au sujet de sa santé.

Lorsqu’il entra, il alla directement voir Sébastien, mais fut interrompu par l’infirmière. Aussitôt il demanda :

- Sébastien va bien ? Qu’est-ce qu’il a ?

- Tout simplement une bonne grippe.  Il lui faut un endroit calme pour se reposer.

- S’il prend la deuxième chambre de la dépendance ?

- Ce serait parfait. Seul le calme et le repos lui permettront de véritablement se remettre.

- Très bien, le temps que je lui arrange un peu la pièce et je viendrais le chercher.

Après quelques paroles échangées au sujet des soins, Daevlyn alla préparer la chambre pour Sébastien. Après un rapide tour au bureau pour voir s’il n’y avait pas de message ou de courrier important, il alla chercher Sébastien, et l’épaulant, il l’installa dans la pièce qu’il avait préparé à son effet. Il lui demanda s’il avait faim et devant son refus, il repris ce qu’il avait arrêté avant la pause de midi, le prévenant qu’il était là en cas de besoin.

Une fois toutes ses affaires amenées, il rangea tout de suite le pull de Raphaël qu’il avait subtilisé dans son lit afin qu’il ne soit pas en vue de regards étrangers.

Il inspira tout de même une fois son odeur avant de le dissimuler sous son oreiller. La fatigue commençait à se faire sentir, et Daevlyn ne déballa que les affaires dont il avait besoin dans l’immédiat. Il aspirait un instant à se reposer. Lorsqu’il eut finit, il passa un instant voir Sébastien qui dormait enfin, et décida de sortir prendre l’air. Il n’avait pas encore réellement prit son travail de directeur, et profité des quelques jours de répit qui lui était accordés. Il se rendit presque instinctivement à ce fameux arbre au milieu du parc à chevaux.

Il s’y adossa, et se laissa aller un instant à fermer les yeux, savourant la brise légère annonçant la venue du soir caressant doucement son visage. La seule ombre à ce tableau était le manque cruel qu’il ressentait, ce vide de n’avoir Raphaël à ses côtés. Il restait encore trois jours… Alors qu’il était en train de se mettre à sombrer dans des pensées assez sombres, il entendit un hennissement qu’il aurait reconnut entre mille. Il se mit aussitôt debout et vit arriver au loin le groupe de chevaux si cher à son cœur. Ils avaient ressentit sa présence et étaient arrivés presque aussitôt.

Arrivé à sa hauteur Waterfalls placé en tête du troupeau s’arrêta. Daevlyn attendit patiemment qu’il parcoure le dernier mètre qui les séparait, tendant simplement sa main vers lui sans le toucher. Ce n’est que lorsqu’il sentit que son cheval acceptait sa présence et son contact qu’il posa sa main sur son museau avant de s’approcher de lui et d’enfouir sa tête dans son encolure.

Ne résistant pas à l’appel de le monter un instant, il sauta lestement et monta sur lui à la manière des indiens. Sans chercher à le diriger ou à le faire avancer, il se pencha en avant , s’allongeant sur l’encolure de sa monture. Sentir tout son dos et sa puissante musculature juste au dessous de lui avait quelque chose de particulier… Une sorte de plaisir à chaque fois renouvelé… Et surtout l’humilité qu’un animal bien puissant que lui accepte de le porter.

Ce n’est qu’après un temps que Waterfalls décida de se déplacer un peu, voulant apparemment changer d’endroit. Ainsi placé, Daevlyn pouvait se sentir pleinement au milieu des chevaux. Aucun d’eux ne s’éloignait vraiment, restant toujours groupés. Ils se dirigèrent lentement, s’arrêtant parfois, jusqu’à l’enclos d’Amaranth qui hennit en les voyant s’approcher.

Arrivé devant l’enclos, Daevlyn se laissa glisser du dos de Waterfalls et jugeant d’après la position du soleil dans le ciel qu’il était l’heure d’aller manger. Après ce moment privilégié qu’il avait pu passer avec eux, il se sentait le cœur allégé d’un poids, même si Raphaël lui manquait encore terriblement. A voir les réactions d’Amaranth, on sentait que le poulain aspirait à les rejoindre. Mais il irait encore passer une nuit dans son box. L’adulte dû cette fois-ci ruser pour attraper le poulain qui avait décidé de jouer. Après l’avoir rentré et nourrit, il se rendit au réfectoire et mangea à peine, étant de toute façon trop fatigué. Lorsqu’il eu fini, il passa dans les cuisines et attrapa une assiette de soupe pour Sébastien ainsi qu’un verre d’eau pour avaler ses cachets.

Lorsqu’il le rejoignit, celui-ci était à moitié réveillé. Il n’avala que quelques cuillérées de soupe et après avoir pris ses cachets il se rendormit aussitôt.

Daevlyn se rendit dans sa chambre, slalomant entre les cartons qu’il n’avait pas encore prit la peine de ranger et qu’il y avait entassés. Il jura lorsqu’il vit qu’il n’avait pas fait son lit, n’ayant envie seulement à cet instant que de s’étendre dans des draps frais et de fermer les yeux jusqu’au lendemain. Il fit son lit en se maudissant plusieurs fois.

Lorsqu’il eut fini, il put enfin s’étendre après avoir ôté chacun de ses vêtements, n’ayant même pas la force d’enfiler un moindre vêtements. Il se glissa sous le drap et ferma presque aussitôt les yeux, après avoir fixé la place vide à ses côtés qui dans trois jours serait comblée…

Ce fut la voix de Sébastien, l’appelant qui le sortit de ses songes très tôt le matin. Il ne mit pas longtemps à émerger, s’inquiétant de la santé de son ami. Il se leva et alluma la lumière, celle de l’extérieur était encore trop faible. En deux minutes à peine, il était au chevet de Sébastien. Celui-ci transpirait, la fièvre semblait avoir montée plus qu’il n’était possible de le supporter pour un homme. Ne perdant pas de temps, il alla humidifier un linge d’eau fraîche qu’il mis sur son front et l’obligea à boire un verre d’eau ne voulant surtout pas que celui-ci se déshydrate. Sébastien commença à parler, sans parvenir à construire une phrase. Daevlyn ne percevait qu’une bribe de mots décousus sans comprendre le sens du tout. Trouvant que son état était loin de s’améliorer, et étant même plus qu’inquiétant, il se rendit dans sa chambre et après avoir enfilé un jean et un t-shirt, il alla directement chercher l’infirmière.

A peine Daevlyn l’avait-elle prévenu, qu’elle partit à sa suite avec sa trousse de fonction et les médicaments dont elle pensait avoir besoin. Lorsqu’elle arriva dans la chambre de Sébastien, elle ferma la porte au nez de Daevlyn qui la laissa en patientant dans la pièce qui faisait office de salon. Il patienta, ne sachant plus aller se recoucher ou faire autre chose.

Ce n’est qu’une demi heure plus tard que l’infirmière ressortit enfin. Elle adressa un sourire à Daevlyn qui le rassura  légèrement.

- Sa grippe s’est légèrement aggravée, mais tout cela a été prit à temps. Je me chargerais de venir le voir à midi, et vous laisserez une note sur ce que j’ai changé dans le traitement.

Soulagé Daevlyn répondit enfin à son sourire et la remercia avant de la raccompagner jusqu’à la porte. Il entrouvrit ensuite la porte de Sébastien pour le trouver endormi.

Il ferma doucement la porte et se rendit dans sa chambre. Le soleil commençait à réellement poindre et se glisser entre les volets. Daevlyn alla ouvrit en grand la fenêtre et laissa la pièce s’imprégner d’air frais. Puis il décida d’aller prendre un bon bain chaud, profitant de la baignoire de cet endroit.

Puis il entama une journée du même genre que la dernière. Après avoir déjeuné et s’être occupé d’Amaranth, il commença le travail qui avait était laissé en plan au bureau, réglant plusieurs papiers et passant quelques coups de fil.

Après le repas de midi, il alla arranger ses affaires avant de se rendre aux écuries deux bonnes heures après pour réparer ce qui devait être réparer dans le matériel de sellerie, ne voulant pas perdre son temps inutilement. Etre directeur de ce lieu allait lui prendre beaucoup de temps et il aurait bien moins de disponibilité pour les chevaux. Il ne pourrait d’ailleurs pas s’en occuper seul et mis dans un coin de sa tête l’idée d’embaucher un palefrenier.

Le soir arriva bien trop vite, et il eut à peine le temps de passer voir sa monture et nourrir Amaranth après l’avoir ramené au box que déjà il était l’heure d’aller manger.

C’est uniquement lorsqu’il s’assit à une table seul qu’il fut envahi du manque de l’être qu’il aimait plus que tout. Encore une journée qu’il avait du passer sans lui. Il lui avait manqué toute la journée et le fait d’avoir été occupé jusqu’à maintenant l’avait épargné un temps de ce sentiment de vide à combler au plus vite. Le fait de se retrouver dans un état d’inactivité le laisser seul face à cette constatation qui le rongeait depuis son départ. L’oppression était soudain telle qu’il aurait bien pleuré. L’appétit qu’il n’avait déjà pas énormément en venant était dès lors une possibilité inenvisageable. Il sortit du réfectoire, ne supportant plus la compagnie et la présence des autres alors que la seule qu’il souhaitait n’était pas là.

Grisé, il se rendit directement dans sa chambre, n’ayant même pas envie de rejoindre sa monture.

A peine entré dans celle ci, il alla s’asseoir sur son lit, et tira de sous son oreiller le pull de Raphaël qu’il avait subtilisé. S’enivrant de son odeur qui était maintenant plus du au fruit de son imagination, il s’assit au pied de son lit, à même le sol, calant son dos sur le rebord et ramenant ses jambes vers lui. Ce manque qui était maintenant totalement infiltré dans tout son être le faisait presque tremblait comme celui qui attendait sa dose.

Il entendit la voix faible de Sébastien l’appeler mais n’y répondit pas. Il n’aurait pu se lever, toute force l’avait quittée. Il avait beau se trouver ridicule, emprisonné dans sa douleur il n’en voyait pas l’issue.

Sa tête commençait à tourner, et ses membres à trembler de peine. Il resta un moment ainsi, totalement coupé du monde, sans trop s’en rendre compte. Sébastien avait cessé de l’appeler et s’était rendormi, comprenant que Daevlyn n’était pas en état de venir le voir.

Daevlyn avait finit par se détendre, les yeux plongés dans le vide, son visage était dénué de toute expression. La souffrance n’était plus aussi vive qu’avant, mais elle ne s’était estompée que provisoirement. Il n’arrêtait pas de se demander si Raphaël allait bien, si ses rapports avec cette femme étaient bons… il ne restait plus que deux jours avant qu’il soit à ses côtés de nouveau. Son cœur s’emballa rien qu’à cette pensée. Deux petits jours, il avait déjà traversé plus de la moitié.

Il rassembla son courage et se leva au même moment ou le téléphone sonna. La ligne téléphonique de son bureau était reliée à la dépendance, lui permettent d’être joignable plus facilement.

Lorsqu’il décrocha le combiné, il déclara simplement :

-  allô ?

- Bonjour, c’est la tante du jeune Raphaël, pourrais-je parler à Daevlyn s’il vous plait ?

Aussitôt le cœur de Daevlyn s’emballa comme poursuivit par la mort elle même. Pourquoi l’appelait-elle ? Avait-il décidé de rester avec elle ? Lui était-il arrivé quelque chose ? Prolongeait-t-il son voyage ? Avait-il eu un accident ? L’inquiétude qui vint d’un coup était si forte, qu’une multitude de question se brouillaient dans son esprit.

- C’est moi-même. Il est arrivé quelque chose à Raphaël ? demanda Daevlyn atrocement angoissé.

- Rien de grave, rassurez-vous, il a fait une crise d’appendicite avant-hier et a été opéré. C’était juste pour vous prévenir que je suis dans l’obligation de retarder son retard de quelques jours.

Daevlyn avait l’impression d’avoir à faire à un trop plein d’information qu’il n’arrivait pas à analyser sur le coup. Premièrement il était arrivé quelque chose à Raphaël sans qu’il soit à ses côtés et deuxièmement il allait rentrer plus tard que prévu. Il n’arrivait même pas à dire quoi que ce soit à Suzanne. Une boule commençait à se serrer terriblement fort dans sa gorge et dans son estomac. Ce silence ne passa pas inaperçu à Suzanne qui demanda :

- Est-ce que ça va ?

- Hn… oui pardon, excusez-moi. Co… comment va-t-il ? réussit-il à articuler avec difficulté et appréhendant tout autant la réponse.

- Il se remet lentement, répondit la jeune femme.

Daevlyn n’aurait pu faire autrement que de laisser paraître son trouble dans le ton de sa voix. Il était terriblement inquiet et devait faire appel à tout son sang froid pour ne pas prendre l’avion sur le champ afin de rejoindre son amant. L’état de détresse dans lequel il se trouvait, ne lui permettait toujours pas d’aligner deux pensées cohérentes.

Voulant à tout prix calmer son angoisse sans cesse grandissante, il demanda alors timidement :

- Je… puis-je lui parler ?

- Il est encore à l’hôpital, il rentre demain matin. Rappelez en début d’après-midi, cela lui permettra de se reposer un peu après son retour.

- Très bien, je vous remercie Madame, répondit Daevlyn en tentant de garder son sang froid.

- Je vous en prie. Je vous tiens au courant du jour de notre retour.

- Oui, merci. Au revoir, répondit Daevlyn.

- Au revoir, répondit à son tour Suzanne avant de raccrocher.

Alors que Daevlyn était à deux doigts de s’effondrer, tellement il culpabilisait et était inquiet de ne pas être près de son amant, il entendit la voix faible de Sébastien l’appeler. Il semblait avoir entendu sa conversation téléphonique.

Lentement, il alla dans la chambre voisine, sans trop vraiment réaliser ses faits et gestes. Une fois dans la chambre, il prit une chaise et vint s’asseoir à côté du lit de Sébastien. Là, il inspira, tentant de se recentrer et de ne pas s’éparpiller dans sa panique due à l’angoisse. Son ami était réellement inquiet de le voir dans cet état. Il attrapa sa main et demanda la voix fiévreuse :

- Ca va Daevlyn ?

De sa main libre, il la passa sur visage, tentant de se ressaisir et répondit :

- Oui…

Sentant que sa réponse était ridicule et que Sébastien souhaiterait en savoir plus, il modifia sa réponse. Il ressentait aussi le besoin de s’en confier, de ne plus garder pour lui uniquement ce qu’il venait d’apprendre.

- C’est Raphaël, il a fait une crise d’appendice et a été opéré…

- Et ?

- Il va bien, il est encore à l’hôpital je dois rappeler plus tard pour lui parler… Je… J’aimerais tellement être près de lui. Il a besoin de moi… Je…

Daevlyn était mort d’inquiétude. Il commençait à bafouiller, n’alignant plus une seule phrase correctement.

- Daevlyn calme toi. Ca ne sert à rien de paniquer. Si l’opération s’est bien passée alors, il ne tardera pas à rentrer et tout ira bien. Tu n’as pas à te mettre dans cet état Daevlyn ! finit Sébastien, tentant d’être autoritaire malgré son état.

Il serra l’étreinte de ses doigts sur le bras de Daevlyn, tentant de lui montrer qu’il était là et surtout de le ramener à ses côtés, le sentant partir.

- Daevlyn, arrête de te faire ce sang d’encre, si tu continues tu va finir par être en plus mauvais état que Raphaël. Je ne pense pas que cela l’aidera. Alors tiens le coup, tu vas très bientôt l’avoir au téléphone, et dans quelques jours il sera à tes côtés et tout cela sera oublié comme un vieux souvenir assez désagréable mais terminé.

Daevlyn ne répondit rien, tentant de se raisonner comme Sébastien était en train de le faire.

Il passa une des pires nuits de sa vie. Il resta encore un temps à côté de Sébastien, lui apportant les soins dont il avait besoin. Celui-ci finit par s’endormir et Daevlyn le laissa seul, regagnant sa chambre. Il fixa les minutes passer, comme si c’était des heures. Il savait qu’il ne se sentirait plus tranquille qu’au moment où il aurait Raphaël au téléphone et plus encore dans ses bras. Il ne ferma pas une seule fois l’œil de la nuit, et vers 5h00 du matin, il commença à s’impatienter. Il attendit encore une bonne demi-heure avant d’appeler ne voulant surtout pas gêner et que Raphaël ne soit pas encore rentré. Il était dans un état de stress tel, que ses muscles étaient contractés depuis que Suzanne l’avait appelé. Pour la dernière demi-heure qui lui restait, il se leva et commença à tourner en rond dans sa chambre, ne tenant même plus la position assise sur son lit.

Lorsque son horloge indiqua enfin cinq heures et demi, il alla directement jusqu’à son téléphone et composa nerveusement le numéro afin de joindre Raphaël. Enfin, il allait pouvoir entendre sa voix, être sûr qu’il était en voie de rétablissement.

Suzanne mit peut de temps à répondre, et après quelques politesses échangées, elle lui passa Raphaël, sentant apparemment que Daevlyn n’attendait que cela.

Ce fut Raphaël qui parla le premier, l’appelant par son nom de manière hésitante. Lorsqu’il tendit sa voix tremblante, Daevlyn fut partagé entre deux sentiments : la joie de l’entendre, et l’inquiétude de la faiblesse qu’elle reflétait.

Il s’empressa aussitôt de répondre :

- C’est moi. Tu vas bien mon ange ? J’ai eu tellement peur lorsque j’ai reçu l’appel de ta tante hier…

- Je… je veux te voir Daevlyn, s’exclama l’adolescent qui ne réussit pas à contenir ses sanglots plus longtemps. Tu me manques trop Daevlyn, je… je n’en peux plus…

Daevlyn se rendit immédiatement compte que l’adolescent n’était pas dans son état normal. Sa voix tremblante et ses sanglots lui déchiraient le cœur. Il se doutait que l’adolescent voulait rentrer, mais de là à se trouver dans un tel état d’anxiété et de détresse ne le rassurait guère. Il s’était sûrement passé quelque chose… Tout en tentant de calmer les sanglots déchirants de son amant, Daevlyn demanda :

- Que se passe-t-il Raphaël ? Je t’en prie, calmes toi et expliques moi… Cesse de pleurer mon ange, je n’aime pas te savoir dans cet état…

- Je… veux te voir, répéta l’adolescent.

Si Raphaël savait à quel point Daevlyn en était malade. Lui aussi le voulait, plus que tout. Entendre Raphaël dans un tel état de détresse ne faisait que renforcer sa culpabilité de ne pas être à ses côtés.

- Je sais mon ange, moi aussi je veux te voir, je veux te prendre dans mes bras moi aussi… sois patient… allez, calme toi et explique moi calmement, d’accord ?

- Ou… oui, répondit l’adolescent en reniflant, refoulant ses sanglots. Je… elle sait… elle sait tout… je… je sais plus quoi faire Daevlyn… je… j’ai l’impression qu’elle ne m’aime plus… elle… elle ne me parle plus… je… elle sait pour nous aussi… je te promet… je te promet que j’ai rien dit… c’est à… à l’hôpital… ils lui ont dit… je voulais pas y aller Daevlyn…

Malgré un discours entrecoupé de sanglots, Daevlyn comprit presque immédiatement de quoi lui parlait Raphaël. L’entendre dans un tel état et ne pas pouvoir le prendre dans ses bras était insoutenable et terriblement dur à supporter. Il prit sur lui et d’une voix douce, il lui demanda :

- Chuuut, calme-toi mon ange, je suis sûr qu’elle t’aime encore… tu lui as parlé ?

- Non…

- Et bien fait le, vas la voir et tu lui fait part de ce que tu ressens, ne reste pas avec ce poids sur le cœur Raphaël, répondit Daevlyn avec tout le sérieux dont il était capable.

Ils restèrent un long moment au téléphone. Daevlyn tentait désespérément de remonter le moral à son jeune amant, essayant de le rassurer, lui assurant qu’ils seraient bientôt de nouveau ensemble. Lui dire tout cela lui faisait tout autant de bien qu’à Raphaël. L’adulte ne s’était pas imaginer à quel point Raphaël s’était attacher à cette femme. Il en ressentait presque un sentiment de jalousie qu’il savait déplacé.

Au bout de plusieurs heures, à contrecœur, Daevlyn mit fin à la conversation, ayant des choses à faire. Après un dernier « je t’aime » murmuré, ils raccrochèrent de concert.

Tout comme la journée précédente, Daevlyn décida de s’occuper énormément pour se détourner de son inquiétude et de son envie d’être auprès de Raphaël. Sébastien se sentant légèrement mieux, s’était levé et était en train de prendre un bain chaud, tandis que Daevlyn était allé manger en vitesse après être allé s’occuper d’Amaranth. Il décida ensuite de ranger son bureau et de classer ce qui ne l’avait jamais été. Il savait que la tache allait être laborieuse, mais il voulait en être débarrassé lorsque Raphaël reviendrait. Cela lui prit effectivement toute la journée et ce n’est que vers six heures du soir qu’il eut totalement terminé. Ayant besoin de s’aérer, n’étant pas habitué à passer autant de temps dans un endroit clos, il décida de s’octroyer le droit d’une balade avec sa monture. Cela lui ferait énormément de bien pour décompresser. Toute la journée, Raphaël n’avait pas quitté son esprit et son cœur, se demandant si tout s’arrangeait. L’entendre pleurer à l’autre bout du téléphone avait était plus dur qu’il n’y pensait.

Il attrapa comme à son habitude un simple licol et partit à la rencontre de Waterfalls. Celui-ci l’accueilli avec le même entrain sans cesse renouvelé. Ils partirent dans une direction qu’il laissa choisir à sa monture. Il profita de cette ballade pour le travailler un peu, puis profita de plusieurs endroit pour galoper et s’offrir ce sentiment de liberté unique. Cette impression si particulière de ne plus respecter les lois de la gravitation et de voler juste au dessus du sol, c’était ce que lui donnait son cheval à chaque fois.

Il rentra très tard ce soir là, n’ayant pas envie de rentrer et de retrouver cet instant d’inactivité où Raphaël lui manquait atrocement. Il le dut pourtant, n’ayant pas dormit la nuit dernière, il devait s’avouer être épuisé. Après un long pansage nocturne offert à Waterfalls pour le remercier, il rentra Amaranth après l’avoir nourrit et se rendit directement chez lui. Après une douche où il tenta de faire le moins de bruit possible pour ne pas réveiller Sébastien, il alla s’étendre sur son lit et rejoint les bras de Morphée presque instantanément.

Il se leva assez tard le matin suivant, et trouva tout autant de choses à faire que la journée précédente. Sébastien allait de mieux en mieux, et commença à le conseiller sur ce qu’il pouvait faire ayant été directeur pendant plus longtemps que lui. C’est dans la même anxiété que Daevlyn passa tout de même cette journée. Il s’offrit une fois de plus une balade nocturne, un peu moins longue que la précédente. Il alla se coucher un peu plus tôt, après une douche.

Le lendemain, Daevlyn devenait de plus en plus impatient à l’idée que Raphaël n’allait pas tarder à rentrer. Tout, tout de lui lui manquait, son corps, ses lèvres, son être, son sourire qu’il n’offrait que trop rarement, sa sensualité en plein éveil, sa présence à ses côtés…

C’est au moment ou il venait d’aller nourrir Amaranth qui lui sembla entendre une voiture entrer dans cet endroit. Le cœur battant, il sortit des écuries et marcha jusqu’à l’entrée de l’établissement.

Il ne lui fallut pas bien longtemps pour reconnaître la voiture dans laquelle son amant était partit, et encore moins pour apercevoir Raphaël dans la voiture garée. Lorsque leur regard se croisèrent, il put voir le regard de l’adolescent s’illuminer et une larme s’échapper de ses yeux. Il était tellement beau… Et il était de nouveau là près de lui, à seulement quelques pas. Raphaël bondit hors de la voiture et se précipita dans les bras de Daevlyn en criant son prénom. L’adulte, trop heureux d’être enfin arrivé à ce moment de retrouvaille sans trop le réaliser, ouvrit les bras afin de le réceptionner, avant de le faire tournoyer dans les airs à la façon des grands amoureux au cinéma.

Daevlyn savait en cet instant précis que tout cela n’était pas un rêve. Il le tenait enfin dans ses bras, tout contre lui. Les larmes inondaient le visage de Raphaël, trop heureux de le retrouver. Il mit bas à la dernière distance qui séparait leur corps, entourant de ses bras la nuque de son amant en enfouissant son visage dans son cou, respirant son odeur à plein nez.

- Daevlyn… tu m’as tellement manqué, sanglota l’adolescent. Je t’aime tellement… plus jamais je ne veux être séparé de toi…

- A moi aussi tu m’as manqué Raphaël… je t’aime tellement… j’ai tellement rêvé de ce moment ou je pourrais de nouveau de serrer dans mes bras…

Tout cela était presque trop beau pour être vrai, et pourtant c’était bien Raphaël qu’il tenait dans ses bras et son odeur appartenant à lui seul qu’il pouvait sentir. L’enlacer à nouveau, c’était comme revivre, sortir de cette léthargie dans laquelle ils avaient tous deux étaient plongés lors de leur séparation.

A cet instant, plus rien n’existait autour des deux hommes, le temps semblait s’être comme arrêté. Daevlyn reposa l’adolescent au sol, et alors qu’il s’apprêtait à l’embrasser, il aperçut Suzanne qui observait la scène à quelques pas de là, tout de même intimidée et gênée.

Par respect pour elle, Daevlyn s’éloigna doucement et à contrecœur de son jeune amant qui l’observa sans comprendre. Daevlyn releva la tête et Raphaël suivit son regard. Lorsque celui-ci se posa sur Suzanne, Daevlyn le vit rougir de honte. Trop rares étaient les fois où ils s’étaient affichés devant autrui, et cela laisser Daevlyn assez mal à l’aise surtout devant cette femme. Pourtant, ce n’était pas l’envie qui lui manquait. S’emparer des lèvres de son amant était un besoin sans cesse renouvelé et une nécessité à cet instant. A son plus grand soulagement, Suzanne leur donna son accord d’un petit hochement de tête. Lorsqu’il vit Raphaël commencer à se rapprocher de lui d’une toute autre manière, Daevlyn comprit aussitôt son intention et le devança. D’un geste empli de douceur, il lui releva le menton, avant de déposer, avec délicatesse, ses lèvres sur celles entrouvertes de l’adolescent qui en soupira de satisfaction. Rien que le fait de sentir ses lèvres en contact avec les siennes emplissait le cœur de Daevlyn d’un nouveau souffle de vie.

Le cœur battant, sa respiration accélérée, il avait tellement attendu cet instant que ce simple baiser était en train de lui faire perdre la tête. Très vite, Raphaël raffermi sa prise autour du coup de son moniteur tandis que le baiser se faisait de plus en plus gourmand et affamé. Il ne fallait pas forcément connaître les circonstances pour s’apercevoir en un coup d’œil que ces deux êtres se désiraient l’un l’autre accompagné d’un manque insatiable. N’y tenant plus, Daevlyn finit par venir réclamer l’entrée de la bouche de son jeune amant, voulant bien plus que le simple contact de sa bouche contre la sienne. Celui-ci ne se fit pas prier et accéda à sa requête avec le même entrain.

Lorsque leur langue se rencontrèrent, un violent frisson de désir et de satisfaction comblée s’empara de leur corps et leurs gémissements de bien être disparurent dans la bouche de l’autre. Leur langue se mêlaient en un ballet connu de tous deux, enflammant leur sens. Daevlyn laissa ses mains parcourirent le dos de l’adolescent, caressant ses cheveux dénoués, passant sur la chute de ses reins pour finir leur course sur ses fesses dans le but de l’attirer toujours un peu plus contre lui. Il ne pouvait nier son envie de lui de plus en plus pressante. C’est à ce moment qu’il entendit un raclement de gorge atrocement gêné derrière eux. Daevlyn avait été tellement envie par ses sentiments et ses sensations qu’il en avait totalement oublié la présence de Suzanne. Ils se séparèrent à contrecœur, dans un dernier regard brûlant de désir difficilement contenu, qui leur laisser imaginer à tous deux la nuit qu’ils allaient passer dans les bras l’un de l’autre. Voir Raphaël s’empourprer violemment sous son regard intense et charger de désir combiné à celui gêné de Suzanne, ne faisait que le rendre un peu plus impatient.

Raphaël finit par se détacher de lui et recula de quelques pas. Cette simple distance était déjà de trop pour le cœur de Daevlyn. Suzanne s’approcha d’eux et déclara :

- Y a-t-il un endroit où nous pourrions discuter tranquillement ?

- Bien sûr, répondit Daevlyn.

Le jeune adulte les guida jusqu’à l’écurie et tous trois prirent place à la petite table qui trônait au centre de la sellerie.

Après un rapide regard sur le lieu dans lequel elle se trouvait, Suzanne commença :

- Voilà, durant le séjour de Raphaël aux Etats-Unis, nous avons beaucoup parlé. Il m’a parlé de vous et des sentiments que vous aviez l’un pour l’autre, et après un accord commun, nous en sommes arrivés à la conclusion que nous avions chacun refait notre vie de notre côté. Même si Raphaël vit ici et moi aux Etats-unis, il sait que dans mon cœur il reste mon fils et qu’il aura toujours une place chez moi pour lui…

Daevlyn tiqua immédiatement sur quelque chose et s’exclama choqué par la révélation qu’il venait d’entendre :

- Attendez… Raphaël est votre fils ? Mais je croyais que…

- Que j’était morte ? termina Suzanne un sourire triste étirant faiblement ses lèvres. Oui, Raphaël aussi. C’est ce que son père à cru bon de lui faire croire…

- Veuillez m’excuser, déclara alors Daevlyn, encore brassé par cette révélation .

- Il n’y a pas de mal. Je disais donc que nous avons longuement parlé et la conclusion qui s’en est découlée est qu’il est préférable pour Raphaël de rester ici encore quelque temps, histoire de fixer les choses et de voir comment elles vont évoluer. J’ai reçu ce matin la réponse favorable du notaire pour son émancipation.

Sur ses mots elle se tut, laissant à Daevlyn le temps de digérer les ce nouvel afflux d’information. Si Raphaël était émancipé, cela simplifierait énormément les choses pour eux, pour leur relation, mais amener aussi de nouveaux problèmes. Après quelques minutes de silence, Suzanne reprit :

- Je voudrais donc voir avec la directrice, s’il était possible qu’il reste dans cet établissement et ce malgré qu’il soit à présent en mesure de le quitter.

Un silence suivit ses paroles. Daevlyn cherchait une solution pour qu’il reste ensemble et commença à parler sans encore l’avoir vraiment trouvé. Il déclara gravement :

- La directrice n’est pour le moment pas joignable, et normalement le règlement interdit à tout pensionnaire majeur de rester dans l’enceinte de l’établissement…

Il vit aussitôt la réaction de Raphaël, sachant parfaitement ce que celui-ci devait ressentir. Ce fut peut être cela qui lui permit de trouver une solution plus rapidement. Il ajouta :

- … Cependant, et en tant que directeur, je voulais justement engager un palefrenier qui pourrait m’aider à m’occuper des chevaux… Bien entendu, tous les frais seraient prit en charge par l’établissement…

Un nouveau silence suivit cette déclaration, suivit d’un hurlement de joie. Tous les regards présents convergèrent vers l’auteur de ce cri venu du fond du coeur et Daevlyn lui offrit un sourire à damner un dieu. Raphaël se leva subitement, faisant tomber sa chaise à la renverse et sans prendre le temps de la relever, il alla se jeter dans les bras de son amant :

- Dit moi que tout ceci n’est pas un rêve Daevlyn… Dit moi que l’on restera ensemble pour toujours et que personne ne nous séparera jamais… dis-moi que je suis bel et bien vivant… murmura l’adolescent d’une voix brisée par l’émotion.

- Je te promet tout cela Raphaël, murmura Daevlyn, profondément touché par cette réaction.

Lui qui avait eut si peur que Raphaël ne préfère aller vivre avec cette femme qui s’avérait être sa mère. Il ajouta, pour Raphaël tout autant que pour lui même :

- Je te promet que le cauchemar est enfin fini. Nous somme libre… libre d’être ensemble et de nous aimer…

- Alors je peux rester ? Demanda l’adolescent semblant ne pas y croire.

- Alors tu as intérêt à rester, rectifia tendrement Daevlyn en déposant un baiser sur son front.

- Je t’aime Daevlyn, souffla l’adolescent qui ferma les yeux de bonheur.

- Moi aussi je t’aime mon ange, répondit l’adulte sur le même ton en raffermissant sa prise autour du corps frêle de l’adolescent.

Il ne se lassait pas d’entendre ces trois mots sortit de la bouche de son amant. Cela avait tellement d’effet positif dans son cœur et dans tout son être. A chaque fois qu’il entendait ses mots de la part de Raphaël, il se sentait un peu plus fort pour affronter l’adversité du monde qui les entourait.

Raphaël s’arracha à l’étreinte de son amant et lui lança un regard empli d’une supplication muette, et après un hochement de tête de la part de l’adulte, Raphaël s’empara de la main de sa mère et l’entraîna au fond de l’écurie. D’abord surprise, Suzanne se laissa faire et suivit docilement son fils. Daevlyn savait qu’Amaranth et Raphaël s’étaient tous les deux manqués et le fait que leur relation s’approfondissent ainsi lui faisait chaud au cœur.

Il les suivit, un sourire étirant ses lèvres. Raphaël était revenu et plus rien ne pourrait les séparer. Enfin, il pouvait voir un avenir se dessiner devant eux, un avenir à deux… En une semaine, presque tous leur problèmes s’étaient envolés. Cela paraissait presque trop beau pour être vrai. Ne voulant surtout pas se laisser gagner par un certain pessimisme, il se concentra sur la merveilleuse vision qui s’offrait à lui : les retrouvailles de Raphaël et d’Amaranth.

Il vint se placer à côté de Suzanne à l’entrée du box, la faisant sans le vouloir sursauter lorsqu’il commença à lui parler :

- Amaranth est le poulain de Raphaël. Sa mère est morte le lendemain de sa naissance, et depuis c’est Raphaël qui s’occupe de lui.

- Ils ont l’air de beaucoup s’apprécier, remarqua la jeune femme.

- Oui, une grande complicité est née entre eux. Dans quelques années, quand Amaranth sera assez âgé pour être monté, ils seront l’exemple même du centaure, lorsque l’homme et le cheval ne font plus qu’un.

Daevlyn prononça cette dernière phrase avec tout l’amour et la fierté qu’il pouvait avoir à l’égard de Raphaël. Ses yeux ne quittaient dès lors plus son amant. Ce visage, cet être, il allait pouvoir le voir maintenant chaque jour… Savourer ses baisers, le voir s’alanguir sous ses caresses, se réveiller à ses côtés chaque matin, sentir son cœur se gonfler de ce doux bonheur si particulier lorsque Raphaël lui offrait un sourire, l’aimer à chaque instant, tout cela était maintenant de l’ordre du possible et de l’impérissable.

Ils passèrent le reste de l’après-midi ensemble. Raphaël présenta Diamon Dust à sa mère et l’emmena faire un tour dans la forêt qui bordait le centre. Daevlyn invita Suzanne à partager leur repas de midi, et la jeune femme accepta avec plaisir. Il parla longuement avec Suzanne trouvant cette femme plus qu’agréable et était de plus en plus surprit pas la tolérance dont elle pouvait faire preuve. Rien que le fait qu’elle accepte leur relation était énorme. Suzanne semblait vouloir en apprendre plus sur la liaison que Daevlyn entretenait avec son fils, et Daevlyn, comprenant tout à fait ses motivations de la jeune femme, répondait à ses questions non sans une certaine appréhension. Malgré cette forme de malaise qui persistait, jamais il n’aurait pensé qu’une personne puisse être si compréhensive et ouverte. Après tout c’était de son fils dont il s’agissait. En plus d’être un homme, Daevlyn était plus âgé que Raphaël. Suzanne était le genre de mère qu’il n’avait eut et dont on avait arraché la possibilité à Raphaël de connaître ce bonheur. Etre en sa présence était un véritable plaisir.

Assis à la lisière de la forêt, les deux adultes parlaient de Raphaël, le principal concerné, dormant paisiblement, la tête posée sur la cuisse de Daevlyn qui jouait distraitement avec une de ses mèches ne pouvant faire plus pour le moment.

L’avoir si près de lui après de telles circonstances, en pouvant uniquement effleurer sa joue et caresser ses cheveux avait quelque chose d’extrêmement frustrant. Cette séparation avait plus que ravivé son désir depuis le premier moment où leurs corps étaient rentrer en contact. Il eut pendant un temps extrêmement de difficulté à se concentrer sur ce que lui disait Suzanne.

Raphaël se réveilla vers la fin de l’après-midi et prit part à la discussion, sans pour autant changer de position. Ils discutèrent tant et si bien qu’ils ne s’aperçurent que trop tard que le soleil s’était déjà couché depuis longtemps et que la pénombre gagnait les sous bois.

Avisant l’heure tardive, ils rentrèrent au ranch et après le dîner, Daevlyn proposa à Suzanne de rester dormir ici pour cette nuit. Après de multiples supplications de la part de son fils, la jeune femme finit par céder, et vers dix heures, ils allèrent déposer les affaires de Raphaël dans sa chambre de dortoir.

Suzanne semblait épuisée et après avoir attrapé les couvertures que lui tendait Daevlyn, elle entra dans la chambre de l’adolescent. Celui-ci lui adressa un petit sourire timide, signifiant qu’il arrivait tout de suite et respectant le désir d’intimité des deux amants, Suzanne ferma la porte derrière elle, laissant Raphaël et Daevlyn seuls dans le couloir.

Lorsque la porte fut fermée, Daevlyn attira délicatement l’adolescent à lui, malgré son envie pressante de goûter à nouveau la saveur de ses lèvres. Avec une lenteur calculée, il mit bas à la distance qui séparait leurs lèvres et s’en empara avec tendresse. Leur langue se rencontrèrent avec délice et dans un gémissement de contentement, Raphaël attira brusquement Daevlyn à lui, glissant une de ses mains sur sa nuque de façon à approfondir leur échange. La tendresse fit lentement place à la passion et à la tentation.

A cet instant, Daevlyn regrettait presque qu’elle soit restée cette nuit. Il aurait aimé plus pour ce jour de retrouvaille avec Raphaël mais devrait supporter un jour de plus. Certes cela ne serait pas intenable, mais le fait de le savoir à quelques dizaines de mètres de lui, avait quelque chose de terriblement plus frustrant.

N’y tenant plus, Daevlyn plaqua presque violemment Raphaël contre le mur de sa chambre et prit possession de ses lèvres avec avidité. Sa langue redécouvrait la bouche de l’adolescent et caressait sa jumelle en un ballet érotique.

Plus le baiser durait, plus il gagnait en intensité, et plus la tension entre eux était palpable. Le désir du corps de l’autre se faisait de plus en plus vivement ressentir, si bien que Daevlyn préféra mettre un terme au baiser avant de ne plus pouvoir se retenir et de prendre Raphaël là, contre le mur.

Sentir le désir de Raphaël faire écho au sien avait quelque chose de plus excitant encore. Tout son être l’attirait comme un aimant. Voir cette lueur de désir et de passion dans ses yeux était intenable. Raphaël sembla avoir la même difficulté que lui à s’écarter. L’envie de kidnapper Raphaël pour la nuit était forte mais par respect pour sa mère il ne lui en fit pas la proposition et attendrait patiemment le lendemain.

Dans un dernier regard, ils se séparèrent en une promesse à peine formulée, tellement elle était présente dans le regard des deux amants. Chacun pouvait lire dans les yeux de l’autre, la même question et la même réponse. Il n’avaient pas besoin de mots pour exprimer ce qu’ils ressentaient. Rapide comme l’éclaire, Raphaël s’approcha de Daevlyn et lui vola un dernier baiser, qui laissa Daevlyn dans une sorte d’état second, avant de rentrer dans sa chambre et de refermer la porte derrière lui après un dernier regard à son amant.

Daevlyn alla le cœur léger jusqu’à la chambre de Sébastien, après un détour par les cuisines pour lui apporter à manger. Celui-ci était maintenant en voix de guérison, grâce aux soins de l’infirmière et au repos dont il avait pu profiter.

Il lui résuma brièvement le retour de Raphaël, et les nouvelles dispositions qu’il avait prises à son égard. Sébastien le regardait avec les yeux de l’ami profondément heureux pour lui. Bien qu’il éprouve encore des sentiments pour lui, par respect pour lui et par amour, il masqua ses sentiments et les renfloua au plus profond de lui, perdant une bonne fois pour toute, tout espoir de relation future avec son ancien protéger.

Dans son état, Daevlyn n’aurait de toute façon rien remarqué. Toutes ses pensées allaient vers un seul être qui était dans une chambre tout près de lui. Il finit par aller prendre un bain chaud, rêvassant au milieu des bulles de savon.

Secrètement, il espérait entendre Raphaël frapper à la porte de cette petite maison. Il finit par sortir du bain lorsque l’eau devint trop froide et alla s’étendre sur son lit après s’être vêtis, n’ayant aucune envie de s’endormir. Il regarda par la fenêtre en direction de la chambre de Raphaël. A peine quelques minutes plus tard, il vit une petite silhouette sortir discrètement par la fenêtre en rasant les murs. Comprenant les intentions de l’adolescent, il se leva et se rendit jusqu’à sa porte d’entrée. Deux secondes plus tard Raphaël y frappait et Daevlyn lui ouvrit quasiment instantanément le cœur battant.

Cédant à tout ce qu’il avait contenu depuis bien trop longtemps, il attira l’adolescent à lui et l’embrassa avec passion en refermant la porte sur eux. S’il l’avait embrassé avec retenu devant sa mère, cette fois-ci ce n’était pas le cas. Toute sa passion était mise à l’œuvre. Raphaël lui avait tellement manqué… Ce sentiment de dépendance provoquait presque en lui une sensation de vertige. Lorsque, dans un désir de mettre à bas la dernière distance qui les séparait encore, Daevlyn attira vivement Raphaël à lui, l’adolescent eut un sourire amusé en constatant la fougue dont faisait preuve son amant. Il lui murmura, tout contre ses lèvre sans chercher à cacher son amusement :

- Je t’ai manqué ?

- Si seulement tu savais à quel point, rétorqua l’adulte sur le même ton fiévreux avant de reprendre possession de ses lèvres. Maintenant qu’il les avait retrouvé, il n’avait aucune envie de les quitter avant un moment.

Raphaël répondit avec la même intensité au baiser de Daevlyn qui était à deux doigts de perdre la tête à chaque instant. La langue gourmande de Raphaël vint rencontrer celle de son vis-à-vis et très vite elles entamèrent un ballet vieux comme le monde. Daevlyn avait énormément de mal à contenir son désir brûlant et devait se faire vraiment violence pour maîtriser cette tension qui s’emparait de lui.

La respiration haletante, l’adolescent s’écarta de son moniteur le temps de reprendre son souffle avant de s’emparer de nouveau des lèvres de l’adulte. Lorsqu’il sentit les doigts de Raphaël glisser entre les pans ouverts de sa chemise, un frisson le parcourut. Il avait l’impression de ne plus avoir connu ce contact pendant des lustres.

Les abdominaux de Daevlyn se contractèrent sous les effleurements faussement timides de l’adolescent et un gémissement de plaisir s’échappa de ses lèvres pour aller mourir dans la bouche de son jeune amant. Il avait tellement désiré ce simple genre de contact pendant plus d’une semaine, que le vivre maintenant était bien trop pour se contenir. Plus encore lorsqu’avec une lenteur toute calculée, Raphaël fit glisser la chemise de Daevlyn le long de ses bras, tout en déposant de légers baisers papillons sur son torse. L’effet fut quasiment immédiat. Ce qu’il avait contenu jusqu’à maintenant ne pu l’être et il émit un gémissement plus prononcé tandis que ses mains allaient se perdre dans ses cheveux, en une supplication muette. Il n’en fallait pas beaucoup pour le faire montrer au summum du désir et son intimité déjà gonflée de plaisir, le prouvait parfaitement. Sa chemise tomba sur le sol, disparaissant ainsi totalement de leur monde. Raphaël faisait maintenant glisses ses doigts sur sa peau, devenue d’une sensibilité extrême. La sensualité de ses caresses en aurait fait perdre la tête de plus d’un. Lorsque les mains de Raphaël changèrent de lieu, partant à la découverte de son dos en glissant le long de sa colonne vertébrale avec un érotisme déroutant, des frisons de plaisir le parcourirent, laissant échapper d’entre ses lèvres un son rauque qui ressemblait vaguement au prénom de son jeune tortionnaire. Plus son amant gagnait en expérience et en assurance, plus Daevlyn frôlait la folie d’un plaisir bien trop grand à supporter pour un seul homme.

Puis Raphaël commença à le pousser lentement mais sûrement jusqu’au lit, au pied duquel Daevlyn buta en se sentant tomber à la renverse, il se retint à Raphaël, l’entraînant dans sa chute. Ils atterrirent sur le lit dans un éclat de rire, avant que Raphaël ne plonge ses améthystes dans le regard de son amant. Le désir de Raphaël était plus qu’évident. Une malice illuminait celui-ci, ainsi qu’une lueur toute particulière que seul son amant pouvait comprendre. De son côté Daevlyn ne pouvait cacher le désir qu’il éprouvait pour Raphaël, ayant beaucoup de mal à rester inactif en l’ayant juste au dessus de lui. De plus, d’humeur taquine, Raphaël décida de jouer avec cela. Il déposa furtivement ses lèvres sur celles de son amant, avant de lui embrasser délicatement les yeux, le nez, le front, n’épargnant aucune parcelle de son visage avant de consentir à mettre un terme au délicieux supplice lui faisait vivre. Raphaël jouait avec le feu et le pire c’est qu’il semblait en avoir conscience. Heureusement, celui-ci comprit que Daevlyn était déjà plus qu’échauffé, et mis fin au jeu en happant avec avidité sa lèvre supérieure qu’il suçota avec avidité.

Trop heureux de l’initiative et l’assurance que prenait l’adolescent, Daevlyn ne fit aucun commentaire, se laissant aller au plaisir que faisait naître en lui les gestes encore un peu hésitants de Raphaël. C’était dans ce genre de situation que Daevlyn se disait que Asiel était en train de fusionner avec Raphaël. Cette façon de le caresser devenait un mélange des deux. Raphaël mettait tellement d’ardeur à faire plaisir à son amant, que celui-ci finir par craquer et n’y tenant plus, il posa ses mains sur les hanches de son amant, et le fit rouler sous lui, prenant pour la première fois depuis l’arrivée du jeune homme, le rôle du dominant.

A son tour, il s’empara avec brutalité des lèvres de Raphaël, ne supportant plus de rester inactif. Il avait résisté jusqu’à maintenant, et se lâchait enfin. Certes il venait de prendre énormément de plaisir mais l’envie de glisser à son tour ses mains sous le t-shirt de l’adolescent et sentir sa peau frissonner sous ce contact était bien trop forte. C’est ce qu’il fit avant de caresser à pleine main sa peau nue et délicate. Il voulait le toucher, il voulait palper sa peau si douce, se convaincre que tout ceci n’était pas encore un nouveau tour de son esprit. Son rêve était encore très présent dans sa mémoire, et il voulait s’assurer que celui-ci n’en était pas un et que Raphaël était rentré pour de bon et qu’il ne le quitterait plus jamais. Il remonta le t-shirt de son amant de façon à mettre à nu son torse imberbe finement sculpté et ses tétons déjà durcis par le plaisir qu’il lui procurait. Voir simplement sa peau nue, cette peau qu’il pouvait toucher des yeux et des autres sens, fit augmenter son désir plus qu’il ne l’était déjà. Son entre-jambe en devenait douloureuse. Leurs corps avaient considérablement gagnés en température. Raphaël semblait être dans un état proche du sien et Daevlyn prenait à son tour un plaisir fou à le rendre malade de désir en jouant de ses mains sur son corps.

Il les remplaça rapidement de sa langue, voulant goûter de nouveau à cette peau dont il se délectait à chaque fois. Lorsque sa langue entra en contact avec la peau de Raphaël, celui ci poussa un petit cri de surprise mêlé de plaisir.

Ses doigts se joignirent de nouveau à sa langue, veillant à ne laisser aucune parcelle de peau vierge de son passage.

Du genou, Daevlyn écarta les cuisses de l’adolescent et vint prendre place entre, non sans frotter son intimité gorgée de désir contre son bassin, en un déhanchement érotique. Après un dernier baiser, Daevlyn s’agenouilla entre les cuisses de son amant, et entremêlant leurs doigts, il l’observa longuement. L’idée que Raphaël s’offre à chaque fois à lui avait quelque chose de tellement important dans le cœur de Daevlyn. Cela le touchait tellement qu’il en était presque ému. Ils s’aimaient tellement…

Voulant voir son corps totalement nu, il l’attira à lui, le forçant à se relever et lâchant ses doigts, il les fit glisser jusqu’à son t-shirt et commença à le lui enlever. Une fois la bouche du jeune garçon fut libre d’accès, Daevlyn en prit possession, marquant sa propriété d’une légère morsure, vestige de son instinct animal. Son désir était de plus en plus violent et la tension était telle qu’il devait user de beaucoup de force pour ne pas le prendre là tout de suite. Raphaël finit par enlever totalement son t-shirt et l’abandonna au pied du lit.

Il était en train de lentement reprendre la position du dominant et curieux de la suite des évènements Daevlyn se laissa faire avec un plaisir évident.

Avec une lenteur déconcertante et sensualité à la limite de l’érotisme, Raphaël posa ses mains sur le torse dénudé de son amant, et les fit délicatement glisser sur sa peau, l’effleurant à peine, dans le but d’attiser au maximum le plaisir de son partenaire ce qui marchait à la perfection. Depuis quand Raphaël faisait-il preuve d’autant de savoir faire ?

Et cela ne s’arrêta pas là… Les doigts de Raphaël se déplaçaient maintenant avec légèreté sur son torse, prenant soin d’explorer chaque parcelle de peau. Ses mains se posèrent ensuite sur sa poitrine et d’une légère pression il fit basculer l’adulte à la renverse, le faisait s’allonger sur le matelas. Raphaël vin prendre place sur lui, s’asseyant à califourchon sur son bassin déjà bien stimulé.

Raphaël se pencha au dessus de Daevlyn, lui laissant admirer à loisir son petit regard coquin et la lueur de lubricité éclairant ses magnifiques prunelles améthystes, devenues presque violettes sous l’afflux du plaisir. Daevlyn sentit ses lèvres se poser sur les siennes, et avant que l’adulte n’ait le temps d’approfondir le baiser, Raphaël se releva, un sourire victorieux peint sur le visage. Daevlyn ne pu que ressentir une frustration de plus à son désir toujours grandissant. Mais il y trouva compensation, lorsque les mains de Raphaël reprirent l’exploration de son torse et de ses abdominaux, descendant jusqu’à ses reins. Tout en faisant cela, Raphaël entama une légèrement ondulation du bassin qui arracha un cri de plaisir pur à Daevlyn tant la sensation était forte. Il était dans un état tel que n’importe quoi, même un simple effleurement pouvait le rendre fou et le transporter au summum du plaisir.

Semblant être plus que satisfait de la réaction qu’il avait déclenché chez son amant, l’adolescent entama le même mouvement langoureux, un sourire satisfait dépeint sur ses lèvres. L’effet ne se fit pas attendre, et Daevlyn ressentait mille sensations au niveau de son intimité contre laquelle, les fesses de l’adolescent venaient se frotter. A la lueur de ses yeux, Daevlyn comprit qu’il n’était pas le seul à prendre du plaisir de ce genre de situation. Raphaël continua à se déhancher encore et encore, usant la résistance de Daevlyn jusqu’à la corde. Etant à deux doigts de craquer et n’en pouvant plus, Daevlyn finit par inverser de nouveau leur position en murmurant d’une voix rauque un « petit démon » qui fit s’élargir le sourire de Raphaël. Celui-ci commençait à trop bien savoir s’y prendre.

Très vite, un rapport de force s’installa entre eux, aucun des deux ne voulant laisser gagner l’autre. Malgré le désir qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre, ils prenaient leur temps, souhaitant conclure leurs retrouvailles de la meilleure façon qu’il soit. Les sourires et les mots d’amour n’étaient pas en reste, chacun murmurant à l’oreille de l’autre quelques mots tendres, comme ils en rêvaient depuis plus d’une semaine.

De nouveau, Raphaël se retrouva assit sur l’aine de son amant, qui le fixait d’un air appréciateur, le matant sans pudeur aucune. Cette vision, il voulait l’avoir encore et encore… Jamais il ne se lasserait d’un tel spectacle.

Le regarder était une chose, mais il voulait bien plus et à la manière dont Raphaël s’empourpra, il comprit que son regard devait parfaitement l’exprimer. Peut être un peu trop explicitement, car Raphaël se pencha vers son amant, et lui vola un baiser dans l’espoir certainement de le distraire et d’effacer ce sourire de ces lèvres et cet appétit grandissant.

A peine Daevlyn eut il sentit ses lèvres sur les siennes, qu’il les happa avec avidité. Les hanches de l’adolescent se remirent en mouvement, ondulant légèrement, juste assez pour attiser le désir de l’adulte sans le faire venir trop tôt, et les mains de Daevlyn vinrent se poser sur les fesses du jeune garçon, l’accompagnant ainsi dans son initiative. L’adulte avait de plus en plus de ma à se contenir et il sentait la libération être plus que proche. Ce fut certainement grâce à ses petits cris de plaisir que Raphaël le comprit et cessa aussitôt tout mouvement. Daevlyn qui avait fermer les yeux sous l’afflux trop important de sensation, les rouvrit immédiatement en grognant de mécontentement. Pourquoi s’arrêtait-il maintenant ? Raphaël s’était éloigné, et s’était lascivement allongé sur le matelas dans une position plus qu’érotique qui faillit faire venir Daevlyn lorsqu’il se redressa sur ses coudes pour l’observer.

L’adulte contemplait l’adolescent avec un désir évident, et lorsque l’une des mains de Raphaël vint se glisser sous son jean en une invitation plus qu’explicite et un regard qui signifiait clairement “déshabille-moi”, Daevlyn déglutit avec difficulté, ne sachant pas ce qui le retenait encore de sauter sur l’adolescent et de le faire sien dans un cri de jouissance.

Jamais il ne l’avait vu faire preuve d’autant de sensualité, c’était encore mille fois plus intense que dans son rêve. Le fait d’avoir était éloigné avait sensiblement augmenté leurs désirs qui était déjà plus que conséquent.

Perdant soudain toute son assurance, Daevlyn s’approcha lentement de Raphaël, hésitant sur la manière de l’aborder. Le voir ainsi, était finalement plus que perturbant et déstabilisant. Il ne savait plus trop quoi faire et ce fut heureusement l’adolescent qui semblant lire l’interrogation dans ses yeux, l’attrapa par la ceinture de son jean et l’attira violemment à lui. Le retenant prisonnier entre ses cuisses, Raphaël se déhancha lentement, et la sensation que ressentit Daevlyn à cet instant le fit sortir de sa torpeur. Il embrassa l’adolescent avec passion, mêlant sa langue à la sienne, les faisant danser l’une avec l’autre. Retrouvant son assurance, il entreprit au détour d’une caresse de déboutonner le jean de Raphaël, comme le lui avait silencieusement intimé son jeune amant.

Faisant d’une pierre deux coups, il fit glisser à la fois le jean et le boxer de l’adolescent avant de les jeter négligemment quelque part dans la pièce. Il s’arrêta l’espace de quelques secondes, prenant le temps de contempler à nouveau ce corps qui lui avait tant manqué. Puis, il revient prendre place entre les jambes de son amant, se couchant pratiquement sur lui, dans le désir de sentir sa peau contre la sienne, de se fondre en lui pour enfin ne faire plus qu’un. Sentir Raphaël confiant tout contre lui, après ce qu’il avait vécu par le passé, ne faisait que renforcer leur amour et réchauffer le cœur de Daevlyn d’un doux sentiment de béatitude.

Raphaël ne retenait plus ses gémissements provoqués par les mains et les lèvres de Daevlyn parcourant son corps. Pourvoir de nouveau entendre la voix fébrile de son amant et ses gémissements enfiévrés était une bénédiction. Voulant toujours plus, Daevlyn entama une caresse plus osée et intime que les précédentes et arracha un cri à l’adolescent qui frissonna violemment au contact de la main de Daevlyn contre son intimité.

Celle-ci fut suivie d’autres toutes plus osées les unes que les autres. Avec une lenteur exagérée, Daevlyn lécha sensuellement le torse de l’adolescent, descendant sur ses abdominaux qui se contractèrent à ce contact, puis descendant toujours plus bas, vers le point culminant du plaisir de Raphaël. Puis, faisant taire les supplications de son jeune amant, Daevlyn le prit en bouche, arrachant un cri de plaisir muet à l’adolescent.

Sentir Raphaël s’enflammer ainsi sous ses attouchements lui avait tant manqué pendant toute cette dernière semaine.

Il y mit tout son savoir faire, voulant pour l’occasion emmener Raphaël à mille lieues d’ici, dans les limbes du pur plaisir charnel. Au vu des petits feulements de plaisir de l’adolescent , Daevlyn s’y prenait à merveille. Il sentit alors les mains de Raphaël se perdre dans sa tignasse, tentant de se rattacher à ce qu’il pouvait pour ne pas chuter, décollant au passage ses mèches de cheveux collées à son front luisant de transpiration.

Lorsqu’il sentit une légère pression de la main sur son cuir chevelu de la part de Raphaël, il comprit que celui-ci n’allait pas tarder à venir, la jouissance étant plus que proche. Les gémissements de plaisir se faisait de plus en plus bruyant et Daevlyn se mit alors à accélérer la cadence pour l’accompagner jusqu’au moment ultime, se resserrant un peu plus sur son sexe. Raphaël finit par se libérer dans un cri de jouissance pure, qui tinta dans les oreilles de son amant.

Daevlyn se redressa pour regarder son amant, passant sa langue sur ses lèvres en une mimique limite indécente tandis qu’un sourire satisfait étirait ses lèvres. Les joues et les lèvres rosies par le plaisir, les cheveux éparpillés autour de lui, la respiration haletante et le corps ruisselant de transpiration, Raphaël était une incitation à la luxure. Cette simple vue faillit venir à bout de Daevlyn qui se fit violence pour se retenir de jouir à la vu du corps alanguis de son amant. Il se demandait lui-même comment il lui était possible de tenir encore.

Retenant son souffle, il vient s’allonger sur le corps de l’adolescent, déposant une multitude de baisers papillons un peu partout sur son corps, léchant son cou jusqu’au lobe de son oreille qu’il mordilla sensuellement, arrachant un nouveau gémissement à son jeune amant qui retrouvait lentement une respiration régulière.

Celui-ci posa alors ses mains sur la chute de reins de Daevlyn, effleurant sa peau du bout des doigts, dans un mouvement régulier de haut en bas, provocant un frisson de bien être chez l’adulte. Cette douceur dans cette forme d’attouchement avait quelque chose d’irréel. Ne semblant plus tenir, l’adolescent finit par happer les lèvres rougies de l’adulte, lui suçotant longuement la lèvre inférieure, la caressant du bout de la langue après l’avoir mordillée avec gourmandise. Rien que ces petits instants de tendresse, la tête posée sur le cœur de Raphaël, Daevlyn voulait en revivre encore et encore. Que leur avenir leur promette maintenant une telle chose était tellement irréelle…

Ce fut Raphaël qui repassa à l’action, son désir étant apparemment ravivé par la proximité de son amant. D’un habile coup de hanche, il renversa leur position, se retrouvant ainsi chevauchant Daevlyn, qui se laissait faire, heureux de le voir une fois de plus prendre l’initiative. De plus, Raphaël avait été le seul des deux à être satisfait et l’entrejambe de Daevlyn en était douloureuse, toujours emprisonnée  par son jean.

Au dessus de lui, Raphaël le fixait intensément. Après un rapide baiser volé et quelques ondulation, il attisa plus qu’il n’était possible le désir de l’adulte qui était près à exploser. Avec délice et volupté, il caressa chaque parcelle de peau de Daevlyn, et très vite ses lèvres prirent la relève tandis que ses mains descendaient toujours plus au sud. L’adulte sentit alors Raphaël déboutonner son jean de manière fébrile. Pour lui facilité la tâche, Daevlyn souleva son bassin et Raphaël en profita pour faire glisser à la fois son jean et son boxer, libérant l’érection de Daevlyn de sa prison de tissus.

L’adolescent se déplaça de façon à pouvoir agir convenablement, et d’une main hésitante, il entama un lent va et vient sur l’intimité de l’adulte qui ferma les yeux de plaisir à ce contact dont la timidité et l’hésitation ne faisait qu’augmenter les bienfaits. Sentir sa main à cet endroit là était tellement intense qu’il n’aurait sur dire le lieu et l’heure où il se trouvait.

Daevlyn rouvrit subitement les yeux lorsque après un coup de langue sur son intimité, Raphaël le prit entièrement en bouche, arrachant un cri de plaisir non feint à l’adulte. Jamais il n’aurait pensait que son jeune amant irait jusque là, ayant simplement gardé cela comme de l’ordre du fantasme et le vivre à l’instant c’était inimaginable. Novice de ce genre d’action, Raphaël s’y prenait à merveille.

Il sentit un afflux de sensations telles qu’il ne pu retenir des gémissements de plaisir bruyant. D’abord lents et hésitants, les vas et vient de l’adolescent sur son intimité gagnèrent en vigueur et en intensité, le menant aux portes de la jouissance, en moins de temps qu’il ne faille pour le dire. Semblant sentir que Daevlyn était sur le point de jouir, Raphaël ralentit la cadence et du bout de la langue, il lécha le bout de l’intimité de Daevlyn qui se cambra violemment sous l’effet du plaisir. Ses doigts s’enroulèrent dans la chevelure de l’adolescent, il n’allait plus pouvoir tenir, ce n’était qu’une question de secondes. Raphaël s’éloigna alors et reprit son sexe en main, l’accompagnant tout de même jusqu’au bout.  Daevlyn se libéra dans un cri de jouissance en criant le nom de son amant, et se laissa retomber sur le matelas, la respiration saccadée et le corps ruisselant de sueur. Il venait littéralement de prendre son pied, et ils n’en étaient qu’aux préliminaires…

Comme son moniteur l’avait fait précédemment, Raphaël vient s’allonger sur Daevlyn, la tête posée sur sa poitrine. Le cœur de Daevlyn battait extrêmement fort, tentant de se remettre du trop plein ressentit, du pur plaisir atteint. Puis, après quelques secondes de silence dans lequel leur souffle se mêlaient, Raphaël murmura, non sans cesser de faire glisser ses doigts sur le sein droit de son amant :

- Pardon… J’ai pas pu aller jusqu’au bout, je…

- Chuuuut, l’interrompit Daevlyn, tu m’as déjà offert un magnifique cadeau ce soir. Je ne m’y attendais pas du tout, ajouta-t-il en l’embrassant tendrement sur le front.

- Je t’aime Daevlyn, murmura l’adolescent tout contre ses lèvres, je t’aime plus que tout…

- Je t’aime aussi mon ange, répondit Daevlyn avant d’accéder à la requête muette de son jeune amant et de prendre possession de ses lèvres en une douce et tendre caresse.

Daevlyn était au comble du bonheur et du bien être. Il sentit Raphaël bouger légèrement afin de pouvoir approfondir leur baiser, quand soudain celui-ci eut un sursaut de surprise, suivit d’un gémissement de douleur bien vite étouffé dans la bouche de Daevlyn. Cela ne lui échappa pas, et il se souvint. Mettant fin au baiser, il murmura d’une voix désolée :

- Avec tout cela, j’ai complètement oublié ta récente opération…

- Non, ce n’est rien… juste une cicatrice de plus, répondit l’adolescent la gorge nouée. De toute façon, une de plus ou de moins, où est la différence ?

A ces mots, Daevlyn posa délicatement son doigt sur les lèvres de son amant, et déclara d’une voix ferme mais non dépourvue de douceur :

- Tais-toi ! Oublie tout ce qui s’est passé Raphaël… A présent, nous sommes ensemble, et rien ne nous séparera jamais…

Si Daevlyn aurait prononcé cette phrase par le passé plus pour se convaincre lui même que son amant, cette fois-ci, il en avait l’intime conviction.

Voyant que Raphaël avait tout de même du mal à l’accepter, Daevlyn, dans un geste d’une immense tendresse, déposa délicatement ses lèvres sur le visage de son amant, déposant une multitude de baisers papillons sur son front, ses yeux, ses joues et sa bouche, en un signe de réconfort et d’amour.

Sans se départir de sa tendresse, Daevlyn inversa leur position, prenant garde à ne pas blesser son jeune amant. Une fois Raphaël allongé sous lui, Daevlyn l’embrassa une dernière foi, alors que ses mains parcouraient de nouveau le corps de l’adolescent, faisant renaître le désir dans ses reins. Il ne voulait pas que Raphaël pense ainsi.

Il effleura avec délicatesse la nouvelle cicatrice de l’adolescent, l’acceptant comme toutes les autres, faisant partit intégrante de Raphaël, l’homme qui l’aimait. Il finit par déposer ses lèvres dessus, arrachant un soupir de bien être à Raphaël. L’adulte continua ce petit jeu encore quelques secondes jusqu’à ce qu’un gémissement de Raphaël  résonne à ses oreilles :

-  Daevlyn… s’il te plait…

- Qu’y a-t-il mon ange ? demanda Daevlyn, un sourire en coin étirant ses lèvres.

Il n’était pas dupe, et savait parfaitement de que Raphaël désirait, le désirant lui même. Mais il voulait lui entendre dire, sachant l’effet que cela lui ferait. C’est pourquoi, il ajouta :

- Que veux-tu Raphaël ?

Après une énième caresse, Raphaël se cambra violemment, et dans un gémissement de plaisir, il haleta :

- Toi… s’il te plait… j’ai envie de toi…

Cette déclaration enflamma les sens de Daevlyn qui dû se faire violence pour ne pas réagir au quart de tour et accéder à la requête de son jeune amant.

Il remonta vers le visage de l’adolescent et l’embrassa avec passion, lui faisant ainsi comprendre que son désir était partagé. Après quoi, il caressa les lèvres de Raphaël du bout des doigts que le jeune garçon se mit à sucer avidement. Cette vision provoqua un court circuit dans le cerveau de l’adulte qui laissa s’échapper un gémissement de satisfaction et bien être, totalement envoûté par l’érotisme dont faisait preuve Raphaël à cet instant.

Lorsqu’il les jugea suffisamment humides, Daevlyn retira ses doigts et les fit glisser sur le torse de Raphaël qui frissonna de plaisir à ce contact aérien. Daevlyn poursuivit sa course jusqu’au nombril de l’adolescent, et avant d’aller plus loin, il vient prendre place entre ses cuisses. L’adolescent s’offrait à lui sans appréhension aucune, plaçant son corps et son cœur entre ses mains en toute confiance.

Avec une douceur extrême, Daevlyn commença à préparer son amant, insérant délicatement un premier doigt en lui. Il sentit Raphaël se tendre légèrement, mais grâce à sa douceur et sa tendresse, son amant finit par se décontracter. Un voile de soulagement et de plaisir passa sur ses yeux.

Très vite, Daevlyn inséra un nouveau doigt dans l’intimité de Raphaël, et lorsque l’adolescent se fut habitué à cette présence, l’adulte entama un léger mouvement de va et vient, arrachant un gémissement à son amant. Après un certain temps d’adaptation et de préparation, Daevlyn insinua un troisième et dernier doigt en lui, et cette fois-ci, Raphaël ne pu retenir un hoquet de douleur qui très vite, se transforma en cri de plaisir lorsque l’adulte toucha apparemment quelque chose en lui qui lui fit voir les étoiles. Cette expression de béatitude, Daevlyn ne se lassait de la regarder sur le visage de son amant.

Lorsque Raphaël commença à s’empaler de lui-même sur ses doigts, l’adulte les retira, s’attirant une plainte de mécontentement, puis il vint se placer à l’entrée de son intimité. Le temps de cette préparation lui avait fait retrouver son désir de Raphaël intact et plus vif que précédemment. Le moment ultime était enfin là, et Daevlyn était plus que prêt pour le vivre.

D’un ample coup de bassin, il le pénétra, et malgré toute la douceur dont il faisait preuve, Raphaël se contracta sous l’intrusion en retenant un gémissement de douleur. Daevlyn stoppa aussitôt tout mouvement, malgré la sensation et le plaisir intense qu’il ressentait à être de nouveau en Raphaël.

Après quelques secondes, Daevlyn entama un lent et ample mouvement de bassin et Raphaël emprisonna ses hanches entre ses jambes. Les yeux fermés, la bouche entrouverte et le souffle erratique, Raphaël offrait une merveilleuse vision à son amant qui était bien trop heureux d’avoir la possibilité de faire sien une fois de plus l’homme qu’il aimait par-dessus tout, se mouvoir en lui. Depuis le temps qu’il attendait ce moment, leur corps ne faisaient à nouveau plus qu’un.

Les coups de bassin de Daevlyn se faisaient toujours plus amples, toujours plus profonds, augmentant considérablement le désir et le plaisir de chacun. Les deux hommes avaient oublié tout ce qui n’était pas eux, plus rien autour d’eux n’existait tandis que leur corps s’unissaient en une union parfaite. Leurs cris de plaisir retentissaient dans la chambre, faisant écho sur les murs, résonnant à leurs oreilles comme la plus douce des mélodies. Leur corps ondulaient au rythme d’une mélodie qu’eux seuls entendaient, leurs déhanchements guidés par leur souffle erratique.
Les yeux de Raphaël s’ouvrirent brusquement certainement sous l’effet du plaisir, et Daevlyn le sentir raffermir sa prise autour se des hanches. Galvanisé par le plaisir, l’adulte accéléra la cadence, pénétrant toujours plus profondément l’adolescent, lui faisant hurler son plaisir sous ses coups de reins experts. Dans un ultime coup de hanche, plus ample et profonds que les précédents, Daevlyn et Raphaël se libérèrent en un seul et même cri, chacun hurlant le prénom de l’autre.

Haletant, le corps luisant de transpiration, Daevlyn se laissa retomber entre les bras de son amant, tout en faisant attention de ne pas l’écraser sous son poids. Fébrilement, il s’empara des lèvres de l’adolescent. Il avait mis toute ses forces et toute son énergie dans l’acte, se sentait à l’instant prit d’une fatigue infinie. C’est pourquoi, après un dernier ‘je t’aime”, ils s’endormirent tous deux d’un sommeil réparateur et bien mérité.

Un autre cependant, ne dormait pas. Allongé dans la pièce voisine, il venait d’être le spectateur indirect de la scène de leur retrouvaille. Il était à la fois heureux pour son ami, mais mélancolique de ne pas être celui qui faisait gémir Daevlyn ainsi.

Il mit un temps avant de rejoindre lui aussi les bras de Morphée, ayant toujours du mal à se faire à cet amour impossible.

Ce fut le soleil déjà bien avançé dans le ciel le lendemain matin qui réveilla Daevlyn. Ils n’avaient pas pris le temps de fermer les rideaux, hier soir. Heureux de constater la présence de son amant à ses côtés, c’est avec un sourire affiché aux lèvres qu’il se rapprocha de lui plus qu’il ne l’était déjà, collant sa tête un peu au dessus de son épaule dans un soupire de bien être. Ce mouvement sembla réveiller légèrement Raphaël qui tout comme son amant, se colla un peu plus à Daevlyn. Tous deux passèrent encore un long moment au lit ainsi, sans un semi-sommeil partagé. Ce fut Raphaël qui finit par prendre l’initiative de se redresser légèrement, quittant cette intimité. Le sentant bouger, Daevlyn ouvrit les yeux et vit alors que celui-ci était en train de fixer quelque chose à côté de sa tête. Intrigué Daevlyn tourna la tête et s’aperçut que le pull de Raphaël dépassait de sous son oreiller.

Extrêmement gêné que Raphaël l’ai remarqué, Daevlyn l’enfoui de nouveau sous l’oreiller d’une manière vive, espérant que celui-ci n’aurait pas analysé la nature de ce pull.

Amusé, Raphaël fut plus rapide que Daevlyn, et en saisit la manche avant que celui-ci n’est eu le temps de complètement le cacher. Daevlyn vira aussitôt au cramoisi, détournant le regard, ne voulant pas croiser celui moqueur de Raphaël. Il alla même jusqu’à se redresser et s’asseoir au bord du lit.

Il ne voulait pas en plus montrer son expression de honte, ne faisant que renforcer sa gêne. Il sentit après quelques secondes, la main de Raphaël se déplacer sur le lit, pour venir se coller dernière son dos. Encore nus, Daevlyn frissonna au contact de sa peau sur la sienne. Il sentit ses deux bras l’enlacer avec amour. La honte de Daevlyn ne partait pas pour autant. Il avait l’impression que jamais il ne trouverait le courage de tourner la tête vers lui.

Raphaël posa finalement sa tête sur l’épaule de Daevlyn et celui-ci entendit sa petite voix amusée lui demander :

- Pourquoi tu réagis comme ça ?

Daevlyn ne répondit bien évidemment rien, se sentant encore plus gêné d’être honteux.

Rares étaient les fois ou il s’était sentit aussi mal à l’aise en présence de son amant. Il entendit alors Raphaël rire légèrement, au lieu de bien le prendre, il se redressa aussitôt, partant en direction de la douche. C’est presque arrivé devant la porte qu’il sentit la main de Raphaël lui attraper l’avant bras. Refusant obstinément de lui faire face, ce fut Raphaël qui dut faire le tour afin de pouvoir voir son visage. Daevlyn fixa le sol, légèrement boudeur, toujours empli de cette honte.

- Daevlyn, je ne me moquais pas de toi, c’est juste que je trouve ça… Enfin, ça me touche beaucoup de savoir que je t’ai manqué à ce point…

Daevlyn redressa timidement la tête vers Raphaël et plongea enfin ses émeraudes dans les yeux de son amant. En moins de temps qu’il ne fallu pour le dire, Raphaël l’avait attiré contre lui, et avait prit possession de ses lèvres, pour lui faire oublier.

Il n’eut pas beaucoup de mal à le faire, car bientôt Daevlyn répondit à ce baiser avec vigueur se perdant dans son désir et sa passion. C’était toujours avec un plaisir nouveau qu’il redécouvrait la bouche de l’adolescent. Ils continuèrent un moment, ce simple échange de tendresse, glissant quelques caresses au milieu de leurs baisers, jusqu’à ce qu’ils avisent de l’heure avancée de la matinée. Daevlyn alla rapidement prendre sa douche seul, sachant tous deux pertinemment comment cela finirait s’ils la prenaient ensemble. Raphaël y alla juste après lui. Ce fut uniquement lorsqu’il se retrouva dans sa chambre que Daevlyn se rappela… Sébastien était encore dans la chambre voisine et avait bien évidemment du tout entendre.

Ce fut non sans une autre forme de gêne que Daevlyn se dirigea jusqu’à sa chambre et eut le soulagement de la voir vide. Sébastien avait dû se lever plus tôt qu’eux. Il préféra cela à avoir à l’affronter tout de suite.  Il aéra et rangea rapidement la chambre, attendant que Raphaël ne sorte de la douche. Ce qu’il fit peu de temps après, les cheveux encore mouillés tombant sur ses épaules dénudées, une serviette autour de la taille. Avec un sourire dans lesquel Daevlyn nota une pointe de moquerie, il demanda à Daevlyn de lui donner le fameux pull, posé sur le lit. Boudeur, Daevlyn le saisit et le lui envoya.

Se rendant soudain compte que Raphaël n’avait pas d’habit de rechange, il demanda alors à Raphaël, se vengeant de sa moquerie :

- Et tu comptes te rendre en serviette jusqu’à ta chambre ? Je suis sur que ta mère adorerait. Déjà que tu n’es plus dans la chambre avec elle…

Ne voulant pas chercher Raphaël trop longtemps, et devant son air faussement énervé, il alla jusqu’à son placard et attrapa un de ses jeans les plus étroits avant de lui jeter de la même manière que le pull.

- Tiens, en attendant que tu ailles chercher tes affaires.

Avant de faire quoi que ce soit, les deux amants se rendirent dans les cuisines dans le but de préparer le biberon d’Amaranth. Puis après l’avoir nourrit, Daevlyn proposa à Raphaël de le sortir au pré ce que celui-ci fit avec joie. Ils se ne tardèrent pas trop, et après avoir observé le poulain se dégourdir les jambes pendant quelques minutes, Daevlyn proposa à Raphaël d’aller chercher sa mère pour qu’ils déjeunent tous ensemble. Celui-ci s’exécuta avec un sourire, devant aussi changer de vêtements, le jean de Daevlyn était tout de même trop grand pour Raphaël.

Daevlyn se dirigea jusqu’au réfectoire, préférant les attendre à une table. Arrivé à l’intérieur, il vit malheureusement Sébastien assit à une table. Il ne put faire demi-tour car celui-ci l’avait vu. A contre-cœur, il se dirigea jusqu’à sa table, et s’assit en face de lui. Par politesse il demanda :

- Salut, ça va ? Tu te sens mieux ?

- Oui, j’ai pu me lever ce matin. Peut être un peu facilement que vous deux…

Au regard que lui lançait Sébastien, Daevlyn n’avait aucun doute sur le fait qu’il ait tout entendu. Il n’eut pas besoin non plus que celui-ci finisse sa phrase devinant que cela serait une chose du genre : « avec toute l’énergie dépensée cette nuit ». Daevlyn déglutit, se sentant extrêmement mal à l’aise.

Il baissa les yeux, plongeant dans la contemplation de sa tasse de café. Heureusement, dans un grand élan d’amitié, Sébastien lui dit :

- Ne parlons pas de cette nuit Daevlyn, et si Raphaël n’est pas au courant de ma présence, alors ne lui dit même pas que j’ai dormi à côté. Tout est oublié. Le sujet est clos.

Daevlyn encore très mal à l’aise, redressa la tête et lui sourit légèrement, encore gêné, mais content que son ami n’enfonce pas le couteau dans la plaie. Pour parfaire ses dernier mots, Sébastien changea totalement de sujet, et déclara :

- Je vais partir demain soir je pense, le temps de te montrer ce que j’avais à te montrer. Je vais prendre ta chambre pour cette nuit. Ainsi, Raphaël pourra commencer à s’installer avec toi.

Ils parlèrent ainsi pendant un bon quart d’heure de la manière dont ils allaient s’organiser et de la déclaration que Daevlyn devait préparer pour demain, annonçant officiellement qu’il était le nouveau directeur à tout le centre. Raphaël et Suzanne arrivèrent peu de temps après. Ils prirent place à table, Raphaël lançant un regard à Daevlyn mi-agacé, mi-intrigué au sujet de la présence de Sébastien. Il aurait tout loisir de lui expliquer plus tard. Suzanne sembla légèrement gênée au départ et finalement, la discussion se fit entre eux, passant tous les quatre un agréable moment. Ils se rendirent une dernière fois au parc des cheveux, Suzanne voulant revoir avec Raphaël son petit poulain. Sébastien finit par les laisser, allant rassembler discrètement ses affaires de la chambre voisine à celle de Daevlyn. Raphaël entra dans le pré, ne semblant pas résister à l’envie de rejoindre Amaranth.

Suzanne choisit ce moment pour parler en privé à Daevlyn, étant assez loin pour que Raphaël n’entende pas, étant de toute façon trop occupé avec son poulain.

- Je vais peut être vous paraître vieux jeu, mais… Voilà, il faut que je vous en parle. J’ai été témoin de la petite fugue nocturne de Raphaël et je sais très bien qui il est allé vous retrouver.

Aussitôt, Daevlyn retrouva sa honte et sa gêne pour la troisième fois de la matinée. Décidément le sort s’acharnait contre lui.

- Je… Euh… Oui… Commença-t-il à bredouiller.

Suzanne en profita pour continuer :

- Je ne suis pas naïve sur vos agissements, ni sur le fait que ce n’est pas la première fois. Je suis tout à fait d’accord pour que vous continuiez à fricoter avec mon fils, mais à une condition, ne le faite jamais souffrir. Il vécu tellement de choses horribles et je suis sûre que vous le savez mieux que moi. Si jamais j’apprends que vous lui avez fait du mal, je ne sais pas de quoi je serais capable, je tenais juste à vous prévenir.

Heureusement, elle ajouta, calmant l’agacement de Daevlyn sur le fait qu’elle pense qu’il soit capable d’une telle chose :

- Prenez soin de lui, Daevlyn. Je place en vous toute ma confiance…

Une larme coula alors de ses yeux, et d’une petite vois elle ajouta plus pour elle même que pour Daevlyn :

- Il va me manquer… Il va me manquer affreusement…

Le silence s’installa entre eux, jusqu’à ce que Raphaël ne vienne les rejoindre, un grand sourire dépeint sur son visage, nageant dans le bonheur.

Sans hésiter, il se jeta dans les bras  de son amant, devant le regard attendrit de sa mère. Daevlyn et Suzanne échangèrent un regard, échangeant une promesse muette.

Daevlyn inspira profondément. L’air était particulièrement léger aujourd’hui, un doux sentiment de bien-être les envahissait. Ils venaient tous les deux de passer une étape importante, un cap dans leur vie, et avait maintenant pour la première fois depuis le début de leur relation, l’avenir à leurs pieds.

On ne pouvait prévoir cependant ce qu’il allait leur réserver, cependant, Daevlyn était pour le moment confiant, gonflé pour la première fois depuis des années, d’une vague d’optimisme. L’homme qu’il aimait blottit au creux de ses bras, il se sentait de taille à tout affronter pour protéger leur bonheur.

17
oct

Mourir pour revivre - Chapitre 47

   Ecrit par : admin   in Mourir pour revivre

Chapitre 47 écrit par Shinigami

Lorsque Raphaël se réveilla en début d’après-midi, il avait les yeux rouges et gonflés d’avoir trop pleuré. Puis, sa conversation de cette nuit avec Daevlyn lui revint en mémoire, et un immense sourire étira ses lèvres, illuminant son visage. Il sortit précipitamment de son lit et prit d’assaut la salle de bain et dix minutes plus tard, il en sortait lavé et habillé de propre. Ainsi paré, il se rendit à la cuisine d’où s’échappait une forte odeur de café, et embrassa tendrement Suzanne qui, à sa tête, ne devait pas être réveillée depuis bien longtemps. Celle-ci lui adressa un sourire de bienvenue et Raphaël s’installa à ses côtés, devant un bol de chocolat fumant.

Tous deux déjeunèrent en silence, appréciant le calme de ce début d’après-midi. Finalement, ce fut Suzanne qui brisa le silence :

- Tu n’as pas oublié que nous devons nous rendre chez le notaire cette après-midi ? Demanda-t-elle à son fils.

- Non, je n’ai pas oublié, répondit l’adolescent. Maman.. Ajouta-t-il quelques secondes plus tard.

- Oui mon fils ?

- J’ai… enfin je… je souhaiterais offrir un cadeau à Daevlyn… est-ce qu’on pourra aller se promener en ville ? demanda timidement Raphaël, un peu gêné et mal à l’aise de demander à sa mère de l’emmener.

- Bien sur mon chéri, avec plaisir, s’empressa de répondre Suzanne, trop heureuse que son fils souhaite faire les boutiques avec elle. Que veux-tu lui prendre ?

- Je ne sais pas, murmura l’adolescent. Je… je viens d’avoir l’idée, je… je n’ai pas vraiment réfléchi…

- Ne t’inquiètes pas, nous trouverons, le rassura Suzanne.

- Merci Maman.

- Je t’en prie mon garçon, répondit Suzanne. Et puis si tu veux, nous pourrons en profiter pour traîner un peu en ville.

- Oui, ce serait une bonne idée… merci Maman, répondit l’adolescent.

Après leur petit déjeuner, tous deux montèrent se préparer chacun de leur côté, et quelques minutes plus tard, Suzanne attendait son fils dans l’entrée, prête pour partir à leur rendez-vous chez le notaire. Raphaël arriva quelques minutes après elle, et après avoir attrapé son manteau, il sortit de la maison et alla s’installer dans la voiture pendant que Suzanne fermait la maison.

Après une petite demi-heure de route, ils se garèrent en centre ville, tout près du cabinet du notaire. Même s’il n’osait l’avouer, Raphaël était en cet instant même littéralement mort de peur. Après tout, il ne connaissait pas cet homme… Qui lui disait qu’il allait accepter la requête de Suzanne ? Le cœur de Raphaël s’emballa subitement à l’idée que l’homme puisse refuser de l’émanciper… Qu’allait-il devenir si cela ne se faisait pas ? Comment pourrait-il vivre avec Daevlyn ? A cette pensée, son cœur se contracta douloureusement, et les larmes se mirent à briller au fond de ses yeux.

Semblant sentir le trouble de son fils, et comprenant parfaitement que celui-ci puisse avoir peur, Suzanne posa sa main sur la sienne et la serra fortement en guise de réconfort. Raphaël releva la tête et lui adressa un sourire encourageant et lui disant tout bas, sur un ton de confidence :

- Tout va bien ce passer…

- Je… j’espère… j’ai peur Maman… et s’il ne voulait pas ?

- Chuuut… ne dit rien. Je suis certaine que tout va bien ce passer. Tu me fais confiance ?

- Oui… bien sûr je te fais confiance…

- Bien ! s’exclama la jeune femme, allons-y !

Tentant de contrôler le tremblement de ses mains, Raphaël sortit de la voiture et regarda autour de lui. Il n’était encore jamais venu dans cette partie de la ville et la beauté de l’endroit l’émerveilla. Les bâtiments anciens surplombaient la rue de leur imposante stature donnait à l’adolescent l’impression d’être totalement insignifiant.

Perdu dans sa contemplation, le jeune garçon ne vit pas Suzanne s’approcher de lui et sursauta lorsqu’il sentit une main se poser sur son épaule. Il se retourna vivement mais le regard de sa mère le rassura.

- Viens, c’est en face, déclara Suzanne.

Raphaël ne répondit rien mais lui emboîta le pas, serrant les mains pour les empêcher de trembler davantage. Ils pénétrèrent dans l’un des grands bâtiments que Raphaël observait quelques minutes auparavant, et Suzanne qui semblait connaître l’endroit, se dirigea directement vers l’ascenseur.

Quelques minutes plus tard, ils arrivaient au septième étage et Suzanne s’annonça à la secrétaire qui les invita à aller attendre dans la salle prévue à cet effet. Depuis qu’il était entré dans le bâtiment, Raphaël regardait partout autour de lui. Jamais encore il n’avait vu autant de luxe, et la hauteur des plafonds l’étonnait au plus haut point.

Il prit place dans l’une des luxueux fauteuils qui meublaient la petite pièce et détailla avec attention les doreries ornant la tapisserie qui recouvrait les murs. Suzanne quant à elle le regardait faire avec une lueur d’amusement et de tendresse dans les yeux.

Ils n’eurent pas à attendre bien longtemps, car à peine quelques minutes plus tard, un homme d’une quarantaine d’années, entra dans la petite salle :

- Madame Sullivan !

A l’entente de son nom, Suzanne se leva et se dirigea vers l’homme qui venait d’arriver, suivit par Raphaël qui, intimidé, ne quittait pas sa mère.

- Bonjour Monsieur Duval, répondit Suzanne en attrapant la main que lui tendait le notaire.

- Vous allez bien Suzanne ?

- Oui, je vous remercie, et vous-même ?

- Comme toujours ! répondit le quadragénaire avec un sourire charmeur. Qui est ce garçon ?

- Raphaël, mon fils, répondit Suzanne, c’est pour lui que nous sommes ici aujourd’hui.

- Je vois, allons dans mon bureau vous voulez bien ?

- Nous vous suivons, répondit la jeune femme en emboîtant le pas au notaire.

Raphaël en profita pour détailler plus attentivement l’homme avec qui ils allaient passer les prochains instants. L’homme en question était plutôt bel homme et abordait un visage à l’expression douce qui donnait l’impression d’être en sécurité. Il avait un nez droit qui surplombait une petite moustache finement taillée. Ses yeux marrons se mariaient parfaitement à son teint légèrement halé, typique des gens de la côte. Ses cheveux grisonnant sur les tempes renforçaient son charme naturel. Le dénommé Duval portait un costume très classe que l’adolescent jugea être au niveau de sa fonction.

Ils arrivèrent dans le bureau du notaire, et celui-ci les invita à prendre place dans les deux sièges situés face à son bureau, tous aussi luxueux qu’eux de la salle d’attente.

- Bien, expliquez-moi tout, déclara le quadragénaire.

- Voilà, nous avons vécu une situation familiale quelque peu particulière ces dernières années. J’ai retrouvé Raphaël seulement depuis quelques jours, mais beaucoup de choses ont changé et bien qu’il restera toujours mon fils, nous avons chacun refait notre vie de notre côté, avec les souffrances que cela impliquait. Nous en avons longuement parlé ensemble, et nous avons prit la décision de faire émanciper Raphaël. Je ne pourrais pas être auprès de lui tout le temps, mais Raphaël est grand, il sait parfaitement se débrouiller seul.

- Je vois… Et quelle est la raison réelle de cette demande ?

- Écoutez, je vis ici, à Los Angeles, et Raphaël vit en France, son père est décédé et je ne l’ai retrouvé que depuis quelques jours. Il me faudra je ne sais combien de temps pour faire les papiers de Raphaël et le centre dans lequel il se trouve pour le moment ne m’a laissé qu’une semaine avec lui. Cela nous faciliterait énormément les choses si Raphaël pouvait être émancipé.

Monsieur Duval, Pierre de son prénom, se tourna alors vers Raphaël qui restait silencieux mais attentif à tout ce qui se passait autour de lui, et lui demanda :

- Quel âge as-tu Raphaël ?

- J’ai dix-sept ans dans quatre mois Monsieur, répondit l’adolescent, tout de même un peu intimidé par cet homme qui possédait une partie de son destin entre ses mains.

- D’accord… puis-je te poser quelques questions personnelles ? Tu as le droit de refuser…

- Je… euh… d’accord… bégaya l’adolescent, redoutant les questions à venir.

- As-tu quelqu’un dans ta vie ?

A cette question, le cœur de Raphaël fit un bon dans sa poitrine avant de repartir à toute vitesse. Il s’était piégé lui-même, pourquoi avait-il accepté de répondre aux questions ? Qu’allait-il lui répondre ? Cet homme allait-il le juger de sa relation avec Daevlyn ? Après un dernier regard apeuré à Suzanne, Raphaël décida de jouer le tout pour le tout, de toute façon, il n’avait rien à perdre, autant jouer franc jeu.

- Ou… oui, je… je suis avec quelqu’un…

Pierre qui avait remarqué l’angoisse grandissante du jeune garçon se pencha vers lui par-dessus son bureau, et lui adressa un sourire rassurant avant de déclarer :

- Hey ! Ce n’est pas un jugement, ok ? Tu n’as rien à craindre, d’accord ? Je veux simplement essayer de mieux te connaître pour savoir qui tu es.

Raphaël se contenta de hocher la tête en guise d’acquiescement, et après un dernier sourire d’encouragement, le notaire poursuivit ses questions :

- Comment s’appelle-t-elle ?

- Daevlyn… Il s’appelle Daevlyn, Monsieur…

- Quel âge a-t-il ce jeune homme ?

- Vingt-quatre ans, Monsieur, répondit Raphaël qui n’osait pas regarder l’homme en face de lui, de peur d’y lire un quelconque jugement dans ses yeux comme cela avait déjà si souvent été le cas auparavant. Je vous jure qu’il ne sait pas Monsieur, il n’a rien à voir avec cette histoire, s’exclama-t-il par peur que le notaire interprète mal la situation.
Contre toute attente, le quadragénaire éclata de rire et posa un regard bienveillant sur l’adolescent aux cheveux noirs qui se trouvait devant lui, le trouvant de plus en plus attachant.

- Je n’en doute pas une seule seconde Raphaël, le rassura-t-il. Bien, je voudrais parler en tête-à-tête avec ta mère, peux-tu attendre un instant dans le couloir s’il te plait ?

Raphaël ne répondit rien, mais fit ce que lui demandait le notaire, et après un dernier regard à sa mère, il quitta la pièce. Le stress qu’il ressentait en ce moment était à son paroxysme. Jamais il n’avait été aussi angoissé, et la peur lui nouait douloureusement l’estomac.

N’ayant rien d’autre à faire qu’attendre, il se laissa glisser le long du mur en face de la porte du bureau dans lequel s’entretenait sa mère, et remonta ses genoux sur son torse avant de les entourer de ses bras.

Pendant ce temps dans la pièce, Suzanne tentait désespérément de plaider la cause de son fils :

- Écoutez, je sais que cela peut s’apparenter à un détournement de mineur, mais croyez-moi, ça n’est nullement le cas.

- Saviez vous qu’il aimait un homme ?

- Je m’en suis douté lorsque je suis allé le chercher il y a quelques jours, mais j’ai eu la confirmation cette nuit.

- Cette nuit ? Répéta Pierre en regardant Suzanne d’un air sceptique.

- Je l’ai surpris en train de dessiner son portrait. Je sais, vous allez me dire que tout ceci n’a pas de sens, mais croyez-moi, cela n’a absolument rien d’insensé. De plus, comme vous avez pu le constater, Raphaël est un garçon timide et introverti, cependant, il a décidé de jouer franc jeu avec vous dès le début et de mettre cartes sur table… Ce qui se passe entre eux est très fort, il n’y a aucune manipulation de la part de Daevlyn je peux vous l’assurer. Comme vous l’a dit Raphaël, il n’est même pas au courant de la situation.

- Hum… j’ai remarqué que Raphaël était très introverti, savez-vous pourquoi ?

Suzanne resta silencieuse une petite minute avant de déclarer :

- Je… Je soupçonne Raphaël d’avoir été battu par son père…

Cet aveu engendra un vide l’espace d’un instant, puis le quadragénaire finit par rompre le silence, demandant d’une voix grave :

- Vous en avez des preuves ?

- Aucune, mais son comportement laisse supposer qu’il n’a pas été traité comme il aurait du l’être.

- Je ne suis pas avocat et encore moins juge reprit le notaire après un court silence, je ne peux rien faire hormis vous conseiller d’aller voir un juge ou faire appel à l’assistance sociale.

- C’est hors de question ! s’exclama Suzanne, je ne veux pas que mon fils ait quoi que ce soit à voir avec ces emmerdeurs !

Pierre lui lança un regard dans lequel Suzanne décela une lueur de reproche et d’interrogation, et elle s’empressa d’ajouter :

- Excusez -moi, je me suis emportée. De toute façon, son père est décédé depuis quelques mois déjà, je crains que même s’il est vrai que Raphaël ait été battu, je ne puisse plus rien faire.

- Je ne suis pas apte à vous répondre, vous devriez vraiment vous renseigner, même s’il est trop tard pour que votre ex-mari soit jugé pour ses actes, si vos doutes s’avèrent être exacts, vous pouvez toujours recevoir des dédommagements.

Suzanne lui adressa un regard empli de tristesse et lui demanda d’une voix brisée :

- Croyez-vous réellement qu’a présent Raphaël ait besoin d’un quelconque dédommagement matériel ? La meilleure chose qu’il ait pu recevoir, c’est que son père soit en enfer et que Daevlyn partage désormais sa vie.

- Vous avez raison, pardonnez-moi, déclara le notaire un peu gêné de sa précédente remarque.

- Ce n’est rien, répondit la jeune femme en s’emparant de son sac. Je vous remercie pour cet entretien, Monsieur Duval, ajouta-t-elle en se dirigeant vers la porte.

- Je vous en prie, à bientôt Suzanne, répondit le notaire en ouvrant la porte à la mère de Raphaël. Je vous tiens au courant pour la réponse.

- Je vous remercie, au revoir.

Raphaël qui avait entendu la porte s’ouvrir, se leva précipitamment et rejoignit sa mère. Après avoir salué le notaire, tous deux prirent la direction de la sortie. Face à l’air grave qu’abordait à présent Suzanne, Raphaël ne préféra poser aucune question, le visage fermé de Suzanne parlait pour elle : son émancipation n’était pas encore accordée, et il doutait qu’après ses révélations, elle le soit un jour.

Il poussa un soupire qui cachait mal sa déception et son envie de pleurer. Se giflant mentalement, il refoula ses larmes et prit la main de Suzanne dans la sienne en signe de réconfort pour lui comme pour Suzanne qui semblait en avoir autant besoin que lui.

Comme convenu plus tôt, Suzanne emmena Raphaël faire les magasins pour trouver un cadeau pour Daevlyn et cela permis de leur changer les idées. Au bout de quelques minutes, ils ne pensaient déjà plus à leur précédent entretien qu’ils avaient eut avec le notaire.

Au bout du troisième magasin, Raphaël trouva le cadeau qu’il souhaitait offrir à son amant. Il lui prit une magnifique chemise en soie noire qui ferait gracieusement ressortir la couleur émeraude de ses prunelles. Fier de sa trouvaille et avec les compliments de sa mère, ils quittèrent la boutique et Suzanne les conduit dans un petit bar tranquille où ils burent un chocolat chaud et dégustèrent une crêpe au Nutella.

En fin d’après-midi, ils restèrent chez eux, et après avoir demandé à Suzanne où se trouvait le papier cadeau, Raphaël se précipita dans sa chambre et entreprit de faire le cadeau pour Daevlyn. Il y mit tout son cœur et s’appliqua à faire un joli paquet. Mais n’ayant jamais eut l’occasion d’en faire auparavant, il eut un peu de mal, et déçu, des larmes brillant au fond de ses yeux, il alla retrouver Suzanne qui lisait dans le salon.

- Je… je n’arrive pas à faire le paquet… est-ce que tu peux m’aider s’il te plait ?

Suzanne fut surprise par la requête de son fils, mais lorsqu’elle croisa son regard larmoyant, elle lui adressa un tendre sourire et posant son livre, elle l’invita à venir prendre place à côté d’elle, sur le sol. A son tour elle s’agenouilla sur le tapis, et patiemment, elle expliqua à Raphaël comment réaliser son paquet.

La soirée se déroula dans la tranquillité. Suzanne qui avait la flemme de préparer le repas du soir, commanda une pizza pour la plus grande joie de son fils qui, pendant ce temps, choisit le film qu’ils regarderaient en mangeant.

Vers onze heure, lorsque le film fut terminé, Raphaël souhaita une bonne nuit à sa mère et alla monta à l’étage. Il prit une douche rapide et pensant que son mal de ventre était du à la pizza qu’il n’arrivait pas à digérer, il avala deux cachets avant d’aller se coucher.

Cependant, le lendemain, il fut réveillé aux aurores par une violente douleur à l’abdomen. Pensant que cela allait passer et n’ayant pas envie de réveiller sa mère pour si peu, il se recoucha et tenta de se rendormir. Il y parvint bien des heures plus tard et lorsqu’il se réveilla de nouveau, le soleil était déjà haut dans le ciel. C’est dans un état comateux qu’il descendit dire bonjour à Suzanne avant de remonter se coucher l’estomac vide. Raphaël ne pouvait rien avaler. Rien que penser à la nourriture lui donnait des hauts le cœur. Tout ce qu’il voulait, c’était dormir.

Suzanne fut surprise de l’état de Raphaël, lui qui allait bien la veille. Elle monta le voir et frappa doucement trois petits coups à la porte avant de demander :

- Raphaël, je peux entrer ?

- Hn…

Suzanne entra dans la chambre de son fils et s’approcha de lui. Elle s’assit à son chevet et posa sa main sur son front, histoire de voir s’il avait de la température. L’adolescent avait le front un peu chaud, mais rien d’inquiétant.

- Cela fait longtemps que tu te sens mal ? Interrogea la jeune femme.

- Hn… Depuis hier soir, souffla l’adolescent.

- Bien, reposes toi, murmura Suzanne. J’appellerais le médecin si cela ne va pas mieux tout à l’heure.

Sur ces mots, elle quitta la pièce et sentant que le sommeil n’était pas loin, Raphaël laissa son esprit vagabonder. Il pensait à Daevlyn et au fait que dans moins de trois jours, il pourrait de nouveau être dans ses bras, caresser sa peau, se nourrir de ses baisers et respirer son odeur qui lui manquait tant. Oui, dans moins de soixante-douze heures, il serait dans les bras de son amant, et qui sait ce que celui-ci avait prévu pour son retour. A cette pensée les joues de Raphaël prirent une belle teinte colorée, puis il finit par s’endormir, terrassé par la fatigue et la douleur qui ne diminuait pas.

L’adolescent se réveilla plus de quatre heures plus tard et son mal de ventre semblait avoir disparut. Par contre, son estomac criait famine. Raphaël se leva et descendit à la cuisine, prendre quelque chose à manger. Il trouva Suzanne qui faisait la vaisselle. Elle se retourna quand elle entendit du bruit derrière elle, et voyant Raphaël sur pieds, elle demanda :

- Tu vas mieux ?

- Oui, c’est passé, répondit l’adolescent en ouvrant son yaourt.

Suzanne lui sourit tendrement, et tandis qu’elle finissait la vaisselle, Raphaël alla s’installer dans le canapé et alluma la télévision. Il tomba sur une série qui semblait pas trop mal et finalement, il ne décolla pas de la soirée, hormis pour aller chercher de quoi grignoter dans le placard.

Comme la veille, il alla se coucher à une heure raisonnable et cette fois-ci, il n’eut aucun problème à s’endormir.

Ce fut sur les coups des trois heures du matin que la douleur revient en force, arrachant même un gémissement de douleur à l’adolescent. Raphaël avait l’impression qu’on lui transperçait le ventre à coups de couteau et la douleur le fit se plier en deux. Les larmes qu’il avaient réussit à retenir jusqu’à maintenant s’échappèrent de ses yeux, inondant ses joues et son oreiller. Un nouveau gémissement, plus fort que le précédent s’échappa de ses lèvres entrouvertes, et quelques secondes plus tard, la lumière s’allumait dans le couloir, et la porte de sa chambre s’ouvrit sur Suzanne. La jeune femme s’approcha du lit et alluma la petite lampe de chevet et retient avec difficulté un cri d’horreur en apercevant Raphaël, plié en deux sous la douleur ressentit, les larmes coulant sur ses joues et ruisselant de transpiration.

- Raphaël, appela-t-elle paniquée, Raphaël réponds-moi, qu’est-ce que tu as ?

- Mal… ventre…articula difficilement l’adolescent.

- Je vais prendre ta température, déclara-t-elle avant de courir vers la salle de bain.

Elle en revint quelques secondes plus tard et posa la bande thermique sur le front de l’adolescent. Un instant plus tard, celui-ci affichait quarante et un degrés.

- Je t’emmène à l’hôpital, tu ne peux pas rester avec cette température, s’exclama Suzanne, tentant de se calmer.

- Nan… pas… pas l’hôpital, supplia l’adolescent en un nouveau gémissement.

- Il n’y à pas de “non” qui tienne Raphaël. Je ne te laisse pas ici dans cet état, sévit Suzanne pour la première fois.

Jamais encore elle n’avait haussé le ton sur Raphaël et elle s’en voulu aussitôt, cependant, la vie de son fils était peu être en danger et elle se refusait à le laisser la sur un simple caprice. Elle couru dans sa chambre où elle s’habilla en quatrième vitesse avant d’aller ouvrir la porte et faire chauffer la voiture. Elle revient ensuite chercher Raphaël et bien que l’adolescent ne pesait pas bien lourd, elle n’avait pas la force de le porter. Elle passa son bras derrière son dos et l’aida à marcher du mieux qu’elle pu puis l’installa dans la voiture. Elle revient en vitesse fermer la porte et remonta précipitamment en voiture.

Ils arrivèrent une dizaine de minutes plus tard à l’hôpital, et aussitôt, Suzanne entraîna l’adolescent aux urgences. L’infirmier voulu d’abord les faire patienter, mais lorsqu’un cri de douleur à l’état pure s’échappa les lèvres de l’adolescent et qu’il faillit tomber au sol après un nouvel excès de douleur, l’infirmier l’emmena et lui fit passer une radiographie d’urgence.

Un quart d’heure plus tard, Raphaël était allongé sur la table d’opération et Suzanne faisait les cent pas dans le couloir. Une infirmière vient la voir et lui proposa de se reposer un peu, lui assurant que son fils était entre de bonnes mains et tout à fait hors de danger, mais l’inquiétude et la peur qu’elle avait ressentit et ressentait toujours l’empêchait de dormir.

Près d’une heure plus tard, le chirurgien quitta la salle d’opération et vient trouver Suzanne qui, lorsqu’elle l’aperçut la jeune femme bondit sur ses pieds et se précipita à la rencontre du médecin.

- Comment va-t-il ?

- Le pire a été évité de justesse. Il était à deux doigts de faire une péritonite, nous l’avons opéré juste à temps. S’est-il plein de douleur au ventre cette semaine ?

- Non, cela a commencé hier. Je pensais qu’il s’agissait juste d’une gastro-entérite mais cette nuit je l’ai entendu gémir de douleur. J’ai prit sa température, il avait quarante et un de fièvre, je l’ai aussitôt amené à l’hôpital.

- Vous avez bien fait.

- Puis-je aller le voir ?

- Pas pour le moment, il est en salle de réveil. Il va se réveiller d’ici une petite demi-heure, répondit le chirurgien. En attendant, ajouta-t-il, j’aimerai vous parler en privé, allons dans mon bureau.

- Il y a quelque chose qui ne va pas ? S’inquiéta Suzanne.

- Venez, répéta le médecin en prenant la jeune femme par le bras et en l’entraînant à sa suite.

Une fois dans le bureau du docteur, Celui-ci la fit s’asseoir avant de prendre place en face d’elle derrière son bureau.

- Voilà, je ne vais pas y aller par quatre chemins, déclara le médecin. Votre fils, articula-t-il avec difficultés, nous avons trouvé de lourdes séquelles et des cicatrices zébraient la quasi-totalité de son corps…

A ces mots, Suzanne ouvrit la bouche en un cri d’horreur muet tandis que le chirurgien poursuivait :

- Nous avons aussi remarqué des traces d’automutilation sur ses poignets et ses avants bras… mais ce n’est pas tout… face à un tel carnage, j’ai préféré faire des tests supplémentaires, et… il semblerait que votre fils ait été violé…

A cette révélation, aucun son ne sortit des lèvres entrouvertes de la jeune femme. Seules des larmes s’échappaient de ses yeux grands ouverts, seuls signes révélateurs de la nature des précédents aveux.

- Savez-vous qui est susceptible de lui avoir fait subir cela ?

- Je… C’est une histoire compliquée vous savez mais je viens de retrouver mon fils après plusieurs années de séparation… il vivait avec son père… cela ne peut être que lui…

- Où est-il à présent ?

- Il est décédé… il y a près de trois mois…

- Vous en êtes certaines ?

- Oui… pourquoi ? Que se passe-t-il ? s’exclama Suzanne qui commençait à paniquer.

- Son dernier rapport sexuel remonte à seulement quelques jours…

Suzanne resta bouche bée face à un tel aveu… Qui pouvait avoir touché à son fils hormis son père ? Soudain, elle tilta : Daevlyn… Cela ne pouvait être que Daevlyn… Raphaël avait couché avec son moniteur… A présent, restait à savoir si celui-ci l’avait contraint ou non… Puis elle sembla se souvenir… Les regards que les deux amants s’échangeaient, l’attitude de Daevlyn envers Raphaël et celle de son fils envers son moniteur… non, c’était tout à fait impensable que Daevlyn ait violé Raphaël… Si le médecin disait vrai, Raphaël avait couché avec Daevlyn peu de temps avant qu’elle ne vienne le chercher…

Suzanne avait l’impression d’être en plein cauchemar. Alors comme ça Raphaël, son petit bébé été devenu un homme… Quand elle avait apprit que Raphaël sortait avec Daevlyn, jamais elle n’aurait imaginé qu’ils aient déjà fait l’amour… Comment cela était-ce possible ? Raphaël avait tout juste seize ans, il sortait à peine de l’enfance et déjà il avait l’expérience d’un adulte.

Et si seulement cela s’arrêtait là, mais non, le pire était à venir… Raphaël avait été violé… Il avait été battu et abusé par son propre père… Comment en était-il arrivé à subir tout cela ? Pourquoi avait-il subit ces sévices ? Et surtout, quel âge avait-il lorsque son père l’a touché pour la première fois ? Suzanne préféra ne pas penser à cette question. Elle était déjà suffisamment sous le choc avec les révélations qu’elle venait d’entendre et elle ne souhaitait pas en savoir d’avantage. Tout ce qu’elle souhaitait en cet instant, c’était oublié tout ce qu’elle venait d’apprendre, oublié que son bébé n’était plus celui qu’il semblait être… A présent, elle devait le considérer comme l’homme qu’il était devenu. Mais comment ne pas voir encore comme son petit bébé, cet adolescent fragile et craintif ?

A présent, Suzanne avait les réponses à ses questions. Si elle s’était doutée que Raphaël avait été battu, jamais elle n’aurait soupçonné que celui-ci ait également été violé… non, cela ne pouvait pas être vrai… c’était un cauchemar… elle allait ouvrir les yeux et tout rentrerait dans l’ordre. Elle se réveillerait dans son lit, Raphaël paisiblement endormis dans le sien dans la chambre d’à côté et tout ceci ne serait plus qu’un horrible souvenir.

Raphaël fut réveillé par un « bip » régulier qui résonnait à ses oreilles. Dans un état comateux, il ouvrit lentement les yeux. Lorsqu’il regarda autour de lui, il ne reconnu pas l’environnement familier de sa chambre. C’est alors que les derniers évènements lui revinrent en mémoire. Il était à l’hôpital, mais le plus horrible de tout cela, c’est que son secret avait été découvert… Suzanne savait maintenant ce qu’il s’était efforcé de cacher…

Des larmes silencieuses se mirent à couler sur ses joues pâles. Le monde autour de lui semblait s’être écroulé.

Raphaël fut tiré de ses pensées par la voix douce de Suzanne qui murmurait son prénom. Perdu dans ses réflexions, il ne l’avait pas entendu frapper et ne sursauta même pas lorsqu’elle l’appela une nouvelle fois. L’adolescent semblait complètement déconnecté de la réalité.

Cependant, lorsque Suzanne l’appela de nouveau en lui demandant de la regarder, il retira sa main de la sienne et tourna la tête vers la fenêtre, fixant le paysage sans même le voir, les larmes de tristesse, de honte et de dégoût de lui-même lui brouillaient la vue.

- Raphaël, appela Suzanne, regarde moi… dit quelque chose…

Mais l’adolescent gardait obstinément la tête tournée du côté opposé. Il ne voulait voir personne, pas même sa mère. Tout ce qu’il souhaitait à cet instant, c’était qu’on le laisse seul dans son monde de ténèbres et de cauchemars, avec pour seules compagnies, sa honte et son dégoût.

Il avait l’impression de vivre un cauchemar éveillé, qu’il allait se réveiller et que tout ceci ne serait plus qu’un horrible souvenir. Il tentait désespérément de faire surface, mais rien, il restait inexorablement prisonnier de cette réalité, enfermé dans ce monde de déshonneur. La voix douce mais tremblante de la jeune femme retentit une nouvelle fois à ses oreilles en une supplication à peine murmurée :

- Regarde-moi Raphaël… Dit moi que c’est faut…

- Je ne peux pas, gémit l’adolescent en une plainte d’animal blessé, je ne peux pas… parce que c’est vrai… Tout est vrai…

- Pourquoi ? Sanglota Suzanne. Pourquoi toi ? Pourquoi ça ?

Cette fois-ci, Raphaël ne répondit rien, et un silence pesant empli de nouveau la pièce. Face au mutisme délibéré de son fils, Suzanne ajouta quelques secondes plus tard :

- Et Daevlyn ?

A ces mots, Raphaël tressailli violemment sans pour autant regarder sa mère, trop honteux du dégoût qu’il pourrait lire dans ses yeux. Après de longues minutes de silence, il murmura d’une voix brisée :

- J’aime Daevlyn… Et lui aussi m’aime… Jamais il n’aurait tenté quoi que ce soit contre mon accord…

- Tu as… couché avec Daevlyn ? demanda la jeune femme d’une voix tremblotante et mal assurée.

Raphaël décida de jouer franc jeu, de toute façon, il n’avait plus rien à cacher. Le peut qui lui restait de dignité avait été balayée lorsque Suzanne avait apprit ce qu’il lui était arrivé par le passé. Elle savait à présent tout de lui, elle connaissait ses hontes et ses secrets. Alors que pouvait bien lui apporter le fait de savoir si, oui ou non, il avait couché avec Daevlyn. Il n’était plus à une révélation près et puis, tôt ou tard, elle aurait fini par l’apprendre…

- Ou… Oui, souffla l’adolescent après quelques secondes d’hésitation. Je te dégoûte ?

Dès qu’elle entendit le premier mot de l’adolescent, le cœur de Suzanne fit un bon dans sa poitrine et c’est à peine si elle entendit la question que lui posait son fils. Raphaël avait bel et bien couché avec Daevlyn… son fils, son petit garçon qu’elle revoyait encore tout bébé n’était plus aussi innocent qu’il semblait l’être. Suzanne avait beaucoup de mal à avaler la pilule, elle n’arrivait pas et ne voulait pas imaginer son fils entre les bras de Daevlyn. Elle ne pouvait pas, c’était encore trop tôt. Elle avait reçu son quota d’aveux et de révélations pour les prochains jours à venir. Reprenant alors ses esprits, elle se souvient de la question de son fils, et ne souhaitant pas accentuer son sentiment de stress et d’angoisse, elle s’empressa de répondre, toutefois un peu distraitement :

- Non, non, tu ne me dégoûtes pas… laisse-moi juste le temps…

Sur ses mots, elle se leva, et comme par automatisme, guidée par une force surnaturelle, elle quitta la chambre de son fils. Raphaël de son côté, avait tourné la tête pour voir sa mère quitter la pièce, les joues inondées de larmes qui coulaient librement sur ses joues, l’adolescent ne faisant pas le moindre effort pour les retenir.

Il resta longtemps ainsi, pleurant toutes les larmes de son corps, libérant cette souffrance intérieure qui lui nouait l’estomac et lui serrait douloureusement le cœur. Il n’eut même aucune réaction lorsque l’infirmière vint le voir, et lui apporta son petit déjeuner. Il restait là, immobile, les yeux rivés sur le plafond qu’il ne voyait même pas, perdu dans un monde loin d’ici.

Qu’allait-il devenir s’il perdait même sa mère quelques jours seulement après l’avoir retrouvée ? Il avait à peine eut le temps de se faire à l’idée qu’il n’était pas aussi seul et abandonné qu’il le croyait depuis sa plus tendre enfance, que déjà il se voyait arraché de nouveau à cette femme qu’il aimait tant.

Pourquoi la vie était-elle aussi cruelle ? Pourquoi, par un coup du sort, il devait perdre de nouveau ce que la vie avait remit en travers de son chemin ? Pourquoi la vie nous donnait-elle des choses si c’est pour les reprendre ? Tant que de questions qui tournaient dans la tête de l’adolescent, que celle-ci semblait sur le point d’exploser. Après un effort surhumain pour tenter de se changer les idées, il se mit à penser à Daevlyn, au fait que plus que tout en ce moment, il souhaitait être dans ses bras et se réveiller de cet affreux cauchemar.

Il voulait sentir la chaleur de l’adulte, entendre les mots d’amour qu’il lui susurrait à l’oreille. Il voulait tout simplement se sentir aimé. Aimé comme jamais auparavant il ne l’avait été et comme jamais il n’avait aimé. Seul Daevlyn avait le pouvoir de calmer ses angoisses et de chasser ses mauvais rêves. Il était le gardien de ses jours et de ses nuits, l’ange que le ciel lui avait envoyé pour veiller sur lui. Sans qu’il ne s’en rende compte, les larmes qui s’étaient taries un peu plus tôt, recommencèrent à couler maculant ses joues, d’une pâleur extrême, d’une multitude de perles salées.

Finalement, il finit par s’endormir, après bien des sanglots étouffés, terrassé par la fatigue, le remord et l’angoisse permanente qu’il ressentait depuis quelques heures.

Ce qu’il ne savait pas, c’était que depuis un moment, Suzanne l’observait par la petite vitre de la porte de sa chambre. Elle avait été témoin des torrents de larmes qui s’étaient échappés des améthystes de son fils sans pour autant entrer. Pourtant, ce n’était pas l’envie qui lui manquait, le voir ainsi la faisait souffrir. Elle était consciente du mal qu’elle faisait à son fils et en souffrait que d’avantage, mais elle ne pouvait se résoudre à accepter la nature des révélations de cette nuit. Elle n’avait pas le courage nécessaire pour affronter son fils et la lueur de tristesse et de déception qui ternissait son regard.

Lorsqu’elle fut sûre que l’adolescent était profondément endormi, elle ouvrit la porte de la chambre avant de la refermer tout aussi délicatement et alla prendre place sur la chaise au chevet de Raphaël. Elle ne sut combien de temps elle resta là, à observer son visage serein paisiblement endormis. Cependant, elle savait que tout ceci n’était qu’une façade, que derrière ses paupières closes se cachaient des yeux rougis par les larmes et que son visage calme n’était que le masque d’une profonde souffrance intérieure.

Suzanne se doutait parfaitement du trouble qu’elle avait du semer en son fils. Elle qui avait si bien accepté sa liaison avec Daevlyn, la voilà qui revenait sur ses paroles et agissait comme la pire des mères pourrait le faire avec son enfant. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, elle avait trahit la confiance qu’il avait fait l’effort de placer en elle. Certes elle aimait toujours Raphaël et le considérait encore comme son fils, ce n’est pas le fait qu’il aime un homme qui la rebutait, mais elle n’arrivait pas à s’ôter de la tête qu’il avait déjà franchit le cap avec lui tout en se faisant violence pour oublier le fait qu’elle savait qu’il avait été violé par le passé. Elle aimait Raphaël, là n’était pas la question, elle l’aimerait toujours quoi qu’il arrive, elle avait seulement besoin de temps pour réfléchir à tout ça, au passé, au futur, à tout ce que cela impliquait.

Raphaël dormit toute l’après-midi et ne se réveilla qu’en début de soirée. Lorsqu’il ouvrit les yeux, une infirmière prenait sa tension. Elle lui sourit aimablement et lui demanda doucement :

- Ca va mon garçon ?

L’adolescent ne répondit rien, se contentant d’hocher positivement la tête, sans quitter la femme des yeux. Cette dernière était une femme d’un certain âge, les cheveux grisonnant, elle abordait un sourire jovial et une lueur de malice pétillait au fond de ses yeux. Son sourire sembla contaminé Raphaël, car il finit par lui rendre son sourire, certes moins prononcé, mais un petit sourire tout de même.

- Où… où est… demanda difficilement l’adolescent.

- Chuut, l’interrompit l’infirmière, reposes-toi… C’est moi qui ait ordonné à ta mère de rentrer chez elle pour se reposer. Elle t’a veillé toute l’après-midi et elle repassera demain.

- Merci, souffla l’adolescent avant de fermer de nouveau ses yeux rougis par les larmes et la fatigue.

L’infirmière sortie un moment plus tard, après avoir déposé auprès de l’adolescent, le plateau qui contenait son repas.

Comme promis, Suzanne revient voir son fils en fin de matinée et lui assura qu’il pourrait sortir le lendemain matin de l’hôpital. Le jeune garçon émit un soupire de soulagement et après un petit « merci » timide à Suzanne, il garda le silence.

Lorsqu’elle rentra chez elle ce soir là, Suzanne se fit violence pour décrocher le téléphone. Raphaël devait repartir demain pour le centre, mais dans son état, c’était encore trop tôt. Elle était donc dans l’obligation d’appeler Daevlyn pour le mettre au courant de la situation.

Rassemblant son courage, elle saisit le téléphone et composa le numéro du centre. Elle se trouva débile d’angoisser ainsi, et après une profonde inspiration, elle décrocha. De l’autre côté, une personne décrocha au bout de quelques sonneries :

- Oui allô ?

- Bonjour, c’est la tante du jeune Raphaël, pourrais-je parler à Daevlyn s’il vous plait ?

- C’est moi-même. Il est arrivé quelque chose à Raphaël ? demanda Daevlyn subitement inquiet.

- Rien de grave, rassurez-vous, il a fait une crise d’appendicite avant-hier et a été opéré. C’était juste pour vous prévenir que je suis dans l’obligation de retarder son retard de quelques jours.

Un silence suivit cette déclaration et Suzanne demanda :

- Est-ce que ça va ?

- Hn… oui pardon, excusez-moi. Co… comment va-t-il ?

- Il se remet lentement, répondit prudemment la jeune femme, omettant volontairement de parler de sa sinistre découverte.

Suzanne avait parfaitement ressentit le trouble et l’inquiétude que reflétait la voix du jeune moniteur de son fils, mais ne fit aucun commentaire. Comment avait-elle pu douter de lui ? Lui, que sa voix qui se voulait assurer trahissait tout de même une violente détresse.

- Je… puis-je lui parler ? demanda timidement Daevlyn.

- Il est encore à l’hôpital, il rentre demain matin. Rappelez en début d’après-midi, cela lui permettra de se reposer un peu après son retour.

- Très bien, je vous remercie Madame.

- Je vous en prie. Je vous tiens au courant du jour de notre retour.

- Oui, merci. Au revoir, répondit Daevlyn.

- Au revoir, répondit à son tour Suzanne avant de raccrocher.

Raphaël quitta l’hôpital en milieu de matinée, après que Suzanne ait rempli les formalités de sortie. Le trajet se déroula dans le silence le plus total et lorsqu’ils arrivèrent, Raphaël monta immédiatement dans sa chambre. Suzanne vint le rejoindre quelques minutes plus tard et frappa doucement à la porte :

- Je peux entrer ?

- Oui, répondit l’adolescent d’une voix neutre.

- Merci, répondit Suzanne avant de prendre place sur le rebord du lit. J’ai appelé Daevlyn hier, je lui ais dit que tu allais rester encore quelques jours ici, le temps de retrouver tes forces. Il t’appellera en début d’après-midi Tu peux dormir, je viendrais te réveiller, déclara Suzanne en se levant et en se dirigeant vers la porte.

- Merci, répondit l’adolescent, touché par le geste de sa mère.

Suzanne lui adressa un faible sourire et referma la porte sur elle, plongeant la pièce dans la pénombre. Malgré sa fatigue, Raphaël ne parvient pas à trouver le sommeil. Les minutes et les heures défilaient à une allure incroyablement lente. Raphaël sursautait à chaque fois que le téléphone sonnait et son cœur s’emballait. Mais à chaque fois, sa déception était plus grande lorsqu’il se rendait compte que ce n’était pas Daevlyn.

Finalement vers quatorze heures trente, le téléphone sonna de nouveau, et lorsque Raphaël entendit Suzanne monter dans les escaliers, son cœur se mit à battre la chamade. Celui-ci s’arrêta momentanément quand Suzanne ouvrit la porte en déclarant :

- Je vous le passe…

A ces mots, elle tendit le combiné à l’adolescent et quitta la pièce avant de refermer la porte derrière elle. Raphaël s’empara du téléphone et d’une voix tremblante il demanda :

- Dae… Daevlyn ?

- C’est moi. Tu vas bien mon ange ? J’ai eu tellement peur lorsque j’ai reçu l’appel de ta mère hier…

- Je… je veux te voir Daevlyn, s’exclama l’adolescent qui ne réussit pas à contenir ses sanglots plus longtemps. Tu me manques trop Daevlyn, je… je n’en peux plus…

Daevlyn se rendit immédiatement compte que l’adolescent n’était pas dans son état normal. Sa voix tremblante et ses sanglots lui déchiraient le cœur. Il se doutait que l’adolescent voulait rentrer, mais de là à se trouver dans un tel état d’anxiété et de détresse ne le rassurait guère. Il s’était sûrement passé quelque chose… Tout en tentant de calmer les sanglots déchirants de son amant, Daevlyn demanda :

- Que se passe-t-il Raphaël ? Je t’en prie, calmes toi et expliques moi… Cesse de pleurer mon ange, je n’aime pas te savoir dans cet état…

- Je… veux te voir, répéta l’adolescent.

- Je sais mon ange, moi aussi je veux te voir, je veux te prendre dans mes bras moi aussi… sois patient… allez, calme toi et explique moi calmement, d’accord ?

- Ou… oui, répondit l’adolescent en reniflant, refoulant ses sanglots. Je… elle sait… elle sait tout… je… je sais plus quoi faire Daevlyn… je… j’ai l’impression qu’elle ne m’aime plus… elle… elle ne me parle plus… je… elle sait pour nous aussi… je te promet… je te promet que j’ai rien dit… c’est à… à l’hôpital… ils lui ont dit… je voulais pas y aller Daevlyn…

- Chuuut, calme-toi mon ange, je suis sûr qu’elle t’aime encore… tu lui as parlé ?

- Non…

- Et bien fait le, vas la voir et tu lui fait part de ce que tu ressens, ne reste pas avec ce poids sur le cœur Raphaël, répondit Daevlyn avec tout le sérieux dont il était capable.

Ils restèrent un long moment au téléphone. Daevlyn tentait désespérément de remonter le moral à son jeune amant, essayant de le rassurer, lui assurant qu’ils seraient bientôt de nouveau ensemble.

Au bout de plusieurs heures, à contrecœur, Daevlyn mit fin à la conversation, ayant encore des choses à faire. Après un dernier « je t’aime » murmuré, ils raccrochèrent de concert. Ces trois mots de son moniteur avait suffit à lui remonter le moral et lui redonner courage et patience pour attendre ce jour proche où ils seraient réunis.

Raphaël garda longtemps le téléphone posé sur son cœur, comme si cela pouvait le rapprocher de Daevlyn. Puis, à force de larmes, il finit par s’endormir.

Le jour qui suivit fut l’un des pires pour Raphaël. Depuis son retour de l’hôpital, il n’avait quasiment pas vu sa mère, excepté lorsqu’elle lui apportait ses repas. Cependant, aucune parole n’avait été échangée depuis plus de deux jours, et Raphaël ne supportait plus ce silence.

Abolissant les interdictions de Suzanne, il repoussa les couvertures et avec beaucoup de difficultés, il parvient à se lever. Lentement, il quitta sa chambre et descendit au ré de chaussez, où il espérait trouver sa mère. Il la trouva assise dans le canapé, en train de lire un livre. Lorsqu’elle l’aperçut, elle ferma son livre et demanda :

- Raphaël ? Ne devrais-tu pas être couché ?

Mais Raphaël ne répondit rien, et subitement, toute la tristesse, la colère et la rancune contenue depuis trois jours explosèrent :

- Tu disais que je ne te dégoûtais pas, mais tu m’as mentit, hurla l’adolescent Je te fait honte, je le voix bien… Tu ne me parles plus, tu ne me prends même plus dans tes bras… Tu m’ignores comme si je n’existais pas !! Je veux rentrer, je veux voir Daevlyn, sanglota l’adolescent.

Jamais Suzanne n’avait vu son fils dans cet état, si bien qu’elle resta un moment silencieuse après que l’adolescent se soit tu. Puis, réagissant au quart de tour, elle s’exclama :

- Tu es mon fils Raphaël, et je t’aime en tant que tel. Je t’ai fais souffrir, j’en ai conscience et je m’en excuses sincèrement. Tu ne me dégoûtes pas, loin de là, pardonnes moi de t’avoir laisser penser le contraire, j’avais… j’avais besoin de temps pour accepter tout ça, pour accepter le fait que malgré que l’on se soit retrouvé, je ne te connais pas. J’aimerais tellement effacer le passer et rattraper le temps perdu… Soit certain que je t’aime Raphaël, c’est indéniable… Ne l’oublie jamais, ajouta-t-elle en s’avançant vers lui les bras tendus dans sa direction.

Les sanglots de l’adolescent redoublèrent d’intensité, et le cœur libéré d’un poids considérable, il se précipita vers sa mère et se jeta dans ses bras, pleurant toutes les larmes que son corps pouvait encore contenir. Suzanne l’entraîna dans le salon et le fit s’asseoir sur le canapé et prit place à ses côtés. Immédiatement, l’adolescent vient se coller contre elle, réclamant sa chaleur, sa présence et son amour qui lui avaient tant fait défaut ces derniers jours.

Durant un long moment, Raphaël laissa libre court à ce flot d’émotions contenues depuis trop longtemps, puis lorsqu’il fut à peu près calmé, Raphaël déclara une voix entrecoupée de sanglots :

- Je… je veux voir Daevlyn Maman… j’en peux… j’en peux plus d’être loin de lui…

Suzanne caressait tendrement les cheveux de son fils, l’embrassant de temps en temps sur les cheveux, le front ou les tempes. Elle tenait à rattraper le temps perdu et prouver à son fils qu’elle l’aimait, s’excusant ainsi de lui avoir laissé supposer le contraire sans même s’en rendre compte.

- Je sais mon chéri, je sais, murmura la jeune femme. Patiente encore demain, je vais voir ce que je peux faire. Mais d’ici là, je veux que tu manges un peu et que tu te reposes, d’accord ?

- Oui, répondit l’adolescent, d’accord… je… je peux rester là ? J’en ai assez d’être allongé…

- D’accord, mais tu ne bouges pas d’ici. Tu peux allumer la télévision si tu veux, je vais te préparer à manger. Tu veux quoi ?

- Je peux avoir un chocolat chaud ?

- Je te l’apporte, déclara Suzanne en lui souriant tendrement.

- Je t’aime Maman, souffla l’adolescent.

- Moi aussi mon fils, répondit la jeune femme sur le même ton.

Le reste de la journée et le lendemain passèrent tout aussi lentement aux yeux de Raphaël qui passait la plupart de son temps à dormir. Le lundi matin, alors que Raphaël dormait toujours, Suzanne reçut un appel du notaire qui lui donnait son accord pour l’émancipation de Raphaël. Avec tous les évènements survenus depuis, Suzanne avait complètement oublié leur rendez-vous chez le notaire. Lorsqu’elle apprit la nouvelle, elle dû user de tout son self-control pour ne pas laisser libre court à sa joie. Elle écrivit rapidement un mot à l’intention de Raphaël et le posa sur la table de la cuisine, avant d’attraper ses clefs de voiture et de partir en centre ville.

Lorsqu’elle arriva au bureau du notaire, celui-ci l’attendait sur le pas de la porte de son bureau. Suzanne saisit la main qu’il lui tendait et entra à sa suite dans son bureau.

- Vous avez l’air bien fatiguée, remarqua alors Pierre en s’asseyant en face d’elle.

- Oui, Raphaël a du être hospitalisé.

- Rien de grave j’espère ! s’exclama le quadragénaire.

- Une violente crise d’appendicite. Il se remet doucement.

- C’est rassurant. Bien, comme je vous l’ai dit au téléphone, votre demande est acceptée. Il ne vous reste plus qu’à signer quelques documents.

- Je vous remercie du fond du coeur Monsieur Duval, déclara Suzanne, l’air soulagée et un sourire radieux étirant ses lèvres fines.

- Je n’ai fait que mon travail, répondit le notaire. Et appelez-moi Pierre.

Suzanne lui adressa un sourire radieux et s’empara des documents qu’il lui tendait.

Quelques minutes plus tard, tout était dans l’ordre et Suzanne se leva pour prendre congé. Elle rangea ses papiers dans son sac et Pierre la reconduisit jusqu’à la porte d’entrée où, avant qu’elle ne sorte, il demanda :

- Puis-je vous inviter à dîner demain soir ?

Suzanne lui adressa un petit sourire contrit et déclara d’une voix désolée :

- Je ne peux pas demain soir, je ramène mon fils en France. Mais à mon retour pourquoi pas, ajouta-t-elle.

- Très bien alors à bientôt Suzanne, répondit-il tout sourire.

- Bientôt, répondit la jeune femme avant de s’éclipser.

Quand elle entra dans la maison, Raphaël dormait toujours. Elle se rendit à la cuisine et jeta le petit mot qu’elle avait écrit, avant de prendre le téléphone. Elle appela la compagnie aérienne et réserva un vol pour le lendemain matin dès la première heure. Raphaël devrait se lever tôt, mais il pourrait finir de dormir dans l’avion qui le ramènerait auprès de son cher et tendre.

L’adolescent se réveilla à peine quelques minutes plus tard, et après une douche rapide, il rejoignit sa mère qu’il trouva à la cuisine. Celle-ci lui adressa un sourire radieux comme il n’en avait encore jamais vu et intrigué il demanda :

- Que se passe-t-il ?

- Pardon ? demanda Suzanne qui semblait être ailleurs.

- Qu’est ce qui t’arrives ? On dirait que tu… rayonnes ! fit remarquer l’adolescent.

- Peux être est-ce le cas, souffla Suzanne.

- T’es amoureuse ? demanda l’adolescent de plus en plus intrigué par le comportement de sa mère.

Contre toute attente, Suzanne éclata de rire, et se demandant ce qu’il avait bien pu dire de si drôle, Raphaël demanda :

- Ben quoi ?

- Non je ne suis pas amoureuse, répondit Suzanne. Je suis heureuse. J’ai reçu un appel du notaire, je reviens de son cabinet…

- Et ? demanda Raphaël soudain anxieux.

- Et tiens, fit Suzanne en tendant une feuille de papier à son fils.

Raphaël s’en empara, les mains tremblantes et le coeur battant la chamade, et avec appréhension, ses yeux se posèrent sur le bout de papier. Au fur et à mesure que ses yeux parcouraient la feuille, le coeur de l’adolescent gagnait en rapidité pour finalement exploser de joie.

Il se jeta dans les bras de sa mère en criant sa joie et laissa libre court à des larmes de satisfaction et de bonheur intense. Ils restèrent ainsi quelques minutes, puis Suzanne ajouta :

- Tes valises sont prêtes ? Nous prenons l’avion demain matin…

Un nouveau cri de joie résonna dans la pièce et Raphaël se précipita de nouveau dans les bras de sa mère. Demain… Demain il serait de nouveau aux côtés de Daevlyn.

Après cette nouvelle étreinte, Raphaël se précipita dans sa chambre aussi vite que le lui permettait son ventre douloureux et entreprit de faire ses valises, laissant sortit uniquement les affaires dont il aurait besoin jusqu’au lendemain.

Depuis la révélation de Suzanne, le temps qui paraissait déjà long à l’adolescent lui parut interminable. Chaque minute qui passait lui donnait l’impression d’être des heures. Son regard améthyste se posait inlassablement sur la pendule accrochée au mur du salon, si bien que Suzanne en vint à se demander si elle n’avait pas fait une erreur de lui annoncer la bonne nouvelle aussi tôt. Peut être aurait-elle dû attendre.

Après un énième soupire de lassitude, Raphaël alluma la télévision devant laquelle il finit par s’endormir au bout d’un petit moment. Soulagée de le voir enfin paisible, Suzanne se posa à ses côtés et reprit le livre qu’elle avait abandonné un peu plus tôt.

Du coup, Raphaël ne se réveilla que tard dans la soirée, Suzanne ayant jugé préférable de le laisser dormir, Raphaël se réveilla aux aurores ce matin-là. Dans sa poitrine, son coeur battait à tout rompre, et il bouillait d’une excitation mal contenue. A la hâte, il sauta de son lit et changea les draps avant de filer sous la douche, si bien qu’à cinq heures trente, il était prêt. Réveillée par les pas de l’adolescent dans le couloir, Suzanne se leva à son tour pour trouver le jeune garçon laver, habillé, coiffé, ses valises à chaque et prêt à partir debout en haut des escaliers. Celui-ci semblait avoir un problème pour descendre ses valises. A la vue de Raphaël, Suzanne ne put retenir un éclat de rire qui surprit l’adolescent. Il se retourna et observa attentivement la jeune femme, la fixant d’un regard qui semblait signifier “ben t’es pas encore prête ?”.

Comprenant l’impatience de l’adolescent, Suzanne fila à son tour sous la douche et un quart d’heure plus tard, ils étaient tous deux réunit à table devant leur petit déjeuné. A sept heures moins quart, Raphaël sautait dans la voiture, et moins d’une minute après, ils partaient en direction de l’aéroport. Les yeux rivés sur la vitre, Raphaël regardait sans le voir, le paysage défiler devant lui.

A sept heures trente, leur avion décollait comme prévus, en direction de la France. Comme lors de l’allé, l’adolescent regarda distraitement le paysage, pensant plutôt à ses retrouvailles avec son amant. Tout ce qu’il espérait, c’était que la directrice ne serait pas là pour gâcher leur joie de se retrouver après une semaine et demi de séparation. Après tout ce temps, il comptait bien faire savoir à Daevlyn qu’ il lui avait atrocement manqué. Se rendant compte des sous-entendus que pouvait provoquer cette insinuation, Raphaël s’empourpra légèrement, puis encore fragile de sa précédente opération, il finit par s’endormir, avec devant les yeux, une image de Daevlyn.

Bien des heures plus tard, il se réveilla en sursaut lorsqu’il entendit la voix du pilote retentir dans les haut-parleurs, donnant l’ordre aux passagers d’attacher leur ceinture pour l’atterrissage.

- Tu veux manger quelque chose ? demanda Suzanne alors qu’ils sortaient de l’avion.

- Non, je n’ai pas faim… répondit distraitement l’adolescent.

- Tu n’as pas faim ou tu es pressé de partir ? fit justement remarquer la jeune femme. Il est encore très tôt Raphaël, avec le décalage horaire. Bien que nous ayons encore plusieurs heures de route, si nous partons maintenant, nous arriverons là bas bien trop tôt. Et puis, je ne suis pas certaine de réussir à conduire aussi longtemps après un vol aussi long. Allons prendre une chambre d’hôtel.

- Oui… je n’avais pas pensé à cela, répondit l’adolescent d’une petite voix désolée.

- C’est ce que j’ai remarqué ! Allez viens, déclara Suzanne en prenant la main de son fils.

Après quelques heures de repos qui, tout compte fait, ne firent pas de mal à Raphaël, ils louèrent une voiture et reprirent la route. Après trois heures de route interminables, un détail attira l’attention de Raphaël, et aussitôt, il se redressa dans son siège tandis que son coeur s’emballait. Ils arrivaient à l’endroit où il avait vu Daevlyn disparaître au loin à la lisière de la forêt. Ils étaient tout proche du centre… Un sourire immense étira ses lèvres, et il se tourna vers Suzanne qui lui rendit son sourire. Quelques minutes plus tard, la jeune femme garait la voiture dans la cours principale de l’établissement.  D’abord attristé de ne voir personne dehors, Raphaël s’apprêtait à ouvrir la porte de la voiture lorsqu’un mouvement à l’extérieur attira son attention. Aussitôt, il releva la tête et son regard se posa sur Daevlyn. Une larme puis deux s’échappèrent des yeux de l’adolescent qui, sans attendre, bondit hors de la voiture et se précipita dans les bras de Daevlyn en criant son prénom. Pour son plus grand bonheur, l’adulte ouvrit les bras et le réceptionna avant de le faire tournoyer dans les airs à la façons des amoureux au cinéma. Des larmes inondaient son visage et mettant bas à la dernière distance qui séparait leur deux corps, Raphaël entoura de ses bras la nuque de son amant en enfouissant son visage dans son cou, respirant son odeur à plein nez.

- Daevlyn… tu m’as tellement manqué, sanglota l’adolescent. Je t’aime tellement… plus jamais je ne veux être séparé de toi…

- A moi aussi tu m’as manqué Raphaël… je t’aime tellement… j’ai tellement rêvé de ce moment ou je pourrais de nouveau de serrer dans mes bras…

A cet instant, plus rien n’existait autour des deux hommes, le temps semblait s’être comme arrêté. Daevlyn reposa l’adolescent au sol, et alors qu’il s’apprêtait à l’embrasser, il aperçut Suzanne qui observait la scène à quelques pas de là, tout de même intimidée et gênée.

Par respect pour elle, Daevlyn s’éloigna doucement et à contrecœur de son jeune amant qui l’observa sans comprendre. Daevlyn releva la tête et Raphaël suivit son regard. Lorsque celui-ci se posa sur Suzanne, il en rougit de honte. Il l’avait complètement oubliée dès qu’il avait aperçut Daevlyn. D’un petit hochement de tête, Suzanne leur donna son accord, et Raphaël lui adressa un sourire empli de reconnaissance. Il se rapprocha de nouveau de son amant qui, comprenant son intention, le devança. D’un geste empli de douceur, il lui releva le menton avant de déposer avec délicatesse, ses lèvres sur celles entrouvertes de l’adolescent qui en soupira de satisfaction. Très vite, il raffermis sa prise autour du cou de son moniteur tandis que leur baiser se faisait de plus en plus gourmand et enflammé. Bientôt, la langue de Daevlyn vint réclamer l’entrée de la bouche de son jeune amant qui ne se fit pas prier et accéda à sa requête avec le même entrain. Lorsque leur langue se rencontrèrent, un violent frisson de désir et de satisfaction comblée s’empara de leur corps et leurs gémissements de bien être disparurent dans la bouche de l’autre. Leur langue se mêlaient en un ballet connu de tous deux, enflammant leur sens. Daevlyn laissa ses mains parcoururent le dos de l’adolescent, caressant ses cheveux dénoués, passant sur la chute de ses reins pour finir leur course sur ses fesses dans le but de l’attirer toujours un peu plus contre lui.

Un raclement de gorge atrocement gêné se fit entre derrière eux et semblant se souvenir de la présence de Suzanne, ils se séparaient à contrecoeur, dans un dernier regard brûlant de désir difficilement contenu, qui leur laissait imaginer à tous deux la nuit qu’ils allaient passer dans les bras l’un de l’autre. Raphaël s’empourpra violemment sous le regard intense et chargé de désir de son amant combiné à celui gêné de sa mère. Même si pour rien au monde il ne souhaitait quitter le giron protecteur et aimant de son moniteur, par respect pour sa mère, il se détacha de lui et recula de quelques pas.

Suzanne s’approcha alors d’eux, et déclara :

- Y a-t-il un endroit où nous pourrions discuter tranquillement ?

- Bien sûr, répondit Daevlyn.

Le jeune adulte les guida jusqu’à l’écurie et tous trois prirent place à la petite table qui trônait au centre de la sellerie. Suzanne regarda autour d’elle, tentant de se faire une image du lieu où avait vécu Raphaël durant ces derniers mois et après un court moment de silence, elle déclara, choisissant au mieux ses mots :

- Voilà, durant le séjour de Raphaël aux Etats-Unis, nous avons beaucoup parlé. Il m’a parlé de vous et des sentiments que vous aviez l’un pour l’autre, et après un accord commun, nous en sommes arrivés à la conclusion que nous avions chacun refait notre vie de notre côté. Même si Raphaël vit ici et moi aux Etats-unis, ils sait que dans mon coeur il reste mon fils et qu’il aura toujours une place chez moi pour lui…

- Attendez… Raphaël est votre fils ? s’exclama Daevlyn choqué par la révélation qu’il venait d’entendre. Mais je croyais que…

- Que j’était morte ? termina Suzanne un sourire triste étirant faiblement ses lèvres. Oui, Raphaël aussi. C’est ce que son père à cru bon de lui faire croire…

- Veuillez m’excuser, déclara alors Daevlyn.

- Il n’y a pas de mal. Je disais donc que nous avons longuement parlé et la conclusion qui s’en est découlée est qu’il est préférable pour Raphaël de rester ici encore quelques temps, histoire de fixer les choses et de voir comment elles vont évoluer. J’ai reçu ce matin la réponse favorable du notaire pour son émancipation.

Sur ses mots elle se tut, laissant à Daevlyn le temps de digérer les ce nouvel afflux d’information. Après quelques minutes de silence, elle reprit :

- Je voudrais donc voir avec la directrice, s’il était possible qu’il reste dans cet établissement et ce malgré qu’il soit à présent en mesure de le quitter.

Un silence suivit ses paroles puis Daevlyn déclara gravement :

- La directrice n’est pour le moment pas joignable, et normalement le règlement interdit à tout pensionnaire majeur de rester dans l’enceinte de l’établissement…

A ces mots, le coeur de Raphaël se serra douloureusement, et il baissa les yeux, ne voulant pas que Daevlyn il lise la tristesse qui ternissait leur éclat. La voir de Daevlyn retentit de nouveau, et espérant un miracle, Raphaël tendit l’oreille aux aroles de son moniteur :

- … Cependant, et en tant que directeur, je voulais justement engager un palefrenier qui pourrait m’aider à m’occuper des chevaux… Bien entendu, tous les frais seraient prit en charge par l’établissement…

Un nouveau silence suivit cette déclaration, suivit d’un hurlement de joie. Tous les regards présents convergèrent vers l’auteur de ce cri venu du fond du coeur et Daevlyn lui offrit un sourire à damner un dieu. Raphaël se leva subitement, faisant tomber sa chaise à la renverse et sans prendre le temps de la relever, il alla se jeter dans les bras de son amant :

- Dit moi que tout ceci n’est pas un rêve Daevlyn… Dit moi que l’on restera ensemble pour toujours et que personne ne nous séparera jamais… dis-moi que je suis bel et bien vivant… murmura l’adolescent d’une voix brisée par l’émotion.

- Je te promet tout cela Raphaël, murmura Daevlyn. Je te promet que le cauchemar est enfin fini. Nous somme libre… libre d’être ensemble et de nous aimer…

- Alors je peux rester ? Demanda l’adolescent sans oser y croire.

- Alors tu as intérêt à rester, rectifia tendrement Daevlyn en déposant un baiser sur son front.

- Je t’aime Daevlyn, souffla l’adolescent qui ferma les yeux de bonheur.

- Moi aussi je t’aime mon ange, répondit l’adulte sur le même ton en raffermissant sa prise autour du corps frêle de l’adolescent.

Ils restèrent un moment enlacés, jusqu’à ce qu’un hennissement retentisse du fond de l’écurie, sortant les deux hommes de leur bulle et leurs doux rêves d’avenir. Raphaël s’arracha à l’étreinte de son amant et lui lança un regard empli d’une supplication muette, et après un hochement de tête de la part de l’adulte, Raphaël s’empara de la main de sa mère et l’entraîna au fond de l’écurie. D’abord surprise, Suzanne se laissa faire et suivit docilement son fils. Ils arrivèrent au box d’Amaranth et Raphaël lâcha la main de sa mère pour entrer dans le box. Aussitôt qu’il le vit, Amaranth se précipita vers lui et lui donna un coup de tête comme pour lui montrer son mécontentement face à cet abandon momentané.

- Tu m’as manqué aussi Amaranth, déclara l’adolescent en s’agenouillant auprès du poulain.

Il plongea son visage dans sa crinière duveteuse et passa ses bras autour de son encolure, lui offrant ce câlin que le poulain attendait depuis déjà plus d’une semaine. Derrière la porte du box, Suzanne observait son fils, un sourire attendrit étirant ses lèvres illuminait son visage. Perdue dans sa contemplation, elle n’entendit pas Daevlyn arriver derrière elle et sursauta lorsque sa voix retentit à ses côtés :

- Amaranth est le poulain de Raphaël. Sa mère est morte le lendemain de sa naissance, et depuis c’est Raphaël qui s’occupe de lui.

- Ils ont l’air de beaucoup s’apprécier, remarqua la jeune femme.

- Oui, une grande complicité est née entre eux. Dans quelques années, quand Amaranth sera assez âgé pour être monté, ils seront l’exemple même du centaure, lorsque l’homme et le cheval ne font plus qu’un.

Suzanne reporta son attention sur Daevlyn et l’observa attentivement. Il avait prononcé ces paroles avec tellement de fierté et d’amour qu’elle-même l’avait ressentit. Le regard qu’il posait sur l’adolescent réchauffa le coeur de la jeune femme. Oui, elle pouvait avoir confiance en lui. Autant d’amour, de respect et de tendresse n’était pas donné à tout le monde, et Raphaël avait trouvé la perle rare en la personne de Daevlyn. Ils avaient trouvé la moitié qu’il leur manquait, et ne formaient à présent qu’un seul et même être.

Finalement, elle reporta son attention sur Raphaël. Depuis qu’ils étaient arrivés, l’adolescent semblait rayonner de l’intérieur, comme si une aura mystique s’était soudainement emparée de lui. Ses yeux brillaient d’une lueur jusque là inconnue, il semblait tout simplement vivant.

Le reste de l’après-midi, Raphaël le passa en compagnie de son amant et de sa mère. Il lui présenta Diamond Dust et l’emmena faire un tour dans la forêt qui bordait le centre. Daevlyn invita Suzanne à partager leur repas de midi, et la jeune femme accepta, souhaitant profiter au maximum des dernières heures qui lui restaient à passer avec son fils.

Les deux adultes passèrent le reste de la journée à parler. Suzanne voulait en apprendre plus sur la liaison que Daevlyn entretenait avec son fils, et Daevlyn, semblant comprendre les motivations de la jeune femme, répondait à ses questions non sans une certaine appréhension. Cependant, au fond de lui, il était heureux que Raphaël ait la chance d’avoir une mère compréhensive et ouverte d’esprit, même si l’intimité de leur relation la mettait encore un peu mal à l’aise. En même temps, Daevlyn comprenait sa réaction. Quelle mère, même aussi ouverte d’esprit que Suzanne ne serait pas un minimum gênée en voyant son fils embrasser un autre garçon qui, de plus, était plus âgé que lui.

Assis à la lisière de la forêt, les deux adultes parlaient de Raphaël, le principal concerné, dormant paisiblement, la tête posée sur la cuisse de Daevlyn qui jouait distraitement avec une de ses mèches. Raphaël se réveilla vers la fin de l’après-midi et prit par à la discussion, sans pour autant changer de position. Ils discutèrent tant et si bien qu’ils ne s’aperçurent que trop tard que le soleil était déjà couché depuis longtemps et que la pénombre gagnait les sous bois.

Avisant l’heure tardive, ils rentrèrent au ranch et après le dîner, Daevlyn proposa à Suzanne de rester dormir ici pour cette nuit. Après de multiples supplications de la part de son fils, la jeune femme finit par céder, et vers dix heures, ils allèrent déposer les affaires de Raphaël dans sa chambre de dortoir.

Fatiguée par leur long voyage et le décalage horaire, Suzanne entra dans la chambre de l’adolescent après avoir récupéré les couvertures que lui tendait Daevlyn. Raphaël lui adressa un petit sourire timide signifiant qu’il arrivait tout de suite, et respectant le désir d’intimité des deux amants, Suzanne ferma la porte derrière elle, laissant Daevlyn et Raphaël seuls dans le couloir.

Lorsque la porte fut refermée, Daevlyn attira délicatement l’adolescent à lui, malgré son envie pressante de goûter à nouveau au goût de ses lèvres. Avec une lenteur calculée, il mit bas à la distance qui séparait leurs lèvres et s’en empara avec tendresse. Leur langue se rencontrèrent avec délice et dans un gémissement de contentement, Raphaël attira brusquement Daevlyn à lui, glissant une de ses mains sur sa nuque de façon à approfondir leur échange. La tendresse fit lentement place à la passion et à la tentation. N’y tenant plus, Daevlyn plaqua presque violemment Raphaël contre le mur de sa chambre et prit possession de ses lèvres avec avidité. Sa langue redécouvrait la bouche de l’adolescent et caressait sa jumelle en un ballet érotique. Plus le baiser dirait, plus il gagnait en intensité, et plus la tension entre eux était palpable. Le désir du corps de l’autre se faisait de plus en plus vivement ressentir, si bien que Daevlyn préféra mettre un terme au baiser avant de ne plus pouvoir se retenir et de prendre Raphaël là, contre le mur.

De son côté, Raphaël sentait le désir qu’il ressentait pour Daevlyn se faire de plus en plus présent, la passion et l’amour gonflaient son coeur et faisait naître des milliers de délicieuses sensations au creux de ses reins. Son sang bouillonnait dans ses veines comme de la lave en fusion si bien qu’il dû user de toute sa volonté pour s’arracher à l’étreinte de Daevlyn et lui rendre sa liberté.

Dans un dernier regard, ils se séparèrent en une promesse à peine formulée, tellement elle était présente dans le regard des deux amants. Chacun pouvait lire dans les yeux de l’autre, la même question et la même réponse. Ils n’avaient pas besoin de mots pour exprimer ce qu’ils ressentaient. Rapide comme l’éclaire, Raphaël s’approcha de Daevlyn et lui vola un dernier baiser, comme pour imprimer dans sa mémoire le goût de ses lèvres, avant de rentrer dans sa chambre et de refermer la porte derrière lui après un dernier regard à son amant.

Suzanne qui avait relevé les yeux de son livre lorsqu’elle avait entendu la porte s’ouvrir, observa son fils à la dérobée. Cependant, ses joues et ses lèvres rosies par le plaisir n’échappa pas à son attention. A cet instant, Raphaël était une réelle tentation à la luxure. Suzanne s’était déjà rendu compte de la beauté de son fils, mais jamais elle n’avait vu à quel point le plaisir de la chair pouvait le rendre désirable. La lueur de désir qui brillait au fond de ses prunelles améthystes avait quelque chose à la fois sensuelle, à la limite de l’érotisme, et d’enfantin, comme s’il prenait un malin plaisir à goût à quelque chose d’interdit. Comme Ève lorsqu’elle croqua dans la pomme.

Sentant le regard de Suzanne posé sur lui, Raphaël releva la tête et lui adressa un petit sourire gêné qui eut pour effet d’augmenter prodigieusement la couleur de ses joues déjà bien rouges. Puis, il se dirigea vers ses valises et les ouvrit à la recherche de son pyjama. Lorsqu’il l’eut Trouvé, l’adolescent s’en empara et saisit également sa trousse de toilette avant de se rendre dans la salle de bain commune, reprenant ses vieilles habitudes.

Une quinzaine de minutes plus tard, il se couchait sur les couvertures posées au sol, après avoir souhaité une bonne nuit à sa mère.

Si d’apparence Raphaël semblait calme, intérieurement, il bouillonnait d’impatience et d’excitation. Il devait se faire violence pour rester tranquillement allongé alors qu’il pensait à Daevlyn. Inconsciemment, il poussa un soupire de résignation et ferma les yeux, espérant qu’ainsi le temps passerait plus rapidement.

Après un moment qui lui parut une éternité, Suzanne posa son livre et éteignit la lumière posée sur la table de chevet. Dans la pièce plongée dans la pénombre, Raphaël regardait par la fenêtre ouverte, les rayons de la lune passer derrière un petit nuage. Des étoiles plein les yeux, il cherchait dans le ciel les constellations qu’il connaissait et celles qu’il se souvenait avoir vu dans son vieux livre d’astronomie.

Au bout d’une demi-heure, la respiration de Suzanne se fit régulière et laissant encore passer une autre demi-heure pour être certain qu’elle dormait, Raphaël se leva sans bruit et se dirigea vers la fenêtre qu’il enjamba lestement.

Son coeur battait à une allure qu’il n’avait encore jamais atteinte, menaçant de s’arrêter à tout moment. Dans son état d’excitation,  il ne vit pas Suzanne s’asseoir dans son lit et le regarder se faufiler discrètement le long du mur.

La jeune femme n’avait pas besoin qu’on lui fasse un dessin, elle avait parfaitement comprit que son fils partait rejoindre son amant, et ses doutes se confirmèrent lorsqu’elle le vit frapper à une porte et que celle-ci s’ouvrit quasiment instantanément sur Daevlyn. L’adulte attira alors l’adolescent à lui et l’embrassa avec passion en refermant la porte sur eux.

De son côté, totalement inconscient du regard de Suzanne, Raphaël redécouvrait le goût des lèvres de son amant avec un plaisir non dissimulé. Lorsque, dans un désir de mettre à bas la dernière distance qui les séparait encore, Daevlyn attira vivement Raphaël à lui, l’adolescent eut un sourire amusé en constatant la fougue dont faisait preuve son amant.

- Je t’ai manqué ? murmura-t-il tout contre ses lèvres sans chercher à cacher son amusement.

- Si seulement tu savais à quel point, rétorqua l’adulte sur le même ton fiévreux avant de reprendre possession de ses lèvres.

Raphaël répondit avec la même intensité au baiser de Daevlyn souhaitant lui faire à son tour savoir à quel point il lui avait manqué. Sa langue gourmande vient rencontrer celle de son vis-à-vis et très vite elles entamèrent un ballet vieux comme le monde. A travers ce baiser, Raphaël pouvait sentir toute la tension que Daevlyn se faisait violence pour maîtriser. Plus leur échange gagnait en intensité, plus Raphaël sentait Daevlyn se durcir contre lui et cela eut pour effet d’attiser son propre désir. La respiration haletante, l’adolescent s’écarta de son moniteur le temps de reprendre son souffle avant de s’emparer de nouveau des lèvres de l’adulte. Avide de sentir Daevlyn toujours plus près, Raphaël glissa ses doigts entre les pans ouverts de la chemise de Daevlyn qui laissaient entrevoir un torse puissant et parfaitement dessiné.

Les abdominaux de Daevlyn se contractèrent sous les effleurements faussement timides de l’adolescent et un gémissement de plaisir s’échappa de ses lèvres pour aller mourir dans la bouche de son jeune amant. Avec une lenteur toute calculée, Raphaël fit glisser la chemise de Daevlyn le long de ses bras, tout en déposant de légers baisers papillons sur son torse. L’effet fut quasiment immédiat. Daevlyn émit un gémissement plus prononcé, tandis que ses mains allaient se perdre dans ses cheveux, en une supplication muette. Une fois la chemise au sol, Raphaël reposa ses mains sur le torse de son amant, faisant glisser ses doigts sur sa peau, à présent plus que sensible. Après avoir longuement parcourut son torse, ses doigts partirent à la découverte de son dos, glissant sensuellement le long de sa colonne vertébrale, provoquant des frissons de plaisir à l’adulte qui laissa s’échapper un son rauque qui ressemblait vaguement au prénom de son jeune tortionnaire.

Satisfait de l’effet qu’il produisait à son moniteur, Raphaël le poussa lentement mais sûrement jusqu’au lit, au pied duquel Daevlyn buta et se sentant tomber à la renverse, il se retient à Raphaël, l’entraînant dans sa chute. Les deux amants atterrirent sur le lit dans un éclat de rire de la part des deux hommes, puis Raphaël plongea son regard dans les émeraudes de son amant, dans lesquelles il put y lire tout le désir qu’il contenait. D’humeur taquine, il déposa furtivement ses lèvres sur celles de son amant, avant de lui embrasser délicatement les yeux, le nez, le front, n’épargnant aucune parcelle de son visage avant de consentir à mettre un terme au délicieux supplice qu’il faisait vivre à Daevlyn. La flamme dans son regard lui indiquait que Daevlyn était déjà bien échauffé, et mettant fin au jeu, il happa avec avidité la lèvre supérieure de l’adulte, qu’il suçota avec une avidité évidente, retenant à grand peine un gémissement de désir.

Trop heureux de l’initiative et l’assurance que prenait l’adolescent, Daevlyn ne fit aucun commentaire, se laissant aller au plaisir que faisait naître en lui les gestes encore un peu hésitants de Raphaël. Puis, n’y tenant plus, il posa ses mains sur les hanches de son amant, et le fit rouler sous lui, prenant pour la première fois depuis l’arrivée du jeune homme, le rôle du dominant. A son tour, il s’empara avec brutalité des lèvres de Raphaël, ne supportant plus de rester inactif. Ses mains glissèrent sous le t-shirt de l’adolescent, le faisant frissonner de plaisir. Les doigts de Daevlyn remontèrent lentement sous son t-shirt, caressant sa peau délicate à pleine main. Il voulait le toucher, il voulait palper sa peau si douce, se convaincre que tout ceci n’était pas encore un nouveau tour de son esprit. Daevlyn remonta le t-shirt de son amant de façon à mettre à nu son torse imberbe finement sculpté et ses tétons déjà durcis par le plaisir que lui procurait l’adulte.

Raphaël sentait son propre désir monter en flèche. Son sang bouillonnait dans ses veines et son corps avait gagné en température. Raphaël n’en pouvait plus de plaisir, et sentir les mains de Daevlyn sur lui le rendait fou de désir. Ses reins s’embrasaient sous l’afflux de sensations toutes plus intenses les unes que les autres. Les mains de Daevlyn furent bientôt remplacées par sa langue et Raphaël ne put retenir un petit cri de surprise et de plaisir mêlé au contact humide sur son ventre. Ses doigts se joignirent de nouveau à la langue de l’adulte veillant à ne laisser aucune parcelle de peau vierge de son passage.

Du genou, Daevlyn écarta les cuisses de l’adolescent et vint prendre place entre, non sans frotter son intimité gorgée de désir contre son bassin, en un déhanchement érotique. Après un dernier baiser, Daevlyn s’agenouilla entre les cuisses de son amant, et entremêlant leurs doigts, il l’observa longuement. Puis, il l’attira à lui, le forçant à se relever et lâchant ses doigts, il les fit glisser jusqu’à son t-shirt et commença à le lui enlever. Une fois la bouche du jeune garçon fut libre d’accès, Daevlyn en prit possession, marquant sa propriété d’une légère morsure, vestige de son instinct animal. Les yeux cachés par son propre t-shirt, Raphaël ne pouvait voir Daevlyn, mais pouvait sentir dans ses gestes et sa façon de l’embrasser toute la tension et le violent désir de l’adulte. Puis finalement lassé de ce petit jeu, souhaitant lui aussi pouvoir contempler le corps gracieux de son moniteur, Raphaël finit par enlever totalement son t-shirt et l’abandonna au pied du lit. La passion et le désir de l’adolescent pour son moniteur le poussait à agir comme jamais il ne l’aurait fait auparavant, et à ce qu’il pouvait en constater, cela n’était pas pour déplaire à l’adulte qui se laissait faire avec un plaisir évident. Avec une lenteur déconcertante et sensualité à la limite de l’érotisme, il posa ses mains sur le torse dénudé de son amant, et les fit délicatement glisser sur sa peau, l’effleurant à peine, dans le but d’attiser au maximum le plaisir de son partenaire. Ses doigts de déplacèrent avec légèreté sur le torse imberbe de son moniteur, explorant chaque parcelle de peau. Puis, ses mains se posèrent sur la poitrine de Daevlyn et d’une légère pression, il le fit basculer à la renverse, le faisant s’allonger sur le matelas. L’adolescent vint prendre place sur lui, s’asseyant à califourchon sur son bassin déjà bien stimulé. Raphaël se pencha au-dessus de son amant, le fixant d’un air coquin, une lueur de lubricité éclairant ses magnifiques prunelles améthystes, devenues presque violettes sous l’afflux du plaisir. Il déposa délicatement ses lèvres sur celles de son amant, et avant que Daevlyn n’ait le temps d’approfondir le baiser, Raphaël se relevait, un sourire victorieux peint sur le visage. Ses mains reprirent l’exploration du torse et des abdominaux de son amant, descendant jusqu’à ses reins, tandis que son bassin entamait une légère ondulation qui arracha un cri de pur plaisir à Daevlyn qui ferma les yeux tant la sensation était forte.

La réaction de Daevlyn fit naître un sourire satisfait sur les lèvres de l’adolescent qui, heureux du plaisir qu’il offrait à son amant, réitéra le même mouvement langoureux. Au fur et à mesure, il sentait Daevlyn devenir dur sous ses fesses et cela ne fit qu’attiser le désir de l’adolescent qui se déhancha encore et encore jusqu’à ce que, n’en pouvant plus, Daevlyn inverse de nouveau leur position en murmurant d’une voix rauque un “petit démon” qui fit s’élargir le sourire de Raphaël.

Très vite, un rapport de force s’installa entre eux, aucun des deux ne voulant laisser gagner l’autre. Malgré le désir qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre, il prenait leur temps, souhaitant conclure leurs retrouvailles de la meilleure façon qu’il soit. Les sourires et les mots d’amour n’étaient pas en reste, chacun murmurant à l’oreille de l’autre quelques mots tendres, comme ils en rêvaient depuis plus d’une semaine.

De nouveau, Raphaël se retrouva assit sur l’aine de son amant, qui le fixait d’un air appréciateur, le matant sans pudeur aucune. Raphaël rougit sous l’intensité du regard de Daevlyn qui l’observait avec gourmandise, une lueur au fond des yeux lui signifiant qu’il aimerait le goûter en entier.

Mi-gêné, mi-amusé, Raphaël se pencha vers son moniteur et lui vola un baiser dans l’espoir de le distraire et d’effacer ce sourire de ses lèvres. Cela marcha même mieux que Raphaël ne l’aurait imaginé, car à peines sa bouche effleura celle de Daevlyn que l’adulte les happait avec avidité. Les hanches de l’adolescent se remirent en mouvement, ondulant légèrement, juste assez pour attiser le désir de l’adulte sans le faire venir trop tôt, et les mains de Daevlyn vinrent se poser sur les fesses du jeune garçon, l’accompagnant ainsi dans son initiative. Les petits cris que poussaient Daevlyn indiquaient à l’adolescent, qu’il était proche de la libération, et aussitôt, il cessa tout mouvement, et s’éloigna de Daevlyn qui rouvrit immédiatement les yeux en grognant de mécontentement. Se relevant sur ses coudes, il observa l’adolescent, lascivement allongé sur le matelas, dans une position plus qu’érotique qui faillit faire venir Daevlyn. L’adulte contemplait l’adolescent avec un désir évident, et lorsque l’une des mains de Raphaël vint se glisser sous son jean en une invitation plus qu’explicite et un regard qui signifiait clairement “déshabille-moi”, Daevlyn déglutit avec difficulté, ne sachant pas ce qui le retenait encore de sauter sur l’adolescent et de le faire sien dans un cri de jouissance.

Perdant soudain tout son assurance, Daevlyn s’approcha lentement de Raphaël, hésitant sur la manière de l’aborder. Ce fut l’adolescent qui, semblant lire son interrogation dans ses yeux, l’attrapa par la ceinture de son jean et l’attira violemment à lui. Le retenant prisonnier entre ses cuisses, Raphaël se déhancha lentement, et la sensation que ressentit Daevlyn à cet instant le fit sortir de sa torpeur. Il embrassa l’adolescent avec passion, mêlant sa langue à la sienne, les faisant danser l’une avec l’autre et passant ses mains entre leur corps, il entreprit de déboutonner le jean de Raphaël, comme le lui avait silencieusement intimé son jeune amant. Faisant d’une pierre deux coups, il fit glisser à la fois le jean et le boxer de l’adolescent avant de les jeter négligemment quelque part dans la pièce. Il s’arrêta l’espace de quelques secondes, prenant le temps de contempler à nouveau ce corps qui lui avait tant manqué. Puis, il revient prendre place entre les jambes de son amant, se couchant pratiquement sur lui, dans le désir de sentir sa peau contre la sienne, de se fondre en lui pour enfin ne faire plus qu’un.

Complètement nu contre Daevlyn, Raphaël était confiant. Malgré le désir parfois un peu brutal de Daevlyn, il n’avait pas peur, ses anciennes craintes et ses souvenirs semblaient avoir totalement disparut. Ne restait que le désir qu’il éprouvait pour Daevlyn, et l’envie de le sentir se mouvoir en lui, scellant ainsi l’union de leur corps et de leur âme.

Raphaël ne retenait plus ses gémissements provoqués par les mains et les lèvres de Daevlyn parcourant son corps. Il se laissait envahir par cette multitude de sensations qui s’emparaient de lui, n’ayant plus conscience de rien hormis des mains de Daevlyn et du plaisir qu’il éprouvait. Une caresse plus osée et intime que les précédents arracha un cri à l’adolescent qui frissonna violemment au contact de la main de Daevlyn sur son intimité. Celle-ci fut suivie d’autres toutes plus osées les unes que les autres. Avec une lenteur exagérée, Daevlyn lécha sensuellement le torse de l’adolescent, descendant sur ses abdominaux qui se contractèrent à ce contact, puis descendant toujours plus bas, vers le point culminant du plaisir de Raphaël. Puis, faisant taire les supplications de son jeune amant, Daevlyn le prit en bouche, arrachant un cri de plaisir muet à l’adolescent.

Raphaël savourait au plus haut point cette sensation qui lui avait tant fait défaut durant cette dernière semaine. Daevlyn faisait des merveilles avec sa langue, lui arrachant des petits feulements de plaisir, alors que l’adolescent se tordait dans tous les sens dans l’espoir d’attiser au maximum le désir qui lui brûlait les reins. Perdu dans les limbes du plaisir charnel, c’est à peine s’il prit conscience que ses mains allèrent se glisser dans la tignasse de Daevlyn, décollant au passage ses mèches de cheveux collées à son front luisant de transpiration.

Sentant la jouissance venir à grands pas, il tenta de le faire comprendre à Daevlyn, d’une légère pression sur son cuir chevelu, se trouvant dans l’incapacité de parler. Seul des gémissements de plaisir s’échappaient de ses lèvres entrouvertes. Cependant, faisant fit des avertissements de l’adolescent et galvanisé par ses petits cris érotiques, Daevlyn accéléra la cadence et Raphaël finit par se libérer dans un cri de jouissance pure.

Daevlyn se redressa pour regarder son amant, passant sa langue sur ses lèvres en une mimique limite indécente tandis qu’un sourire satisfait étirait ses lèvres. Les joues et les lèvres rosies par le plaisir, les cheveux éparpillés autour de lui, la respiration haletante et le corps ruisselant de transpiration, Raphaël était une incitation à la luxure. Cette simple vue faillit venir à bout de Daevlyn qui se fit violence pour se retenir de jouir à la vu du corps alanguis de son amant.

Retenant son souffle, il vient s’allonger sur le corps de l’adolescent, déposant une multitude de baisers papillons un peu partout sur son corps, léchant son cou jusqu’au lobe de son oreille qu’il mordilla sensuellement, arrachant un nouveau gémissement à son jeune amant qui retrouvait lentement une respiration régulière.

Raphaël posa ses mains sur la chute de reins de son moniteur, effleurant sa peau du bout des doigts, dans un mouvement régulier de haut en bas, puis ne tenant plus, il happa les lèvres rougies de l’adulte. Il suçota longuement sa lèvre inférieure, la caressant du bout de la langue après l’avoir mordillée avec gourmandise.

La tête de Daevlyn posée sur son coeur, Raphaël sentait son souffle chaud dans son cou qui faisait lentement renaître son désir. Puis, d’un habile cou de hanche, il renversa leurs positions, se retrouvant ainsi chevauchant Daevlyn. Il plongea son regard dans les émeraudes de son partenaire, le fixant intensément, puis, après un rapide baiser volé et quelques ondulations du bassin, il entreprit d’attiser au maximum le désir déjà conséquent de l’adulte.

Avec délice et volupté, il caressa chaque parcelle de peau de Daevlyn, et très vite ses lèvres prirent la relève tandis que ses mains descendaient toujours plus au sud. Fébrilement, il déboutonna le jean de son amant, qui dans sa volonté de lui faciliter la tâche, souleva son bassin. Raphaël fit glisser à la fois son jean et son boxer, libérant l’érection de Daevlyn de sa prison de tissus.

L’adolescent se déplaça de façon à pouvoir agir convenablement, et d’une main hésitante, il entama un lent va et vient sur l’intimité de l’adulte qui ferma les yeux de plaisir à ce contact dont la timidité et l’hésitation ne faisait qu’augmenter les bienfaits.

Daevlyn rouvrit subitement les yeux lorsque après un coup de langue sur son intimité, Raphaël le prit entièrement en bouche, arrachant un cri de plaisir non feint à l’adulte. D’abord lents et hésitants, les vas et vient de l’adolescent sur l’intimité de son moniteur gagnèrent en vigueur et en intensité, le menant aux portes de la jouissance, en moins de temps qu’il ne faille pour le dire. Sentant que Daevlyn était sur le point de jouir, Raphaël ralentit la cadence et du bout de la langue, il lécha le bout de l’intimité de Daevlyn qui se cambra violemment sous l’effet du plaisir. Ses doigts s’enroulèrent dans la chevelure de l’adolescent qui, voyant là, un signe précurseur de la libération de Daevlyn s’éloigna et le reprit en main. Quelques secondes plus tard, Daevlyn se libérait dans un cri de jouissance en criant le nom de son amant, et se laissa retomber sur le matelas, la respiration saccadée et le corps ruisselant de sueur.

Comme son moniteur l’avait fait précédemment, Raphaël vient s’allonger sur Daevlyn, la tête posée sur sa poitrine, il écoutait les battements endiablés de son coeur. Puis, après quelques secondes de silence dans lequel leur souffle se mêlaient, Raphaël murmura, non sans cesser de faire glisser ses doigts sur le sein droit de son amant :

- Pardon… J’ai pas pu aller jusqu’au bout, je…

- Chuuuut, l’interrompit Daevlyn, tu m’as déjà offert un magnifique cadeau ce soir. Je ne m’y attendais pas du tout, ajouta-t-il en l’embrassant tendrement sur le front.

- Je t’aime Daevlyn, murmura l’adolescent tout contre ses lèvres, je t’aime plus que tout…

- Je t’aime aussi mon ange, répondit Daevlyn avant d’accéder à la requête muette de son jeune amant et de prendre possession de ses lèvres en une douce et tendre caresse.

Raphaël bougea légèrement afin de pouvoir approfondir leur baiser, et sa récente cicatrice rencontra la hanche de son amant, lui arrachant un sursaut de surprise et un petit gémissement de douleur bien vite étouffé dans la bouche de son moniteur. Cela n’échappa pas à Daevlyn qui, mettant fin au baiser, murmura d’une voix désolée :

- Avec tout cela, j’ai complètement oublié ta récente opération…

- Non, ce n’est rien… juste une cicatrice de plus, répondit l’adolescent la gorge nouée. De toute façon, une de plus ou de moins, où est la différence ?

A ces mots, Daevlyn posa délicatement son doigt sur les lèvres de son amant, et déclara d’une voix ferme mais non dépourvue de douceur :

- Tais-toi ! Oublie tout ce qui s’est passé Raphaël… A présent, nous sommes ensemble, et rien ne nous séparera jamais…

Raphaël ne répondit rien, obéissant à son amant qui dans un geste d’une immense tendresse, déposa délicatement ses lèvres sur le visage de son amant, déposant une multitude de baisers papillons sur son front, ses yeux, ses joues et sa bouche, en un signe de réconfort et d’amour.

Sans se départir de sa tendresse, Daevlyn inversa leur position, prenant garde à ne pas blesser son jeune amant. Une fois Raphaël allongé sous lui, Daevlyn l’embrassa une dernière foi, alors que ses mains parcouraient de nouveau le corps de l’adolescent, faisant renaître le désir dans ses reins.

Les doigts de l’adulte vinent effleurer avec délicatesse la nouvelle cicatrice de l’adolescent et d’un geste empli de douceur, il déposa ses lèvres dessus, arrachant un soupir de bien être à Raphaël. L’adulte continua ce petit jeu encore quelques secondes, jusqu’à ce qu’un gémissement de Raphaël résonne à ses oreilles :

-  Daevlyn… s’il te plait…

- Qu’y a-t-il mon ange ? demanda Daevlyn, un sourire en coin étirant ses lèvres. Que veux-tu Raphaël ?

Après une énième caresse, Raphaël se cambra violemment, et dans un gémissement de plaisir, il haleta :

- Toi… s’il te plait… j’ai envie de toi…

Cette déclaration enflamma les sens de Daevlyn qui dû se faire violence pour ne pas réagir au quart de tour et accéder à la requête de son jeune amant. Il remonta vers le visage de l’adolescent et l’embrassa avec passion, lui faisant ainsi comprendre que son désir était partagé. Après quoi, il caressa les lèvres de Raphaël du bout des doigts que le jeune garçon se mit à sucer avidement. Cette vision provoqua un court circuit dans le cerveau de l’adulte qui laissa s’échapper un gémissement de satisfaction et bien être, totalement envoûté par l’érotisme dont faisait preuve Raphaël à cet instant.

Lorsqu’il les jugea suffisamment humides, Daevlyn retira ses doigts et les fit glisser sur le torse de Raphaël qui frissonna de plaisir à ce contact aérien. Daevlyn poursuivit sa course jusqu’au nombril de l’adolescent, et avant d’aller plus loin, il vient prendre place entre ses cuisses. L’adolescent s’offrait à lui sans appréhension aucune, plaçant son corps et son coeur entre ses mains en toute confiance.

Avec une douceur extrême, Daevlyn commença à préparer son amant, insérant délicatement un premier doigt en lui. Raphaël se tendit légèrement, mais la douceur et la tendresse de Daevlyn finirent de le décontracter, et l’adolescent se laissa porter par la vague de plaisir et de soulagement qu’il s’emparait de lui.

Très vite, Daevlyn inséra un nouveau doigt dans l’intimité de Raphaël, et lorsque l’adolescent se fut habitué à cette présence, l’adulte entama un léger mouvement de va et vient, arrachant un gémissement à son amant. Après un certain temps d’adaptation et de préparation, Daevlyn insinua un troisième et dernier doigt en lui, et cette fois-ci, Raphaël ne pu retenir un hoquet de douleur qui très vite, se transforma en cri de plaisir lorsque l’adulte toucha quelque chose en lui qui lui fit voir les étoiles. Lorsque Raphaël commença ç s’empaler de lui-même sur ses doigts, l’adulte les retira, s’attirant une plainte de mécontentement, puis il vint se placer à l’entrée de son intimité.

D’un ample coup de bassin, il le pénétra, et malgré toute la douceur dont il faisait preuve, Raphaël se contracta sous l’intrusion en retenant un gémissement de douleur. Daevlyn stoppa aussitôt tout mouvement, malgré la sensation et le plaisir intense qu’il ressentait à être de nouveau en Raphaël.

Après quelques secondes, Daevlyn entama un lent et ample mouvement de bassin et Raphaël emprisonna ses hanches entre ses jambes, dans la volonté de le sentir toujours plus près, toujours plus profondément en lui. Les yeux fermés, la bouche entrouverte et le souffle erratique, Raphaël sentait avec un plaisir non feint, le bonheur de sentir l’homme qu’il aimait par-dessus tout, se mouvoir en lui, le faisant sien. Depuis le temps qu’il attendait ce moment, leur corps ne faisaient à nous plus qu’un.

Les coups de bassin de Daevlyn se faisaient toujours plus amples, toujours plus profonds, augmentant considérablement le désir et le plaisir de chacun. Les deux hommes avait oublié tout ce qui n’était pas eux, plus rien autour d’eux n’existait tandis que leur corps s’unissaient en une union parfaite. Leurs cris de plaisir retentissaient dans la chambre, faisant écho sur les murs, résonnant à leurs oreilles comme la plus douce des mélodies. Leur corps ondulaient au rythme d’une mélodie qu’eux seuls entendaient, leurs déhanchements guidés par leur souffle erratique.

Les yeux de Raphaël s’ouvrirent brusquement sous l’effet du plaisir, et sentant que la jouissance était proche, il raffermis sa prise autour des hanches de son amant qui, galvanisé par le plaisir accéléra la cadence, pénétrant toujours plus profondément l’adolescent, lui faisant hurler son plaisir sous ses coups de reins experts. Dans un ultime coup de hanche, plus ample et profonds que les précédents, Daevlyn et Raphaël se libérèrent en un seul et même cri, chacun hurlant le prénom de l’autre.

Haletant, le corps luisant de transpiration, Daevlyn se laissa retomber entre les bras de son amant, tout en faisant attention de ne pas l’écraser sous son poids. Fébrilement, il s’empara des lèvres de l’adolescent et après un dernier ‘je t’aime”, ils s’endormirent tous deux d’un sommeil réparateur et bien mérité.